Gare de Longueau

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Longueau
Image illustrative de l’article Gare de Longueau
Le bâtiment voyageurs et l'entrée de la gare.
Localisation
Pays France
Communes Longueau
Boves
Adresse Route de Boves
80330 Longueau
Coordonnées géographiques 49° 51′ 49″ nord, 2° 21′ 09″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire SNCF
Exploitant SNCF
Service TER
Caractéristiques
Ligne(s) Paris-Nord à Lille
Longueau à Boulogne-Ville
Voies 8 (4 en service commercial)
+ autres voies
Quais 4 (2 en service commercial)
+ 1 HS
Transit annuel 458 437 voyageurs (2017)
Altitude 31 m
Historique
Mise en service • vers 1853
(station originelle)
1883 (gare actuelle)
Correspondances
Bus Ametis n4

101314T39

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Longueau

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(Voir situation sur carte : Hauts-de-France)
Longueau

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Longueau

La gare de Longueau est un important site ferroviaire français situé sur les territoires des communes de Boves et de Longueau (à environ 1 000 mètres du centre-ville de cette dernière), dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France. Le site comprend une gare voyageurs, un dépôt, un triage désaffecté et de nombreuses voies de garage. Cette configuration résulte de sa situation à la bifurcation des lignes Paris – Lille et Paris – Amiens – Boulogne, mais également Compiègne – Amiens et Amiens – Tergnier – Laon.

Une station est ouverte vers 1853, par la Compagnie des chemins de fer du Nord. Elle est déplacée en 1883, pour être établie en tant que gare de la bifurcation précitée ; les importantes installations qui la jouxtent ont été développées à partir de la même date.

C'est, dans les années 2010, une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), desservie par des trains express régionaux du réseau TER Hauts-de-France.

Situation ferroviaire[modifier | modifier le code]

Établie à 31 mètres d'altitude, la gare de Longueau est située au point kilométrique (PK) 125,971 de la ligne de Paris-Nord à Lille[1], entre les gares ouvertes de Boves et de Daours (vers cette dernière, s'intercale celle fermée de Lamotte-Brebière)[2]. Gare de bifurcation, elle est également l'origine de la ligne de Longueau à Boulogne-Ville, en étant implantée avant la gare d'Amiens[1],[3]. Enfin, par l'intermédiaire de la ligne d'Ormoy-Villers à Boves (dont la voie unique atteint toutefois Longueau), elle se trouve à 147,298 km de la gare de Paris-Nord[1]. Elle fait ainsi partie du cœur de l'« étoile ferroviaire d'Amiens-Longueau[4] ».

La gare compte cinq quais : les trois premiers pour la ligne Paris – Lille (inutilisés en service commercial régulier[5], celui jouxtant l'ancien bâtiment voyageurs ayant en outre été mis hors service[6]), les deux autres pour les axes Compiègne – Amiens et Paris – Amiens – Boulogne[1].

Par ailleurs, un ancien triage est situé à proximité de l'établissement. Il est raccordé à l'ensemble des lignes de l'étoile ferroviaire précitée.

Histoire[modifier | modifier le code]

La première gare, photographiée par Baldus en 1855.

La ligne Paris – Lille est mise en service en 1846, par la Compagnie du Nord[7]. Le , est achevé un raccordement permettant aux trains Paris – Lille d'éviter le rebroussement jusqu'alors imposé en gare d'Amiens[7]. Une station est créée à Longueau[8] vers 1853[7], et se situe sur le raccordement précité (au nord de la gare actuelle)[8],[9] ; elle dispose d'une halle métallique couvrant les quais[10]. En raison de la saturation progressive de la gare d'Amiens, liée au développement de son nœud ferroviaire, un premier chantier de triage est implanté à Longueau en 1873[7].

La gare actuelle et sa halle, au début du XXe siècle.

La ligne dite « des charbons » est ouverte en 1883, et s'accompagne de la construction de plusieurs faisceaux de triage — dont les groupes de voies « Boulogne » et « Arras » — et du dépôt de locomotives, mais également d'une nouvelle gare voyageurs à son tour équipée d'une halle métallique[7] (cette gare se trouve dès lors à son emplacement actuel, en l'occurrence à la bifurcation des lignes Paris – Lille et Paris – Amiens – Boulogne[8]). Un quai militaire est de plus installé vers 1910, bordant le raccordement, à proximité de la bifurcation de Lamotte[7] (début de la jonction entre les lignes vers Lille et Laon, qui ne bénéficiait pas encore de sauts-de-mouton évitant le cisaillement des itinéraires)[11]. De par sa situation géographique stratégique, le site est sous le feu d'un canon Langer Max pendant la Première Guerre mondiale (ce qui a obligé la construction de la ligne de Feuquières à Ponthoile, afin de ravitailler efficacement les troupes alliées engagées dans l'Offensive des Cent-Jours)[12], puis est lourdement bombardé pendant la Seconde[13]. Les dégâts du deuxième conflit sont donc très importants : outre la démolition de la halle du bâtiment voyageurs, le triage, le dépôt, les ateliers, les diverses voies et leurs appareils, les postes d'aiguillage et autres édifices ferroviaires, ainsi que les cités cheminotes voisines, sont gravement endommagés voire détruits[13].

Sur le parking de l'ancien bâtiment voyageurs, ce panneau rappelle la dernière desserte TGV à Longueau.

Jusqu'à l'ouverture de la LGV Nord, la gare de Longueau joue un rôle important, malgré le déclin progressif du trafic fret[5],[14] ; outre l'axe Paris – Lille – Tourcoing, elle était desservie par un TGV, circulant entre Lille et Lyon via la Grande Ceinture[5],[15] (liaison créée le [16], puis supprimée le — soit la veille de la mise en service de la LGV Interconnexion Est). De plus, un train Lunéa reliant Lille à Nice (uniquement certains week-ends et durant l'été) s'y arrêtait, mais cette relation nocturne est supprimée depuis le [17].

En raison de la croissance du trafic voyageurs — Longueau devenant un « satellite » d'Amiens, très utilisé par les navetteurs vers Paris —, un nouveau bâtiment voyageurs (jouxtant un grand parking, créé à l'occasion) est édifié en 1994[5], à l'opposé de l'ancien (par rapport aux voies)[1]. Ce dernier est désormais utilisé, notamment, par un centre d'appel de la SNCF, dédié aux personnes handicapées[18]. Le nouveau bâtiment, très simple, est essentiellement constitué par une halle protégeant l'escalier d'accès au souterrain permettant d'atteindre les quais[5].

En 2017, la SNCF estime la fréquentation annuelle de cette gare à 458 437 voyageurs. Ce nombre s'élève à 445 074 pour 2016[19].

Service des voyageurs[modifier | modifier le code]

Accueil[modifier | modifier le code]

La gare est équipée d'un guichet, ouvert tous les jours. Des automates complètent ce dispositif permettant l'achat des titres de transport[20]. Compte tenu que seuls des escaliers permettent d'atteindre le souterrain (dont l'emprunt est indispensable), elle n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite ; aucune assistance n'est d'ailleurs proposée pour rejoindre les quais[21].

Par ailleurs, un autre accès à la gare jouxte son ancien bâtiment voyageurs[22].

Desserte[modifier | modifier le code]

Longueau est desservie par des trains régionaux du réseau TER Hauts-de-France, effectuant les liaisons suivantes[20] :

Intermodalité[modifier | modifier le code]

Un parking gratuit de 860 places, un arrêt de bus (nommé Longueau SNCF, desservi par les lignes N4, 10, 13 et 14 — ainsi que par la ligne scolaire T39 — du réseau « Ametis[23] ») et un parc à vélos[20] permettent l'accès à la gare par correspondances intermodales, depuis l'ensemble de l'agglomération amiénoise.

Enfin, un service de « taxi TER à la demande » permet aux voyageurs en provenance ou à destination de Blangy-Tronville — dont la gare n'est plus desservie — d'assurer la correspondance (deux départs le matin depuis Blangy et un retour en fin d'après-midi, du lundi au vendredi sauf jours fériés) avec des trains pour Paris[20].

Patrimoine ferroviaire[modifier | modifier le code]

Le second bâtiment voyageurs, construit par la Compagnie des chemins de fer du Nord vers 1883, est toujours présent sur le site[22] et utilisé par la SNCF. Il a perdu sa halle métallique pendant la Seconde Guerre mondiale[13]. Ce bâtiment a survécu aux deux conflits mondiaux, mais n'accueille plus les voyageurs depuis 1994 (ce rôle étant depuis lors dévolu à une structure créée ad hoc)[5].

Il s'agit d'un bâtiment « Nord », non standard, consistant en un unique volume à un étage, très allongé, composé de 24 travées[22], muni d'une toiture en zinc à deux croupes[24]. Ce bâtiment, sobre et fonctionnel, est doté d'un soubassement et de seuils de fenêtres en pierre[24] ; le reste de la façade est en briques rouges[22].

Côté rue, sa façade possède 24 travées étroites séparées par des pilastres ; seuls les pilastres d'angle sont à refends[22],[24]. Les travées du rez-de-chaussée sont en arc en plein cintre, surmontées d'une clé en brique ; celles du premier étage sont, comme sur les bâtiments standards, à arc bombé, également surmontées d'une clé[22],[24]. Une discrète frise court sur la façade, au niveau du plancher du premier étage[22],[24]. Durant la seconde moitié du XXe siècle, les trois travées centrales, servant d'entrée aux voyageurs, ont été revêtues de pierre et surplombées d'un auvent[22]. Côté quai, où se trouvait la marquise, il n'y a que 12 travées au rez-de-chaussée, séparées par des pilastres, tandis que les 24 fenêtres de l'étage sont groupées par deux[24] (baies géminées). La plupart des travées du rez-de-chaussée sont des portes donnant sur le quai[24]. Les deux murs latéraux portaient le nom de la gare, en carreaux de céramique[24] (selon la pratique de la Compagnie du Nord) ; ces carreaux n'existent plus[22]. Les pilastres d'angle sont à refends ; la frise des façades se prolonge sur ces murs, tandis qu'un bandeau de pierre court au niveau des seuils de fenêtre du premier étage[22],[24]. Le mur côté Amiens est percé, au rez-de-chaussée, de deux travées à arc en plein cintre ; l'autre mur est aveugle[22] (un petit auvent métallique donnant sur le quai y était autrefois adossé[24]).

Par ailleurs, un bâtiment de service, construit dans le style de la Compagnie du Nord, jouxte l'ancien bâtiment voyageurs[22],[24]. Enfin, d'autres bâtiments sont présents sur les sites respectifs du dépôt et de la gare de triage ; ils ne sont pas classés, à l'exception de la rotonde, inscrite aux monuments historiques depuis 2003.

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Dépôt ferroviaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dépôt de Longueau.

Un important dépôt de locomotives est implanté, depuis 1883, à Longueau, non loin de la gare.

Sous sa dénomination d'établissement de maintenance et de traction (EMT) « Haute Picardie (Longueau) », il est l'un des plus gros dépôts de matériels thermiques en France.

Depuis 2011, il est également une Supervision technique de flotte (STF), sous la dénomination de STF Picardie. Il gère désormais les locomotives des activités TER Hauts-de-France (ex-TER Picardie et ex-Intercités), Transilien, Fret SNCF, SNCF Infra et Akiem.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Rail Passion no 122, p. 59.
  2. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français : (272/2) Creil - Longueau et (272/3) Longueau - Arras, vol. 1 - lignes 001 à 600, Paris, La Vie du Rail, , 238 p. (ISBN 978-2-918758-34-1), p. 105-106.
  3. Reinhard Douté, Les 400 profils de lignes voyageurs du réseau ferré français : (311) Longueau - Boulogne, vol. 1 - lignes 001 à 600, Paris, La Vie du Rail, , 238 p. (ISBN 978-2-918758-34-1), p. 117.
  4. Rémi Sanchez, « L'étoile ferroviaire veut devenir incontournable », sur letelescope.info, (consulté le 6 octobre 2019) ; cette page est une archive.
  5. a b c d e et f Rail Passion no 122, p. 61.
  6. En comparant cette photo de 2008 avec une autre de 2017, on voit que le quai jouxtant l'ancien bâtiment voyageurs a perdu sa bordure et a été en grande partie détruit (la partie subsistante sert uniquement d'accès au souterrain).
  7. a b c d e et f Rail Passion no 122, p. 56.
  8. a b et c D'après ce comparatif de cartes (1820–1866 / 1956) (consulté le ) de l'IGN.
  9. L'ancienne gare, qui a disparu, était approximativement située à cet emplacement : 49° 52′ 15″ N, 2° 20′ 51″ E.
  10. Édouard Baldus et Auguste Hippolyte Collard, Chemin de fer du Nord - Ligne de Paris à Boulogne - Album de vues photographiques, Paris, Compagnie des chemins de fer du Nord, , 49 p. (lire en ligne), p. 36.
  11. Rail Passion no 122, p. 57-58.
  12. « INVENTAIRES FERROVIAIRES de FRANCE – LIGNES MILITAIRES 1914 - 1918 » (pp. 89-90) [PDF] (consulté le ) ; ce document est une archive.
  13. a b et c Rail Passion no 122, p. 53.
  14. Rail Passion no 122, p. 63.
  15. Pierre Delvigne et Maurice Testu, « En cabine du TGV Lille - Lyon le 22 août 1989 », sur youtube.com, (consulté le 11 juin 2018).
  16. « TGV Lille-Lyon » [vidéo], sur ina.fr, France 3 Lyon, (consulté le 11 juin 2018).
  17. M. Marc Dolez (Gauche démocrate et républicaine – Nord), « Question écrite no 44661 », sur assemblee-nationale.fr ; question du à la p. 2503, réponse du à la p. 5439 du JORF (consulté le ).
  18. « Schéma directeur d’accessibilité des services ferroviaires nationaux » [PDF], sur sncf.com, (consulté le 18 octobre 2019) : « Un centre d’appels dédié aux personnes handicapées, situé à Longueau, a été créé à cet effet », p. 83.
  19. « SNCF Open Data : Fréquentation en gares », sur data.sncf.com, traitement du [cf. l'onglet des informations] (consulté le 8 mars 2019).
  20. a b c et d « Gare Longueau », sur ter.sncf.com/hauts-de-france (consulté le ).
  21. « Accessibilité gare par gare », sur accessibilite.sncf.com (consulté le 18 octobre 2019).
  22. a b c d e f g h i j k et l Aperçu de l'ancien bâtiment voyageurs — place Lucien-Barbier, à Longueau — dans « Street View », sur google.com/maps, (consulté le ).
  23. « Plan du réseau Ametis » [PDF], sur ametis.fr (consulté le ).
  24. a b c d e f g h i j et k « Longueau », sur cparama.com (consulté le 18 octobre 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]


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