Juniperus communis

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Juniperus communis
Description de cette image, également commentée ci-après

Genévrier commun

Classification
Règne Plantae
Division Pinophyta
Classe Pinopsida
Ordre Pinales
Famille Cupressaceae
Genre Juniperus

Nom binominal

Juniperus communis
L., 1753

Statut de conservation UICN

( LC )
LC  : Préoccupation mineure

Le Genévrier commun ou Genièvre (Juniperus communis L.) est une espèce d'arbuste de la famille des Cupressacées, à cônes bleu violacé ressemblant à des baies (cônes bacciformes), et aux feuilles épineuses. Il est parfois appelé Peteron ou Petrot. Il correspond aussi à un jour du calendrier républicain : le 9 de Frimaire, soit le 29 novembre.

Description[modifier | modifier le code]

Aiguilles de genévrier commun : une seule bande blanche
Fruits mûrs de genévrier commun

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

La taille de cet arbuste ou arbrisseau peut varier de 4 à 10 mètres de hauteur[1].

Les feuilles sont des aiguilles persistantes, très piquantes, qui présentent une carène sur la face supérieure et une épaisse bande blanche de stomates sur la face supérieure.

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Cette espèce produit des cônes mâles très petits et des cônes femelles constitués d'écailles charnues qui se soudent au cours de leur développement (concrescence). Le cône femelle, une fois fécondé et développé, a l'apparence d'une baie. D'abord vert, il devient sombre et bleuâtre en murissant. Il est indifféremment appelé « genièvre », « baie de genièvre » ou « baie de genévrier ». Il se développe durant deux ans[2].

Espèces proches[modifier | modifier le code]

Le genévrier commun se distingue du genévrier cade (Juniperus oxycedrus) par ses aiguilles n'ayant qu'une seule large bande blanche (alors que les aiguilles du cade ont deux bandes parallèles plus étroites), et par des fruits plus petits et plus sombres.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce pionnière pousse dans les landes sableuses comme sur les sols calcaires. Elle est fréquente sur les stations arides et ensoleillées.

Elle est commune en France où elle est disséminée de l'étage collinéen à l'étage subalpin.

Systématique[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Juniperus vient du celtique Juneperus qui signifie "âpre" ; allusion à la saveur des fruits, et communis est un terme latin signifiant "commun". Le terme "genévrier" dérive de genièvre et du suffixe -ier*. Du latin classique juniperus « genévrier » devenu *jeniperus[3].

Utilisations[modifier | modifier le code]

Utilisation alimentaire[modifier | modifier le code]

On appelle également genièvre une eau-de-vie (appelée peket en wallon) proche du gin britannique que l'on parfume comme cette dernière à l'aide de ces baies. Ces dernières entrent aussi dans la composition du gin, du sahti scandinave, du Borovička d'Europe centrale ou de l'aquavit.

Les baies de genévrier parfument la choucroute et les pâtés, et entrent dans la recette de certains plats de gibier ou viandes grasses, notamment en raison de leurs propriétés digestives.

Dans toutes les Alpes on faisait couramment un estre de genièvre (extrait de genièvre). Il donnait beaucoup de travail au cours du mois de décembre. Les graines étaient cuites à l'eau puis pressées avec une presse puissante.

Détail des opérations :

  1. Les graines noires sont récoltées en automne jusqu'en novembre, alors qu'elles ont subi plusieurs fois le gel. La récolte se fait souvent avec un bâton en ayant mis un drap au pied et rarement baie par baie.
  2. Cette pratique de battre l'arbuste conduit à avoir une récolte mélangée d'épines. On est donc obligé de trier : sur une table on utilise une planchette légèrement bordée et inclinée à environ 20° pour les séparer.
  3. Elles sont alors lavées, puis cuites en ayant été recouvertes d'eau par une ébullition douce et lente pendant 5 heures.
  4. Elles sont rassemblées dans un sac de toile très solide puis enfin, dans la foulée, mises sous presse assez longtemps (au moins 15 minutes).
  5. Pour finir, le jus est réduit (concentration par ébullition lentement sans faire coller) jusqu'à obtenir une pâte noire de la consistance d'un miel liquide, qu'on met en pot.
  6. On peut ajouter du sucre (ce que ne faisaient pas les Anciens).

Cet estre se conservait très longtemps. Il s'utilisait dans du lait chaud, sur des tartines avec un peu de crème fraiche, ou comme sucre doté d'un goût particulier.

Utilisation horticole[modifier | modifier le code]

Le genévrier est utilisé pour réaliser des haies en raison de sa robustesse. Il peut également être utilisé dans l'art du bonsaï.

Propriétés médicinales[modifier | modifier le code]

Les baies et les jeunes pousses, préparées en infusion, ont des effets diurétiques, stomachiques et digestifs[réf. nécessaire]. Ils auraient été utilisés contre l'asthme[réf. nécessaire].

Plus qu'un traitement des digestions difficiles et des gaz intestinaux, les baies de genièvres sont ajoutées préventivement lors de la préparation de plats un peu lourds afin de faciliter leur digestion.

Un usage abusif du genévrier peut provoquer des troubles rénaux ; de ce fait, il ne doit pas être utilisé durant les grossesses. Des empoisonnements de chèvres dus à une consommation trop importante de rameaux de ce genévrier ont été rapportés[4].

Quant aux jeunes pousses de feuilles, elles sont utilisées en gemmothérapie.

Huile essentielle[modifier | modifier le code]

Une huile essentielle de genévrier commun est produite par distillation à la vapeur d'eau des baies et des rameaux, il faut environ 100 kg de baies pour espérer obtenir 1,5 kg d'huile essentielle.

L'huile essentielle de genévrier commun est réputée pour ses vertus anti-inflammatoire, bactéricide, antivirale, antifongique, mucolytique et drainante[réf. souhaitée].

Culture[modifier | modifier le code]

Le musée national du genièvre à Hasselt, en Belgique, est consacré au genévrier en général, au genévrier commun en particulier ainsi qu'à leurs cônes et à l'utilisation qu'il est possible d'en faire.

Traditions populaires[modifier | modifier le code]

En Cerdagne, le genévrier était traditionnellement cloué sur les portes pour se protéger du mauvais sort et des voleurs. Un brin dans la poche permettait également de se prémunir des accidents et des attaques d'animaux sauvages. Enfin, les sorcières elles-mêmes l'utilisaient comme encens pour jeter des mauvais sorts[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D. Streeter et al., Guide Delachaux des fleurs de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé, Paris 2011, 704 p. (ISBN 978-2-603-01764-7) p. 44
  2. R. Fitter, A. Fitter, M. Blamey, Guide des fleurs sauvages, Delachaux et Niestlé, Paris (1re éd. 1976), 7e éd. 2011, 352 p. (ISBN 978-2-603-01054-9) p. 24
  3. CNRTL
  4. R. Auger, J. Laporte-Cru, Flore du domaine atlantique du Sud-ouest de la France et des régions des plaines, CNDP,‎ , 516 p. (ISBN 2 86617 225 6), p. 48
  5. Joan Tocabens, Herbes magiques et petites formules : Sorcellerie en Roussillon et autres Pays Catalans, Perpignan, Ultima Necat,‎ , 141 p. (ISBN 978-2-36771-002-0)

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Lanterborn, Mémoires d'un herboriste, équinoxe (ISBN 2-84135-423-7)
  • François Couplan, Eva Styner, Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, Les guides du naturaliste, Delachaux et Niestlé (ISBN 978-2-603-00952-4[à vérifier : ISBN invalide])