Mitrailleuse Kalachnikov

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Mitrailleuse Kalachnikov (PK/PKM)
Image illustrative de l'article Mitrailleuse Kalachnikov
La PKM sur son bipied
Présentation
Pays Drapeau de l’URSS Union soviétique
Type automatique
Munitions 7,62 × 54 mm R
Fabricant Izhmash
Période d'utilisation 1961
Poids et dimensions
Masse (non chargé) 8,99 kg (avec bipied)
Longueur(s) 1 173 mm
Longueur du canon 658 mm
Caractéristiques techniques
Mode d'action emprunt de gaz
Portée pratique 600 m
Cadence de tir 650 coups/min
Vitesse initiale 825 m/s
Capacité bandoulière de 100, 200 ou 250 cartouches
Variantes PKM, PKS, PKT, PKB, PKP

La mitrailleuse Kalachnikov, plus connue sous les initiales PK de son nom russe : пулемёт Калашникова, poulemiot Kalachnikova, est une mitrailleuse soviétique adoptée en 1961 et produite depuis lors à plus d'un million d'exemplaires. Comme l'indique sa désignation officielle, elle exploite le mécanisme du célèbre fusil d'assaut AK-47 adapté à une munition plus puissante. Elle fut rapidement adoptée par les armées du pacte de Varsovie puis fut diffusée mondialement.

Présentation[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS développa différentes mitrailleuses légères pour équiper l'infanterie de l'Armée rouge, notamment la Degtyarev RPD et la Kalashnikov RPK. Toutes deux étaient chambrées en calibre 7,62 x 39 mm, le même que celui de l'AK-47. Il apparut cependant que si cette munition était adaptée pour les fusils d'assaut, elle avait un pouvoir de pénétration et une précision insuffisants pour être employée sur des mitrailleuses puissantes.

Dans les années 1950, un programme de conception d'une nouvelle arme fut donc confié au d'ores et déjà célèbre Mikhaïl Kalachnikov, alors qu'en parallèle les ingénieurs soviétiques Grigory Nikitin et Yuri Sokolov travaillaient à un autre projet pour répondre à la même demande.

Description[modifier | modifier le code]

La PK pèse un peu moins de 9 kg lorsqu'elle est employée avec un bipied, ce qui est loin d'être excessif pour une arme de cette catégorie. Elle reste donc facilement manœuvrable malgré sa longueur dépassant 1,10 m.

Concernant son système de tir, elle dispose d'une culasse rotative très similaire à celles de l'AK et du RPK. Elle a cependant été élargie et renforcée pour pouvoir supporter la plus grande puissance de la munition utilisée par la PK. Le rechargement de l'arme se fait grâce au gaz produit par le tir des cartouches : lorsque la première a été percutée, le gaz créé par l'explosion de sa charge de poudre est réutilisé pour faire reculer la culasse, éjecter la douille et la remplacer par la cartouche suivante. Les mécanismes internes de la PK sont remarquables de simplicité à l'instar de ceux de l'AK et sont à l'origine de la grande fiabilité de la mitrailleuse. Le système de queue de détente et de gâchette est notamment hérité de la RPD. La PK peut être placée en mode « tir automatique » ou « sécurité » ; il n'existe pas de mode semi-automatique ou rafale.

La PK dispose d'un canon lourd mesurant plus de 650 mm ; cette longueur imposante lui offre une bonne précision et évite que sa température n'augmente trop vite. En effet, la cadence de tir impressionnante de la plupart des mitrailleuses ainsi que la puissance de leurs munitions amènent logiquement leur canon à surchauffer en cas d'utilisation trop intensive. Celui de la PK, qui est refroidi à l'air, est donc doté d'une poignée permettant de le retirer et de le remplacer facilement, même dans le feu de l'action. Elle est de plus équipé d'un bipied pour une meilleure stabilité de l'arme lors du tir.

L'alimentation de la PK se fait par bandes de cartouches stockées dans des boîtes métalliques d'une capacité de 100, 200 ou 250 munitions, bien que ces deux derniers modèles soient généralement utilisés dans des positions défensives fixes, à cause de l'encombrement important qu'ils entraînent. La cadence de tir maximum est de 650 cartouches par minute. La PK peut donc fournir une puissance importante, que ce soit en matière de capacité de pénétration ou de volume de feu.

Les différentes versions de la PK[modifier | modifier le code]

La PKT : version pour tank de la Poulemet Kalachnikov

La Poulemet Kalachnikov fut déclinée en PKS, PKT et PKB. Sa version modernisée PKM eut droit aux mêmes variantes dont la plus récente est la Pecheneg.

PKM[modifier | modifier le code]

Apparue en 1965, la PK modernisée introduit un canon plus léger et un peu plus court, ainsi que l'utilisation de nouveaux matériaux pour alléger l'arme. Elle est facilement identifiable grâce au cache flamme de son canon (pièce située à l'extrémité de celui-ci), qui ne présente pas de longues perforations comme sur la PK, mais un embout avec plusieurs petits trous. On peut de plus y adapter différents optiques d'aide au tir.

PKS/PKMS[modifier | modifier le code]

La Pelmet Kalashnikova Stankoviy est une PK/PKM montée sur un trépied spécial pour une meilleure stabilité.

PKT/PKMT[modifier | modifier le code]

La Pelmet Kalashnikova Tankoviy est la variante du PK/PKM utilisée comme mitrailleuse coaxiale sur différents blindés comme le T-72 ou le T-90. Son actionnement est électrique et guidé depuis l'intérieur du char, ce qui fait que sa crosse et sa poignée pistolet ont été retirées. Il ne reste donc que le canon (qui dépasse très légèrement du véhicule) et le corps de l'arme. À noter que son canon a été alourdi pour permettre un tir plus intensif.

PKB/PKMB[modifier | modifier le code]

Pulemyot Kalashnikova na Bronetransportere : version raccourcie de la PK prévue pour être utilisée depuis les tourelles des blindés PK, est une mitrailleuse soviétique très répandue dans le monde.

Versions produites hors de l'URSS/Russie[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

Les arsenaux roumains ont fabriqué les PK et PKS sous le nom de "Mitrailleuse M66".

Chine populaire/Yougoslavie  : des copies presque conformes[modifier | modifier le code]

Zastava M84 sur trépied munie d'une lunette de tir

Les PK/PKM ont été produites avec ou sans licence en Chine populaire (mitrailleuse Norinco type 80 dans son calibre d'origine et CF06 en 7,62 OTAN). Des Norinco Type 80 ont été vendues aux Forces armées du Bangladesh, du Cambodge et du Sri Lanka. L'usine d'armement serbe Zastava arms a produit des M84 (PKM mais munie d'une crosse pleine), M86 (PKB) et M87 (PKT armant le char M-84). La FAZ M84 a été exportée en Irak où elle est aussi utilisée par des contractors.

Modèle Munition Cadence de tir théorique Longueur Canon Masse à vide Alimentation
Mitrailleuse Type 80 7,62mm Mosin-Nagant 650 c/minute 119 cm 67 cm 7,9 kg 50/100/200/250 cartouches
Zastava M84 7,62x54 mm R (rare) 700 c/minute 117 cm 66 cm 10 kg 100/200/250 cartouches

Arsenal MG (Bulgarie)[modifier | modifier le code]

Les arsenaux bulgares produisent les versions suivantes en 7,62 mm Mosin Nagant ou 7,62 OTAN :

  • MG : version de base avec bipied
  • MG-M1 : version modernisée
  • MG-M1S : version de l'arme précédente montée sur trépied
  • MG-T : mitrailleuse de char
  • MG-N : prévue pour être utilisée sur une embarcation
  • MG1-M: arme tropicalisée pour être utilisée en milieu désertique.
  • MG1-MS: version de l'arme précédente montée sur trépied

Mitrailleuse type 68 (Corée du Nord)[modifier | modifier le code]

Les arsenaux nord-coréens produisent une version légèrement modifiée de la PK. La crosse est droite, pleine et dotée d'une épaulière. Le levier d'armement est plus long. Sa hausse est à planchette pliante. Elle est en service aussi dans l'armée de terre togolaise.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Rebelle touareg au Niger en 2008 armée d'une PK. De même que l'AK-47, de nombreuses guérillas utilisent cette arme.

La PK fut utilisée en tant que mitrailleuse standard de l'infanterie de l'Armée rouge. Elle est encore en service notamment dans les pays de l'ex-Bloc de l'Est qui l'ont pratiquement tous adoptée après l'URSS. De plus, le soutien que celle-ci a apporté à de nombreux pays du Tiers Monde ajouté à la grande simplicité de la PK ont contribué à ce qu'elle se répande à travers le monde entier, pour devenir l'une des mitrailleuses les plus utilisées à ce jour. On la retrouve généralement accompagnée par le fusil d'assaut AK-47, mais de nombreux pays (comme la Russie, la Pologne ou l'Ukraine) continuent à l'employer bien qu'ils aient modernisé leurs autres armes légères (avec l'entrée en service des AK-74). En effet, la PK a eu souvent l'occasion de démontrer sa qualité, et semble encore avoir un bel avenir devant elle. Cette mitrailleuse polyvalente fut et/ou est encore en service :

Fiction et jeux vidéo[modifier | modifier le code]

La PK est notamment visible dans Operation Flashpoint, Battlefield 2, Conflict: Desert Storm 2 Back to Baghad, Conflict Global Storm, Far Cry 2, Far Cry 3, L'Aigle de fer 2, Metal Gear Solid 4, Freedom Fighters Battlefield : Bad Company 2 Medal of honor.

Sources[modifier | modifier le code]

Cette notice est issue de la lecture des revues spécialisées de langue française suivantes :

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

En tant que dérivé lointain de l'AK-47, cette arme et son histoire sont abordées dans les ouvrages signés :

  • Dominique Venner, Les Armes soviétiques, Grancher, 1980
  • Edouard Ducourau, Le Kalashnikov, Editions du Guépard, 1982
  • Stanislas de Haldat, Kalachnikov. L'AK47 à la conquête du monde. La Sirène. 1993.
  • Jean Huon , Histoire du Kalasnikov, ETAI, 2011
  • Collectif, L'encyclopédie illustrée des fusils , fusiils mitrailleurs et mitrailleuses, Terres Editions, 2013 (traduction française d'un livre anglais).