Vojislav Šešelj

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Vojislav Šešelj

Vojislav Šešelj (en cyrillique : Војислав Шешељ), né le 11 octobre 1954 à Sarajevo (Yougoslavie, aujourd'hui Bosnie-Herzégovine), est un homme politique serbe. Président du Parti radical serbe depuis les années 1990, il a été inculpé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie et attend actuellement son procès en détention à La Haye.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Vojislav Šešelj a grandi à Sarajevo et a obtenu un doctorat à l'Université de Belgrade en 1979. Il a été chargé de cours à la faculté des sciences politiques de Sarajevo jusqu'au printemps 1982. En raison de ses prises de position contre des intellectuels bosniaques (Atif Purivatra, Hasan Susic, Omer Ibrahimagic), également enseignants à la faculté de sciences politiques de Sarajevo, qu'il qualifie de « panislamistes » et pour avoir dénoncé le plagiat dont s'est rendu coupable un dirigeant communiste de Sarajevo, Branko Miljus, pour l'obtention de son diplôme universitaire de second cycle, Vojislav Šešelj est exclu de la Ligue des communistes de Yougoslavie le 4 décembre 1981 et écarté de l'enseignement au printemps 1982[1]. Au début des années 1980, Vojislav Šešelj fréquente les milieux dissidents à Belgrade. En 1984, les autorités communistes l'ont accusé d'« activités contre-révolutionnaires » et l'ont condamné à huit ans de prison. Les autorités communistes lui reprochent le contenu d'un manuscrit non publié dans lequel il préconise la réorganisation de la fédération yougoslave en quatre républiques : Serbie, Macédoine, Croatie et Slovénie ; ainsi que la suppression des provinces autonomes de Voïvodine et du Kosovo[2]. Il ne purgera qu'un an et dix mois de prison. Ayant obtenu un passeport en 1989 après trois années d'interdiction, Šešelj se rend aux États-Unis, où le pope Momčilo Đujić, un leader tchetnik durant la Seconde Guerre mondiale, lui décerne le titre de voïvode des Tchetniks. Il est déchu de ce titre en 1998, à cause de sa collaboration avec le Parti socialiste serbe de Slobodan Milošević

Šešelj fonde en janvier 1990 le Mouvement libertaire serbe (Srpski slobodarski pokret) avant de rejoindre en mars 1990 le Mouvement serbe du renouveau (Srpski Pokret Obnove). Plus tard, il rompt avec ce parti pour créer le 18 juin 1990 le Mouvement tchetnik serbe (Srpski cetnicki pokret) dont l'objectif est la création d'une Grande Serbie regroupant tous les pays serbes : la Serbie, la Macédoine, le Monténégro, la Bosnie, l'Herzégovine, la ville de Dubrovnik, la Dalmatie, la Lika, le Kordun, la Banija, la Slavonie et la Baranja.

Le 23 février 1991, le Mouvement tchetnik serbe et la majorité des comités locaux du Parti radical populaire s'unissent pour fonder le Parti radical serbe (SRS). Ce dernier entretient des relations amicales avec le Parti socialiste serbe jusqu'en septembre 1993, quand il se brouille avec Milošević. Šešelj fait plusieurs séjours en prison en 1994 et 1995.

Après s'être rapproché de Milošević, Šešelj a été vice-président du gouvernement serbe entre 1998 et 2000. Lors de la guerre du Kosovo en 1999, son parti fut le seul, après trois mois de bombardements, à refuser de capituler face aux forces de l'OTAN.

Accusations[modifier | modifier le code]

En février 2003, Šešelj se rend au TPIY, qui a retenu contre lui « huit charges de crimes contre l'humanité et six charges de violations des lois et coutumes de la guerre pour sa participation à une entreprise criminelle collective ». Les faits qui lui sont reprochés se sont déroulés entre 1991 et 1995, durant la guerre de Croatie en Krajina et Slavonie occidentale, et durant la guerre de Bosnie. Il aurait ainsi participé à la purification ethnique lors de ces conflits.

Il est accusé d'avoir recruté, formé, financé des miliciens serbes qui ont commis des massacres ; d'avoir tenu, en tant que leader ultra-nationaliste, dans les médias ou devant ses troupes, des propos incitant à la violence, à la persécution de civils et au crime ; d'avoir participé à l'élaboration de l'assaut de plusieurs villes en Bosnie, et l'expulsion de leurs habitants non-serbes. Il aurait bénéficié du soutien de Milošević dans ces entreprises.

Incarcéré par le TPIY, Šešelj se met en grève de la faim le 10 novembre 2006, car le tribunal voulait lui imposer son avocat suite à sa défense basée sur l'obstruction du procès et l'utilisation de sa retransmission sur internet comme tribune pour sa campagne politique[3]. Il est hospitalisé le 29 novembre dans un état physique inquiétant. Finalement, le tribunal lui accorde le droit de se défendre tout seul[4].

Le TPIY, notamment le procureur Carla Del Ponte, a été accusé d'avoir exercé des pressions sur les témoins à charge (chantage, menaces, pots-de-vin, etc.). Une enquête a été ouverte en 2010[5].

Le 7 mars 2012, le TPIY requiert contre Vojislav Šešelj une peine de 28 ans de prison pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre[6].

Déclarations[modifier | modifier le code]

  • en 1991 :

« Je vous garantis qu'avec une division de dix mille tchetniks, je serai arrivé à Zagreb en 48 heures. Comprenez que j'interdirai aux tchetniks l'entrée dans Zagreb, car je crains qu'ils s'y perdent. C'est, malgré tout, une grande ville. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vojislav Šešelj, Hajka na jeretika, Beograd, ABC Glas, 1991.
  2. Vojislav Šešelj, Demokratija i dogma, Beograd, ABC Glas, 1991.
  3. Claverie Élisabeth, « Bonne foi et bon droit d'un génocidaire », Droit et société, 2009/3 n° 73, p. 635-664.
  4. « TPI : Peut-on nourrir de force Šešelj, dont les jours sont désormais en danger ? », B92, 7 décembre 2006.
  5. (en) « Carla Del Ponte investigated over illegal evidence », The Guardian, 18 août 2010.
  6. TPIY : 28 ans requis contre Seselj, Le Figaro, 7 mars 2012.

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