Ennui

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L'été ː tableau du peintre et poète français Jules Breton

Dans l'usage habituel, l'ennui se présente sous la forme d'un état émotionnel ou psychologique vécu par une personne dont l'occupation quotidienne est dépourvue d’intérêt, voire monotone.

Cet état est souvent lié à une situation de désœuvrement et peut entraîner un état de détresse émotionnelle, telle que la tristesse.

Ce terme, généralement écrit au pluriel, est également utilisé pour signifier une contrariété, une difficulté comme dans le sens de l'expression « avoir des ennuis ».

Définition[modifier | modifier le code]

Selon le dictionnaire Larousse, le terme ennui, employé au singulier, est défini comme une « lassitude morale, impression de vide engendrant la mélancolie, produites par le désœuvrement, le manque d'intérêt, la monotonie [...] ». Employé au pluriel, ce terme est présenté comme un désagrément, un obstacle, voire « une contrariété passagère provoqués par une difficulté [...] »[1].

Selon le CNTRL, le mot ennui est défini, das son sens moderne (et au singulier) comme un « sentiment de lassitude coïncidant avec une impression plus ou moins profonde de vide, d'inutilité qui ronge l'âme sans cause précise ou qui est inspiré par des considérations de caractère métaphysique ou moral [...] »[2].

Dans son ouvrage, publié en 1670, et intitulé Pensées,le philosophe français Blaise Pascal qui évoquait cette attitude comme une « misère sans cause », définissait l'ennui en ces termes [3]

«  Ennui ː rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. »

Étymologie[modifier | modifier le code]

En français, le terme ennui provient du verbe ennuyer, dérivé du bas latin inodiāre, formé sur l’expression in odio esse « être un objet de haine » du latin classique [4].

Origine et formes de l'ennui[modifier | modifier le code]

L'inactivité, source principale ?[modifier | modifier le code]

Dans les sociétés modernes, l'ennui, souvent associé au désœuvrement et à l'improductivité, est considéré comme un fléau. Il est souvent lié à des situations où l'individu n'a pas plus d'activité, notamment professionnelle. La retraite, période où le travailleur cesse d'exercer sa profession est souvent présentée, comme une période où l'ennui est présenté comme le risque principal [5].

Selon le psychologue Camillo Zacchia, la personne se retrouvant dans cette situation doit consacrer du temps pour développer des intérêts et ce serait « dans ces moments creux » que les personnes, à priori désœuvrée découvrent les plaisirs de découvrir de nouvelles activités comme dans le cadre du bénévolat. Au delà cette situation, toutes les personnes retraitée ou pas, qui subissent une période d'activité cherchera quelque chose à faire pour combler le vide [6].

Les différentes catgéories de l'ennui[modifier | modifier le code]

Des chercheurs en psychologie de l'université allemande de Constance ont classé l’ennui en cinq catégories : quatre étaient déjà connues, la dernière étant présenté comme une nouveauté [7] ː

  1. L’ennui indifférent : état dont le ressenti est plutôt positif, basé sur une totale indifférence au monde extérieur au travers d'une certaine béatitude.
  2. L’ennui de calibrage : état dont le ressenti est plutôt négatif, basé sur un certain désœuvrement, mais sans que la personne, pourtant moins indifférente à son environnement que l'état précédent, cherche à lutter activement contre cet état.
  3. L’ennui de recherche : état dont le ressenti est nettement plus négatif, car la personne concernée recherche activement une activité à accomplir afin de s’extraire de son sentiment ennui.
  4. L’ennui réactif : état dont le ressenti est considéré comme le plus négatif, la personne concernée cherche à sortir de sa situation d’ennui, considérée comme très déplaisante, de façon assez désespérée.
  5. L’ennui apathique ː état dont le ressenti, là aussi, considéré comme extrêmement négatif, s'allie avec une certaine forme d'indifférence mais sans que la personne ne ressente aucune satisfaction. Elle ne sait que faire mais ne sait pas lutter contre son ennui. Cette nouvelle catégorie, plus aiguë peut entraîner des troubles mentaux tels que la dépression.

Selon cette étude, l'état que produit l'ennui n'est pas nécessairement négatif et peut même précéder un important processus créatif, cependant, selon l'état psychologique de la personne concernée, l'ennui peut être vécu et ressenti de façon dramatique.

Philosophie de l'ennui[modifier | modifier le code]

Visions de l'ennui à travers les époques et les auteurs[modifier | modifier le code]

Jean de La Bruyère

Selon, le moraliste française Jean de La Bruyère, auteur du texte Les Caractères, l'ennui est ainsi présenté dans son chapitre XII, intitulé De l'Homme au travers de ce passage[8]

« L'ennui est entré dans le monde par la paresse, elle a beaucoup de part dans la recherche que font les hommes des plaisirs, du jeu, de la société; celui qui aime le travail a assez de soi-même. »

Son argument reste clair et associe l'ennui à l'oisiveté, sentiment partagé par de nombreux auteurs, moralistes et philosophes tout au long des XVIIe siècle, XVIIIe siècle, voire même du XIXe siècle et du XXe siècle, même si l'argument s'est fortement nuancé au cours du temps.

Voltaire

L'écrivain et philosophe Voltaire écrit, d'ailleurs dans le même sens que son aîné, dans la conclusion de son livre Candide ou l'optimiste :

« Le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin »

Il y associe le vice et l'ennui. Seul le travail reste salutaire pour éloigner l'homme de bien de ces états considéré comme contraire à la morale.

Durant la même période, l'Encyclopédie de Diderot et D'Alembert, publié en 1751 définit l'ennui sous ses termes

« espèce de déplaisir qu’on ne sauroit définir : ce n’est ni chagrin, ni tristesse ; c’est une privation de tout plaisir, causée par je ne sai quoi dans nos organes ou dans les objets du dehors, qui au lieu d’occuper notre ame, produit un mal-aise ou dégoût, auquel on ne peut s’accoutumer. L’ennui est le plus dangereux ennemi de notre être, & le tombeau des passions ; la douleur a quelque chose de moins accablant, parce que dans les intervalles elle ramène le bonheur & l’espérance d’un meilleur état : en un mot l’ennui est un mal si singulier, si cruel, que l’homme entreprend souvent les travaux les plus pénibles, afin de s’épargner la peine d’en être tourmenté. »

Arthur Schopenhauer

Un peu plus tard le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, dans son ouvrage Le Monde comme volonté et comme représentation, considère toujours l'ennui comme un drame humain et déclare ː

« La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui : ce sont là les deux éléments dont elle est faite. »

Le philosophe allemand va donc plus loin que ses prédécesseurs dans sa vision personnelle de l'ennui Schopenhauer recourt ainsi à un exemple en expliquant que le Paradis, qui est censé récompenser les personnes plus méritants, ne propose pas les turpides de l'Enfer et par conséquent présente le risque de « l'ennui éternel »[9].

Dans son ouvrage dénommé Propos sur le bonheur, publié en 1925 le philosophe français Alain devise ainsi ː

« Qui n'a point de ressources en lui-même, l'ennui le guette et bientôt le tient.  »

La notion de « ressources » est plus large que la notion de travail ou d'activités. A notre époque, ses ressources peuvent recouvrir de nombreuses notions autant physiques qu'intellectuelles, autant matérielles qu'abstraites. La sensation de vide intérieure et donc de désœuvrement reste, tout de même sous-jacent et l'ennui peut s'associer à une forme d'angoisse et de désespoir [10]

Alberto Moravia

En 1960, l'auteur italien, Alberto Moravia, dans son roman L'Ennui, y ajoute la notion d'incommunicabilité. Dès le prologue, Dino nous donne sa propre définition de l'ennui : « L'ennui est pour moi véritablement une sorte d'insuffisance, de disproportion ou d'absence de réalité. » Il emploie alors trois métaphores pour illustrer son propos: une couverture trop courte, une panne d'électricité, une fleur flétrissant soudainement. Ce qui caractérise cet ennui consiste, en définitive, en une perte de croyance en la réalité. Prenant ensuite l'exemple d'un verre, il nous présente une expérience-limite : « Mais faites que ce verre se décompose et perde sa consistance de la façon que j'imagine, ou bien qu'il se présente à mes yeux comme quelque chose d'étranger, avec lequel je n'ai aucun rapport, en un mot s'il m'apparaît un objet absurde, alors de cette absurdité jaillira l'ennui, lequel est en fin de compte l'incommunicabilité et l'incapacité d'en sortir. »[11].

Lars Svendsen

Au début des années 2000 La première publication du livre du philosophe Lars Svendsen (en) Petite Philosophie de l'ennui en 1999 (en norvégien) a donné lieu à diverses interrogations dans la presse[12].

En France, en 2003, le magazine L'Express publie un article dans lequel est détaillé le rapport contemporain à l'ennui. Extraits :

  • « Depuis la seconde moitié du XXe siècle, nous avons vécu dans le culte de la suroccupation. Il fallait être à la limite de l'implosion. Un agenda surchargé était un signe de statut social élevé, alors que, pendant longtemps, l'oisiveté et l'ennui avaient été les marques de l'appartenance à la bonne société. « L'ennui est un phénomène tout à fait marginal jusqu'au XIXe siècle, explique Lars Svendsen. Il était réservé à la cour ou au clergé. D'ailleurs, le mot est récent. On ne le trouve pas dans la langue allemande avant 1740 et il n'est repéré en anglais qu'en 1760, plus tôt en France. » Avec le XVIIIe siècle se produit une chose très importante : nous devenons conscients de nous-mêmes en tant qu'individus. Jusqu'alors, nous n'existions qu'en tant que partie d'un grand tout. « À partir du XVIIIe siècle nous revient une mission : nous réaliser », poursuit Svendsen (en). La course est lancée. »
  • « Mais quelque chose est en train de changer. Imperceptiblement. Notre société amorce une décélération. Nous sortons progressivement de l'apologie de la vitesse, de la ligne droite, pour aller vers une société nomade, affirme Jacques Attali, dont le prochain livre traitera de ce thème. L'ennui permet de vagabonder en soi, d'échapper aux contraintes utilitaires actuelles. »[13],[14]

Dans on ouvrage intitulé Petit éloge de l'ennui, publié en 2011, la psychanalyste Odile Chabriac reprend la défintion de l'ennui et présente celui-ci, dans son premier chapitre comme une « petite douleur, proche de l'angoisse » pour annoncer dans le chapitre suivant que l'ennui « constitue davantage un inconfort psychique qu'une douleur véritable » et considère qu'il ne faut pas lier l'ennui à la mélancolie où la dépression. Cet état serait donc lié à un état d'esprit d'où le titre assez optimiste de son livre[15].

Les indicateurs de l'ennui[modifier | modifier le code]

Le désintérêt et le désœuvrement[modifier | modifier le code]

Un faux indicateur, le bâillement[modifier | modifier le code]

L'ennui dans les Arts[modifier | modifier le code]

Aspects littéraires de l'ennui[modifier | modifier le code]

Madame Bovary de Gustave Flaubert[modifier | modifier le code]

Gustave Flaubert
Charles Baudelaire

Dans le roman de cet auteur français du XIXe siècle, Emma Bovary, l'ennui a une place importante, car le personnage principal, épouse du Docteur Bovary qui se contente de sa petite vie de médecin de campagne, n’accepte pas la réalité de cette vie. l'ouvrage restera ainsi une référence à cet aspect de la vie d'une femme de la bourgeoise provinciale que le désœuvrement finira par conduire à un geste fatal. Dans sa critique publiée dans le moniteur français, l'écrivain Sainte-Beuve présente Madame Bovary en ces termes [16].

« Enfin une espèce de maladie la prend, que l'on qualifie de maladie nerveuse ; c'est comme une nostalgie, le mal du pays inconnu.  »

Les Fleurs du mal de Charles Beaudelaire[modifier | modifier le code]

Le « spleen » baudelairien exprime un état d'asthénie morale qui comprend l'ennui, la nostalgie, la solitude et la culpabilité traduisant un profond mal de vivre, qui peut toucher au désespoir. Le poète l'exprime dans plusieurs poèmes de son recueil dénommé Les Fleurs du mal.

Article connexe : Spleen baudelairien.

Paul Verlaine et le recueil « Bonheur »[modifier | modifier le code]

Paul Verlaine
Jean Giono

Dans ce neuvième recueil poétique en vers, publié vers la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai 1891, présente le poème titré L'ennui de vivre avec le monde. Cette œuvre commence par les vers suivants ː

«  L'ennui de vivre avec les gens et dans les choses
font souvent ma parole et mon regard moroses.

Mais d'avoir conscience et souci dans tel cas
exhausse ma tristesse, ennoblit mon tracas.  »

Un roi sans divertissement de Jean Giono[modifier | modifier le code]

Le titre de ce livre se base sur une citation du philosophe Blaise Pascal

« Qu’on en fasse l’épreuve. Qu’on laisse un roi tout seul sans aucune satisfaction des sens, sans aucun soin dans l’esprit, sans compagnies, penser à lui tout à loisir, et l’on verra qu’un roi sans divertissement est un homme plein de misères. »

La référence à l'ennui et au désœuvrement est donc directe. C'est dans le monde figé du grand silence blanc de l'hiver montagnard du Trièves décrit par jean Giono dans son roman que cet ennui atteint son paroxysme qui peut conduire au meurtre ou au suicide.

Comme Pascal, comme Baudelaire, Jean Giono considère l'ennui comme la plus grande malédiction de l'Univers [17]

Aspects cinématographiques de l'ennui[modifier | modifier le code]

  • 2010 : Khaos, court métrage de Yannick Delhaye, qui raconte l'histoire d'un personnage rongé par l'ennui.
  • 2013 : Ennui ennui, court métrage de Gabriel Abrantes, une parodie déjantée et surréaliste sur les rapports entre l'Occident et les intégristes afghans, les drones devenus humanoïdes, l'amour et le sexe

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site Larousse.fr, page sur la définition du mot ennui, consultée le 21 septembre 2018
  2. http://www.cnrtl.fr/definition/ennui Site du CNRTL, page sur la définition du mot ennui], consultée le 21 septembre 2018
  3. Site sur l'ennui, page "l'ennui selon Blaise Pascal", consulté le 21 septembre 2018
  4. Site du CNRTL, page sur la définition du mot ennuyer, consultée le 21 septembre 2019
  5. Site Cairn, article "Le passage à la retraite : craintes et espoirs", consultée le 21 septembre 2018
  6. Site du journal Métro, article "L’ennui a ses bons côtés", publié le 13 janvier 2015
  7. Site passion santé, article "L'ennui sous toutes ses formes", consulté le 21 septembre 2018
  8. Site Le monde, dicocitations, consulté le 21 septembre 2018
  9. Google livre "Michel Houellebecq sous la loupe", études réunies par Murielle Lucie Clément, consulté le 21 septembre 2018
  10. google livre "Le boulot qui cache la forêt" de Mickaël Mangot, chapitre 6, consulté le 21 septembre 2018
  11. Google livre "L'Ennui: de Sénèque à Moravia" par Madeleine Bouchez, édition Bordas, consulté le 21 septembre 2018
  12. (fr) « Philosophie de l'ennui », L'Express, (consulté le 9 décembre 2012)
  13. (fr) « Vive l'ennui! », L'Express, (consulté le 9 décembre 2012)
  14. L'Ennui
  15. Google livre Petit éloge de l'ennui d'Odile Chabrillac, psycho pratique, consulté le 21 septembre 2018
  16. Site de l'université de Rouen, page du Moniteur Universel du 4 mai 1857 "causerie du lundi" Charles-Augustin Sainte-Beuve, consulté le 21 septembre 2018
  17. Rencontres avec Marguerite Taos et Jean Amrouche, 1953

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sciences humaines[modifier | modifier le code]

  • Isis Ascobereta, Ennui et création dans la littérature du XXe siècle, Université Paris 3, 2014 (thèse)
  • Guy Sagnes, L'ennui dans la littérature française de Flaubert à Laforgue (1848-1884), Armand Colin, 1969
  • François Baumann, Le bore-out : quand l'ennui au travail rend malade, Josette Lyon, Paris, 2016, 106 p. (ISBN 978-2-84319-365-1)
  • Christian Bourion, Le bore-out syndrom : quand l'ennui au travail rend fou, Albin Michel, Paris, 2016, 241 p. (ISBN 978-2-226-32011-7)
  • L'ennui de la littérature européenne. Des origines à l'aube du XXe siècle, par Norbert Jonard, 1998
  • Gerry Deol, « Paroles de philosophes. Voyage au bout de l'ennui », in Touring Explorer, mai 2007, no 150, p. 44-48
  • Séverine Ferrière, L'ennui à l'école primaire : représentations sociales, usages et utilités, L'Harmattan, Paris, 2013, 207 p. (ISBN 978-2-336-00393-1) (texte remanié d'une thèse)
  • Pascale Goetschel, Christophe Granger, Nathalie Richard et Sylvain Venayre (dir.), L'ennui : histoire d'un état d'âme, XIXe-XXe siècle, Publications de la Sorbonne, Paris, 2012, 317 p. (ISBN 978-2-85944-718-2) (actes du colloque L'Ennui, XIXe-XXe siècle. Approches historiques, Paris, 2007)
  • Martin Heidegger. Les concepts fondamentaux de la métaphysique. Monde Finitude Solitude. Paris, Gallimard, 1992. Contient une analyse phénoménologique de l'ennui sur plus de deux cents pages
  • Gérard Peylet (dir.), L'ennui, Presses universitaires de Bordeaux, Pessac, 390 p. (ISBN 979-10-91052-05-4)
  • Rodolphe Saintin, De l’ennui au jeu, L’Harmattan, Paris, 2015, 103 p. (ISBN 978-2-343-07642-3)
  • Maryse Vaillant, Mes petites machines à vivre. Oser la tristesse, la solitude et l’ennui, Jean-Claude Lattès, 2011.
    Prix Psychologies-Fnac 2012 du meilleur essai


Articles connexes[modifier | modifier le code]