Piscivore

Un animal piscivore (du latin : piscis, « poisson » et vorare « avaler, manger ») ou ichtyophage (du [grec ancien], « mangeur de poissons », composé de ἰχθύς / ikhthús (« poisson ») et de φάγος / phágos) est un animal se nourrissant de poissons.
Dans la nature
[modifier | modifier le code]On connait un large éventail d'espèces occasionnellement ou uniquement ichtyophages ; elles jouent un rôle important de régulation et un rôle eco-épidémiologiquement important d’« assainissement » (sélection naturelle, élimination des animaux malades...).
Les ichtyophages peuvent être :
- d'autres poissons (prédateurs tels que thons ou requins, avec aussi cas fréquents de cannibalisme chez certains poissons) ;
- des mammifères aquatiques (phoques, orques par exemple) ;
- des animaux non marins et non-aquatiques (tels que le pygargue ou l'ours par exemple).
Certaines espèces ne s'attaquent qu'aux cadavres de poissons (nécrophages), jouant alors un rôle important d'éboueur de l'environnement.
Exemples
[modifier | modifier le code]- poissons piscivores (très nombreux[1])
- oiseaux piscivores (exemple : aigrettes, hérons, cormorans, mouettes, goélands, balbuzards et aigles pêcheurs, martin-pêcheur[2],[3].),
- chauves-souris piscivores (assez rares)[4]
- loutres, ours,
- serpents piscivores (ex : couleuvres ou serpents jarretière (thamnophis)
- tortues piscivores
- méduses (marines ou d'eau douce)
- arthropodes (passant tout ou partie de son cycle de vie sous l'eau, et adaptés à la capture des proies aquatiques tels que les petits poissons, têtards, grenouilles, etc. Parmi les plus connus figurent les scorpions d'eau (Nepidae),, les Belostomatidae et notonectes (Notonectidae), ou encore les Corixidae connus pour tuer et manger de petits poissons[5].
Une espèce de trichoptère, Plectrocnemia conspersa (pl) (de la famille des Polycentropodidés) a aussi été observée se nourrissant sur les alevins de poissons[6], de même que certaines larves ou nymphes de libellules Cordulegaster (Cordulegastridae) capables de tuer les poissons de plus de 2,5 cm de long[6]. Les dytiques et d'autres coléoptères aquatiques (Hydrophilidae) mangent aussi de petits poissons[6]. - araignées piscivores (appartenant le plus souvent aux genres Dolomedes et Nilus (« araignées de pêcheuses »). On a récemment montré que les araignées ichtyophages sont plus fréquentes qu'on ne l'avait d'abord pensé[7].
Chez l'être humain
[modifier | modifier le code]Pour les sciences humaines et sociales, les « ichtyophages »[8] désignent entre autres les peuples de la mer, et en particulier, pour ceux qui étudient la préhistoire, les sociétés de chasseurs-cueilleurs maritimes du paléolithique qui pratiquent la collecte de coquillages et la pêche en suivant les rivages.
Le développement de ces sociétés date essentiellement au mésolithique, avec le phénomène d'insularisation et la stabilisation du trait de côte au VIIe millénaire av. J.-C.
En France, des sites archéologiques comme celui de Téviec ou Hœdic révèlent l'existence d'amas coquilliers, de vestiges fauniques (poissons, requins, oiseaux marins, mammifères marins comme le phoque), de pêcheries ou d'outils sur ossements de baleines[9].
Galerie
[modifier | modifier le code]-
Un goujon dans le bec du martin-pêcheur.
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Conus striatus se nourrissant d'un petit poisson.
-
Un saumon, proie du phoque.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Helfman G, Collette BB, Facey DE, Bowen BW (2009) The diversity of fishes: biology, evolution, and ecology. Second edition. Oxford, UK: Wiley-Blackwell. 736 p.
- ↑ (en) Paul Raven, « The size of minnow prey in the diet of young Kingfishers Alcedo atthis », Bird Study, vol. 33, no 1, , p. 6–11 (ISSN 0006-3657 et 1944-6705, DOI 10.1080/00063658609476884, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Charles P. Madenjian et Steven W. Gabrey, « Waterbird Predation on Fish in Western Lake Erie: A Bioenergetics Model Application », The Condor, vol. 97, no 1, , p. 141–153 (ISSN 1938-5129, DOI 10.2307/1368992, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Ostaizka Aizpurua, Inazio Garin, Antton Alberdi et Egoitz Salsamendi, « Fishing Long-Fingered Bats (Myotis capaccinii) Prey Regularly upon Exotic Fish », PLoS ONE, vol. 8, no 11, , e80163 (ISSN 1932-6203, PMID 24312200, PMCID 3842425, DOI 10.1371/journal.pone.0080163, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Sharon McCORMICK et Gary A. Polis, « ARTHROPODS THAT PREY ON VERTEBRATES », Biological Reviews, vol. 57, no 1, , p. 29–58 (ISSN 1464-7931 et 1469-185X, DOI 10.1111/j.1469-185X.1982.tb00363.x, lire en ligne, consulté le )
- (en) C. R. Townsend et A. G. Hildrew, « Predation strategy and resource utilisation by Plectrocnemia conspersa (CURTIS) (Trichoptera: Polycentropodidae) », dans Proceedings of the 2nd International Symposium on Trichoptera, Springer Netherlands, , 283–291 p. (ISBN 978-90-481-8516-0, DOI 10.1007/978-94-017-2778-5_31, lire en ligne)
- ↑ (en) Martin Nyffeler et Bradley J. Pusey, « Fish Predation by Semi-Aquatic Spiders: A Global Pattern », PLoS ONE, vol. 9, no 6, , e99459 (ISSN 1932-6203, PMID 24940885, PMCID 4062410, DOI 10.1371/journal.pone.0099459, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Le terme apparaît chez Agatharchide, dans son ouvrage Sur la mer Erythrée en cinq livres, écrits entre -145 et -132, dont il ne reste que des fragments recueillis par l’édition Hudsonianae dans ses Geographi minores, et commentés par Pascal-François-Joseph Gosselin dans ses Recherches sur la géographie, puis réédités par Karl Müller dans FHG III, 1849 : p. 111-195 et p. 111-195.
- ↑ Grégor Marchand, Préhistoire Atlantique. Fonctionnement et évolution des sociétés du Paléolithique au Néolithique, Éditions Errance, , 519 p. (ISBN 978-2-87772-567-5)
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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