Île Macquarie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Macquarie.
Île Macquarie
Macquarie Island (en)
La base de l'île Macquarie, à la pointe nord.
La base de l'île Macquarie, à la pointe nord.
Géographie
Pays Drapeau de l'Australie Australie
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 54° 37′ 00″ S 158° 51′ 00″ E / -54.6167, 158.8554° 37′ 00″ S 158° 51′ 00″ E / -54.6167, 158.85
Superficie 128 km2
Administration
État Tasmanie
Démographie
Population 30 hab.
Densité 0,23 hab./km2
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+10

Géolocalisation sur la carte : océan Austral

(Voir situation sur carte : océan Austral)
Île Macquarie
Île Macquarie

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)
Île Macquarie
Île Macquarie
Îles d'Australie
Île Macquarie *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Éléphants de mer sur la plage.
Éléphants de mer sur la plage.
Pays Drapeau de l'Australie Australie
Type Naturel
Critères (vii), (viii)
Superficie 540 000 ha
Numéro
d’identification
629
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1997 (21e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

L’île Macquarie se situe au sud-ouest de l'Océan Pacifique, environ à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et l'Antarctique. Île australienne, elle est administrativement rattachée à la Tasmanie depuis 1890 et est devenue réserve d’État en 1978. Elle dépend depuis 1973 du Conseil de la vallée Huon et figure depuis 1997 sur la liste du patrimoine mondial.

Elle a été découverte par le Britannique australien Frederick Hasselborough en 1810 alors qu'il cherchait des territoires de chasse au phoque. Il nomma du nom du gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud, le colonel Lachlan Macquarie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de l'île Macquarie

L'île est découverte fortuitement le par l'Australien Frederick Hasselborough qui cherche alors de nouvelles terres pour la chasse aux phoques. Il proclame la souveraineté britannique sur l'île et l'annexe en tant que colonie de la Nouvelle-Galles du Sud. L'île tire son nom du gouverneur de la Nouvelle-Galles-du-Sud de l'époque, le colonel Lachlan Macquarie. Hasselborough ayant affirmé avoir découvert des vestiges d'une culture ancienne sur l'île, il a longtemps été suggéré que des peuples Polynésiens s'y étaient rendus avant sa découverte par les Européens.

Le navigateur Fabian Gottlieb von Bellingshausen, qui explore la région pour le compte d'Alexandre Ier de Russie, fournit la première carte de l'île. Bellingshausen y débarque le et en établit sa position géographique. Entre 1810 et 1919, les manchots et les phoques de l'île sont chassés presque jusqu'à leur extinction. L'idée d'établir un établissement pénitentiaire sur l'île est rejetée du fait de la dureté des conditions de vie sur l'île et de la dangerosité de la navigation sur les eaux environnantes[1].

En 1890, la Nouvelle-Galles-du-Sud cède l'île à la Tasmanie qui la confie à Joseph Hatch[2]. Ce dernier utilise l'île entre 1902 et 1920 pour y exploiter les manchots.

Entre 1911 et 1914, l'île devient une base pour l'exploration de l'Antarctique par l'Australie dirigée par Sir Douglas Mawson. George Ainsworth dirige une station météorologique sur l'île entre 1911 et 1913, suivi par Harold Power entre 1913 et 1914 et Arthur Tulloch entre 1914 et sa fermeture en 1915. En 1933, les autorités font de l'île un sanctuaire pour la vie sauvage basé sur le Tasmanian Animals and Birds Protection Act de 1928. En 1972, elle est érigée en réserve d'État[1].

Le Département australien de l'Antarctique (AAD) maintient une base permanente sur l'île depuis 1948, chargée des relevés météorologiques et de relais avec les bases antarctiques ainsi que de recherches scientifiques. Il y a entre 20 et 40 personnes tout au long de l'année qui constituent les seuls résidents de l'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

L’île, avec une longueur approximative de 34 kilomètres et une largeur régulière de 5 km en moyenne occupe une surface de 128 km2. À proximité se trouvent deux îlets, le Judge and Clerk Islets d'une surface de 0,2 km2 à 14 km au nord et le Bishop and Clerk Islets d'une surface de 0,6 km2 à 34 km au sud. Ces îles forment le territoire le plus méridional de l'Australie, à trois jours de navigation de la Tasmanie.

Au XIXe siècle, il était supposé l'existence d'une île plus au sud de Macquarie, appelée l’île Emerald.

Géologie[modifier | modifier le code]

Carte géologique de l'île Macquarie.

L'ensemble est la partie émergée d'une chaîne et faille sous-marine à laquelle elle a donné son nom, la faille Macquarie, sur un axe sud-nord depuis la Nouvelle-Zélande. De ce fait, la région est soumise à des tremblements de terre puissants. Ainsi le , un tremblement de terre de magnitude 8,1 sur l'échelle de Richter (un des plus puissants jamais enregistrés) frappa l'île mais sans dégât majeur. Le , un tremblement de terre de 7,1 de magnitude se produisit sur la faille, non loin de l'île Macquarie[3].

Climat[modifier | modifier le code]

L'île Macquarie a un climat de type DM (subpolaire océanique (ou océanique froid)), extrêmement venteux, avec comme record de chaleur 14,3 °C le 18 mars 2001 et comme record de froid -9,4 °C le 3 juillet 2003. La température moyenne annuelle est de 4,9 °C.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,7 5,8 5 4 2,8 1,8 2 1,7 2 2,3 3,1 4,6 3,4
Température moyenne (°C) 7,1 7,2 6,5 5,5 4,4 3,4 3,5 3,4 3,7 4 4,8 6,1 4,9
Température maximale moyenne (°C) 8,6 8,6 8 6,9 6 5 4,9 5 5,4 5,8 6,4 7,7 6,5
Record de froid (°C) 0,9 0,7 −2 −3 −6,3 −6,7 −9,4 −8,8 −7 −5 −3,7 −1 −9,4
Record de chaleur (°C) 12,9 14 14,3 14 10,2 10,8 11 10 10,5 9 12,4 13,6 14,3
Précipitations (mm) 82,2 86 96 92,8 97,2 83,6 79 87,6 68,3 88,8 72,4 73,6 1 007,7
Source : Le climat à l'île Macquarie (en °C et mm, moyennes mensuelles 1971/2000 et records depuis 1954); Données


Faune et flore[modifier | modifier le code]

Faune terrestre[modifier | modifier le code]

En 1870, des lapins et chats sont introduits sur l'île par les marins depuis le XIXe siècle. Devenus envahissants et causant de grands dommages à la flore et faune locales, ils entraînent la disparition d’espèces, une modification du paysage et un accroissement de l’érosion (à la suite de la disparition de la végétation qui protégeait les sols du vent et des pluies). En 1970 est lancé un programme d’éradication des lapins à l’aide du virus de la myxomatose. De 1980 à 2000, les chats, qui étaient prédateurs des jeunes lapins, se rabattent alors sur d'autres proies : les oiseaux marins. Un nouveau programme d’éradication est mis en place cette fois pour réguler la population féline. Dans les années 2000, profitant de la disparition des chats, la population des lapins ayant survécu à la myxomatose explose à nouveau, menaçant la végétation de l’île. Réduite, grâce à la myxomatose à environ 10 000 dans les années 1980, leur population est revenue à 100 000 depuis 2007[4].

Le rat fait aussi partie des espèces invasives. Le gouvernement fédéral australien et le gouvernement de Tasmanie ont lancé, comme pour d'autres îles du Pacifique, un plan d'éradication qui a déjà coûté plus de 24 millions de dollars australiens[5].

Des scientifiques critiquent aujourd'hui le plan d'éradication des chats harets qui a été conduit afin de préserver les oiseaux marins, car il a finalement favorisé l'explosion de la population de lapins qui ravagent la végétation, elle-même indispensable à la survie des oiseaux. Les dégâts environnementaux sont estimés à 24 millions de dollars australiens[6]. Un programme « Aliens in Antarctica » encadre de nouveaux travaux[7].

Faune marine[modifier | modifier le code]

Les principaux mammifères marins sont les otaries à fourrure subantarctique, les otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, les otaries de Kerguelen – c'est espèces réalisant parfois des reproductions croisées – et les éléphants de mer[8]. Des troupes d'Orques chassent aussi dans les eaux de l'île[8].

La faune aviaire est constituée de 55 espèces d'oiseaux marins et 80 espèces d'oiseaux terrestres dont une bonne part est endémique et en danger (30 espèces sont inscrites sur la liste rouge de l'UICN). La majorité des espèces nicheuses sont des manchots (Manchots papous, Manchots royaux), des Gorfous de Schlegel – dont l'île constitue leur unique lieu de nidification connu, situé légèrement en altitude[8] –, des pétrels, des labbes et des albatros. Cependant, la liste des oiseaux de l'île comprend également des accidentels, y compris des passereaux, en provenance de Nouvelle-Zélande et d'Australie.

Article détaillé : Oiseaux de l'Île Macquarie.

Insectes[modifier | modifier le code]

Les insectes, presque tous endémiques, ont souvent perdu leurs ailes, du fait des fortes conditions de vent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Macquarie Island: A Brief History », Australian Antarctic Division (consulté le 16 juin 2012)
  2. « Australian Antarctic Territory » (consulté le 9 mai 2012)
  3. « Magnitude 7.1 - MACQUARIE ISLAND REGION », USGS (consulté le 16 juin 2012)
  4. (en) Fears for sub-antarctic island plagued by rabbits par la Australian Broadcasting Commission
  5. Andrew Darby, Up against rats, rabbits and costs, The Sydney Morning Herald
  6. Australie rabbit infestation
  7. Programme "Aliens en antarctique" (en)
  8. a, b et c Documentaire L'île perdue au milieu de nulle part.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]