Cathédrale de Lausanne

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Cathédrale Notre-Dame de Lausanne
Image illustrative de l'article Cathédrale de Lausanne
La cathédrale vue de l'est
Présentation
Culte Réformé
Rattachement Église évangélique réformée du canton de Vaud
Style dominant Gothique
Protection Bien culturel d'importance nationale
Site web http://www.cathedrale-lausanne.ch
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
District District de Lausanne
Canton canton de Vaud
Ville Lausanne
Coordonnées 46° 31′ 21″ N 6° 38′ 06″ E / 46.522594, 6.63505446° 31′ 21″ Nord 6° 38′ 06″ Est / 46.522594, 6.635054

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Cathédrale Notre-Dame de Lausanne

La cathédrale Notre-Dame de Lausanne, réformée depuis 1536, se situe dans la ville vaudoise de Lausanne, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Remplaçant plusieurs édifices religieux successifs antérieurs (dès le VIe siècle), la cathédrale Notre-Dame de Lausanne est un bâtiment édifié en pierre de taille (grès tendre dit molasse), de style gothique, commencé vraisemblablement sous l'épiscopat de Landry de Durnes (1160 à 1174), et achevé vers le milieu du XIIIe siècle[1], soit à l'époque où la région, exceptée la ville qui dépendait de l'évêché, était rattachée au comté de Savoie[2]. Elle fut consacrée à la Sainte Vierge Marie sous le vocable « Notre-Dame » le en la présence du pape Grégoire X, de l'évêque de Lausanne Guillaume de Champvent et de l'empereur Rodolphe de Habsbourg.

Au Moyen Âge, elle devint un haut lieu de pèlerinage marial : 70 000 personnes environ s'y rendaient chaque année pour vénérer la statue miraculeuse de la Vierge, alors que Lausanne ne comptait que quelque 7 000 habitants.

La construction de la cathédrale Notre-Dame eut lieu de 1170 à 1235 environ[3]. C'est la grande époque des constructions de cathédrales en Europe occidentale : l'une des plus célèbres, celle de Chartres (1194-1220), est ainsi contemporaine de la cathédrale de Lausanne. Si les premiers travaux furent effectués dans le style roman, les maîtres d'œuvre successifs adoptèrent très rapidement pendant les décennies qui suivirent le style gothique, plus conforme à l'évolution de l'architecture du temps. Le chevet est ainsi daté de la fin du XIIe siècle-début du XIIIe siècle et serait l'oeuvre du Maître de Lausanne, attesté dans les sources d'archives. La nef et le portail peint sont achevés vers 1230, alors que le massif occidental est sans doute terminé, avec moins de moyens, pour la consécration solennelle de 1275. La dernière étape est attribuée au maître d'oeuvre Jean Cotereel, d'origine anglo-normande sans doute, qui importe des formes caractéristiques du style gothique anglais[4].

 Grand Portail, ou portail de Montfalcon, entièrement restauré en 1892-1909. Porte principale à double battant avec trumeau à niche vide, créé à cette époque.
Portail occidental, ou portail Montfalcon, dès 1515; entièrement restauré en 1892-1909.

L'antipape Félix V y est intronisé le 23 juillet 1440.

Peu avant la Réforme, l'évêque Aymon de Montfalcon entreprend de grands travaux. Il supprime le passage routier qui "perçait" l'église transversalement, afin de relier la Cité-Dessus et la Cité-Dessous et qui divisait l'édifie en deux parties distinctes (massif occidental / nef et choeur), dorénavant réunis en un seul espace[5]. L'ancien porche occidental, largement ouvert, est fermé par un grand portail de style gothique flamboyant, édifié dès 1515 mais reste inachevé à la Réforme (la statuaire en particulier est lacunaire). Dans son état actuel, il date en grande partie de la restauration intégrale de 1892-1909.

Quelques évêques importants de l'Église aventicienne[modifier | modifier le code]

Réforme[modifier | modifier le code]

À l'arrivée des Bernois et avec l'adoption de la Réforme protestante, l'édifice fut dédié en 1536 au culte zwinglien. Il connut à cette époque des déprédations importantes dues aux Bernois, au grand dam des Conseils de la ville, dont notamment la destruction du cloître et de la plupart du mobilier précieux du chœur et des chapelles, dont les deux œuvres de première importance suivantes : le retable d'argent (env. 64 kilos) du maître-autel (1474) de l'orfèvre Charles Humbeloz de Dijon, offert par l'évêque Georges de Saluce, rehaussé de couleurs par le peintre Pierre Spicre[7] et surtout la statue miraculeuse en argent doré de la « Vierge trônant avec l'Enfant » (XIIe siècle) célèbre et vénérée[8] dans toute l'Europe médiévale. Elle pesait environ 6,5 kilos et comportait des ornements en argent et une couronne en or et en pierres précieuses. Ces deux pièces majeures furent fondues en juin 1537 à Berne. L'église du Saint-Rédempteur à Lausanne possède cependant une copie assez fidèle du XVe siècle de cette statue, en bois polychrome[9], sauvée par les chartreux de la Valsainte.

Du riche trésor de la chapelle Notre-Dame de Lausanne, seuls deux angelots sculptés offerts par l'évêque Benoît de Montferrand (1476-1491)[10] ont survécu (Musée d'histoire de Berne).

On déplore également la perte du maître-autel de calcaire noir poli de Saint-Triphon, emporté en hiver 1561 à la Collégiale protestante Saint-Vincent de Berne où il se trouve aujourd'hui encore. Les riches tapisseries du chœur furent également confisquées (Musée d'histoire de Berne). Notons que le jubé en calcaire noir (seules 7 colonnes ont subsisté) ainsi qu'une partie des stalles sculptées datant de ca. 1275 furent détruites dans le premier tiers du XIXe siècle, après l'incendie de la tour-lanterne qui les dominait (1825).

Les historiens [11] estiment à environ 10 millions d'euros 2014 la part connue du trésor de Notre-Dame empilé dans des tonneaux et mené en 1537 à Berne sur dix-huit chars.

L'ensemble de la statuaire en pierre, hormis la statue décapitée de la Vierge avec l'Enfant en grès du narthex, fut par contre bien conservé. Il reste même d'importants fragments de polychromie architecturale à l'intérieur (notamment dans la chapelle Notre-Dame) et surtout sur les figures du « portail peint » (XIIIe siècle) dont la restauration fut achevée en 2007.

La chaire de 1633.

L'époque bernoise est à l'origine de plusieurs apports de qualité à la cathédrale: on peut notamment citer la chaire monumentale (1633) due aux artistes bernois Daniel Heintz II et Jörg Freymund. Dans le déambulatoire, un important ensemble de monuments funéraires date aussi de cette époque[12].

Cathédrale contemporaine[modifier | modifier le code]

La cathédrale Notre-Dame vers 1873 avec la flèche d'Henri Perregaux, remplacée bientôt par celle due à Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc.

Dès 1874, l'édifice a fait l'objet d'une restauration conduite par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc, dont ce fut le dernier chantier (l'architecte mourut d'ailleurs dans la ville en 1879)[13]. Il restaura notamment le couronnement de la tour-lanterne, remplaçant l'ancienne flèche de 1825-1827, qui avait été construite par Henri Perregaux, la sauvant sans doute de l'effondrement. Un long chantier de restauration caractérise les années 1890-1910, réalisé en grande partie selon le programme de Viollet-le-Duc. Sur la façade occidentale, il faut signaler par ailleurs la reconstruction complète, entre 1892 et 1909, du grand portail, dit aussi portail Montfalcon, dont la sculpture a été réalisée par Raphaël Lugeon.

Au XXe siècle, les restaurations se succèdent avec régularité[14]; le beffroi est ainsi presqu'entièrement repris en pierre de Morlay dans les années 1940-1960; dans les années 1970-2000, les deux transepts, la nef et le portail peint sont l'objet de travaux d'envergure. La restauration de la tour-lanterne sera suivi par les spécialistes de l'Europe entière: il s'agit de l'une des premières "restauration des restaurations" à une époque ou l'action de Viollet-le-Duc est réévaluée à sa juste valeur. Alors que les autorités vaudoises conservent cet apport, au même moment, à Saint-Sernin de Toulouse, on dérestaure les parties dues au célèbre architecte, causant une polémique mémorable. Le cas de Lausanne est alors cité en exemple d'une nouvelle perception de l'histoire des restaurations.

Un nouveau cycle de restauration de l'édifice est lancé au début des années 2010 par l'Etat de Vaud pour une durée de cinq ans et un coût de vingt millions de francs ; la tour inachevée, le chœur et la toiture de la cathédrale sont en particulier concernés par ces travaux[15].

Rattachée désormais à la paroisse Chailly-Cathédrale de Lausanne, la cathédrale protestante Notre-Dame accueille régulièrement des célébrations œcuméniques, ainsi que des manifestations culturelles (concerts). Quelques messes ont été également autorisées et célébrées ces dernières années.

Le 10 avril 2013, l'Église évangélique réformée du canton de Vaud met à jour le logo et le site internet de la cathédrale afin d'augmenter le rayonnement et la visibilité de cette dernière[16].

Le bâtiment est inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale[17].

Dimensions[modifier | modifier le code]

  • Longueur totale hors œuvre : 99,75 m
  • Longueur du transept hors œuvre : 42,10 m
  • Hauteur de la tour du beffroi : 67,50 m
  • Hauteur de la tour-lanterne : 79,60 m (restaurée par Viollet-le-Duc)

Architecture[modifier | modifier le code]

La voûte de l'abside et son décor peint (faux appareil de pierre) datant du XIIIe siècle.

La cathédrale de Lausanne juxtapose plusieurs projets successifs, bien que le chantier ait été relativement bref (moins de 80 ans sans doute)[1]. Un premier chevet (vers 1160) prévoyait déjà un choeur à déambulatoire comme l'actuel, mais avec des chapelles rayonnantes rappelant celles de l'abbaye de Saint-Denis près de Paris (dès 1140). Ce projet est rapidement remplacé par un second, plus traditionnel dans son plan (déambulatoire annulaire à unique chapelle rayonnante, axiale) et dans son style (partie basse aux caractéristiques romanes, notamment les arcatures portées par des pilastres cannelés et des chapiteaux végétaux, certains de très belle qualité.

La croisée du transept, le choeur et la tour-lanterne, caractérisés par la double paroi diaphane d'origine anglo-normande.

Sans doute vers 1190, un nouveau projet attribuable au Maître de Lausanne, est mis en chantier. Il prévoit un chevet très vaste avec deux croisillons flanqués de tours ainsi qu'une tour-lanterne marquant la croisée. D'un point de vue stylistique, cette étape marque son adhésion aux formes du gothique du nord de la France et de l'Angleterre: les liens avec Sens, Laon et Canterbury notamment sont flagrants. Plusieurs dispositifs apparaissent comme uniques: l'asymétrie des deux croisillons (au sud, la façade pignon est percée d'une rose; au nord, de fenêtres rectangulaires), le système de doublement des parois (dites diaphanes) selon le principe anglo-normand, mais ici traité avec originalité (arc pendant du transept nord), systématisation de l'élévation à trois niveaux, même dans la tour-lanterne, etc. L'unité de la composition est tout à fait remarquable et fait de la cathédrale de Lausanne l'un des édifices gothiques les plus originaux de sa génération, en dehors de l'Ile de France, synthèse aboutie de différentes tendances.

La nef devait compter trois doubles travées, typiques de l'architecture gothique de la fin du XIIe siècle, comme en témoigne encore la double travée qui devance la tour-lanterne; toutefois, au début du XIIIe siècle, sans doute au moment de l'arrivée du maître d'oeuvre Jean Cotereel, le parti est modifié pour celui, plus moderne, des travées barlongues. Ce changement de parti a impliqué le renforcement des piles faibles par des supports posés en avant, côté nef, qui les doublent. La "grande travée" est une autre particularité lausannoise: Marcel Grandjean a pu démontrer que cette étrange travée (qui équivaut à une travée et demi, au niveau des voûtes) était à l'origine occupée au niveau du sol par un passage routier qui traversait la cathédrale transversalement. Ce passage, sans doute voûté, supportait une large tribune où aurait dû se situer, sans doute, la chapelle de pèlerinage de la Vierge miraculeuse; ce dispositif expliquerait l'ampleur exceptionnelle des escaliers à vis montant dans les tours au niveau de cette tribune. Sans doute, la chapelle, située depuis le début du XIIIe siècle dans la chapelle sise au rez-de-chaussée de la tour de transept sud, n'a pas été déplacée, rendant en partie inutile cette chapelle haute. En revanche, le passage routier existe jusqu'au début du XVIe siècle; il disparait au moment des grands travaux menés par Aymon de Montfalcon. On notera que ce dernier a eu le souci tout à fait inédit de respecter le style de l'édifice ancien dans les deux parois-bouchon qui ont fermé l'ancien passage. Les parties basses copient ainsi les arcatures aveugles polylobées du XIIIe siècle; seules les deux grandes fenêtres à remplages de style flamboyant trahissent leur époque. L'opération est toutefois clairement signalée par les armes de l'évêque, répétées à de très nombreuses reprises pour signaler son chantier.

La nef de la cathédrale en direction de l'entrée avec les nouvelles orgues.
Le beffroi de la cathédrale et, au premier plan, le portail peint.

Le massif occidental qui forme à l'ouest comme un "arc de triomphe à la Vierge"[18] est demeuré inachevé après la consécration de 1275. La tour nord manque; la tour sud se caractérise par sa base très massive, très peu percée, et son couronnement qui reprend le principe du double mur qui marque tout l'esthétique de la cathédrale. La flèche ancienne a été remplacée après un incendie dû à la foudre en 1674, selon les plans de l'architecte bernois Abraham Dünz I. Au centre de la façade, l'ancienne grande porte qui donnait accès à l'étonnant vestibule aux deux absides latérales, s'est vu fermé au début du XVIe siècle par un grand portail commandé par Aymon de Montfalcon aux maîtres maçons Jean Contoz et François Magyn, Genevois d'origine faucignéranne.

Particularités[modifier | modifier le code]

Portail peint[modifier | modifier le code]

Portail peint, figure du trumeau (saint Michel ou archange Gabriel), montrant les importantes traces de la polychromie médiévale.

Au flanc sud de la cathédrale Notre-Dame, le portail peint constitue un joyau de la statuaire médiévale; il est daté des années 1220-1230 par les analyses archéologiques, historiques stylistiques. Des figures issues de l'Ancien et du Nouveau Testament encadrent le couronnement de la Vierge (dans le tympan), dominant sa Dormition et son Assomption. Le style de ces statues évoque notamment les portails de Sens et de Senlis. L'originalité du portail peint tient tant dans son type (portail latéral, conçu comme un porche ouvert) que dans la conservation exceptionnelle en Europe du décor polychrome et, d'un point de vue iconographique, dans la position modeste de la Vierge, la part belle étant faite au Christ en Gloire. C'est par cette entrée latérale que les milliers de pèlerins entraient dans l'édifice, alors que dans les autres édifices similaires contemporaines, c'est la porte occidentale qui est utilisée.

Il a fallu 40 ans de travaux pour restaurer le portail peint et le rendre au public, avec une protection issue des plus récentes techniques architecturales[19]. Les responsables de la restauration ont décidé de ne pas reproduire artificiellement toute la polychromie originale, en partie disparue, mais de préserver et renforcer celle qui subsistait.

La rose du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La rose de la cathédrale Notre-Dame fut mise en œuvre vers 1205, soit antérieurement aux roses de Chartres[20]. Ses vitraux du

Rose de la cathédrale de Lausanne

XIIIe siècle qui sont presque intégralement préservés[21]participent largement de la renommée de la cathédrale. En forme de Mappa Mundi, Pierre d'Arras les a peint entre 1231-35. Un dessin de la rose se trouve dans le recueil de Villard de Honnecourt de 1270. Une importante restauration du transept sud et de la rose a eu lieu en 1894-1909; le maître-verrier Edouard Hosch a recréé les vitraux manquant dans le style du XIIIe siècle. C'est lui qui invente la figure de Dieu le père qui trône au centre de la rose, mais qui ne reproduit pas de façon certaine une disposition ancienne.

Les vitraux du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le renouveau du vitrail religieux sensible dans la deuxième moitié du XIXe siècle a des conséquences sensible à la cathédrale[22]. Une première étape, précoce, est à noter dans les années 1860 (vitraux héraldiques d'Alfred Gérente, 1867-1868, dans le bas-côté sud), puis en 1892 avec le grand vitrail de Paul Robert, "La Loi et la Grâce", dans la chapelle Montfalcon. C'est toutefois à la suite de deux concours organisés en 1918-1919 et en 1928 qu'un véritable cycle de vitraux modernes remplace les anciennes vitres en verre blanc datant de l'époque réformée, replongeant l'église dans une ambiance plus colorée, plus sombre aussi, typique du goût de l'époque pour des atmosphères mystiques. Les artistes lauréat sont pour la plupart des protestants - Lous Rivier, François de Ribeaupierre, Charles Clément, Edmond Bille etc. - mais il faut compter aussi avec Alexandre Cingria, chantre du renouveau de l'art catholique, dont les oeuvres susciteront - comme d'autres d'ailleurs (les quatre évangélistes de Marcel Poncet notamment) - de vives polémiques.

Chapelle de la Vierge, vitrail de Charles Clément figurant la Vierge de Lausanne, 1932

L'ensemble constitué est unique en son genre en Suisse romand par sa qualité et sa diversité. Aux vitraux néo-chartrains de Rivier et de Ribeaupierre, mosaïque brillante sur un plan de bleu profond, répondent les couleurs chaudes et vives de Cingria, les formes "cubistes" de Poncet, les figures sombres et grimaçantes de Bille. Cette intervention est fondamentale dans la définition actuelle de la cathédrale, assombrie par cet apport et rendue sans doute à une esthétique plus proche de celle du moyen-âge qu'au temps des verres translucides posés peu à peu à l'époque bernoise.

Monuments funéraires[modifier | modifier le code]

La cathédrale a servi de nécropole aux évêques, aux membres du chapitre, à des nobles influents durant le Moyen Age, puis, à l'époque bernoise, à des notables locaux ainsi qu'à des familles patriciennes. Plus de cinquante monuments subsistent, allant du IXe siècle au tout début du XIXe siècle. De cet ensemble, on peut noter quatre gisants d'évêques, non identifiés, des XIIIe et XVe siècles; l'imposant monument d'Othon Ier de Grandson († 1328, monument funéraire sans doute érigé vers 1300) dans le choeur, avec gisant de marbre de Carrare et baldaquin de style gothique rayonnant; plusieurs épitaphes en marbre noir de Saint-Triphon de l'époque bernoise dans le déambulatoire, dont certaines attribuées au sculpteur d'origine française Louis Dupuis, bien attesté dans les sources d'archives pour ses travaux de sculpture à la cathédrale sous la direction de l'architecte Gabriel Delagrange (milieu du XVIIIe siècle) et un autre dû à Johann Friedrich Funk I, sculpteur bernois auteur de nombreux tombeaux dans l'ancienne République de Berne, montrant une figure de Chronos en albâtre. On doit au dessin de Michel Vincent Brandoin et au ciseau de David Doret le sarcophage de la princesse russe Catherine Orlow (†1781), copie littérale de celui de Jean-Jacques Rousseau à Ermenonville. Enfin, l'urne en marbre de Carrare de Henriette Canning (†1817, monument achevé en 1825) est due au sculpteur florentin Lorenzo Bartoloni. C'est une oeuvre néoclassique de premier ordre, figurant le profil idéalisé de la défunte[12].

Orgues[modifier | modifier le code]

Les grandes orgues de la Cathédrale Notre-Dame de Lausanne ont été inaugurées en décembre 2003 et forment un instrument unique au monde, tant par leur conception que par leurs caractéristiques techniques (styles classiques et symphonique français, baroque et romantique allemands). L'organiste titulaire est Jean-Christophe Geiser, professeur au Conservatoire et HEM de Lausanne. Son installation a impliqué la suppression de la chaire de 1505, située au centre de la tribune inférieure, dont ne subsiste plus que le culot. Le garde-corps orné de remplages aveugles a été déposé.

Des concerts sont organisés les jours des fêtes religieuses (vendredi saint, Pâques, Pentecôte, Noël) et les vendredis de juin à début octobre, (cf www.grandesorgues.ch). L'instrument précédent, un Kuhn de 1955, a été installé dans la Philharmonie de la Baltique à Gdansk (Pologne).

La composition est la suivante :

I Positif de dos C–
Quintadehn 16′
Prinzipal 8′
Gedackt 8′
Oktave 4′
Rohrflöte 4′
Grosse Tierce 31/5
Nasard 22/3
Doublette 2′
Quarte de Nasard 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Piccolo 1′
Plein-jeu V
Scharff IV
Dulcian 16′
Cromorne 8′


II Grand Orgue C–
Principal 32′
Montre 16′
Bourdon 16′
Montre 8′
Gambe 8′
Flûte harmonique 8′
Prestant 4′
Octave 4′
Quinte 22/3
Doublette 2′
Terz 13/5
Fourniture VII
Cymbale V
Mixtur VI-IX
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Trommet 16′
Trommet 8′
III Positif Expressif C–
Salicional 8′
Unda maris 8′ (C0)
Flûte harmonique 8′
Bourdon 8′
Voix éolienne 8′ (C0)
Fugara 4′
Zartflöte 4′
Violine 2′
Sesquialtera II
Harmonica aetheria V
Cor anglais 16′
Basson 8′
Clairon 4′


IV Récit expressif C–
Bourdon 16′
Diapason 8′
Viole de gambe 8′
Voix céleste 8′
Flûte traversière 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûte octaviante 4′
Quinte 22/3
Octavin 2′
Tierce 13/5
Plein jeu IV
Bombarde 16′
Trompette harmonique 8′
Clairon harmonique 4′
Basson-Hautbois 8′
Clarinette 8′
Voix humaine 8′
V Bombardes C–
Montre 8′
Flûte creuse 8′[Ann. 1]
Flûte ouverte 4′
Grand Cornet V
Trompette 8′
Clairon 4′
Trompette en chamade 8′
Clairon en chamade 4′


Fernwerk C–[Ann. 2]
Bourdon 16′
Principal 8′
Bourdon 8′
Flûte 8′
Flûte d′amour 8′
Salicional 8′
Voix céleste 8′
Prestant 4′
Flûte traversière 4′
Trompette harmonique 8′
Voix humaine 8′
Pédale C–
Principal 32′
Bourdon 32′[Ann. 1]
Grosse Quinte 211/3
Contrebasse 16′
Montre 16′
Principal 16′[Ann. 1]
Violonbasse 16′
Bourdon 16′[Ann. 1]
Basse Quinte 102/3
Octave 8′
Violoncelle 8′
Flûte 8′
Bourdon 8′
Quinte 51/3
Octave 4′
Flûte 4′
Mixture IV
Contre-Bombarde 32′
Bombarde classique 16′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′
Posaune 16′
Trommet 16′
Trommet 8′

Tuyaux de l'instrument principal (sans le Fernwerk): 6 737. Nombre total de rangs (sans le Fernwerk): 124

Annotations
  1. a, b, c et d Tuyaux de l′instrument Kuhn de 1955.
  2. Clavier flottant.

Guet[modifier | modifier le code]

La ville de Lausanne entretient toujours, et ceci depuis 1405 (les 600 ans du guet de Lausanne ont été fêtés en novembre 2005), un service de guet annonçant les heures, à la criée, de 22 heures à 2 heures du matin depuis le haut du beffroi[23]. De 1992 à 2001, c'est Philippe Becquelin, alias Mix & Remix, dessinateur de presse à L'Hebdo, qui était chargé de crier aux quatre points cardinaux : « C'est le guet, il a sonné dix ». À l'origine, le guet avait pour mission d'alerter en cas d'incendie. Depuis 2002, c'est Renato Häusler qui occupe cette fonction.

Chaque année, le 31 décembre à minuit, un spectacle son, lumière et fumigènes donne l'impression que la tour prend feu. Cette cérémonie marque le passage à la nouvelle année.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Peter Kurman (dir.), La cathédrale Notre-Dame de Lausanne : monument européen, temple vaudois, Lausanne, La Bibliothèque des Arts, 2012
  • Coll. La cathédrale de Lausanne, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse 1975 (voir notamment la contribution fondamentale de Marcel Grandjean sur l'histoire architecturale de l'édifice).
  • Coll. Ch. Amsler, La Rose de la cathédrale de Lausanne : Histoire et conservation récente, éditions Payot, Lausanne, 1999.
  • Coll. F. Bally, Cathédrale de Lausanne, 700e anniversaire de la consécration solennelle : catalogue de l'exposition, Musée historique de Lausanne, Lausanne, 1975.
  • Paul Bissegger, «Henri de Geymüller versus E.-E. Viollet-le-Duc: le monument historique comme document et œuvre d'art. Avec un choix de textes relatifs à la conservation patrimoniale dans le canton de Vaud vers 1900», Monuments vaudois 1/2010, pp. 5-40.
  • G. Champseix, Notre-Dame de Lausanne, Imprimerie Larpin et Coendoz, Lausanne, 1856.
  • Emmanuel Dupraz, La Cathédrale de Lausanne : Étude historique, Librairie Th. Sack, Lausanne, 1906.
  • Abraham Ruchat, Abrégé de l'histoire ecclésiastique du Pays de Vaud (…), Chez Nicolas Emmanuel Haller et Cie, Berne, 1707.
  • Jacques Stammler, Le trésor de la Cathédrale de Lausanne , Georges Bridel et Cie Editeurs, coll. Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire de Suisse romande, tome V (traducteur Jules Galley), Lausanne, 1902.
  • Francis Aerny, L'Évêché de Lausanne : VIe siècle − 1536, Yens, Cabédita, coll. « Archives vivants »,‎ , 144 p. (ISBN 978-2-88295-060-4), p. 101-107
  • Édouard Diserens, Cathédrale de Lausanne : Guide du pèlerin, Yens, Cabédita, coll. « Regard et Connaissance »,‎ , 96 p. (ISBN 978-2-88295-192-2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Marcel Grandjean (et alii), La cathédrale de Lausanne, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse,‎ , 264 p.
  2. Canton de Vaud : site officiel : Cathédrale de Lausanne
  3. Canton de Vaud : site officiel : Le monument
  4. Marcel Grandjean, « A propos de la construction de la cathédrale de Lausanne (XII-XIIIe siècle) : notes sur la chronologie et les maîtres d'oeuvre », Genava, no 11,‎ , p. 261-287
  5. Marcel Grandjean, « Le 'magnum portale' de la cathédrale de Lausanne et le passage routier de la 'grande travée' », Revue suisse d'art et d'archéologie,‎ , p. 193-220 (résumé)
  6. G. Dupraz. op. cit., p. 20-30.
  7. Abbé Dupraz, op. cit., p. 132.
  8. Abbé Dupraz, op.cit., p. 89.
  9. Une image de la statue se trouve sur le site suivant
  10. Coll. F. Bailly, op. cit., p. 125 et Abbé Dupraz, op. cit. p. 121..
  11. cf. Jacques Stammler, op. cit., p. 98.
  12. a et b Claire Huguenin, Gaëtan Cassina et Dave Lüthi, Destins de pierre. Le patrimoine funéraire de la cathédrale de Lausanne, Lausanne, Cahiers d'archéologie romande,‎
  13. Eugène Viollet-le-Duc sur lartnouveau.com
  14. Claire Huguenin, Dave Lüthi, « Un chantier perpétuel, un laboratoire géant. Les restaurations de la seconde moitié du XXe siècle », Peter Kurmannn (éd.), La cathédrale Notre-Dame de Lausanne, monument européen et temple vaudois, Lausanne, La bibliothèque des arts,‎ , p. 285-295
  15. Vincent Maendly, « Travaux urgents sur le toit de la cathédrale », 24 Heures,‎ (lire en ligne)
  16. « Cathédrale de Lausanne : un nouveau logo et un site web renouvelé. », sur vd.ch,‎ (consulté le 12 avril 2013)
  17. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud
  18. Alain Villes, « La cathédrale actuelle : sa chronologie et sa place dans l'architecture gothique », Peter Kurmann (dir.), La cathédrale Notre-Dame de Lausanne : monument européen, temple vaudois, Lausanne,‎
  19. Collectif,, Le portail peint de la cathédrale de Lausanne : chef-d'oeuvre de la sculpture gothique, Lausanne, Mémoire vive,‎ , 96 p.
  20. Schweizer Catherine, Stoeckli Werner, La Rose de la cathédrale de Lausanne, Payot, Lausanne, 1999, p. 7.
  21. Service des bâtiments - La cathédrale de Lausanne
  22. Sophie Donche-Gay, Les vitraux du XXe siècle à la cathédrale de Lausanne, Lausanne, Payot,‎
  23. « Patrimoine du Canton de Vaud : Le Guet de la Cathédrale de Lausanne », sur www.patrimoine.vd.ch (consulté le 27 mai 2015)

Lien externe[modifier | modifier le code]