Eutheria

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Les euthériens (Eutheria) (du grec ευ, eu "bon", et θηρίον, therion " bête sauvage") constituent l'infra-classe de mammifères thériens regroupant les placentaires et toutes les espèces plus proches de ces derniers que des marsupiaux. C'est le taxon frère des métathériens, dont ils se seraient séparés il y au moins -147,4 Ma d'après horloge moléculaire[2]. Le plus vieil euthérien connu est daté d'il y a -160 Ma d'après les registres fossiles[3].

À l'exception de l'Opossum de Virginie qui est un marsupial, tous les mammifères actuels indigènes d'Europe, d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du Nord et au nord du Mexique sont euthériens.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les euthériens se distinguent des autres mammifères par divers aspects squelettiques, systémiques ( développement, appareils reproducteurs, etc) et écologiques.

Squelette[modifier | modifier le code]

 v · d · m  Formule dentaire
mâchoire supérieure
3 5 1 5 5 1 5 3
3 5 1 4 4 1 5 3
mâchoire inférieure
Total : 54
Dentition d'un Euthérien primitif[4]

Parmi les caractéristiques des euthériens survivants (les placentaires actuels), tant vis-à-vis des autres clades mammifères survivants (marsupiaux et monotrèmes) que des euthériens non-placentaires fossiles (ex : Eomaia), on notera dans la disparition des os epipubis. De même le baculum, trait plésiomorphe chez les placentaires, le serait potentiellement à l'ensemble des euthériens.

Concernant les fossiles de mammifères primitifs, un consensus s'est fait autour de la formule dentaire : les euthériens fossiles, en formule complète, avaient maximum trois paires de molaires par mâchoire ; quand les métathériens en avaient quatre en formule complète[5].

Appareils reproducteurs[modifier | modifier le code]

Par rapport aux métathériens, il existe des différences évolutives dans le développement des canaux de Wolff et Müller[6], résultant en un pénis non-bifide chez les mâles et les trompes de Fallope débouchant dans une cavité utérine commune (elle-même débouchant sur un vagin unique) chez les femelles.

Développement embryonnaire[modifier | modifier le code]

Bien qu'il soit difficile de reconstituer les parties molles, la confrontation des données morphologiques (en particulier un bassin osseux encore très étroit chez les euthériens primitifs) avec les dernières découvertes phylogénétiques incite à considérer qu'au niveau basal de ce clade et bien que la naissance s'effectuait probablement à un état encore larvaire, le placenta ancestral des premiers euthériens était déjà hémochorial[7].

En ce sens, la gestation prolongée chez les placentaires vrais a une relation d'exaptation vis-à-vis du placenta hémochorial, à l'image de la plume qui a précédé le vol chez les oiseaux.

Cerveau[modifier | modifier le code]

Les euthériens sont les seuls mammifères à posséder un corps calleux[8].

Écologie, morphologie, et histoire évolutive[modifier | modifier le code]

La nécessité chez les marsupiaux de conserver des membres antérieurs adaptés à la reptation de la larve marsupiale vers les mammelles, ainsi que la très longue et très précoce période d'allaitement au cours du développement, seraient deux facteurs de survie et développement de l'organisme assez contraignant, qui pourraient contribuer à limiter la diversification morphologique des épaules et des crânes au sein des métathériens[9], résultant notamment en une moindre occurrence d'espèces adaptées aux vols ou à la vie aquatique au sein de ce clade.

De manière similaire, la viviparité hémotrophe des euthériens contraint l'évolution du système immunitaire maternel (tolérance immunitaire durant la grossesse) et du développement embryonnaire (placenta).

Des recherches récentes mettent en évidence certaines divergences en cours d'investigation au niveaux des gènes soumis à empreinte parentale[10] -- l'une des divergences de ce type parmi les plus connues reste l'inactivation du chromosome X, aléatoire chez les femelles euthériennes mais soumise à empreinte paternelle chez les métathériennes[11].

Phylogénie et évolution[modifier | modifier le code]

La plus ancienne espèce d'euthérien connue est Juramaia sinensis, placé parmi les euthériens car étant plus proche d' Eomaia que de Sinodelphys par exemple, mais au rang le plus basal. Il serait le groupe-frère de tous les autres euthériens. Daté plus de 160 millions d’années, repoussant de 35 millions d’années la date putative de divergence des métathériens et des euthériens, qui avait été déduite à 130 millions d’années de l’âge de Sinodelphys (le plus ancien métathérien alors connu) et de Eomaia (le précédent plus ancien euthérien connu), tous deux âgés de 125 millions d’années et également retrouvés en Chine. Les données moléculaires récentes suggèrent un âge de 143 à 178 millions d’années pour la divergence entre ces deux branches.

Phylogénie simplifiée des thériens d'après Luo et al, 2011[12]:

 Theria
 Eutheria

 Juramaia



 Montanalestes




 Eomaia



 Murtoilestes



 Prokennalestes




  autres euthériens avec Placentalia



 Metatheria

 Holoclemensia



 Sinodelphys





 Atokatheridium



 Deltatheridium




 autres métathériens avec Marsupialia





Liste des ordres actuels[modifier | modifier le code]

Les ordres actuels sont au sein du groupe-couronne Placentalia, les mammifères placentaires.
Selon ITIS (novembre 2015)[13]ː

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zhe-Xi Luo, Chong-Xi Yuan, Qing-Jin Meng et Qiang Ji, A Jurassic eutherian mammal and divergence of marsupials and placentals Nature 476, p. 442–445, 2011

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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