Delphinarium

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Spectacle de grands dauphins à l'aquarium d'Enoshima (Japon)

Un delphinarium est un aquarium artificiel pour delphinidés, ainsi que parfois pour d'autres cétacés. Le plus souvent, les animaux vivent dans un ensemble de bassins permettant leur élevage, leur dressage, leur entraînement, des performances publiques, et dans une moindre mesure des activités de recherche. Plus rarement, ils peuvent être gardés dans un enclos ou un bassin en mer[1].

Les delphinariums sont des structures ouvertes au public, parfois intégrées dans des parcs zoologiques ou des parcs d'attraction. La plupart sont membres de l'Association mondiale des zoos et des aquariums. Ils sont très répandus en Amérique du Nord (États-Unis, Mexique), en Europe (France, Espagne) ou en Asie (Japon).

L'orthographe dolphinarium est anglaise, quant à celle de dolfinarium, elle est néerlandaise.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers cétacés maintenus en captivité étaient une paire de bélugas au Barnum's Museum de New York en 1861. Mais le premier delphinarium commercial a été ouvert seulement en 1938 au Marine Studios Delphinarium à Saint-Augustine en Floride, puis leur popularité a augmenté rapidement jusque dans les années 1960 et plus particulièrement 1963 avec la sortie du film Flipper le dauphin et de la série télévisée éponyme. En 1966, le premier delphinarium ouvre en Europe.

Animaux[modifier | modifier le code]

Espèces concernées[modifier | modifier le code]

Diverses espèces de delphinidés sont gardés en captivité ainsi que quelques autres espèces de petites baleines comme les marsouins communs, marsouins aptères et les bélugas, bien que dans ce cas le mot delphinarium ne soit pas parfaitement approprié dans la mesure où ces espèces n'appartiennent pas à la famille des delphinidés, bien qu'ils en soient proches.

Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est l'espèce la plus communément rencontrée dans les delphinariums car ces dauphins sont assez facilement entraînables et ont une apparence amicale. Des centaines, si ce ne sont des milliers, de grands dauphins vivent en captivité dans le monde, bien que leur nombre exact soit difficile à déterminer.

Les orques (Orcinus orca) sont assez souvent présentes dans ces structures et sont connues pour leurs performances lors des spectacles, mais le nombre d'orques captives est faible par rapport au nombre de grands dauphins captifs, avec seulement 44 individus en 2012[2]. La majorité d'entre eux se trouvent dans les différents parcs SeaWorld aux États-Unis.

Parmi les autres espèces rencontrées dans les delphinariums on trouve les dauphins tachetés de l'Atlantique, les dauphins de Gill, les fausses orques, les dauphins communs, de même que les dauphins de Commerson et les dauphins à bec étroit, mais en bien moins grand nombre que les grands dauphins. Il y a également quelques spécimens de dauphins rose de l’Amazone, de dauphins de Risso, de dauphins à long bec et de tucuxi, mais en nombre inférieur à dix.

De très rares delphinariums possèdent des hybrides de delphinidés. Deux spécimens connus sous le nom de balphins sont visibles au parc Sea Life d'Hawaï, ils sont issus d'un croisement entre un grand dauphin et une fausse orque. Deux autres spécimens hybrides de grand dauphin et de dauphin commun sont présentés en captivité, l'un au SeaWorld de San Diego, l'autre au SeaWorld d'Orlando.

Origine des animaux[modifier | modifier le code]

Très tôt, de nombreux dauphins ont été capturés dans la nature au large des côtes de Floride. Bien qu'aux États-Unis, la loi sur la protection des mammifères marins créée en 1972, permette des exceptions en ce qui concerne la capture de dauphins à des fins de recherche ou pour l'exhibition au public, aucun grand dauphin n'a été capturé dans les eaux américaines depuis 1989. Dans la plupart des pays occidentaux, des programmes d'élevage ont été mis en place pour fournir aux delphinariums de nouveaux animaux. Afin d'atteindre un taux de natalité suffisant et pour éviter la consanguinité, l'insémination artificielle est parfois utilisée. L'utilisation de l'insémination artificielle permet également aux delphinariums d'augmenter la diversité génétique de leur population sans avoir à importer de dauphins d'autres établissements.

Le commerce des dauphins est régi par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (la CITES, aussi connue sous le nom de Convention de Washington). Les espèces de dauphins en voie de disparition sont incluses dans l'annexe I de la CITES, leur commerce n'est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles. Les espèces qui ne sont pas considérées comme menacées d'extinction sont inscrites à l'annexe II, auquel cas leur commerce "doit être contrôlée afin d'éviter une exploitation incompatible avec la survie de l'espèce". La plupart des espèces de cétacés qui font l'objet de commerce pour l'exhibition au public sont inscrites à l'annexe II.

Toutefois, le commerce de dauphins vivants se poursuit. La valeur d'un grand dauphin est estimée de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars US, en fonction de son âge, de son état et de ses aptitudes. Les captures sont signalés à la hausse dans le Pacifique Sud et dans les Caraïbes[3], Cuba a également été un exportateur de dauphins au cours des dernières années, celles-ci étant organisées par l'Aquarium National de Cuba[4]. Au cours des dernières années, les îles Salomon ont aussi permis la collecte et l'exportation de dauphins pour les installations d'exhibition publiques[5]. Une loi de 2005 a interdit l'exportation de dauphins dans ce pays[6], cependant cette interdiction a apparemment été annulée en 2007 lorsque 28 dauphins ont été expédiés à Dubaï[7]. Certains delphinariums, principalement japonais, obtiennent leurs dauphins grâce à des pêches dirigées locales, bien que plusieurs autres pays d'Asie importent également du Japon des dauphins capturés de cette manière. Plusieurs delphinariums des États-Unis ont fait de même, mais cette pratique y a été interrompue en 1993, lorsque le Service national de la pêche maritime des États-Unis refusa un permis d'import au Marine World Africa USA pour quatre fausses orques ayant été capturées au cours d'une pêche dirigée japonaise.

Situation et évolution par aires géographiques[modifier | modifier le code]

La législation sur les delphinariums varie d'un pays à l'autre. La majorité des pays n'ont pas de législation particulière sur ce type de structure, mais de plus en plus de pays les interdisent ou restreignent leur établissement et leur fonctionnement.

Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Il existe deux delphinarium au Canada, tous au Canada anglophone :

Le projet d'ouverture d'un delphinarium au zoo de Granby au Québec a été abandonné en 2001, faute de financement public, à la suite d'une vive opposition de la part des écologistes[8].

Le lagon des dauphins du centre commercial West Edmondton Mall, en Alberta, ne présente plus de cétacés depuis mai 2004[9].

En janvier 2015, le gouvernement de l'Ontario annonce l'interdiction de la vente et de l'achat d'orques au sein de sa province, ainsi qu'une nouvelle réglementation plus stricte concernant la captivité des mammifères marins (cétacés et pinnipèdes), à la suite de la publication d'un rapport de 125 pages rédigé par des biologistes marins de l'université de Colombie-Britannique[10],[11].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Orque du SeaWorld d'Orlando en représentation

Aux États-Unis, parmi les delphinariums les plus importants on trouve le Miami Seaquarium (privé, Wometco Enterprises) en Floride, le Marineland de Floride (public, Aquarium de Géorgie), le delphinarium du parc Epcot à Walt Disney World (Floride) et les trois parc de la compagnie SeaWorld Parks & Entertainment (privés, possédée par Blackstone, une banque d'investissement américaine) : le SeaWorld de San Diego (Californie), le SeaWorld d'Orlando (Floride) et le SeaWorld de San Antonio (Texas).

Mexique[modifier | modifier le code]

Amérique centrale et du Sud[modifier | modifier le code]

Chili[modifier | modifier le code]

Le Chili a interdit la capture, l'importation, la commercialisation et l'exhibition de cétacés en captivité sur son territoire en 2005[12]. Cette mesure, qui concerne aussi d'autres espèces animales (manchots, otaries, tortues...) a notamment pour but d'empêcher que le Chili ne soit une zone privilégiée de capture d'animaux marins en vue d'alimenter le trafic[13].

Costa Rica[modifier | modifier le code]

Le Costa Rica a fait de même en juillet 2005 en publiant un décret[14] interdisant la captivité des dauphins et des baleines, ainsi que le fait de nager avec eux. Ce décret établit aussi des conditions requises pour les entreprises, institutions ou personnes qui souhaitent réaliser n'importe quelle activité d'observation de recherche ou de tourisme en relation avec les cétacés dans les eaux nationales[15].

Asie[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde a déclaré les dauphins et les baleines "personnes non-humaines" le 7 janvier 2013[16], à travers une lettre du Animal Welfare Board of India[17], un organisme relevant du Ministère de l'environnement et des forêts, interdisant la capture, le transport et la détention de ces animaux. Il n'existait plus à cette date de delphinarium en Inde, mais les projets de création de nouveaux delphinariums étaient nombreux. À la suite de cette décision ces projets ont dû être abandonnés[18].

Japon[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Pays sans delphinariums :
  •      Legislation prohibitive
  •      Legislation restrictive
  •      Pas de legislation
  • Pays avec delphinarium :
  •      Pas de legislation
  •      Legislation restrictive

En Europe 17 pays ont des delphinariums sur leur territoire, la majorité présente des grands dauphins, 2 présentent aussi des orques, et un seul, l'Oceanogràfic de Valence, présente des bélugas.

Les pays qui présentent le plus de cétacés sont l'Espagne, les Pays-Bas et la France[19].

Allemagne[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Delphinarium du Boudewijn Seapark de Bruges (Belgique).

Il existe un delphinarium en Belgique, celui du Boudewijn Seapark, à Bruges (Flandre Occidentale), possédé par le groupe espagnol Aspro-Ocio qui détient 6 dauphins dont 3 nés sur place[20].

Chypre[modifier | modifier le code]

Un delphinarium, le Parc marin d'Ayia Napa, a existé pendant un temps sur l'île de Chypre. Il fut créé grâce à un investisseur russe[21] et présenta quatre grands dauphins de la Mer Noire à partir de 1994, date de leur importation en provenance de l'Académie des sciences de Russie. Le parc voulu importer quatre autres dauphins en 1995, mais cette tentative resta infructueuse après la mobilisation des écologistes.

En 1997, un décret ministériel interdit toute utilisation de cétacés à des fins commerciales. Les quatre dauphins moururent en captivité en 1998, avant que celui-ci n'entre en vigueur en 1999. Le parc marin d'Ayia Napa dut ensuite fermer ses portes[22].

Cependant, en 2014 le ministre de l'Agriculture Nicos Kouyialis, déclara à la presse qu'il considérait de manière sérieuse les propositions d'investisseurs étrangers concernant l'établissement d'un nouveau delphinarium, ce qui fut confirmé en mars 2015 à la suite d'une proposition pour la ville de Paralimni[23].

Croatie[modifier | modifier le code]

En juillet 2009 la Croatie a interdit la captivité des cétacés à des fins commerciales sur son territoire[24], à la suite d'un rapport rendu par l'Institut national de protection de la nature dénonçant les effets néfastes de la captivité sur ces animaux. Seuls les structures gardant des spécimens captifs en vue de réhabilitation sont autorisés.

Espagne[modifier | modifier le code]

Spectacle de grands dauphins au parc Loro de Tenerife

En Espagne les delphinariums sont nombreux et deux sociétés se démarquent, Aspro-Ocio et Parques Reunidos.

Le groupe Aspro-Ocio est propriétaire de six delphinariums en Europe, dont quatre en Espagne : deux aux Canaries, le Palmitos Parc (Gran Canaria) et l'Aqualand Costa Adeje (Tenerife), le Marineland de Majorque aux Baléares, et le Marineland de Catalogne.

Le groupe Parques Reunidos est quant à lui propriétaire de sept delphinariums dans le monde, dont quatre en Espagne : celui du Zoo aquarium de Madrid, l'Aquopolis Costa Dorada à Vila-seca, le Selwo Marina à Benalmadena[25], et enfin, l'Oceanogràfic de Valence qui rassemble plusieurs cétacés dont 2 bélugas et 13 grands dauphins.

Le Loro Parque, à Tenerife, aux îles Canaries, présente 7 orques dont 2 nés sur place[26] et 9 grands dauphins dont 5 nés dans le parc[27]. Il est possédé est dirigé par l'allemand Wolfgang Kiessling.

Le Mundomar à Alicante compte 11 grands dauphins[28].

Le zoo de Barcelone présente aussi des grands dauphins. Cependant, en 2015 le zoo modifiera complètement son delphinarium, la nouvelle installation ne comportera pas de gradins et verra l'arrêt des spectacles avec les grands dauphins[29].

Cette modernisation fait suite à la loi de protection des animaux interdisant les spectacles exploitant des animaux non-domestiques votée par le Parlement de Catalogne en 2013[30]. Cette loi concerne donc aussi le Marineland de Catalogne, situé un peu plus au nord à Palafolls, et l'Aquopolis Costa Dorada situé un peu plus au sud.

Finlande[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Bassin des orques du marineland d'Antibes (France).

Il existe quatre delphinariums en France, dont trois en France métropolitaine.

L'un est possédé par la Compagnie des Alpes, une entreprise française elle-même filiale de la Caisse des dépôts, une institution financière publique :

Le deuxième est possédé par le groupe Looping :

  • le delphinarium du parc zoologique Planète Sauvage à Port-Saint-Père sur la côte atlantique. Situé à 24 km de Nantes, et ouvert en 2009, il présente 6 grands dauphins[31].

Le troisième est possédé par la multinationale espagnole Parques Reunidos :

Le quatrième, qui n'est pas en France métropolitaine, se trouve au sein de l'hôtel InterContinental Moorea Resort & Spa, propriété de la multinationale hôtelière britannique InterContinental Hotels Group :

Grèce[modifier | modifier le code]

Le seul delphinarium de Grèce a ouvert en 2010 au sein du Parc zoologique de l'Attique, afin d'accueillir les onze grands dauphins du Musée de la mer lituanien de Klaipėda, pendant les travaux de rénovation de celui-ci[33]. Ce transfert fut d'emblée controversé dans le mesure où celui-ci n'avait pas d'autorisation CITES, ni d'autorisation du gouvernement grec, et que le zoo n'avait pas reçu le permis de construire le delphinarium.

En 2011, le parti des Verts écologistes et des chercheurs de l'Institute for Cetacean Research Pelagos ont attaqués le zoo en justice[34], la cour de justice d'Athènes a alors émis un arrêté provisoire en avril interdisant temporairement les spectacles de dauphins au sein de ce zoo[35], avant de se déclarer incompétente pour juger cette affaire en août.

Le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement et des Travaux Publics a fait payer au zoo une amende de 1,5 millions d'euros pour avoir fait construire le delphinarium sans permis[36].

Hongrie[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de delphinarium en Hongrie depuis octobre 1992 et la mort de deux des cinq spécimens importés pour le divertissement en juillet de la même année après avoir été utilisés par l'armée soviétique[37]. L'interdiction du commerce des dauphins de la mer Noire (de la sous-espèce Tursiops truncatus ponticus) en 2002 a mis fin à la captivité de ces animaux dans ce pays.

Italie[modifier | modifier le code]

Norvège[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Delphinarium d'Harderwijk, en 1966

Pologne[modifier | modifier le code]

Portugal[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Grands dauphins du delphinarium du Windsor Safari Park (Royaume-Uni) en 1988.

Il n'existe plus aucun delphinarium au Royaume-Uni depuis 1993, mais cela n'est pas dû à une interdiction. En 1991, à la suite de la mobilisation fructueuse de l'opinion publique en faveur de la réintroduction dans la nature des dauphins du marineland de Morecambe, le gouvernement britannique a publié un supplément aux normes concernant les pratiques des zoos modernes[38], basé sur un rapport de 1986 réalisé à la demande du département de l'environnement intitulé " Une analyse des delphinariums"[39]. Ce supplément aux normes a renforcé les conditions nécessaires au maintien en captivité des cétacés au Royaume-Uni, notamment sur les dimensions des bassins. Ces normes devinrent si strictes et impliquaient des coûts de mise au normes des infrastructures existantes si élevés que tous les delphinariums du pays ont été contraints de fermer.

Slovénie[modifier | modifier le code]

Suède[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Delphinarium Conny-Land (Suisse) en 2010, trois ans avant sa fermeture.

Une loi a été votée en mai 2012 interdisant l'importation de cétacés en Suisse[40],[41], elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2013[42].

Le seul delphinarium qui existait alors dans ce pays, au sein du parc d'attractions Conny-Land, a choisi de se séparer de ses 3 spécimens en octobre 2013[43] devant l'impossibilité de mener un élevage à long terme avec 3 individus, une femelle et deux de ses fils[44].

Océanie[modifier | modifier le code]

Spectacle des dauphins du Sea World de Southport (Australie).

Australie[modifier | modifier le code]

En Australie, la situation est complexe. En 1984, Marine World Victoria demanda un permis de construire pour un océanarium permettant d'héberger au moins douze cétacés captifs. Le sénat australien nomma alors un comité spécial sur le bien-être animal (Select Committee on Animal Welfare) chargé de travailler sur le sujet[45]. En décembre 1985, le comité publia un rapport intitulé "Dauphins et baleines en captivité"[46] dans lequel il recommande qu'aucune nouvelle installation ne s'établisse en Australie, qu'aucun nouveau permis ne soit accordé pour la capture de cétacés sauvages, et que l'importation de cétacés de l'étranger soit interdite. Il recommande également que les sept delphinariums alors en activité soient autorisés à conserver leurs cétacés en précisant cependant que la détention de ces cétacés devrait finalement être vouée à disparaître.

L'aquarium Underwater World de Perth à Hillarys ne présente plus de dauphins depuis la mort de ses trois dauphins en décembre 1999, il a aujourd'hui changé son nom en AQWA (Aquarium of Western Australia)[47].

Actuellement il ne reste que deux des sept delphinariums qui existaient lors de la publication du rapport du Sénat : le parc Dolphin Marine Magic de Coffs Harbour (Nouvelle-Galles du Sud)[48] et le Sea World de Southport (Queensland)[49].

Controverses[modifier | modifier le code]

Les conditions de vie des animaux des delphinarium sont controversées sur divers points.

Bien-être[modifier | modifier le code]

Impossibilité d'exprimer certains comportements[modifier | modifier le code]

Les bassins en béton, remplis d'eau chlorée et sans végétation ne sont pas adaptés à la physiologie et au comportement naturel de ces animaux, qui y sont nourris avec des poissons morts. Lorsqu'ils sont sauvages les cétacés passent une grande partie de leur temps à chasser des proies vivantes, ce qu'ils ne peuvent pas faire en captivité.

Les comportements sociaux très complexes propres aux cétacés sont aussi rendus impossibles par les conditions de vie en captivité, comme les liens familiaux chez les orques. Des cas d'incestes, jamais observé dans la nature, ont été recensés en captivité chez cette espèce.

Stress et troubles du comportement[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux animaux captifs élevés dans des conditions inadéquates, les cétacés captifs ont tendances à développer des troubles du comportement, comme des stéréotypies.

Les dosages hormonaux et enzymatiques chez les animaux captifs montrent que les cétacés captifs sont stressés[50].

Agressivité[modifier | modifier le code]

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

La comparaison de l'espérance de vie des cétacés captifs avec celle des cétacés sauvages suscite le débat, car l'espérance de vie varie d'une population sauvage à une autre et d'une population captive à une autre. En milieu captif elle est diminué par le stress et les infections, alors qu'en milieu sauvage elle est surtout diminué par la prédation et les contaminations (métaux lourds).

Pour certains chercheurs, ces deux espérances de vie seraient similaires[51]. Pour d'autres les calculs seraient parfois biaisés par le fait que le taux de survie en captivité ne tient pas toujours compte des animaux morts précocément.

En captivité, il y aurait trop peu de naissances pour compenser la mortalité.

Syndrome de l'aileron flaccide[modifier | modifier le code]

Syndrome de l'aileron flaccide chez l'orque Tilikum au SeaWorld d'Orlando.

Aussi appelé FFS (de l'anglais : Flaccid Fin Syndrome), ce syndrome, caractérisé par l'aspect mou et retombant de la nageoire dorsale, est plus courant chez les orques captives (100% des mâles) que chez les orques sauvages (quasi inexistant).

De nombreux facteurs semblent en être à l'origine, dont un certain nombre inhérent à la captivité, comme l'augmentation du temps passé hors de l'eau.

Éthique des spectacles d'animaux sauvages[modifier | modifier le code]

Les spectacles de dauphins, apparentés au cirque, sont contestés par les défenseurs des animaux, qui y voient une mise en scène dégradante pour les cétacés et sans intérêt instructif pour les visiteurs. Ces représentations renvoient aux spectateurs le message implicite que l'Homme peut exploiter des animaux non-domestiques pour son simple divertissement, et ce sans se préoccuper de la volonté et de la souffrance des animaux en question.

Les partisans de ce type de structure arguent que les spectacles de dauphins permettent de sensibiliser le public à l'intelligence de ces animaux. Cependant il existe aussi des activités touristiques qui promeuvent l'observation de dauphins dans leur milieu naturel permettant d'éduquer et de sensibiliser le public.

Les delphinariums dans la culture[modifier | modifier le code]

Flipper le dauphin.

Films[modifier | modifier le code]

Plusieurs films ont pour thème des animaux vivant dans un delphinarium, et en particulier des orques.

Sorti en 1993 le film franco-américain Sauvez Willy raconte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon et d'une orque mâle captive du nom de Willy, qu'il entreprendra de faire regagner la liberté. Très grand succès en salle, ce film fera l'objet d'une suite avec Sauvez Willy 2, 3 et 4.

En 2013 sort Blackfish, un documentaire américain réalisé par Gabriela Cowperthwaite qui traite des dangers de garder captifs des spécimens d'orques. Le film a été présenté au festival du film de Sundance 2013.

Séries[modifier | modifier le code]

La série américaine Flipper le dauphin, sortie entre 1964 et 1968 raconte les aventures d'une famille dont le père est responsable d'un parc aquatique de Floride, et de leur dauphin apprivoisé Flipper. Cette série fait suite à deux films à succès sortis en 1963 et 1964.

Livres[modifier | modifier le code]

Le roman d'anticipation Un animal doué de raison de l'auteur français Robert Merle, relate l'histoire de scientifiques apprenant à parler à des dauphins captifs, dans le cadre de recherches militaires. Ce livre sorti en 1967 a fait l'objet d'une adaptation en film sous le nom Le Jour du dauphin, sorti en 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des enclos de ce type sont plus rares mais il en existe notamment à Punta Cana (République Dominiquaine) au parc Dolphin Island, sur l'île de Cayo Blanco (Varadero, Cuba), au Mexique dans les delphinariums Dolphin discovery ou aux États-Unis comme à Islamorada (Floride) dans un bras de mer fermé au Theatre of the Sea .
  2. Orcas in Captivity - A look at killer whales in aquariums and parks
  3. (en) « Held Captive: Developing Nations »
  4. "But it is in Fidel Castro's revolutionary Cuba that dolphin catching in South America has been given a new lease of life, under the auspices of the quasi state-run enterprise Acuario Nacional.", citation extraite de The rose-tinted menagerie
  5. HONIARA, Solomon Islands (Reuters) - A cargo plane arrived in the lawless Solomon Islands Monday to pick up wild dolphins captured to order for a Mexican syndicate in what activists have blasted as an environmental crime, regional media reported. Developments on dolphin capture
  6. (en) « Solomon Islands law banning the export of dolphins »
  7. The Associated Press / International Herald Tribune Solomon Islands dolphins exported to Dubai; protests mount, article retrieved October 25, 2007.
  8. « Delphinarium au Zoo de Granby : les écologistes ne lâchent pas prise »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  9. « Enfin ! Howard a quitté Edmonton Mall ! »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  10. (en) « Ontario to terminate breeding and importation of killer whales », sur DolphinProject.net,‎
  11. (en) « Ontario announces groundbreaking measure to end orca captivity », sur TheDodo.com,‎
  12. Décret Étendu n°135 du 18 janvier 2005, qui modifie le Décret n°225 de 1995 du Ministère de l'économie réglementant l'extraction des ressources hydrobiologiques.
  13. (es) « Communiqué de presse du CMMR Leviathan : Le Chili interdit la capture et l'exhibition de dauphins vivants. »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  14. Décret du 28 juillet 2005
  15. (es) « Costa Rica, le premier pays à interdire la captivité des dauphins et des baleines »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  16. « L'Inde reconnaît les dauphins comme des "personnes non humaines" et interdit les delphinariums. »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  17. (en) Ministère de l'environnement et des forêts, « Regarding establishement of dolphinariums in India, Animal Welfare Board of India. »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  18. (en) J. Upton, « India moves to block dolphin shows, citing cruelty », sur New York Times blog India Ink,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
  19. (en) « Cetacean species and numbers of individuals held in dolphinaria in the European Union »
  20. (en) « Boudewijn Seapark, dauphins captifs (vivants) » (consulté le 24 octobre 2014)
  21. (en) « Crocodiles, ostriches, camels & human donkeys », sur in-cyprus.com,‎
  22. (en) « Captivity in the EU - Chypre »
  23. (en) « Government goes back on dolphin ban », sur cyprus-mail.com,‎
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  25. (en) « Selwo Marina, dauphins captifs (vivants) » (consulté le 24 octobre 2014)
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  27. (en) « Loro Parque, dauphins captifs (vivants) » (consulté le 24 octobre 2014)
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  30. (es) « Cataluña prohibirá a los circos utilizar animales para evitar su sufrimiento », sur El País.com,‎
  31. a, b et c « Les delphinariums en France : Marineland, Parc Astérix et Planète Sauvage »,‎ (consulté le 24 octobre 2014)
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  38. (en) « Captivity in the EU - United Kingdom », sur Whale and Dolphin Conservation Society (consulté le 24 octobre 2014)
  39. (en) Klinowska M et Brown S, A Review of dolphinaria,‎ (lire en ligne)
    Le but de ce rapport était de déterminer si l'éducation, la recherche et les tentatives d'élevage en bassin pouvaient justifier le maintien en captivité de ces animaux.
  40. « Loi fédérale sur la protection des animaux (LPA), modification du 15 juin 2012 », sur Admin.ch
  41. « Dauphins et baleines ne pourront plus être importés en Suisse », sur Romandie.com,‎
  42. « Les modifications apportées à la loi sur la protection des animaux entreront en vigueur le 1er janvier 2013 », sur Admin.ch
  43. Article La Suisse interdit l'importation de dauphins sur le Figaro blog Fondue la Suisse ?
  44. « Dernier tour de bassin pour les dauphins de Connyland », sur lematin.ch,‎
  45. Historique de l'évolution de la situation en Australie
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  47. Dolphins in Western Australia sur Madphin.com
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  49. Présentation de l'attraction Dolphin Cove sur le site du Sea World - Gold Coast Australia
  50. (en) Giorgio Pilleri, « Animals on Display - Educational and Scientific Impact - Comments on a Workshop Held at the John G. Shedd Aquarium, Chicago, Illinois », Investigations on Cetacea, vol. XVI,‎
  51. (en) Robert J. Small et Douglas P. Demaster, « Survival of five species of captive marine mammals », Marine Mammal Science, vol. 11, no 2,‎ , p. 209-226 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]