Bataille de Vukovar

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Bataille de Vukovar
Le château d'eau de Vukovar en 2010. Il a été préservé ainsi en souvenir de la bataille.
Le château d'eau de Vukovar en 2010. Il a été préservé ainsi en souvenir de la bataille.
Informations générales
Date 25 août - 18 novembre, 1991
Lieu Proximité de Vukovar, Croatie/Yougoslavie
Issue Victoire à la Pyrrhus de l'armée yougoslave et des milices serbes
Belligérants
Flag of SFR Yugoslavia.svg Armée Populaire Yougoslave
Flag of SR Serbia.svg paramilitaires Serbes
Flag of Serbian Krajina (1991).svg Milices Locales Serbes
Flag of Croatia.svg Garde nationale croate
Flag of Croatia.svg Militaires et Policiers Croates
Force de Défense Croate (HOS)
Commandants
Mladen Bratić
Života Panić
Blago Zadro
Mile Dedaković
Branko Borković
Forces en présence
jusqu'à 36 000 hommes, selon la phase de la bataille 2 000 hommes (à Vukovar)
Pertes
Chiffres non officiel serbes :
1 103 morts
2 500 blessés
chiffres croates :
921 morts
770 blessés
Coordonnées 45° 22′ 27″ N 18° 57′ 45″ E / 45.37416667, 18.9625 ()45° 22′ 27″ Nord 18° 57′ 45″ Est / 45.37416667, 18.9625 ()  

Géolocalisation sur la carte : Yougoslavie

(Voir situation sur carte : Yougoslavie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Vukovar.

Opération militaire en Slavonie, septembre 1991 - janvier 1992
Carte de la Bataille de Vukovar

La ville de Vukovar est assiégée au cours du mois d'août 1991 par les forces de la République fédérative socialiste de Yougoslavie (à majorité serbe) au cours de leur offensive en Croatie et subit un bombardement intensif qui confine la population dans les caves pendant trois mois, sans aucune aide humanitaire. Après 87 jours de siège, le 18 novembre, les 1500 combattants croates du commandant Mile Dedaković qui défendaient encore la ville se rendent, laissant la population en proie aux exactions des troupes serbes de Vojislav Seselj qui pénètrent dans une cité réduite à un champ de ruines et de cendres. La population est alors réunie dans le stade, les hommes en âge de se battre sont séparés des femmes, des enfants et des vieillards. On ne reverra jamais les premiers. Le même sort attend les 420 blessés de l'hôpital où se trouvait un volontaire français, Jean-Michel Nicolier âgé de 25 ans.

Le 18 novembre, le délégué du CICR, Nicolas Borsinger, s'impose à la table des négociations de la reddition et exige d'enregistrer les noms des combattants croates qui se rendent. C'était la preuve que ces personnes étaient en vie et s'étaient rendues. Ainsi environ 200 personnes ont été sauvées[1].

Mais le matin du 20 novembre, 264 personnes ont été transférées depuis l'hôpital de Vukovar, par bus, juste avant l'arrivée du CICR, au mépris total de l'accord de neutralisation de l'hôpital signé la veille par les parties s'engageant à placer l'hôpital sous la protection du CICR. Ces personnes seront exécutées le jour même à Ovcara[2].

Aujourd'hui encore les effets d'un des épisodes les plus sanglants du conflit yougoslave sont loin d'être effacés. Croates et Serbes cohabitent difficilement dans la ville de Vukovar reconstruite ; ils évitent de se fréquenter. Les écoliers des deux communautés continuent à suivre leurs enseignements dans des établissements séparés.

Le 4 novembre 2010, le président croate Ivo Josipović et le président de la Serbie Boris Tadić ont accompli un acte de pardon et de mémoire l'un envers l'autre. Le président croate s'est excusé pour l'exécution par les forces croates le 18 décembre 1991 à Paulin Dvor de 18 civils serbes et un hongrois[3]. Et le président serbe quant à lui a rencontré les familles des disparus croates lors de la prise de la ville par l'armée de Yougoslavie.

Dans une interview à un quotidien croate, M. Tadic a informé ses interlocuteurs que sa visite représentait "un message à tous les gens vivant en Europe de sud-est qu'une telle chose ne devrait plus jamais se passer"[3]. La visite est "un geste symbolique et de civilisation très important" qui contribuera à "faciliter les liens entre la Croatie et la Serbie encombrés par le passé", a déclaré le bureau du président croate[3].

Les deux présidents ont visité le centre mémorial d'Ovcara où les victimes ont été tuées et enterrées dans des fosses communes[3].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]