Alexandre Alekhine

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Alexandre Alekhine

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Alexandre Alekhine

Naissance 31 octobre 1892
Moscou, Empire russe
Décès 24 mars 1946 (à 53 ans)
Estoril, Portugal
Nationalité Drapeau de Russie Russe
Drapeau de France Français
Profession
Joueur d'échecs
Distinctions
Champion du monde d'échecs

Alexandre Aleksandrovitch Alekhine (en russe : Александр Александрович Алехин), né à Moscou le 31 octobre 1892 et mort à Estoril (Portugal) le 24 mars 1946, est un joueur d'échecs russe naturalisé français en 1927.

Quatrième champion du monde des échecs de 1927 à 1935 et de 1937 à sa mort, il fut le premier champion du monde d'échecs à reconquérir son titre et le seul à mourir en portant son titre. Il a donné son nom à une ouverture, la défense Alekhine, qu'il employa à Budapest en 1921.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Alekhine en 1909, photographie de Karl Bulla.

Alexandre Alekhine est né le 31 octobre (19 octobre) 1892 à Moscou dans une famille aisée de l'Empire russe : son père était propriétaire terrien et sera député à la Douma d'État de l'Empire russe[1]. Alexandre a un frère aîné Alexeï, contre lequel il joua des parties, et une sœur, Varvara. Il apprend à jouer aux échecs à sept ans. Alekhine fait ensuite de brillantes études et apprend le français et l'allemand au lycée.

Après quelques tournois par correspondance, il dispute son premier tournoi important à Düsseldorf en 1908 et termine quatrième. En 1909, il entre dans l'école de Droit pour la noblesse de Saint-Pétersbourg, où les élèves internes portent l'uniforme militaire. Il obtient ses premiers succès au championnat de Russie amateur disputé à Saint-Pétersbourg en 1909, puis aux tournois internationaux de Stockholm en 1912 et de Scheveningue en 1913. En 1914, il remporte le championnat de Russie, ex æquo avec Aaron Nimzowitsch, et la même année, termine troisième du très fort tournoi international de Saint-Pétersbourg remporté par le champion du monde Emanuel Lasker devant son futur successeur José Raúl Capablanca.

Il participe au tournoi de Manheim lorsque la Première Guerre mondiale éclate et interrompt le tournoi. Alekhine est arrêté par les autorités allemandes. Il parvient cependant à rentrer en Russie, est blessé deux fois à la guerre et est ensuite plusieurs fois médaillé comme collaborateur de la Croix-Rouge[1].

Ascension vers les sommets[modifier | modifier le code]

Alexandre Alekhine au début des années 1920

Après la guerre et la Révolution russe, Alekhine remporte le championnat de Moscou et le premier championnat de la RSFSR en 1919-1920. Arrêté une première fois par la Tcheka, il échappe chanceusement au peloton d'exécution. Selon la légende, en prison, il aurait joué une partie contre Léon Trotsky lui-même[2], qui était un très bon joueur.

Alekhine quitte la Russie soviétique pour l'Ukraine, mais revient à Moscou, où il obtient un poste de traducteur. Le 21 février 1921, il est arrêté une seconde fois par la Tcheka, mais il réussit à persuader la police qu'il est innocent des charges qu'on lui reproche[3]. En mai 1921, à l'occasion de son mariage, il obtient l'autorisation d'un voyage en Lettonie, il quitte définitivement la Russie d'abord pour Berlin[N 1], puis pour la France, où il arrive en janvier 1922. En 1921, il remporte les trois tournois auxquels il participe. Par la suite, Alekhine refusera toujours de revenir en Union soviétique.

En 1924, Alekhine termine troisième du tournoi de New York, derrière les champions du monde Emanuel Lasker et Capablanca.

Le premier février 1925, à Paris, où il habite désormais[4], Alekhine dispute une partie simultanée sur 28 échiquiers à l'aveugle avec un score de (+22 -3 =3). Le lendemain, il reconstitue précisément, de mémoire, les vingt-huit parties disputées[5]. L'année précédente, Alekhine avait déjà disputé une autre séance record à l'aveugle, sur 26 échiquiers, à l'issue du tournoi de New York 1924. Son record fut porté à 32 parties lors d'une simultanée à l'aveugle disputée à Chicago en 1933.

En 1927, Alekhine termine deuxième du tournoi de New York derrière le nouveau champion du monde Capablanca — Lasker ayant refusé de participer au tournoi. Avec ce résultat, Alekhine devient le challenger naturel du champion du monde qu'il rencontre à Buenos Aires en 1927.

Naturalisation[modifier | modifier le code]

Alekhine a demandé pour la première fois son admission à résidence en France et sa naturalisation le 3 novembre 1924, mais le dossier a été classé sans suite en raison de ses multiples voyages à l'étranger pour participer à des compétitions internationales d'échecs, et parce qu'il avait été signalé en avril 1922 comme un « bolcheviste chargé par les Soviets d'une mission spéciale en France ».

La Fédération française des échecs intervenient en avril 1927 auprès du ministère de la Justice pour qu'Alekhine puisse participer à la tête de l'équipe française au premier « Tournoi des Nations »[N 2] qui doit avoir lieu en juillet 1927 à Londres. Mais la nouvelle loi sur la naturalisation, facilitant l'acquisition de la nationalité française en raison de la baisse de population consécutive à la Première guerre mondiale, n'est publiée que le 10 août 1927. Le décret de naturalisation d'Alekhine (et de plusieurs centaines d'autres postulants) est signé le 5 novembre et publié au Journal officiel du 14-15 novembre 1927[6].

Championnats du monde[modifier | modifier le code]

Match contre Capablanca (1927)[modifier | modifier le code]

Alekhine (à gauche) face à Capablanca en 1927

Alekhine devint champion du monde en 1927 en battant à Buenos Aires le tenant du titre, le Cubain José Raúl Capablanca sur le score de 18,5 à 15,5 (+6, -3, =25), au terme d'un match marathon de plus de 2 mois et 34 parties. En dépit de multiples négociations, le match revanche promis au Cubain ne fut jamais organisé. À l'époque, c'était encore les champions qui choisissaient les challengers.

Matchs contre Bogoljubov (1929 et 1934)[modifier | modifier le code]

Alekhine domina le monde des échecs pendant toute la période entre 1929 et 1933 : il réalisa l'exploit de se classer premier sans interruption dans les 15 tournois auxquels il participa, cette série étant arrêtée par une deuxième place au tournoi d'Hastings, derrière Salo Flohr. Au lieu de défier Capablanca comme il l'avait pourtant promis, il choisit comme challenger son ancien compatriote Bogoljubov, moins redoutable. Alekhine conserva facilement son titre face à Efim Bogoljubov en 1929 (15,5 à 9,5 ; +11, -5, =9), puis en 1934 (15,5 à 10,5 ; +8, -3, =15).

Matchs contre Max Euwe (1935 et 1937)[modifier | modifier le code]

Alekhine face à Euwe en 1937

À la surprise générale, Alekhine perdit son titre en 1935 face au Néerlandais Max Euwe (14,5 à 15,5 ; +8, -9, =13). Alekhine souffrait d'alcoolisme et ne parvenait pas à contrôler sa dépendance. À la suite de sa défaite, il arrêta de boire et reprit le titre de champion du monde deux ans plus tard, en 1937, lors du match revanche (15,5 à 9,5 ; +10, -4, =11).

En 1938, le tournoi AVRO fut organisé pour départager les candidats éventuels à un match de championnat du monde contre Alekhine qui conserva néanmoins la possibilité de désigner son challenger. Le tournoi fut remporté par l'Estonien Paul Keres et l'Américain Reuben Fine, mais Alekhine entreprit des négociations avec le troisième du tournoi Mikhaïl Botvinnik. Les pourparlers furent interrompus par la Seconde Guerre mondiale.

Activités pendant la Seconde Guerre mondiale (1939 à 1943)[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le titre de champion du monde ne fut pas remis en jeu.

En septembre 1939, lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata, Alekhine participait à l'Olympiade de Buenos Aires. En janvier 1940, il arriva à Lisbonne, et demanda à être mobilisé comme interprète dans l'armée française. Il rentra en France en février. Après l'Armistice, démobilisé, il transmit à Capablanca en juillet 1940 sa proposition de disputer un match. La communication se fit par l'intermédiaire du consulat de Cuba à Marseille et les négociations se poursuivirent jusqu'en 1941 et l'entrée en guerre des États-Unis.

À la fin de mars 1941, Alekhine fut autorisé à se rendre en Espagne. Il avait l'espoir de partir au Brésil ou à New York. Son épouse, Grace Alekhine (en), était restée dans leur château près de Dieppe pour sauver les biens du champion. Pour délivrer un visa à Alekhine et protéger sa femme, née américaine et naturalisée britannique, les autorités allemandes auraient alors demandé à Alekhine de rédiger plusieurs articles sur les échecs pour le quotidien allemand Pariser Zeitung qui parurent sous son nom en mars 1941.

Quand Alekhine arriva à Lisbonne en avril 1941, il apprit que son projet de match avec Capablanca avait échoué ; il fut malade et se remit à boire[7]. À ce moment, les articles d'Alekhine étaient repris avec d'importantes variantes[8] dans la Deutsche Schachzeitung et dans d'autres journaux nazis comme Deutsche Zeitung in der Niederlanden, d'avril à juillet 1941, sous le titre « Échecs juifs et aryens », sous-titré « Une étude psychologique, fondée sur l'expérience échiquéenne, montrant le manque de force de conception et de courage des juifs, par le champion du monde des échecs, le Dr Alekhine. » Ils provoquèrent l'indignation dans le monde. Euwe refusa de participer dans les tournois auxquels participait aussi Alekhine[9]. À la fin de la guerre, Alekhine fut accusé d'avoir collaboré avec les Nazis[10] pour protéger sa femme et sauver ses biens en France, notamment son château à Saint-Aubin-le-Cauf. Après la libération de la France (en 1944), Alekhine affirma à plusieurs reprises que « pas une ligne » n'était de sa main et que ses articles avaient été manipulés. Cependant, lors d'entretiens accordés pendant son séjour en Espagne en 1941[8], il aurait ajouté qu'il avait été « le premier à traiter des échecs d'un point de vue racial ». Dans ces articles il écrivait que les « échecs aryens » étaient « des échecs agressifs » et considérait la défense comme la conséquence d'une erreur antérieure, et le fait que l'on pouvait gagner avec la « défense pure » un « concept sémitique[8] ».

En septembre 1941, Alekhine quitta le Portugal pour disputer le deuxième tournoi Europa à Munich. De 1941 à 1943, il multiplia les tournois en Europe occupée  : à Cracovie, Lublin et Varsovie (en 1941 et 1942), à Munich (1941 et 1942), à Salzbourg (en 1942 et 1943), à Prague (en 1942 et 1943) ainsi que des conférences et des exhibitions en Allemagne, Autriche Pologne, Espagne et au Portugal. De 1941 à 1944, il disputa dix tournois à cadence lente et il termina six fois seul premier, trois fois premier ex æquo et il ne concéda qu'une deuxième place ex æquo lors du tournoi de Munich de septembre 1941 remporté par Gösta Stoltz. En 1942, il remporta le championnat européen organisé par les Allemands à Munich. Quelques jours après la fin du tournoi de Prague, en décembre 1942, Alekhine donna quelques parties simultanées, puis tomba malade et fut hospitalisé pendant un mois ; les médecins diagnostiquèrent la scarlatine. En avril 1943, Alekhine remporta le tournoi de Prague avec le score de 17 / 19 (+15 =4) et 2,5 points d'avance sur Keres. Il proposa alors de disputer un match contre Keres qui déclina l'offre. En juin 1943, il gagna le tournoi de Salzbourg, ex æquo avec Keres et devant Bogolioubov.

Dernières années (1944 à 1946)[modifier | modifier le code]

Tombe d'Alexandre Alekhine à Paris

À la fin de 1943, les bombardements des Alliés ne permettaient plus d'organiser des tournois dans l'Europe occupée par les Allemands ; Keres déclina une proposition de match. Invité par la fédération espagnole, Alekhine quitta l'Europe occupée en octobre 1943 et arriva à Madrid le 15 octobre 1943. Par la suite, il ne quitta plus l'Espagne et le Portugal, alors que sa femme restait en France. Arrivé trop tard pour disputer le tournoi de Madrid, auquel il avait été invité, Alekhine disputa néanmoins un tournoi éclair (5 minutes pour toute la partie) et finit cinquième des quatorze participants. Affaibli, il fut interné dans un sanatorium pour résoudre ses problèmes d'alcool.

En 1944 et 1945, Alekhine, toujours sans sa femme, poursuivit son activité en Espagne et au Portugal. Un médecin diagnostiqua une dépression nerveuse. En 1945, Alekhine reçut une invitation pour disputer le tournoi d'échecs d'Hastings de 1945-1946 ; cette invitation fut retirée suite à l'opposition des fédérations néerlandaise et américaine. Le 28 novembre 1945, il apprit que son invitation au tournoi de Londres 1946 avait été résiliée. Reuben Fine et Max Euwe auraient protesté contre son admission. Ils reprochaient à Alekhine ses articles au Pariser Zeitung et son silence. Alekhine répondit par une lettre contre ces accusations : il niait avoir écrit les articles et regrettait de ne pouvoir se défendre à Londres. Fin décembre, choqué par ces nouvelles, il disputa son dernier tournoi à Cáceres et il finit deuxième. Accompagné du vainqueur, Francisco Lupi, il partit à Estoril au Portugal où ils étaient invités par le casino pour disputer un match. Alekhine s'installa dans une pension. Le match eut lieu du 6 au 9 janvier 1946 et fut remporté par Alekhine deux victoires à un et une partie nulle. Le 9 mars 1946, le champion du monde fit sa dernière apparition en public lors d'une partie simultanée à Lisbonne.

Détail de l'échiquier sur la tombe.

Alekhine mourut le 24 mars 1946 dans sa pension à Estoril, au Portugal, dans des circonstances assez troubles[N 3] et au moment même où un match contre Mikhail Botvinnik allait être organisé pour l'obtention du titre de champion du monde : début mars, Alekhine avait reçu la proposition de Botvinnik écrite en février 1946 et, la veille de sa mort, le 23 mars, la fédération anglaise avait donné son accord pour patronner le match.

Alekhine fut enterré au cimetière de Lisbonne le 16 avril 1946. En 1956, ses cendres furent transférées au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 8e division. Sur sa tombe, où son nom est gravé en caractères cyrilliques et romains, est représenté un échiquier. Un bas-relief représente Alekhine devant un jeu d'échecs. Il est inscrit : « Génie des échecs de Russie et de France, 1892-1946. Champion du monde des échecs de 1927 à 1935, et de 1937 à sa mort ».

Palmarès[modifier | modifier le code]

Les tables suivantes donnent les résultats et les scores de Alexandre Alekhine dans les tournois et les matchs[N 4]. La notation (+6 -4 =13) signifie : six victoires, quatre défaites et treize parties nulles.

Tournois par correspondance (1902–1910)[modifier | modifier le code]

De 1902 à 1910, Alekhine disputa plusieurs tournois par correspondance. Ses principaux résultats furent les suivants :

  • 1905-1906 : vainqueur du 16e tournoi par correspondance du magazine Chakhmatnoïé Obozrenié (Шахматное обозрение) (+10 -1 =3).
  • 1906-1907 : 4e-5e du premier tournoi par correspondance du Prince F. M. Chakhovskoï (+6 -1 =1).
  • 1909-1910 : premier du 17e tournoi inachevé du magazine Chakhmatnoïé Obozrenié qui cessa sa parution en 1910 alors qu'Alekhine menait (+8 =2).

1907 – 1915[modifier | modifier le code]

Alekhine disputa son premier tournoi sur l'échiquier à quatorze ans à Moscou (tournoi de printemps du club de Moscou) en juin 1907 ; le résultat ne nous est pas parvenu. Lors de son deuxième tournoi, le tournoi d'automne 1907-1908, remporté par Blumenfeld, il termina 11e-13e (+4 -9 =1) tandis que son frère Alekseï finissait 4e-6e.

Alekhine (à gauche) face à Romanovski en 1909
Portrait de Alekhine en 1913
Alekhine (debout à gauche) à Saint-Pétersbourg en 1914
Année Vainqueur Deuxième à huitième
1908 Moscou[N 5] (tournoi de printemps)
(Düsseldorf) Match contre Bardeleben : 4,5-0,5
(Moscou) Match contre Blumenfeld : 4,5–0,5
Düsseldorf (4e-5e) : 9 / 13 (+8 -3 =2)
(16e congrès allemand, tournoi A des non-maitres)
(victoire de Köhnlein devant Wiarda)
1908-1909 : Moscou (tournoi d'automne[N 6]) : 6,5 / 9 (+5 -1 =3)
1909 Tournoi pan-russe amateur[N 7]
(Saint-Pétersbourg) : 13 / 16 (+12 -2 =2)
Sebastopol (tournoi triangulaire[N 8])
Moscou (tournoi d'automne) : 6,5 / 7 (+6 =1)
Moscou (5e) : 6,5 / 10 (+6 -3 =1)
(tournoi de printemps remporté par Goncharov)
1910 1909-1910 :
Moscou (tournoi d'hiver)[N 9] : 7 / 8 (+7 -1)

(Moscou) Partie exhibition contre Rubinstein : 0-1
Hambourg (7e-8e) : 9 / 13 (+8 -3 =2)
(17e congrès allemand, tournoi des maitres)
(victoire de Schlechter devant Duras et Nimzowitsch)
1911 Moscou (tournoi avec handicap) : 9,5 / 11 1910-1911 : Moscou (2e-4e) : 10,5 / 14
(tournoi avec handicap remporté par Pavlov)
Karlsbad (8e-11e) : 13,5 / 25 (+11 -9 =5)
(victoire de Teichmann devant Rubinstein et Schlechter)
1912 Saint-Pétersbourg (tournoi d'hiver) (1er-2e) : 8 / 9 (+8 -1)
(ex æquo avec E. Baashch)
Saint-Pétersbourg[N 10] (tournoi de printemps) : 7 / 9 (+6 -1 =2)
Stockholm[N 11] : 8,5 / 10 (+8 -1 =1)


Championnat de Russie[11] (6e-7e) : 8,5 / 18 (+7 -8 =3)
(Vilna, victoire de Rubinstein devant Bernstein et Levitski)
1913 (Saint-Pétersbourg) Match contre Levitski : 7-3 (+7 –3 =0)
Saint-Pétersbourg[12] : 2 / 3 (2-1) (ex æquo avec Levenfisch)
Scheveningue[N 12] : 11,5 / 13 (+11 -1 =1)
(Paris et Londres) Match contre Edward Lasker[N 13] : 3-0


(Saint-Pétersbourg)
Match exhibition contre Capablanca : 0–2
1914 Championnat de Russie[11] (ex æquo avec Nimzowistch[N 14])
(Saint-Pétersbourg) : 13,5 / 17 (+13 -3 =1)
Paris[12] : 2 / 3 (+2 -1) (ex æquo avec Marshall)
Tournoi de maîtres de Mannheim : 9,5 / 11 (+9 -1 =1)
(19e congrès allemand interrompu par la guerre[N 15])
Tournoi de Saint-Pétersbourg (3e) : 10 / 18 (+6 -4 =8)
(victoire de Lasker devant Capablanca)
Préliminaire (4e-5e) : 6 / 10 (+3 –1 =6)
Finale (3e) : 4 / 8 (+3 –3 =2)
1915 Tournoi du club de Moscou[N 16] : 10,5 / 11 (+10 =1)

1918 – 1927 : prétendant au championnat du monde[modifier | modifier le code]

De 1918 à 1921, Alekhine fut invaincu en tournoi.

Alekhine (à droite) face à Romanovski en 1920
Alekhine face à Colle en 1925
Alekhine et Capablanca en 1927
Année Vainqueur ou ex æquo Deuxième à quatrième
1918 Moscou[N 17] : 4,5 / 6 (+3 =3)
1919 1919-1920 : Championnat de Moscou : 12 / 12
1920 Championnat de la RSFSR[N 18] (Moscou) : 12 / 15 (+9 =6)
1921 (Berlin) Matchs contre Teichmann : (+2 -2 =2) et 1,5–0,5
Triberg : 7 / 8 (+6 =2)
Budapest : 8,5 / 11 (+6 =5)
La Haye : 8 / 9 (+7 =2)
1922 Tournoi d'Hastings (septembre) : 7,5 / 10 (+6 -1 =3) Pistyan[N 19] (2e-3e) : 14,5 / 18 (+12 -1 =5)
(victoire de Bogolioubov devant Spielmann)
Londres (2e après Capablanca) : 11,5 / 15 (+8 =7)
Vienne (4e-6e) : 9 / 14 (+7 -3 =4)
(victoire de Rubinstein devant Tartakover et Heinrich Wolf)
1923 Open de Portsmouth : 10,5 / 11
Karlsbad (1er-3e) : 11,5 / 17 (+9 -3 =5)
(ex æquo avec Bogolioubov et Maroczy)
Margate (2e-5e après Grünfeld) : 4,5 / 7 (+3 -1 =3)
(ex æquo avec Bogoljubov, Michell et Muffang)
1924 Tournoi de New York (3e) : 12 / 20 (+6 -2 =12)
(victoire de Lasker devant Capablanca)
1925 Paris[N 20] : 6,5 / 8 (+5 =3)
Berne[12] : 4 / 6 (+3 -1 =2)
Baden-Baden : 16 / 20 (+12 =8)
1925-1926 : Hastings : 8,5 / 9 (ex æquo avec Vidmar)
1926 Scarborough : 5,5 / 6, départage contre Colle (2-0)
Birmingham : 5 / 5
Buenos Aires : 10 / 10
1926-1927 :
(Pays-Bas[N 21]) Match contre Max Euwe : 5,5–4,5 (+3 -2 =5)
Semmering (2e après Spielmann) : 12,5 / 17 (+11 -3 =3)

Dresde[N 22] (2e derrière Nimzowitsch) : 7 / 9 (+5 =4)
1927 Kecskemét[N 23] : 12 / 16 (+8 =8)
Championnat du monde contre Capablanca
(Buenos Aires) : 18,5–15,5 (+6 -3 =25)
New-York (2e après Capablanca) : 11,5 / 20 (+5 -2 =13)

1928 – 1936 : champion du monde[modifier | modifier le code]

Alekhine donnant une simultanée à Berlin en 1930.

En janvier 1928, Alekhine était de retour en Europe. L'année 1928 fut consacrée à un tour d'Europe où le champion du monde disputa de nombreuses parties simultanées.

Après sa défaite contre Nimzowitch lors du tournoi de New York 1927, Alekhine fut invaincu en tournoi (en excluant le match contre Bogoljubov) jusqu'à l'olympiade de Prague en 1931 où il concéda une défaite, réalisant une série de 80 parties sans défaite (cinquante victoires et trente parties nulles : +50 =30, 81,25 %). Après sa partie perdue contre Hermann Mattison à l'olympiade, il porta son score en tournoi au total de (+74 -1 =38, soit 82,3 %)[13] jusqu'au tournoi de Londres 1932.

De 1929 à 1933 (avant le tournoi d'Hastings 1933-1934), Alekhine termina premier (seul ou ex æquo) de tous les tournois ou matchs auxquels il participa.

En 1935 et 1936, après 1925, Alekhine refusa de participer aux tournois internationaux disputés à Moscou. Le tournoi de Nottingham 1936 fut le seul tournoi disputé après 1912 où Alekhine ne termina pas parmi les quatre premiers.

Efim Bogolioubov
Max Euwe en 1937
Année Vainqueur Deuxième à sixième
1929 Bradley Beach (New Jersey) : 8,5 / 9 (+8 =1)
Championnat du monde contre Bogolioubov
(Allemagne[N 24] et Pays-Bas[N 25]) : 15,5–9,5 (+11 −5 =9)
1930 San Remo : 14 / 15 (+13 =2)
1931 Nice (tournoi par consultation) : 6 / 8 (+4 =4)
Olympiade de Prague : 13,5 / 18 (+10 -1 =7)
Bled : 20,5 / 26 (15 =11)
1932 Londres : 9 / 11 (+7 =4)
Berne[14],[N 26] : 12,5 / 15 (11 -1 =3)
Passadena : 8,5 / 11 (+7 -1 =3)
Mexico : 8,5 / 9 (+8 =1) (ex æquo avec Kashdan)
1933 Olympiade de Folkestone : 9,5 / 12 (+8 -1 =3)
Paris : 8 / 9 (+7 =2)
1933-1934 :
Tournoi d'Hastings (2e-3e) : 6,5 / 9 (+4 =5)
(victoire de Flohr devant Lilienthal)

1934 Rotterdam[12] : 4,5 / 6 (+3 =3)
Championnat du monde contre Bogolioubov
(Allemagne)[N 27] : 15,5–10,5 (+8 -3 =15)
Zurich[14] : 13 / 15 (12 -1 =2)
1935 Örebro : 8,5 / 9 (+8 =1) Olympiade de Varsovie (2e) : 12 / 17 (+7 =10)
(médaille d'or remportée par Flohr)
Championnat du monde contre Euwe
(Pays-Bas) : 14,5-15,5 (+8 -9 =13)
1936 Bad Nauheim  : 7,5 / 9 (+4 =5) (ex æquo avec Keres)
Dresde (entrainement) : 6,5 / 9 (+5 -1 =3)

Amsterdam[N 28] : 2 / 3 (+2 -1 =0)
(ex æquo avec Landau)
Podebrady (2e après Flohr) : 12,5 / 17 (+8 =9)
Nottingham (6e) : 9 / 14 (+6 -2 =6)
(victoire de Botvinnik et Capablanca)
Amsterdam (3e) : 4,5 / 7 (+3 -1 =3)
(victoire de Euwe et Fine)

1937 – 1946 : la reconquête du titre de champion du monde[modifier | modifier le code]

Après avoir regagné le titre de champion du monde lors du long match contre Euwe (octobre – décembre 1937), Alekhine remporta tous les tournois importants auxquels il participa à l'exception du tournoi AVRO 1938, du tournoi de Munich 1941 et du tournoi de Gijón 1945 (Alekhine était déjà malade). De 1935 à 1943, le score de Alekhine contre Paul Keres, le vainqueur du tournoi AVRO, fut de 5 victoires, sept nulles et une seule défaite (à Margate en 1938) ; pendant la guerre (1940-1943), il marqua trois victoires et trois nulles[15] contre Keres.

Année Seul vainqueur ou covainqueur Deuxième à quatrième
1937 1936-1937 : tournoi d'Hastings : 8 / 9 (+7 =2)

Tournoi de Nice[12] : 2,5 / 3 (+2 =1)
Championnat du monde contre Euwe
(Pays-Bas) : 15,5-9,5 (+10 -4 =11)
Margate (3e) : 6 / 7 (+6 -1) (victoire de Fine et Keres)
Kemeri (4e-5e) : 11,5 / 17 (+7 -1 =9)
(victoire de Flohr, Petrovs et Reshevsky devant Kéres)
Bad Nauheim-Stuttgart-Garmisch (2e-3e) : 3,5 / 6 (+3 -2 =1)
(tournoi remporté par Euwe devant Bogolioubov[N 29])
1938 Montevideo : 13 / 15 (+11 =4)
Margate : 7 / 9 (+6 -1 =2)
Plymouth : 6 / 7 (+5 =2) (ex æquo avec G. Thomas)
Tournoi AVRO (4e-6e) : 7 / 14 (+3 -3 =8)
(Pays-Bas, victoire de Kéres et Fine devant Botvinnik)
1939 Caracas (entrainement) : 10 / 10
Montevideo : 7 / 7
Olympiade de Buenos Aires (2e) : 12,5 / 16 (+9 =7)
(médaille d'or remportée par Capablanca)
1941 Madrid : 5 / 5
Cracovie-Varsovie : 8,5 / 11 (+6 =5) (ex æquo avec Schmidt)
Munich (2e-3e) : 10,5 / 15 (+8 -2 =5)
(tournoi remporté par Stoltz : 12 / 15 devant Lundin)
1942 Salzbourg : 8 / 10 (+7 -1 =2)
Munich : 8,5 / 11 (+7 -1 =3)
Varsovie-Lublin-Cracovie : 7,5 / 10 (+6 -1 =3)
Prague : 8,5 / 11 (+6 =5) (ex æquo avec Klaus Junge)
1943 (Varsovie) Match contre Bogolioubov : 1-1 (+1 -1 =0)
Prague : 17 / 19 (+15 =4)
Salzbourg : 7,5 / 10 (+5 =5) (ex æquo avec Keres)
Madrid (tournoi éclair (5'), 5e) : 16 / 26 (+16 -10 =0)
(victoire de Keres devant Perez, Sämisch et Fuentes)
1944 (Saragosse) Match contre Rey Ardid[N 30] : 2,5–1,5 (+1 -0 =3)
Gijón : 8,5 / 9 (+8 =1)
1945 Madrid (entrainement) : 8,5 / 9 (+8 =1)
Sabadell : 7,5 / 9 (+6 =3)
Melilla : 6,5 / 7 (+6 =1)
Almeria : 5,5 / 8 (+4 -1 =3) (ex æquo avec F. Lopez Nunez)
Gijon (2e-3e) : 6,5 / 9 (+6 -2 =1)
(victoire de Rico devant Medina)
Caceres (2e derrière Francisco Lupi[N 31]) : 3,5 / 5 (+3 -1 =1)
1946 (Estoril) Match contre Lupi : 2,5–1,5 (+2 -1 =1)

Olympiades d'échecs[modifier | modifier le code]

Alekhine joua à cinq reprises pour l'équipe de France.

En 1930, Alekhine termina remporta toutes ses parties lors de l'Olympiade de Hambourg (9 points sur 9) mais la médaille d'or revint à Rubinstein sur la base du nombre de points marqués : 15 points sur 17 (+13 =4) ; Alekhine remporta le premier prix de beauté en 1930 pour sa victoire sur Gideon Ståhlberg.

Lors des deux olympiades suivantes, en 1931 et en 1933, il remporta la médaille d'or et il ne concéda qu'une défaite à chaque fois (contre Hermann Mattison, à Prague en 1931 et contre Tartakover à Folkestone en 1933).

En 1935 (à Varsovie) et 1939 (à Buenos Aires), il obtint la médaille d'argent sans perdre une partie. La France ne participa pas à l'olympiade d'échecs de 1937 disputée en Suède.

À Buenos-Aires, en 1939, il marqua 12,5 points sur 16 et Capablanca 11,5. Cependant, seul le résultat en finale comptait pour le classement individuel et là, le champion cubain marqua 8,5 sur 11 (soit 77,27 %) et Alekhine seulement 7,5 points sur 10 (75 %). Le Français finit seulement deuxième. Lors de la rencontre France - Cuba, Alekhine se présenta une demi-heure en avance, mais Capablanca se fit remplacer et Alekhine gagna sa partie. Finalement la France termina dixième de l'olympiade et Cuba onzième[16].

Tournois rapides[modifier | modifier le code]

Matchs exhibition et matchs d'entraînement[modifier | modifier le code]

Cette liste comprend les matchs exhibition disputés en moins de quatre parties et les matchs d'entraînement.

  • 1908 : Munich, match contre Hans Fahrni (+1 -1 =1)
  • 1908 : Moscou, match contre Nenarokov (0-3)
  • 1913 : Paris / Londres, match contre Edward Lasker (3-0)
  • 1914 : Moscou, partie exhibition contre Emanuel Lasker (½ - ½)
  • 1913 : Saint-Pétersbourg, match exhibition contre Capablanca (0-2)
  • 1916 : Kiev, match contre A. Evanson (+2 -1 =0)
  • 1920 : Moscou, match d'entraînement contre Nikolaï Pavlov-Pianov (+1 -1 =0)
  • 1921 : Moscou, match d'entraînement contre Nikolaï Grigoriev (+2 -0 =5)
  • 1921 : Berlin, match thématique contre Richard Teichmann (1½ - ½, +1 -0 =1)
  • 1921 : Berlin, match contre Sämisch (2-0)
  • 1921 : Triberg, match d'entraînement contre Bogolioubov (+1 –1 =2) ; ce match, disputé avant le tournoi de Triberg, fut tenu secret par les deux joueurs.
  • 1922 : Paris, matchs contre Ossip Bernstein (1½ - ½) et contre Arnold Aurbach (1½ - ½)
  • 1922 : Madrid, match contre Manuel Golmayo (1½ - ½)
  • 1923 : Paris, match d'entraînement contre André Muffang (2-0)
  • 1927 : New York, match exhibition contre Charles Jaffe (2-0)
  • 1933 : San Juan, match exhibition contre Rafael Cintron (4-0)
  • 1941 : Vitoria, match contre Lopez Esnaola (2-0)
  • 1943 : Varsovie, match contre Bogolioubov (+1 -1 =0)
  • 1944 : Saragosse, match contre Rey Ardid (+1 –0 =3)

Exemples de parties[modifier | modifier le code]

Partie à l'aveugle Alekhine - Feldt (Tarnopol, 1916)[modifier | modifier le code]

Alekhine, à la suite d'une blessure pendant la Première Guerre mondiale, est convalescent dans un hôpital. Pour passer le temps, il joue aux échecs avec les autres patients. Il y pratique l'une de ses spécialités : les parties à l'aveugle. Alors que tous ses adversaires voient l'échiquier, lui ne le voit que dans sa tête. Il doit donc non seulement calculer les coups possibles, mais doit aussi maintenir en mémoire la position actuelle des pièces.

Dans la partie à l'aveugle qui suit, il effectue un ballet au centre de l'échiquier qui matera le roi adverse. Jouant contre cinq adversaires à la fois, la combinaison qu'il joue est mondialement célèbre.

Alexandre Alekhine - Von Feldt, Tarnopol, 1916[17], Défense française

1. e4 e6 2. d4 d5 3. Cc3 Cf6 4. exd5 Cxd5 5. Ce4 f5

Les noirs jouent sans considérer les principes élémentaires de la stratégie. Alekhine est dorénavant certain de gagner, mais c'est la façon spectaculaire dont il s'y prend qui rend cette partie unique.

Chess zhor 26.png
Chess zver 26.png
Tour noire sur case blanche a8 Case noire b8 vide Case blanche c8 vide Reine noire sur case noire d8 Tour noire sur case blanche e8 Case noire f8 vide Roi noir sur case blanche g8 Case noire h8 vide
Pion noir sur case noire a7 Fou noir sur case blanche b7 Case noire c7 vide Cavalier noir sur case blanche d7 Fou noir sur case noire e7 Case blanche f7 vide Pion noir sur case noire g7 Pion noir sur case blanche h7
Case blanche a6 vide Pion noir sur case noire b6 Case blanche c6 vide Case noire d6 vide Pion noir sur case blanche e6 Cavalier noir sur case noire f6 Case blanche g6 vide Case noire h6 vide
Case noire a5 vide Case blanche b5 vide Pion noir sur case noire c5 Case blanche d5 vide Cavalier blanc sur case noire e5 Pion noir sur case blanche f5 Case noire g5 vide Case blanche h5 vide
Case blanche a4 vide Case noire b4 vide Pion blanc sur case blanche c4 Pion blanc sur case noire d4 Case blanche e4 vide Fou blanc sur case noire f4 Case blanche g4 vide Case noire h4 vide
Case noire a3 vide Case blanche b3 vide Case noire c3 vide Fou blanc sur case blanche d3 Case noire e3 vide Cavalier blanc sur case blanche f3 Case noire g3 vide Case blanche h3 vide
Pion blanc sur case blanche a2 Pion blanc sur case noire b2 Case blanche c2 vide Case noire d2 vide Reine blanche sur case blanche e2 Pion blanc sur case noire f2 Pion blanc sur case blanche g2 Pion blanc sur case noire h2
Tour blanche sur case noire a1 Case blanche b1 vide Case noire c1 vide Case blanche d1 vide Case noire e1 vide Tour blanche sur case blanche f1 Roi blanc sur case noire g1 Case blanche h1 vide
Chess zver 26.png
Chess zhor 26.png
Alekhine-Von Feldt : position après 14...c5

6. Cg5 Fe7 7. C5f3 c6 8. Ce5 0-0 9. Cgf3 b6 10. Fd3 Fb7 11. 0-0 Te8 12. c4 Cf6 13. Ff4 Cbd7 14. De2 c5

Les blancs contrôlent le centre et leurs pièces sont pointées vers le roque adverse. Les noirs ont ouvert leur roque et le pion en e6 est sans protection. Alekhine profite de ces deux facteurs pour mater son adversaire.

15. Cf7 !!

Un coup magnifique ! Les noirs doivent prendre le cavalier, car s'ils déplacent la dame, un mat étouffé suivra en commençant par 16. Dxe6.

15. ... Rxf7 16. Dxe6 !!

La pointe ! Si les noirs prennent la dame, alors suit 17. Cg5 mat. s'ils jouent 16. ... Rf8, alors 17. Cg5 décide de l'issue de la partie.

16. ... Rg6

Alekhine annonce mat en deux coups.

17. g4 Fe4 18. Ch4 #

Alekhine - Marshall (Baden-Baden, 1925)[modifier | modifier le code]

Alexandre Alekhine - Frank James Marshall, 4e ronde du tournoi de Baden-Baden, qu'Alekhine remporta sans perdre la moindre partie (+12, =8), 7 août 1925 (D06 : Gambit dame)[18]

1. d4 d5 2. c4 Cf6 3. cxd5 Cxd5 4. e4 Cf6 5. Fd3 e5 6. dxe5 Cg4 7. Cf3 Cc6 8. Fg5 Fe7 9. Fxe7 Dxe7 10. Cc3 Ccxe5 11. Cxe5 Dxe5 12. h3 Cf6 13. Dd2 Fd7 14. De3 Fc6 15. O-O-O O-O 16. f4 De6 17. e5 Tfe8 18. The1 Tad8 19. f5 De7 20. Dg5 Cd5 21. f6 Df8 22. Fc4 Cxc3 23. Txd8 Txd8 24. fxg7 Cxa2+ 25. Rb1 De8 26. e6 Fe4+ 27. Ra1 (Txe4 gagnait aussi, mais Alekhine préfère mettre son roi à l'abri) f5 (fxe6 perd également : 28. Fxe6 Dxe6 29. Dxd8 suivi de 30. Dd4 et 31. Txe4) 28. e7+ Td5 (Fd5 29. exd8=D) 29. Df6 (menace Df8+) Df7 30. e8=D+ 1-0 (...DxD 31. FxT+ FxF 32. TxD#)

Alekhine - Bogoljubov (Triberg, 1921)[modifier | modifier le code]

1. d4 Cf6 2. Cf3 e6 3. c4 b6 4. g3 Fb7 5. Fg2 c5 6. dxc5 Fxc5 7. 0-0 0-0 8. Cc3 d5 9. Cd4 Fxd4 10. Dxd4 Cc6 11. Dh4 dxc4 12. Td1 Dc8 13. Fg5 Cd5 14. Cxd5 exd5 15. Txd5 Cb4 16. Fe4 f5 17. Fxf5 Txf5 18. Td8+ Dxd8 19. Fxd8 Tc8 20. Td1 Tf7 21. Dg4 Cd3 22. exd3 Txd8 23. dxc4 Tdf8 24. f4 Te7 25. Rf2 h6 26. Te1 Fc8 27. Df3 Tef7 28. Dd5 g5 29. Te7 gxf4 30. gxf4 1-0 (la position est sans espoir pour les Noirs).

Citation[modifier | modifier le code]

« La finalité de la vie humaine et le sens du bonheur consistent à donner le maximum de ce qu'on peut donner. Et comme j'ai senti, pour ainsi dire inconsciemment, que c'était aux échecs que je pouvais obtenir les plus grandes réussites, je suis devenu maître d'échecs[N 32]. »

Hommage[modifier | modifier le code]

Publications d'Alekhine[modifier | modifier le code]

Recueils de parties[modifier | modifier le code]

  • Deux cent parties d'Échecs, 1908 – 1927, 2 tomes (1908–1923 et 1923–1927)
    • Première édition, Rouen, 1936 ;
      Le premier tome avait paru en 1926 sous le titre Mes meilleures parties (1908–1923). Le deuxième tome contient toutes les parties du championnat du monde de 1927, mais aucune des parties jouées par Alekhine lors des les tournois de New York 1924 et New York 1927.
    • Réédition, British Chess Magazine, 1973 et 1979
    • Nouvelle édition, Payot, 1998
    • (de) Auf dem Wege zur Weltmeistershaft, Berlin, De Gruyter, 1932
    • (en) On the Road to the World Championship, trad. Feather et Ken Neat, Oxford, Pergamon, 1984
  • (en) My best Games of Chess
    • (en) My best Games of Chess, 1908 – 1923, Londres, Bell, 1927
      Ce livre correspond au premier tome de Deux cent parties d'Échecs.
    • (en) My best games of chess, 1924 – 1937, Londres, Bell, 1939 ;

Livres de tournois et de matchs écrits par Alekhine[modifier | modifier le code]

  • Hastings 1922 : (en) The Book of the Hastings International Masters' Chess Tournament 1922, Londres, 1923
  • New York 1924 : (en) The Book of the New York International Chess Tournament 1924, New York, 1925
  • La valeur théorique du Tournoi de Baden Baden, 1925
  • (avec Max Euwe) Match Alekhine–Euwe 1926–1927 (nl) De schaakwedstrijd Aljechin-Euwe, 1927
  • Kecskemét 1927 : (de) Das erste internationale Schachmeisterturnier in Keckskemét, 1928
  • New York 1927 : (de) Das New Yorker Schach-Turnier, 1927, Berlin et Leipzig, 1928
  • Londres 1932 : (en) Sixty Master Games Played in the London International Chess Tournament, 1932, Londres, Hollings, 1932
  • Zurich 1934 : (de) Internationales und 37 Schweizerisches Schachturnier in Zürich 1934, 1935
  • (avec Max Euwe) Match Alekhine–Euwe 1935 : (nl) Alekhine–Euwe 1935, 1936
  • Nottingham 1936 : (en) The Book of the Nottingham International Chess Tournament, 1936, Londres, 1937
  • (avec des annotations de Max Euwe) Euwe–Alekhine 1937  : (en) The World's Chess Championship, 1937: Official Account of the Games, (édition de H. Golombek), Londres, Pitman, 1938 ;
    • rééd. Londres, Batsford, 1993 ; Hardinge Simpole, 2002
  • Madrid 1943 : (es) Gran Torneo Internacional de Ajedrez, Madrid 1943, 1944

Recueils de parties commentées par Alekhine[modifier | modifier le code]

  • (de) Das Schachleben in Sowjet-Russland, 1921
  • (en) Alekhine, 107 Great Chess Battles (1939–1945), édité et traduit par E. G. Winter, Oxford University Press, 1980
  • (es) ¡Legado!, 1946
  • (es) Gran Ajedrez, 1947

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Un haut lieu de l'émigration russe à l'époque.
  2. Ultérieurement, ces tournois seraient rebaptisés « Olympiade d'échecs ».
  3. Article de Edward Winter sur la mort d'Alekhine sur chesshistory.com
  4. La référence et source principale pour la carrière de Alekhine est Alexander Alekhine Chess games, 1902-1946 par Skinner et Verhoeven.
  5. Les détails de ce tournoi ne sont pas connus. Quatre victoires d'Alekhine nous sont parvenues.
  6. Tournoi de 1re catégorie, Alekhine se qualifia pour le tournoi pan-russe amateur de Saint-Pétersbourg qu'il remporta.
  7. Tournoi amateur pan-russe de 1909, Alekhine obtint le titre de maitre.
  8. disputé en août (+? -? =?)
  9. (novembre 1909-mars 1910)
  10. Tournoi première catégorie
  11. Congrès des maitres nordiques
  12. Tournoi anniversaire de la fédération néerlandaise (NSB)
  13. Match disputé à Paris et Londres, peu après le tournoi de Scheveningue
  14. Les deux joueurs purent disputer le tournoi des champions où participaient Lasker, Capablanca et Tarrasch.
  15. 19e congrès allemand, tournoi des maitres interrompu par la guerre alors qu'Alekhine menait avec un point d'avance sur Vidmar, et six rondes à disputer.
  16. Tournoi du club central de Moscou
  17. Tournoi triangulaire
  18. Olympiade pan-russe. Tournoi des maitres, fut considéré ultérieurement comme le premier championnat d'échecs d'URSS
  19. Bad Pistyan, Groupe A
  20. Tournoi du palais royal
  21. Match d'entraînement disputé à Amsterdam, Zutphen, La Haye et Rotterdam
  22. 50e tournoi anniversaire
  23. Premier du groupe préliminaire A (+7 =2) et deuxième de la finale (+1 =6) remportée par Nimzovitsch, premier au classement combiné.
  24. Wiesbaden/Heidelberg/Berlin
  25. La Haye/Rotterdam/Amsterdam
  26. Alekhine avait disputé auparavant un tournoi triangulaire d'entraînement à Berne ; les quatre joueurs marquèrent tous deux victoires et une défaite (+2 -1 =0).
  27. Championnat du monde disputé dans douze villes d'Allemagne.
  28. Tournoi jubilée ASB
  29. Tournoi quadrangulaire remporté par Euwe, disputé en juillet 1937, avant le championnat du monde, devant Bogolioubov et Sämisch, à Bad Nauheim, Stuttgart et Garmisch-Partenkirchen.
  30. Rey Rachid avait remporté quatre fois le championnat d'Espagne de 1929 à 1942.
  31. Lupi battit Alekhine. Les quatre autres places du tournoi étaient occupées par huit joueurs locaux qui formaient quatre groupes de deux joueurs qui se consultaient.
  32. « Цель человеческой жизни и смысл счастья заключается в том, чтобы дать максимум того, что человек может дать. И так как я, так сказать, бессознательно почувствовал, что наибольших достижений я могу добиться в шахматах, - я стал шахматным маэстро. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Andrew Soltis 2000, p. 6.
  2. Andrew Soltis 2000, p. 7.
  3. Andrew Soltis 2000, p. 14.
  4. Alexandre Alekhine (1892 - 1946), champion du monde des échecs". Résumé d'un article de Dimitri Vicheney in Bull. Soc. hist. & arch. du XVème arrondt de Paris – n° 43
  5. L. Alfödy, Les Champions du monde d'échecs, tome 1, p. 263-265.
  6. « Documents sur la naturalisation d'Alekhine » (consulté le 12-10-2013)
  7. Jacques Le Monnier, 75 parties d'Alekhine, Paris, Payot, 1973, p. 24.
  8. a, b et c Article de Edward Winter sur Chesshistory.com
  9. Alexander Münninghoff, Max Euwe, The Biography.
  10. Alexander Alekhine sur larousse.fr
  11. a et b Tournoi pan-russe des maitres
  12. a, b, c, d et e Tournoi quadrangulaire
  13. Taylor Kingston, Chess Cafe, chronique du 7 juillet 2010.
  14. a et b Championnat international de Suisse
  15. C. H. O'Alexander, Alekhine's Best Games, p. 11
  16. Garry Kasparov, My Great Predecessors, vol. 1, Everyman Chess, p. 451
  17. Alekhine-Von Feldt Tarnopol 1916 sur ChessGames.com
  18. Alekhine-Marshall Baden-Baden 1925 sur ChessGames.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Andrew Soltis, Soviet Chess : 1917-1991, Jefferson, McFarland & Company,‎ 2000 (1re éd. 2000), 450 p. (ISBN 978-0786406760)
  • (en) Fred Reinfeld, 100 instructive Games of Alekhine (1905-1914), Dover, 1958
  • (en) C. H. O'D. Alexander, Alekhine's Best Games, 1938--1945, G. Bells and Sons, 1949 ; Batsford, 1989

Liens externes[modifier | modifier le code]