Réseau Express Grand Lille

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Réseau Express Grand Lille
Image illustrative de l'article Réseau Express Grand Lille
La gare de Lille-Flandres et son annexe en . Le projet prévoit la construction d'une annexe souterraine dotée de quatre quais.

Situation Nord-Pas-de-Calais
Type RER
Entrée en service Vers 2030
Gares 6
Vitesse maximale 160 km/h
Réseaux connexes Transports en commun de Lille
Transports en commun de Lens-Béthune

Le Réseau Express Grand Lille (REGL) est un projet de réseau express régional qui relierait l'agglomération de Lille au Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, à Hénin-Beaumont, à l'horizon 2025, proposé par Daniel Percheron, président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais. S'il était réalisé, le trajet de la gare de Lille-Flandres à celle de Sainte-Henriette[note 1] (Hénin-Beaumont) ne prendrait que 17 minutes contre 26 à 40 minutes en 2011 pour rallier la gare d'Hénin-Beaumont[note 2].

Le projet, presque plus évoqué durant deux ans, voit une nouvelle avancée le 21 novembre 2013 à l'occasion de la saisine de la Commission nationale du débat public par le conseil régional. À cette occasion, un projet plus étendu est évoqué pour un second temps, desservant des grandes villes comme Douai, Lens, Arras, Cambrai, Armentières et la Zone de l'Union, via la construction de sections nouvelles et l'amélioration des lignes actuelles. Le projet a fait l'objet d'un débat public du 2 avril au 22 juillet 2015.

Histoire[modifier | modifier le code]

Daniel Percheron, instigateur du projet.

1er projet[modifier | modifier le code]

Le projet a été annoncé en par Daniel Percheron, lors de ses vœux de la nouvelle année. Quelques mois plus tard, le , il annonce que le projet se prépare. Le projet de tram-train reliant Lille au Bassin minier est annulé, le RER Lille - Bassin minier est évoqué[1]. L'idée d'une telle liaison est inscrite dans le schéma régional des transports qui date de 2006[2]. Le but de ce RER est de réduire l'utilisation des voitures, car l'autoroute A1 se retrouve régulièrement saturée aux alentours de l'agglomération lilloise[3].

Daniel Percheron espère obtenir des subventions au titre du Grenelle Environnement. Quatre ans de procédure et cinq ans de travaux devraient être nécessaires, parmi ces étapes, on peut citer les études préliminaires, les études d'impact, l'avant-projet, le débat public, l'enquête publique, et le chantier à partir de 2015[3].

En , l'État ne retient pas le projet de RER, mais les élus continuent le projet[4]. Le dossier concernant le RER Lille - Hénin est recalé. Sur les 80 candidatures déposées dans le cadre d'un appel à projets concernant les transports en commun en site propre, 78 ont été acceptés, mais le dossier concernant le RER a été jugé trop récent et pas assez avancé[5]. Dans la région, d'autres dossiers comme le doublement de la capacité de la ligne 1 du Métro de Lille Métropole et la construction de la ligne Béthune - Bruay du Tramway Artois-Gohelle ont en revanche été retenus[5].

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Le terril no 87, Lavoir Hénin Est, sis à Dourges. La gare de Sainte-Henriette devrait être bâtie à sa base.

Les deux gares extrêmes seraient reliées en dix-sept minutes, avec un départ toutes les cinq minutes en heures de pointe. Le parc serait composé de dix à douze rames de 250 places, et la vitesse de pointe atteindrait 160 km/h[1],[3], la ligne longue de trente kilomètres[2]. Le système serait similaire au réseau express régional d'Île-de-France. La ligne, entièrement nouvelle, prendrait naissance sous la gare de Lille-Flandres, près de la station de métro et de tramway. Le premier arrêt serait situé près de l'aéroport de Lille - Lesquin, il y a trois variantes de tracé, et une grande partie sera sous terre. Les autres arrêts seront établis sur les communes de Seclin et Lesquin, le long de l'autoroute A1 et de la LGV Nord. Des vastes parkings seraient construits, dans le but d'inciter les automobilistes à prendre le RER plutôt que d'utiliser l'autoroute. L'autre terminus sera installé aux pieds des terrils nos 87 et 92, respectivement nommés Lavoir Hénin Est et Lavoir Hénin Ouest[6]. Des simulations estiment que 25 000 à 30 000 personnes pourraient emprunter ce nouvel itinéraire chaque jour[3].

L'arrivée du RER sur le site d'Hénin-Beaumont permettrait sans plus de précisions d'y connecter différents réseaux (BHNS, le bus en site propre de Douai). La gare d'Hénin-Beaumont, placée le long de la ligne de Lens à Ostricourt, pourrait être déplacée à proximité du site. La SNCF étudie, via une réunion de comité de pilotage de Sainte-Henriette, la faisabilité technique d'un arrêt TGV sur la zone.

Station Lat/Long Communes desservies Correspondances
o Gare de Lille-Flandres 50° 38′ 11″ N, 3° 04′ 15″ E Lille (Lille-Centre) Lille Metro Logo 2017.svg (1) (2)
Lille Tramway Logo 2017.svg (R) (T)
TER Nord-Pas-de-Calais
TGV
o Stade Pierre-Mauroy Villeneuve-d'Ascq Lille Metro Logo 2017.svg (1)
o Aéroport de Lille-Lesquin Lesquin Aéroport de Lille-Lesquin
o Seclin Seclin
o Carvin Carvin[note 3]
o Sainte-Henriette 50° 25′ 13″ N, 2° 58′ 11″ E Hénin-Beaumont

Budget[modifier | modifier le code]

La friche Sainte-Henriette, en , vue depuis le sommet du terril no 92, Lavoir Hénin Ouest.

Le coût de la ligne est actuellement estimé à 720 millions d'euros hors taxes. Parmi cette somme, 200 millions d'euros sont prévus pour les ouvrages d'art, 230 millions pour la voie, son électrification, la signalisation et les gares, enfin, 65 millions d'euros pour le matériel roulant qui serait constitué au départ d'une douzaine de rames. En outre, il convient d'ajouter à ce coût les modifications de plusieurs échangeurs autoroutiers et la construction de parkings. En 2020, le montant devrait avoisiner le milliard d'euros[3]. Dans le cadre du Grenelle Environnement, l'État pourrait financer le projet à hauteur de cent à deux-cent millions d'euros. Des participations venant de l'Europe, des conseils généraux, des agglomérations et de la région pourront également être négociées. À l'instar du Stade Pierre-Mauroy, le financement pourrait reposer sur un partenariat public privé[3].

Le budget provisoire a été examiné le 14 octobre 2010, et un arbitrage du Ministère des Transports rendu deux mois plus tard[1]. D'autres estimations font état de 800 millions d'euros[2].

Le lundi , la commission permanente du conseil régional a voté un budget de deux millions d'euros pour financer les études préliminaires, celles-ci porteront sur les éléments techniques du projet, dans le but de faire passer le projet par la phase prévue du débat public. Daniel Percheron envisage un partenariat public-privé sur quarante ou cinquante ans, avec un grand opérateur privé[7]. 322 délibérations ont été soumises aux élus début [8]. Daniel Percheron, président du Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais rencontre également l'opposition des élus socialistes et écologistes de Lille Métropole Communauté urbaine, mais aussi celle de Dominique Plancke, conseiller régional du groupe Europe Écologie. Toutefois, si le Parti socialiste remportait l'élection présidentielle de 2012, il estime que le dossier pourrait plus facilement recevoir un soutien financier de la part de l'État[8].

Réactions[modifier | modifier le code]

Gilles Pargneaux, député européen socialiste, estime le que Daniel Percheron aurait pu se concerter avec les divers « représentants de la Communauté Urbaine de Lille, du Conseil Général, des agglomérations, des entreprises concernées, des institutions européennes et de l'État », ajoutant ensuite que « cette procédure est très surprenante et fort regrettable »[9]. Selon lui, le budget devrait plutôt avoisiner les deux milliards d'euros. Il préfèrerait à court terme que les lignes TER entre Lille et le bassin minier soient cadencées, et que leur capacité soit accrue[9]. Dominique Plancke, conseiller régional du groupe Europe Écologie et président de la commission Transports, est lui aussi favorable à une modernisation des lignes du TER. Toutefois, la ligne de Lens à Ostricourt et la ligne de Paris-Nord à Lille sont parfois saturées, augmenter le nombre de trains risque de poser problème, non seulement à cause des possibles retards engendrés, mais aussi à cause du surcoût lié aux péages à RFF[8].

À la même date, Cap21 estime que le projet de RER entre Lille et le Bassin minier est un pavé dans la mare[10].

Jean-Pierre Corbisez, président socialiste de la Communauté d'agglomération d'Hénin-Carvin, estime que le SCOT de Lens-Liévin Hénin-Carvin devrait prévoir des réserves foncières afin de ne pas bloquer le passage de transports entre l'agglomération lilloise et le Bassin minier d'ici à 2020[1].

Steeve Briois (FN) conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et membre du conseil municipal d'Hénin-Beaumont, explique le être favorable au projet de RER, qui relierait efficacement le bassin minier à Lille, mais contre le tracé de la ligne de tramway Hénin-Liévin, en ce sens où celle-ci, dans son tracé actuel, desservirait en priorité la grande distribution dont le centre commercial Noyelles, et délaisserait les centres-villes[11].

2d projet[modifier | modifier le code]

Le projet dans sa version de fin 2013.
  •       Ligne principale
  •       Lignes nouvelles ou réseau actuel réutilisé.
Le projet dans sa version du printemps 2017.

Infrastructure[modifier | modifier le code]

Fin , le projet s'étoffe et se précise. Une ligne doit être ouverte à l'horizon 2025 entre la gare de Lille-Flandres et la future gare de Sainte-Henriette à Hénin-Beaumont, et doit desservir le stade Pierre-Mauroy, l'aéroport de Lille - Lesquin, Seclin et Carvin[12]. Par rapport au précédent projet, la desserte du grand stade est ajoutée. Par ailleurs, dans un second temps, il est prévu, au sud, à partir d'Hénin-Beaumont, d'ouvrir des branches, soit par la création de lignes nouvelles soit en utilisant le réseau actuel, vers Lens, Douai, Arras et Cambrai. Au nord, à partir de la gare souterraine de Lille-Flandres, il est prévu d'utiliser deux branches : l'une vers Armentières, l'autre vers la Zone de l'Union (sur Roubaix, Tourcoing et Wattrelos) puis vers Mouscron. Ce projet s'effectuerait en utilisant en grande partie et respectivement la ligne de Lille aux Fontinettes et la ligne de Fives à Mouscron (frontière)[12],[13].

Budget[modifier | modifier le code]

Le coût total du projet est estimé à 1,25 milliard d'euros[13], dont 960 millions pour la ligne reliant Lille à Hénin-Beaumont. Ce coût inclut la construction de la ligne proprement dite, la gare souterraine de Lille-Flandres, et son tunnel, les nouvelles gares, la tranchée couverte de Lesquin, les terrassements, les ouvrages d'art, les parcs-relais et le matériel roulant[12].

Débat public[modifier | modifier le code]

La Commission nationale du débat public a été saisie par le Conseil régional le 21 novembre 2013, afin d'obtenir un financement de l'État[12]. Cette saisine a été considérée comme irrecevable par la CNDP en mars 2014[14].

La Commission nationale du débat public a été saisie une seconde fois par le conseil régional du projet Réseau Express Grand Lille le 23 octobre 2014[15]. Cette fois la CNDP a décidé d'organiser un débat public sous la présidence de Jacques Archimbaud[16]. Le débat public se déroule du 2 avril 2015 au 22 juillet 2015[17].

Principes de la desserte[modifier | modifier le code]

Un départ aurait lieu toutes les cinq minutes sur le tronçon central, les trains utilisées seraient les mêmes que ceux du TER Nord-Pas-de-Calais, ils auraient une capacité de 225 passagers et une vitesse de pointe de 160 km/h[13]. L'affluence attendue est de 50 000 voyageurs par jour à l'horizon 2030, dont 16 000 montées à l'heure de pointe du matin[13].

Réactions[modifier | modifier le code]

Daniel Percheron, président du conseil régional, déclare le 21 novembre 2013 « Nous pouvons considérer que tous les ingrédients sont là, pour que Jean-Marc Ayrault nous entende[12] », faisant ainsi référence à l'annonce faite quelques semaines plus tôt par le premier ministre de 2,5 milliards d'euros d'investissement pour les transports de Marseille[13].

3e projet[modifier | modifier le code]

Un troisième projet présenté au printemps 2017, évolution des précédents. Des dessertes sont prévues vers Tournai en Belgique ainsi que vers Amiens et Saint-Quentin en Picardie[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes
  1. Sainte-Henriette est le nom de baptême de l'ancienne fosse no 2 - 2 bis des mines de Dourges, et par extension, c'est également le surnom donné à ses terrils nos 87 et 92.
  2. Si le TER est direct de Lille-Flandres à Libercourt, puis omnibus jusqu'Hénin-Beaumont, un trajet dure, en 2011, environ 26 minutes. S'il est omnibus sur tout le trajet, il dure environ 40 minutes, non compris la correspondance éventuelle en gare de Libercourt.
  3. Depuis la fermeture de la ligne d'Hénin-Beaumont à Bauvin-Provin, Carvin, qui est une ville d'environ 17 000 habitants, n'est plus desservie par des trains. Les gares les plus proches sont celles de Bauvin - Provin sur la ligne de Lens à Don-Sainghin et de Libercourt sur la ligne de Paris-Nord à Lille.
Références
  1. a, b, c et d « Le RER Lille-Bassin minier serait-il le miracle de Sainte-Henriette ? », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord, (consulté le 22 juillet 2011)
  2. a, b et c Florence Traullé, « Demain, un RER entre le bassin minier et Lille ? », sur http://www.nordeclair.fr/, Nord éclair, (consulté le 22 juillet 2011)
  3. a, b, c, d, e et f « INFOGRAPHIE : Lille - Hénin en 17 minutes grâce au RER à l'horizon 2020 ? », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord, (consulté le 22 juillet 2011)
  4. « RER Lille - Bassin minier et Tramway Houdain-Bruay-Béthune-Beuvry, réaction d'Alain Wacheux, Vice-Président du Conseil régional Nord-Pas-de-Calais », sur http://www.newspress.fr/, (consulté le 22 juillet 2011)
  5. a et b « Pas de subvention de l'État pour le projet de RER Lille - bassin minier », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord, (consulté le 25 juillet 2011)
  6. Liste des terrils du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, fournie par la Mission Bassin Minier, voir Terrils du Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
  7. Florence Traullé, « RER Lille - bassin minier : les études vont être lancées », sur http://www.nordeclair.fr/, Nord éclair, (consulté le 22 juillet 2011)
  8. a, b et c « Futur RER entre Lille et le bassin minier : tout le monde d'accord... pour faire des études », sur http://www.lavoixdunord.fr/, La Voix du Nord, (consulté le 25 juillet 2011)
  9. a et b Gilles Pargneaux, député européen, « Réactions sur le projet RER Lille-bassin minier », sur http://gillespargneaux.typepad.fr/, (consulté le 22 juillet 2011)
  10. « Le RER Lille-Bassin minier : un pavé dans la marre ? », sur http://www.cap21npdc.net/, Cap21, (consulté le 22 juillet 2011)
  11. « Steeve Briois sur le gel du projet de tram Hénin-Liévin », sur https://www.dailymotion.com/ et http://www.briois.net/, Steeve Briois, (consulté le 26 juillet 2011)
  12. a, b, c, d et e « RER entre Lille et Hénin-Beaumont ? Le Conseil Régional du Nord Pas-de-Calais lance le projet », sur http://nord-pas-de-calais.france3.fr/, France 3 Nord-Pas-de-Calais,
  13. a, b, c, d et e « Demain, un RER pour le Grand Lille ? », sur http://www.mobilicites.com/,
  14. « Décision n°2014/12/LRFML-BM/1 - Projet de lien rapide ferroviaire Métropole Lilloise - Bassin minier », sur http://www.debatpublic.fr/,
  15. « Décision n°2014/35/LFRML-BM/1 - Projet de lien rapide ferroviaire Métropole Lilloise - Bassin minier », sur http://www.debatpublic.fr/,
  16. « Décision n°2014/42/LFRML-BM/2 - Projet de lien rapide ferroviaire Métropole Lilloise - Bassin minier », sur http://www.debatpublic.fr/,
  17. « Débat public sur le projet Réseau Express Grand Lille », sur http://regl.debatpublic.fr/
  18. P. F., « La Région Hauts-de-France veut son RER », sur http://www.lunion.fr/, L'Union,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]