Boto

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Inia geoffrensis

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Le boto ou dauphin rose de l’Amazone ou encore Inie de Geoffroy (Inia geoffrensis) est une espèce de mammifère de l'ordre des odontocètes. C'est un dauphin vivant exclusivement en rivière, donc un dauphin d'eau douce. C'est la seule espèce du genre Inia jusqu'à la découverte de l'espèce Inia araguaiaensis publiée en janvier 2014[1].

Il ne faut pas le confondre avec le sotalie de l'Amazone, une espèce marine qui s'aventure aussi en eau douce.

Au miocène, l'Amazonie a été couverte d'eau de mer par intermittence. Les dauphins d'eau douce descendraient d'ancêtres ayant peuplé l'océan au miocène et qui auraient pénétré en Amazonie. Ils auraient ensuite évolué pour s'adapter à l'eau douce lorsque la mer s'est retirée.

Les dauphins de rivière semblent rose-orange dans le bassin de l'Amazone, où la vase et la végétation décomposée donnent une couleur de thé au milieu aquatique. Une fois hors de l'eau, les dauphins apparaissent gris pâle, certains avec des marques roses.

Description[modifier | modifier le code]

Boto (dessin de 1883).

Le boto mesure environ 2,80 mètres pour un poids allant jusqu'à 150 kg.

Son corps est généralement gris et peut devenir rose sur l'abdomen. Son museau, en forme de bec, est couvert de vibrisses. À la différence de celles des dauphins marins, ses vertèbres cervicales ne sont pas soudées, ce qui le rend très mobile ; il peut ainsi pivoter à 90° : idéal pour se faufiler entre les arbres. Il a les dents différenciées ce qui lui permet de mâcher, et de manger certains gros poissons. Il a de larges nageoires, une dorsale réduite (plus grande elle le gênerait) et de petits yeux. L'écholocation lui permet de repérer ses proies avec précision dans l'eau boueuse.

En 1817, Blainville observe cette espèce qu'il décrit et nomme Delphinus geoffrensis.

Certaines classifications le placent dans la famille des platanistidés mais ceci est très controversé[réf. nécessaire].

Il apparaît sur les billets de deux bolivars vénézuéliens.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le boto se nourrit essentiellement de poissons vivant sur le fond des cours d'eau.

Habitat[modifier | modifier le code]

Il vit exclusivement en eaux douces. Son habitat s'étend du bassin de l'Orénoque à celui de l'Amazone.

Comportement[modifier | modifier le code]

Il vit généralement en couple, mais peut également vivre seul ou dans un groupe comptant jusqu'à six individus. La gestation dure environ onze mois. La mère allaite son petit pendant plus d'un an. Les femelles ont un jeune à la fois et les naissances sont espacées de deux à trois ans.

Les botos ne sont pas très craintifs, il arrive même que certains viennent manger de la nourriture proposée par des touristes dans leur main. Cela est observé dans un reportage des Nouveaux explorateurs au Brésil.

Cependant, si le boto se sent menacé il peut se défendre en donnant un coup de tête, pouvant gravement blesser un être humain.

Aire de répartition du genre Inia.

Répartition[modifier | modifier le code]

Le boto vit dans les bassins de l'Amazone et de l'Orénoque, depuis leur estuaire au Brésil et au Venezuela, jusqu'au Pérou, en Équateur (dans la réserve de Cuyabeno), en Bolivie et en Colombie.

Population[modifier | modifier le code]

Sa population est estimée à au moins 100 000 individus.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Trois sous-espèces ont été décrites :

  • Inia geoffrensis boliviensis (d'Orbigny, 1834)
Sous-espèce cantonnée au bassin du rio Madeira, en Bolivie. Cette population est isolée de la sous-espèce geoffrensis par 400 km de rapides. Elle a été très chassée pour sa viande.
  • Inia geoffrensis geoffrensis (Blainville, 1817)
  • Inia geoffrensis humboldtiana (Pilleri et Gihr, 1978)
Sous-espèce cantonnée au bassin de l'Orénoque.
Botos au zoo de Duisbourg, en 2006 (en bas, Apure).

Rapports avec l'homme[modifier | modifier le code]

Captivité[modifier | modifier le code]

Le boto a déjà été gardé en zoo ou delphinarium jusqu'à 16 ans[précision nécessaire]. Des cas de reproduction en captivité ont également été enregistrés. Un spécimen unique est visible en Europe, dans le pavillon tropical du zoo de Duisbourg, en Allemagne.

Légendes[modifier | modifier le code]

Les indiens d'Amazonie croyaient que le boto se transformait en femme pour charmer les hommes et les attirer dans le fleuve et qu'il se transformait en jeune homme pour séduire les femmes restées à la maison, entre autres mythes[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hrbek T, da Silva VMF, Dutra N, Gravena W, Martin AR et al., « A new species of river dolphin from Brazil or: how little do we know our biodiversity », PLOS ONE, San Francisco, Public Library of Science, vol. 9, no 1,‎ (DOI 10.1371/journal.pone.0083623).
  2. Nicolas Tiphagne, Entre nature et culture, les enchantements et les métamorphoses dans le monde caboclo de l’Est de l’île de Marajó : invention et discours sur l’autre, prémisses d’une identité (thèse de doctorat en Ethnologie dirigée par Patrick Deshayes), Paris, Université Paris-Diderot, , 302 p. (SUDOC 110891368, lire en ligne [PDF]), chap. 4, p. 180-188.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Genre Inia[modifier | modifier le code]

Espèce Inia geoffrensis[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]