Vranje

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Caractères cyrilliques Cette page contient des caractères cyrilliques. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Vranje
Врање
Blason de Vranje
Héraldique
Vue générale de Vranje
Vue générale de Vranje
Administration
Pays Serbie Serbie
Province Serbie centrale
Région Južno Pomoravlje
District Pčinja
Ville Vranje
Code postal 17 500
Démographie
Population 54 456 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 42° 33′ 05″ N 21° 54′ 01″ E / 42.5514, 21.900342° 33′ 05″ Nord 21° 54′ 01″ Est / 42.5514, 21.9003  
Altitude 173 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Serbie

Voir la carte administrative de Serbie
City locator 14.svg
Vranje

Géolocalisation sur la carte : Serbie

Voir la carte topographique de Serbie
City locator 14.svg
Vranje
Municipalité de Vranje
Administration
Maire
Mandat
Zoran Antić (SPS)
2012-2016
Démographie
Population 82 782 hab. (2011)
Densité 96 hab./km2
Géographie
Superficie 86 000 ha = 860 km2
Liens
Site web Site officiel

Vranje (en serbe cyrillique : Врање) est une ville de Serbie située dans le district de Pčinja. Au recensement de 2011, la ville intra muros comptait 54 456 habitants et le territoire métropolitain dont elle est le centre, appelé Ville de Vranje (Град Врање et Grad Vranje), 82 782[1].

Vranje est le centre administratif de la Ville de Vranje, le siège de l'éparchie de Vranje, une subdivision de l'Église orthodoxe serbe, et le centre de commandement de la 4e brigade de l'armée de Serbie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vranje est située à 347 km au sud de Belgrade, dans la vallée de la Morava. La ville se trouve à proximité immédiate des monts Plačkovica (1 231 m), Krstilovica (1 154 m) et Pržar (731 m).

Les gorges de la Gradska reka

Le territoire de la Ville de Vranje est situé à proximité des frontières de la Bulgarie et de la Macédoine. Il est bordé par les municipalités de Bujanovac, Trgovište, Bosilegrad, Surdulica, Vladičin Han, Leskovac et Kosovska Kamenica (au Kosovo).

Climat[modifier | modifier le code]

La station météorologique de Vranje, située à 432 m d'altitude, enregistre des données depuis 1894 (coordonnées 42° 33′ N 21° 55′ E / 42.55, 21.917)[2]. Vranje jouit d'un climat continental modéré.

La température maximale jamais enregistrée à la station a été de 41,6 °C le 24 juillet 2007 et la température la plus basse a été de -25,0 °C le 13 janvier 1985[2]. Le record de précipitations enregistré en une journée a été de 73,8 mm le 18 septembre 1972. La couverture neigeuse la plus importante a été de 58 cm le 11 janvier 1985[2].

Pour la période de 1961 à 1990, les moyennes de température et de précipitations s'établissaient de la manière suivante[3] :

Nuvola apps kweather.png  Relevés à la station météorologique de Vranje (432 m)
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 3,0 6,2 11,3 16,7 21,6 24,8 27,3 27,6 24,0 18,0 10,6 4,6
16,3
Températures moyennes (°C) -0,7 2,0 6,1 11,0 15,6 18,6 20,7 20,6 16,9 11,6 5,9 1,0
10,8
Températures minimales moyennes (°C) -3,9 -1,8 1,3 5,4 9,6 12,6 13,9 13,8 10,5 6,0 1,8 -2,2
5,6
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 41,4 43,4 46,0 51,7 65,0 70,9 50,4 38,7 45,4 46,2 62,9 52,0
614,0

Histoire[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas d'informations fiables sur la date exacte de la fondation de Vranje. La ville a sans doute été fondée sous l'Empire romain, sous les Byzantins ou par les tribus slaves qui sont venus s'installer dans la région aux VIe et VIIe siècles. Quoi qu'il en soit, la région de Vranje constituait une zone de passage pour les marchands de l'Antiquité.

Ruines de la forteresse de Markovo Kale, près de Vranje

Le nom de Vranje apparaît pour la première fois en 1093 dans l’Alexiade d’Anne Comnène, la fille de l'empereur byzantin Alexis Ier Comnène et d'Irène Doukas. Elle y explique que le zupan de Rascie Vukan conquit Vranje en 1093 mais qu'il dut bientôt s'en retirer face à la puissance de l'Empire byzantin. En 1193, Vranje fut une nouvelle fois pris aux Byzantins par Stefan Nemanja. Toutefois, la ville ne fit partie de l'État médiéval serbe qu'en 1207, après que Stefan Prvovenčani (Stefan (« le premier couronné »), l'eut définitivement conquise sur les Byzantins. Pendant la fragmentation de l'État serbe médiéval, la région de Vranje devint indépendante et fut gouvernée par Ćesar Uglješa, « seigneur de Vranje, de Preševo et de Kumanovo ».

Les Ottomans s'emparèrent de Vranje le 14 juin 1455. La ville resta ensuite sous leur domination jusqu'au 31 janvier 1878, date à laquelle elle fut conquise par une armée serbe commandée par le général Jovan Belimarković. Après plus de quatre siècles de présence turque, elle rejoignit ainsi la Principauté de Serbie ; elle comptait à l'époque un peu plus de 8 000 habitants.

Au début du XXe siècle, Vranje comptait environ 12 000 citoyens. Ville frontalière de la principauté de Serbie puis, à partir de 1882, du Royaume de Serbie, elle servit de base de départ pour les tchetniks qui se battaient dans la Vieille Serbie (Kosovo, Macédoine du nord et de l'ouest). À ce moment-là, la ville possédait un consulat turc.

Au cours des guerres des Balkans et des deux guerres mondiales, Vranje constitua une cible de prédilection pour les armées engagées. Lors de la Première Guerre balkanique, en 1912, elle servit de poste de commandement pour les opérations des Serbes contre les Turcs, dirigées personnellement par le roi Pierre Ier, le premier ministre Nikola Pašić et le général Radomir Putnik. Lors de la Première Guerre mondiale, la ville fut conquise par les Bulgares ; 512 soldats y perdirent la vie et 335 civils furent exécutés. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, les Allemands nazis entrèrent dans Vranje le 9 avril 1941 et, le 22 avril, ils livrèrent la ville aux Bulgares ; 700 personnes furent exécutées et plus de 4 000 furent emprisonnées. Vranje fut libéré le 7 septembre 1944.

Vranje, la « fleur jaune »[modifier | modifier le code]

La fleur jaune, symbole de Vranje

Vranje est souvent appelée la « fleur jaune ». De fait, à la fin de la Première Guerre mondiale, un soldat de l'armée française qui traversait la ville, salua une vieille femme en lui disant « Bonjour ! ». La vieille dame, qui était dans son jardin, ne comprenant pas le français, entendit le mot serbe božur (à prononcer bojour), qui désigne une pivoine. Elle lui répondit alors : « Ce n'est pas une pivoine, mon fils, c'est une fleur jaune ». Depuis cette époque, la ville de Vranje est surnommée žuto cveće, la « fleur jaune ». Cette fleur figure dans le blason de la ville et elle est mentionnée dans une célèbre chanson Vranje, moje žuto cveće, « Vranje, ma fleur jaune ». La couleur jaune est également une des couleurs de la ville ; elle est celle du maillot de l'équipe de football locale, le FK Dinamo Vranje.

Localités de la Ville de Vranje[modifier | modifier le code]

Localisation de la Ville de Vranje en Serbie

La Ville de Vranje (ex-municipalité) compte 105 localités :

En application de la loi sur l'organisation territoriale de la Répbulique de Serbie, votée le 28 décembre 2007, Vranje a obtenu le statut officiel de « ville » ou « cité » (en serbe, au singulier : Град et Grad ; au pluriel : Градови et Gradovi)[4]. Toutes les autres localités de la Ville sont considérées comme des « villages » (село/selo).

Démographie[modifier | modifier le code]

Vranje intra muros[modifier | modifier le code]

Évolution historique de la population dans Vranje[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1900 1905 1910 1921 1931 1941
10 586 10 110 10 487 8 221 9 817 11 000[5]


Évolution démographique
1948 1953 1961 1971 1981 1991 2002 2011
11 252 13 465 17 999 28 613 44 094 51 818 55 052[6] 54 456[1]


Pyramide des âges (2002)[modifier | modifier le code]

Répartition de la population par nationalités dans Vranje (2002)[modifier | modifier le code]

Ville de Vranje (ex-municipalité)[modifier | modifier le code]

Évolution historique de la population dans la Ville[modifier | modifier le code]

Évolution démographique
1948 1953 1961 1971 1981 1991 2002 2011
59 504 62 659 65 367 72 208 82 527 86 518 87 288[6] 82 782[1]


Répartition de la population dans la Ville (2002)[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

À la suite des élections locales serbes de 2008, les 62 sièges de l'assemblée municipale de Vranje se répartissaient de la manière suivante[9] :

Parti Sièges
Pour une Serbie européenne 22
Parti socialiste de Serbie - Parti des retraités unis de Serbie - Serbie unie 13
Parti radical serbe 12
Parti démocratique de Serbie 5
Nouvelle Serbie 4
G17 Plus 4
Parti progressiste serbe 2

Miroljub Stojčić, membre du Parti socialiste de Serbie, qui était président (maire) de la municipalité de Vranje, a été élu maire (en serbe : gradonačelnik) de la Ville de Vranje nouvellement créée[10] ; il dirigeait la liste Pour une Serbie européenne, soutenue par le président Boris Tadić[9].

Culture[modifier | modifier le code]

Vranje est célèbre pour sa musique populaire traditionnelle, à la fois vivante et mélancolique. C'est elle qui accompagne la pièce de théâtre Kostana, écrite par Borisav Stanković. Cette musique a été renouvelée, avec une influence du style oriental et un accompagnement de cuivres ; elle est souvent interprétée par les Roms de la région, qui, pour beaucoup d'entre eux ont une origine égyptienne[réf. nécessaire].

Vranje possède un musée national, qui, entre autres, abrite une galerie de peinture ou encore la maison-musée Bora Stanković, qui rassemble des souvenirs de l'écrivain. Parmi les autres instiutions culturelles de la ville, on peut noter le Théâtre Bora Stanković, ou encore les Archives historiques, la Bibliothèque Bora Stanković et le Centre Père Justin Popović, qui est située dans la maison du théologien et abrite aussi une collection qui lui est consacrée.

La ville accueille également un American Corner[11].

Architecture et monuments[modifier | modifier le code]

Le Pašin konak du pacha, qui abrite le Musée national de Vranje

À 4 km au nord de Vranje, dans les gorges de la Gradska reka et sur l'ancienne route qui mène à Leskovac, se trouve La forteresse de Markovo Kale (en serbe cyrillique : Марково Кале) ; construite au XIIIe siècle, elle doit son nom au souverain serbe Marko Mrnjavčević ; elle est aujourd'hui en ruine[12].

Parmi les édifices de Vranje, on peut signaler l'église Saint-Nicolas, construite entre 1343 et 1345. De la période ottomane, Vranje conserve un hammam, construit au XVIIe siècle ou encore le konak du pacha, qui abrite le Musée national et qui a été construit en 1765, dans un style typiquement balkanique. L'architecture du XIXe siècle est également représentée, avec la Cathédrale de la Sainte-Trinité (Saborni hram Svete Trojice), édifiée en 1820, ou encore la Maison Bora Stanković, construite en 1850. L'une des constructions les plus célèbres de la ville est le Beli most (Бели мост), le « pont blanc », qui date de 1844[12]. Le bâtiment de la Municipalité de Vranje, quant à lui, a été construit entre 1903 et 1905.

Vranje abrite également un grand nombre de monuments, élevés en l'honneur des événements marquant de l'histoire et des personnalités de la ville. Parmi eux, on peut signaler le Monumnent aux Libérateurs de Vranje, également connu sous le nom de Čika Mitke ; commémorant le départ des Ottomans en 1878, il a été réalisé en 1903 par le sculpteur Simeon Roksandić (1874-1943). Une statue de Bora Stanković, inaugurée le 7 septembre 1954, s'élève dans le parc municipal[12].

Éducation[modifier | modifier le code]

Vranje abrite la Faculté de pédagogie de l'Université de Niš.

Sport[modifier | modifier le code]

Vranje possède un club de football, le FK Dinamo Vranje, créé en 1947.

Économie[modifier | modifier le code]

Parmi les entreprises les plus importantes de Vranje, on peut citer la société Alfa plam, qui est spécialisée dans la production d'appareils de chauffage : fourneaux, cuisinières, cheminées, plaques chauffantes et fours[13] ; Alpha plam Vranje entre dans la composition du BELEX15, l'indice principal de la Bourse de Belgrade[14].

La société Simpo travaille dans le domaine de l'industrie du meuble et dans l'agroalimentaire (eau minérale Rosa et chocolats Simka)[15],[16]. Vranje est également le siège de la société Zavarivač, qui travaille dans le domaine de l'industrie manufacturière ; elle fabrique des chauffe-eau et des chaudières et toutes sortes d'équipements pour l'industrie agroalimentaire ou la pétrochimie, des réservoirs, des silos, des cheminées, des récipients sous pression etc. ; elle fabrique également des structures en acier ou en métaux léger destinées à la construction de ponts et de toits, ainsi que des équipements pour les usines d'asphalte et de ciment ; elle assure également l'installation de ces équipements ; elle produit aussi des structures en aluminium, notamment pour la construction de kiosques, de cabines et de vitrines[17]. Ces deux entreprises entrent dans la composition du BELEXline, l'un des trois indices de la Bourse de Belgrade[18].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Statue de Borisav (Bora) Stanković à Vranje

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

Vranja a signé des accords de partenariat avec les villes suivantes[19] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (sr)(en)[PDF] « Recensement de la population, des ménages et des logements dans la République de Serbie 2011 », sur http://webrzs.stat.gov.rs, Site de l'Institut de statistiques de la République de Serbie,‎ 10 novembre 2011 (consulté le 6 avril 2013)
  2. a, b et c (en) « Vranje (founded in 1894) », sur http://www.hidmet.gov.rs, Site de l'Office hydrométéorologique de la République de Serbie (consulté le 8 septembre 2009)
  3. (sr) « Monthly and annual means, maximum and minimum values of meteorological elements for the period 1961 - 1990 », sur http://www.hidmet.gov.rs, Site de l'Office hydrométéorologique de la République de Serbie (consulté le 8 septembre 2009)
  4. (sr)[doc] « Zakon o teritorijalnoj organizaciji Republike Srbije », sur http://www.projuris.org, Projuris - Organisation pour l'éducation au droit et à la culture juridique (consulté le 21 avril 2009)
  5. Le chiffre pour 1941 est une estimation.
  6. a et b (sr) Livre 9, Population, analyse comparative de la population en 1948, 1953, 1961, 1971, 1981, 1991 et 2002, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, mai 2004 (ISBN 86-84433-14-9)
  7. (sr) Livre 2, Population, sexe et âge, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, février 2003 (ISBN 86-84433-01-7)
  8. a et b (sr) Livre 1, Population, origine nationale ou ethnique, données par localités, Institut de statistique de la République de Serbie, Belgrade, février 2003 (ISBN 86-84433-00-9)
  9. a et b (sr) « Pregled funkcionera za opštinu Vranje (Lokalni 2008) », sur http://direktorijum.cesid.org, Site du CeSID (consulté le 9 septembre 2009)
  10. (sr) « Gradonačelnik Vranja », sur http://www.vranje.org.rs, Site officiel de la Ville de Vranje (consulté le 8 septembre 2009)
  11. (en) « American Corner Vranje », sur http://www.americancorners-sam.net, Site des American Corners en Serbie (consulté le 9 septembre 2009)
  12. a, b et c (sr) « Kulturno istorijski spomenici Vranja », sur http://www.vranje.org.rs, Site officiel de la Ville de Vranje (consulté le 9 septembre 2009)
  13. (en) « Products », sur http://www.alfaplam.rs, Site officiel de Alfa plam Vranje (consulté le 8 novembre 2011)
  14. (en) « BELEX15 - Index Basket », sur http://www.belex.rs, Site officiel de la Bourse de Belgrade,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 8 novembre 2011)
  15. (en) « Simpo a.d. », sur http://finance.google.com, Google finance (consulté le 9 septembre 2009)
  16. (sr)(en) « Site de Simpo Vranje » (consulté le 9 septembre 2009)
  17. (sr) « Site de Zavarivač Vranje » (consulté le 9 septembre 2009)
  18. (sr) « BELEXline - Index Basket », sur http://www.belex.rs, Site officiel de la Bourse de Belgrade,‎ 30 septembre 2011 (consulté le 8 novembre 2011)
  19. (sr) « Lista medjunarodnih odnosa », sur http://www.skgo.org (consulté le 9 septembre 2009)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]