Jean de Gribaldy
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Jean Prosper Laurent Simon de Gribaldi |
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Jean de Gribaldy, né Jean Prosper Laurent Simon de Gribaldi à Besançon le et mort à Voray-sur-l'Ognon le , était un ancien coureur cycliste professionnel français, devenu ensuite directeur sportif.
Après une modeste carrière de coureur cycliste professionnel (de 1945 à 1954), il devint directeur sportif d'équipes cyclistes (de 1964 jusqu'à la fin de sa vie). Au cours des années 1970 et 80, il se fit notamment connaître comme un « découvreur de talents », et devint l'un des plus fameux directeurs sportifs du monde du cyclisme.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines, enfance et jeunesse
[modifier | modifier le code]Jean de Gribaldy descend d’une lignée de la noblesse piémontaise, la famille de Gribaldi, établie en Savoie au XVIe siècle. Ses parents, Francis de Gribaldi et Madeleine Garnache-Barthod, étaient fermiers dans le Haut-Doubs[1].
Jean de Gribaldy était lui-même vicomte en titre ; il était d'ailleurs souvent surnommé « le Vicomte » dans le monde du cyclisme.
Jean de Gribaldy effectue ses études au collège de Morteau. Technicien en horlogerie, il enseigne comme maître d’école pendant un mois en 1940.
C’est en voyant passer à Morteau Antonin Magne, paré du maillot jaune du Tour de France, que le jeune Jean, alors âgé de neuf ans, décide qu’il deviendra coureur cycliste[1].
Coureur cycliste
[modifier | modifier le code]Jean de Gribaldy commence sa carrière en 1939 au Vélo Club de Pontarlier. Coureur de petit gabarit (1,65 m pour 64 kg), il se révèle très vite un excellent grimpeur. Il remporte notamment le Championnat du Doubs et Montereau-Paris en 1944, puis passe professionnel en 1945 au sein de l'équipe Peugeot-Dunlop, aux côtés notamment de Camille Danguillaume et Maurice De Muer. Il se classe deuxième du championnat de France sur route en 1947. Il se classe également à trois reprises dans les dix premiers du championnat de France de cyclo-cross, et participe au Tour de France en 1947, 1948 et 1952[1].
Manquant probablement un peu de puissance dans les courses plates où il faut emmener d’importants braquets, il ne devint jamais un des grands coureurs du peloton. Pourtant sa passion pour la petite reine[2], ainsi qu’une grande rigueur dans la préparation physique et diététique que l’expérience de terrain va lui permettre d’affiner progressivement, vont faire de lui un coureur respecté et connu de tous.
Au cours de sa carrière, il fut notamment le coéquipier de Ferdi Kübler, Pierre Brambilla, Charly Gaul, Paul Giguet, Émile Idée, Maurice De Muer ou encore Camille Danguillaume et Jean Robic.
Avant même la fin de sa carrière professionnelle, Jean de Gribaldy songe à sa reconversion, conscient qu'un coureur aussi modeste que lui ne pourrait amasser une fortune suffisante pour ne plus avoir à travailler quand l'heure de la retraite sportive sonnerait, et ouvre un magasin de cycles à Besançon en 1947.
Après une fracture de l’omoplate dans Paris-Valenciennes 1954, Jean de Gribaldy se retire des pelotons comme coureur.
Directeur sportif
[modifier | modifier le code]Pendant une dizaine d'années, Jean de Gribaldy se consacre au développement de son commerce, tout en gardant des liens avec le milieu cycliste.
En 1964, il crée l'Amicale Cycliste Bisontine, et la même année, Jean de Gribaldy accepte de créer une équipe de coureurs locaux, à la demande, semble-t-il, de son ami Jean Leulliot, organisateur de courses assez connu à l'époque. L’équipe s’appellera Grammont - De Gribaldy (Grammont étant une marque de téléviseurs).
Jusqu’en 1967, il dirige des équipes regroupant des coureurs professionnels, indépendants ou amateurs hors catégories. La dénomination des équipes varie au gré du pays dans lequel ont lieu les courses (France, Suisse, Allemagne).
De Besançon, où il résidait, il allait souvent voir des courses régionales amateurs et n’hésitait pas à franchir régulièrement la frontière pour observer les coureurs suisses. Ceci explique que, durant les premières années, on retrouve dans la composition de ses équipes une proportion forte de coureurs de l’est de la France (notamment un certain Maurice Izier, futur vainqueur d'étape sur le Tour de France, ainsi que des Suisses et des Luxembourgeois).
C’est en 1968, avec l’équipe Frimatic-Viva-de Gribaldy, qu’il dirige sa première formation composée en majorité de professionnels. Dès cette année-là, il commence à obtenir quelques résultats marquants[3].
1969 sera l’année de la consécration. L’équipe Frimatic - Viva - de Gribaldy mise en place par le Vicomte a fière allure avec dans ses rangs Willy et Walter Planckaert et Jean Jourden.
Pourtant, c'est un jeune Portugais, totalement inconnu en France, que le Vicomte a découvert au Brésil, lors du Tour de São Paulo 1968, qui va s’imposer comme le grand leader de l’équipe : Joaquim Agostinho. Celui-ci, pour sa première saison professionnelle, s’adjuge 13 victoires dont le Trophée Baracchi et 2 étapes du Tour de France qu’il termine à la 5e place. Ce sont les succès inattendus du Portugais Joaquim Agostinho qui valent à Jean de Gribaldy sa réputation de dénicheur de talents. Plus tard, Jean de Gribaldy expliqua dans quelles conditions il recruta Joaquim Agostinho :
« À la fin de ma vie, s’il ne me fallait conserver que le souvenir d’un seul endroit au monde, je n’hésiterais pas longtemps : je choisirais ce petit hôtel brésilien, insignifiant, discret, de São Paulo où j’avais donné rendez vous à Joaquim. C’était en 1968. Je l’avais remarqué deux mois plus tôt à Imola, au championnat du monde, mais c’est là que je lui ai parlé pour la première fois. Je lui ai demandé simplement : « Voudrais-tu venir courir en France ? » . Il ne connaissait aucun mot de français, mais dans son sourire j’ai compris tout de suite ce qu’il voulait me répondre. Que de chemin parcouru ensemble depuis... Que de souvenirs nous rattachent l’un à l’autre. J’appréhende ce jour, très proche, où il dira adieu à cette bicyclette avec laquelle il a connu les joies les plus immenses et les peines les plus profondes. Car ce jour-là, et il le sait bien, l’existence n’aura plus du tout pour moi la même signification. Alors pour atténuer ma peine, je fermerai les yeux et je recommencerai à zéro, avec Joaquim. »[4]
En cette année 1969, Jean de Gribaldy connaît des joies, avec les nombreux succès de ses coureurs, mais aussi la douleur de perdre un de ses hommes : Joseph Mathy, vainqueur d’une étape des Quatre Jours de Dunkerque et du Grand Prix de Denain, décédé d’un accident de la circulation alors qu’il venait tout juste d’avoir 25 ans.
Par la suite, le Vicomte demeurera fidèle à sa réputation de dénicheur de talents, en découvrant notamment l’Irlandais Sean Kelly et ses 193 victoires, le Néerlandais Steven Rooks, qui remporte en quasi inconnu Liège-Bastogne-Liège en 1983, ou le Français Éric Caritoux (vainqueur du Tour d’Espagne à la surprise générale en 1984). Il découvre également d'autres coureurs comme les Français Mariano Martinez, René Bittinger, Serge Beucherie et Marcel Tinazzi.
Découvreur de talents sans aucun doute, mais ce directeur sportif atypique et omniprésent a su aussi redonner une chance à de nombreux coureurs délaissés par les autres équipes. Souvent à tort, tant leur carrière prit une nouvelle dimension sous l’impulsion de Jean de Gribaldy. Et quel palmarès : Jean Jourden vainqueur des Quatre Jours de Dunkerque en 1968, Michel Laurent victorieux à Paris-Nice en 1976, et Jean-Claude Leclercq champion de France sur route. Idem pour Serge Beucherie, champion de France sur route en 1981 alors qu'il était sans employeur l’année précédente.
Avec ses coureurs, il se montrait pointilleux sur la diététique à une époque où ça n'allait pas de soi. Dans la gestion de ses équipes, il se montrait très économe au risque d'énerver ceux qui se retrouvaient dans des hôtels de troisième zone.
Jean de Gribaldy conduira ses équipes au plus haut niveau, jusqu'à sa disparition dans un accident de la route en 1987.
En dehors du cyclisme
[modifier | modifier le code]La vie de Jean de Gribaldy ne se résumait pas au petit monde des courses cyclistes.
Ainsi, malgré ses multiples activités, il avait trouvé le temps de passer son brevet de pilote d’avion et il aimait de temps en temps prendre les commandes. Il crée la compagnie aérienne Air Franche-Comté au début des années 60.
Il côtoya également de nombreuses stars : Johnny Hallyday, dont il devint un proche dès 1959 et qu'il transporta parfois d’un concert à un autre dans son petit avion, mais également Sylvie Vartan, Michel Sardou, Thierry Le Luron, Jean-Paul Belmondo, Michel Audiard, Jean Carmet, Jean Rochefort, Louis Nucéra, Carlos, Marcel Amont, Lino Ventura et Jacques Brel.
Le souvenir de Jean de Gribaldy
[modifier | modifier le code]Depuis 1994, l’une des rues de Besançon porte son nom : "la Montée Jean de Gribaldy", qui se termine au sommet de la colline de Chaudanne sur laquelle domine le fort du même nom. Il dirigeait dans la capitale comtoise, sur la Place de la Révolution (ancienne place du Marché), un magasin qui demeure bien inscrit dans l’histoire de cette ville. C’est grâce à lui, que du 3 au 7 septembre 1980, y sont organisés les mondiaux sur piste.
Chaque année est organisée par l'Amicale Cycliste Bisontine qu'il fonda en 1964 la "Montée Jean de Gribaldy", qui emprunte la rue du même nom en hommage au "Vicomte". Le 2 janvier 2012, date du 25e anniversaire de la mort de Jean de Gribaldy, Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon, a dévoilé une plaque apposée en façade de son ancien magasin Place de la Révolution (du marché) au cœur de la vieille ville.
Le 26 juin 2025, Grand Besançon Métropole dévoile 8 de ces nouvelles rames de tramway, plus longues et pouvant accueillir 200 passagers contre 130 pour les précédentes, qui seront mises en service à partir de juillet 2025. L'une d'entre elles portera le nom de Jean de Gribaldy et sera ornée de son portrait et de sa biographie [1].
Palmarès
[modifier | modifier le code]Palmarès amateur
[modifier | modifier le code]Palmarès professionnel
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Résultats sur les grands tours
[modifier | modifier le code]Tour de France
[modifier | modifier le code]3 participations
Tour d'Italie
[modifier | modifier le code]1 participation
- 1948 : abandon
Notes et références
[modifier | modifier le code]- palmares
- ↑ Surnom populaire de la bicyclette, « les origines de cette expression en vidéo sur le site netprof.fr »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)
- ↑ Les équipes de Jean de Gribaldy
- ↑ http://www.jeandegribaldy.com/index.php?zone=pages/agostinho
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Pierre Diéterlé, Jean de Gribaldy, la légende du Vicomte, Editions du Sekoya, 2014 (ISBN 978-2-84751-137-6)
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Site complet sur Jean de Gribaldy
- Ressources relatives au sport :
