Bataille de Vukovar
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Le château d’eau de Vukovar en 2010. Il a été préservé ainsi en souvenir de la bataille. |
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| Informations générales | ||||||||||||||||
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La ville de Vukovar est assiégée au cours du mois d'août 1991 par les forces de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (à majorité serbe) au cours de leur offensive en Croatie et subit un bombardement intensif qui confine la population dans les caves pendant trois mois, sans aucune aide humanitaire. Après 87 jours de siège, le 18 novembre, les 1500 combattants croates du commandant Mile Dedaković qui défendaient encore la ville se rendent, laissant la population en proie aux exactions des troupes serbes de Vojislav Seselj qui pénètrent dans une cité réduite à un champ de ruines et de cendres. La population est alors réunie dans le stade, les hommes en âge de se battre sont séparés des femmes, des enfants et des vieillards. On ne reverra jamais les premiers. Le même sort attend les 420 blessés de l'hôpital où se trouvait un volontaire français, Jean-Michel Nicolier âgé de 25 ans.
Le 18 novembre, le délégué du CICR, Nicolas Borsinger, s'impose à la table des négociations de la reddition et exige d'enregistrer les noms des combattants croates qui se rendent. C'était la preuve que ces personnes étaient en vie et s'étaient rendues. Ainsi environ 200 personnes ont été sauvées[1].
Mais le matin du 20 novembre, 264 personnes ont été transférées depuis l'hôpital de Vukovar, par bus, juste avant l'arrivée du CICR, au mépris total de l'accord de neutralisation de l'hôpital signé la veille par les parties s'engageant à placer l'hôpital sous la protection du CICR. Ces personnes seront exécutées le jour même à Ovcara[2].
Aujourd'hui encore les effets d'un des épisodes les plus sanglants du conflit yougoslave sont loin d'être effacés. Croates et Serbes cohabitent difficilement dans la ville de Vukovar reconstruite ; ils évitent de se fréquenter. Les écoliers des deux communautés continuent à suivre leurs enseignements dans des établissements séparés.
Le 4 novembre 2010, le président croate Ivo Josipović et le président de la Serbie Boris Tadić ont accompli un acte de pardon et de mémoire l'un envers l'autre. Le président croate s'est excusé pour l'exécution par les forces croates le 18 décembre 1991 à Paulin Dvor de 18 civils serbes et un hongrois[3]. Et le président serbe quant à lui a rencontré les familles des disparus croates lors de la prise de la ville par l'armée de Yougoslavie.
Dans une interview à un quotidien croate, M. Tadic a informé ses interlocuteurs que sa visite représentait "un message à tous les gens vivant en Europe de sud-est qu'une telle chose ne devrait plus jamais se passer"[3]. La visite est "un geste symbolique et de civilisation très important" qui contribuera à "faciliter les liens entre la Croatie et la Serbie encombrés par le passé", a déclaré le bureau du président croate[3].
Les deux présidents ont visité le centre mémorial d'Ovcara où les victimes ont été tuées et enterrées dans des fosses communes[3].
[modifier] Voir aussi
[modifier] Références
- http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/3596471-croatie-la-ville-de-vukovar-commemore-le-premier-massacre-de-l-armee-yougoslave-en-1991.html
- Vukovar, ville "martyre" de la guerre serbo-croate http://www.tdg.ch/depeches/monde/vukovar-ville-martyre-guerre-serbo-croate
- Croatie: le président serbe Boris Tadic en visite historique à Vukovar, Le Parisien, 4 novembre 2010