Fikret Abdić

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Fikret Abdić (né le 29 septembre 1939) est un politicien et homme d'affaires musulman de Bosnie-Herzégovine. Il a été impliqué dans une importante affaire de corruption en 1987.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fikret Abdić a été directeur d'Agrokomerc, une entreprise de Velika Kladuša qu'il a fait passer du stade de coopérative agricole à celui de combinat agro-alimentaire employant plus de 13000 personnes, contribuant ainsi fortement à la prospérité de cette région bosnienne déshéritée. Il a ainsi joui d'une immense popularité auprès des habitants de la zone de Velika Kladuša qui l'appelaient familièrement babo (papa)[1]. Il dirigeait cette entreprise avec l'appui politique de Hamdija Pozderac et de son frère Hakija[2].

Fin 1987, alors que Hamdija Pozderac était sur le point de prendre la tête de la présidence tournante de la Yougoslavie, un scandale concernant le fonctionnement d'Agrokomerc éclata. Abdić fut emprisonné pour malversations et Hamdija Pozderac du démissionner. Cette affaire ébranla non seulement la république socialiste de Bosnie-Herzégovine mais aussi l'ensemble de la Yougoslavie[2]. Par ailleurs, Abdić fut aussi critiqué pour avoir érigé sur une colline surplombant Velika Kladuša une statue en hommage à un başbölükbaşı bosnien de l'armée ottomane[3].

Après avoir été relaché de prison, Fikret Abdić rejoignit le parti d'action démocratique seuleùment 24 heures avant les élections de 1990 et se présenta comme candidat à la présidence de la Bosnie[4]

Opposant d'Alija Izetbegović, il se présenta en même temps que lui aux élections en 1990. Il était pour le maintien de la Yougoslavie[5], et s'est allié avec les serbes et les croates[6] et fonda la Province autonome de Bosnie occidentale.


Il était persuadé que si les gens avaient du travail et des endroits pour dépenser leur argent, ils ne penseraient plus à faire la guerre, il remit en marche ses usines et offrit du travail à tout le monde, utilisant les énormes réserves financières d'Agrokomerc pour refaire vivre cette enclave. La province devint ainsi une oasis dans la Bosnie déchirée par la guerre : Serbes, Croates et Musulmans y vivaient et travaillaient en paix, eau, électricité, nourriture, médicaments rien ne manquait. Ce fut endroit surréaliste dans un pays ravagé par la guerre, et qui accueillait des réfugies, Serbes, Croates ou musulmans.

Fikret a signé la paix avec les Serbes et avait décidé au cas de la victoire des Serbes de relier la Province autonome de Bosnie occidentale à la grande Serbie. Indirectement il a participé au partage et la destruction de Bosnie-Herzégovine. A cela, le gouvernement de Bosnie prend la décision d'envoyé le 5ème corps de l'armée bosniaque pour libérer l'enclave et restaurer l'autorité du gouvernement central.

Fikret dut constituer à la hâte une armée, cette tactique s'est avérée militairement inefficace et la Province fut libérer par le gouvernement de Sarajevo.

Il lançait quelques mois plus tard une contre-offensive à l'aide des serbes et des milices d'Arkan, pour récupérer la province, qui fut un succès mais de courte durée car il fut à nouveau chassé par l'armée bosniaque. C'est sans doute cette contre-offensive qui lui fut reprochée lors d'un procès[7] où il a été condamné.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sarah Kenyon Lischer, « Militarized Refugee Populations: Humanitarian Challenges in the Former Yugoslavia », http://web.mit.edu,‎ 2007 (consulté le 11 septembre 2007)
  2. a et b Kenneth W. Banta, « Yugoslavia All the Party Chief's Men », Time magazine,‎ 28 septembre 1987
  3. ( langue non reconnue : Serbian ) « Miloševićevi ljudi », NIN,‎ 13 janvier 2000
  4. (hr) « Biography, moljac.hr website (compiled from multiple sources) »
  5. Pro-Yugoslav Muslim Leader Put on Trial
  6. « Balkan Odyssey » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2014-07-05
  7. Procès à huis-clos, conduit par les autorités croates en dehors de toute procédure internationale, sans aucun lien avec le TPI pour l'ex-Yougoslavie