Delphinarium

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Spectacle de grands dauphins à l'aquarium d'Enoshima (Japon)

Un delphinarium est un aquarium pour delphinidés (dauphins et orques), ainsi que parfois pour d'autres cétacés (bélugas). Le plus souvent, ces animaux vivent dans un ensemble de bassins permettant leur élevage, leur dressage, leur entraînement, des spectacles, et dans de rares cas des activités de recherche. Plus rarement, ils peuvent être gardés dans un enclos ou un bassin en mer[1].

Les delphinariums sont des structures ouvertes au public, souvent intégrées dans de grands aquariums, des parcs d'attraction ou des parcs zoologiques. Ils sont très répandus en Amérique du Nord (États-Unis, Mexique), en Europe (France, Espagne) et en Asie (Russie, Japon).

Ils sont de plus en plus controversés et contestés, accusés d'être liés à la chasse dirigée des dauphins à Taiji, et surtout de ne pas fournir des conditions de captivités adaptées aux besoins physiologiques des espèces, entraînant une souffrance chronique, une mortalité élevée et une espérance de vie courte. De plus en plus de pays légifèrent pour interdire ou restreindre la captivité des cétacés sur leur territoire.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers cétacés maintenus en captivité étaient les deux bélugas du Barnum's Museum de New York présents dès 1861[2]. Mais le premier delphinarium commercial n'a été ouvert que bien plus tard, en 1938, au Marine Studios Delphinarium de Saint Augustine, en Floride. Leur popularité a augmenté rapidement jusque dans les années 1960 et plus particulièrement en 1963 avec la sortie du film Flipper le dauphin et de la série télévisée éponyme. En 1966, le premier delphinarium d'Europe voit le jour.

C'est aussi dans les années 1960 que ces structures commencent à intégrer des orques. Les premières tentatives avortées de garder captives des orques capturées par accident débutèrent en 1961, jusqu'à ce que des capture volontaires débutent en 1968, organisées par l'aquarium marin de Seattle (en) dans le détroit de Puget. Entre 1962 et 1973, 50 individus furent ainsi capturés et envoyés dans des delphinariums, 12 moururent au cours des opérations[3]. Après le le moratoire adopté aux États-Unis avec le Marine Mammal Protection Act de 1972, seules 2 orques furent capturées jusqu'en 1978[3]. Ces opérations de capture dans l'océan Pacifique nord fournissaient aussi bien les delphinariums d'Amérique du Nord que ceux d'Europe, elles furent durement affectées par ce moratoire. Les captures se délocalisèrent alors dans l'océan Atlantique nord, au large de l'Islande, entre 1976 et 1983[3].

Animaux[modifier | modifier le code]

Espèces concernées[modifier | modifier le code]

Diverses espèces de delphinidés sont gardés en captivité ainsi que quelques autres espèces de petites baleines comme les marsouins communs, marsouins aptères et les bélugas, bien que dans ce cas le mot delphinarium ne soit pas parfaitement approprié dans la mesure où ces espèces n'appartiennent pas à la famille des delphinidés, dont ils sont néanmoins proches.

Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est l'espèce la plus communément rencontrée dans les delphinariums, probablement car ces dauphins sont assez facilement dressables et résistent mieux que les autres espèces aux conditions de captivité. Des centaines, si ce ne sont des milliers, de grands dauphins vivent en captivité dans le monde, bien que leur nombre exact soit difficile à déterminer.

Les orques (Orcinus orca) sont assez souvent présentes dans ces structures et sont connues pour leurs performances lors des spectacles. Cependant, le nombre d'orques captives est faible par rapport au nombre de grands dauphins captifs, avec seulement 56 individus début 2016[4], dont 24 dans les trois parcs du groupe américain SeaWorld[5].

Parmi les autres espèces rencontrées dans les delphinariums on trouve les dauphins tachetés de l'Atlantique, les dauphins de Gill, les fausses orques, les dauphins communs, de même que les dauphins de Commerson et les dauphins à bec étroit, mais en bien moins grand nombre que les grands dauphins. Il y a également quelques spécimens de dauphins rose de l’Amazone, de dauphins de Risso, de dauphins à long bec et de tucuxi, mais en nombre inférieur à dix.

De très rares delphinariums possèdent des hybrides de delphinidés. Deux spécimens connus sous le nom de balphins sont visibles au parc Sea Life d'Hawaï, ils sont issus d'un croisement entre un grand dauphin et une fausse orque. Deux autres spécimens hybrides de grand dauphin et de dauphin commun sont présentés en captivité, l'un au SeaWorld de San Diego, l'autre au SeaWorld d'Orlando.

Origine des animaux[modifier | modifier le code]

Très tôt, de nombreux dauphins ont été capturés dans la nature au large des côtes de Floride. Bien qu'aux États-Unis, la loi sur la protection des mammifères marins votée en 1972, permette des exceptions en ce qui concerne la capture de dauphins à des fins de recherche ou pour l'exhibition au public, aucun grand dauphin n'a été capturé dans les eaux américaines depuis 1989. Dans la plupart des pays occidentaux, des programmes d'élevage ont été mis en place pour fournir aux delphinariums de nouveaux animaux. Afin d'atteindre un taux de natalité plus élevés et pour éviter la consanguinité, l'insémination artificielle est de plus en plus utilisée. L'utilisation de l'insémination artificielle permet également aux delphinariums d'augmenter la diversité génétique de leur population sans avoir à importer des animaux d'autres établissements.

Le commerce des dauphins est régi par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (la CITES, aussi connue sous le nom de Convention de Washington). Les espèces de dauphins en voie de disparition sont incluses dans l'annexe I de la CITES, leur commerce n'est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles. Les espèces qui ne sont pas considérées comme menacées d'extinction sont inscrites à l'annexe II, auquel cas leur commerce "doit être contrôlée afin d'éviter une exploitation incompatible avec la survie de l'espèce". La plupart des espèces de cétacés qui font l'objet de commerce pour l'exhibition au public sont inscrites à l'annexe II.

Toutefois, le commerce de dauphins vivants se poursuit. La valeur d'un grand dauphin est estimée de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars US, en fonction de son âge, de son état et de ses aptitudes. Les captures sont signalés à la hausse dans le Pacifique Sud et dans les Caraïbes[6], Cuba a également été un exportateur de dauphins au cours des dernières années, celles-ci étant organisées par l'Aquarium National de Cuba[7]. Au cours des dernières années, les îles Salomon ont aussi permis la collecte et l'exportation de dauphins pour les installations d'exhibition publiques[8]. Une loi de 2005 a interdit l'exportation de dauphins dans ce pays[9], cependant cette interdiction a apparemment été annulée en 2007 lorsque 28 dauphins ont été expédiés à Dubaï[10]. Certains delphinariums, principalement japonais, obtiennent leurs dauphins grâce à des pêches dirigées locales, bien que plusieurs autres pays d'Asie importent également du Japon des dauphins capturés de cette manière. Plusieurs delphinariums des États-Unis ont fait de même, mais cette pratique y a été interrompue en 1993, lorsque le Service national de la pêche maritime des États-Unis refusa un permis d'import au Marine World Africa USA pour quatre fausses orques ayant été capturées au cours d'une pêche dirigée japonaise.

Situation et évolution par aires géographiques[modifier | modifier le code]

La législation sur les delphinariums varie d'un pays à l'autre. La majorité des pays n'ont pas de législation particulière sur ce type de structure, mais de plus en plus de pays les interdisent ou restreignent leur établissement et leur fonctionnement.

Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Bélugas de l'aquarium de Vancouver

Il existe deux delphinarium au Canada, tous au Canada anglophone :

Le projet d'ouverture d'un delphinarium au zoo de Granby au Québec a été abandonné en 2001, faute de financement public, à la suite d'une vive opposition de la part des écologistes[11].

Le lagon des dauphins du centre commercial West Edmondton Mall, en Alberta, ne présente plus de cétacés depuis mai 2004[12].

En janvier 2015, le gouvernement de l'Ontario annonce l'interdiction de la vente et de l'achat d'orques au sein de sa province, ainsi qu'une nouvelle réglementation plus stricte concernant la captivité des mammifères marins (cétacés et pinnipèdes), à la suite de la publication d'un rapport de 125 pages rédigé par des biologistes marins de l'université de Colombie-Britannique[13],[14].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Orque du SeaWorld d'Orlando en représentation

Aux États-Unis, parmi les delphinariums les plus importants on trouve le Miami Seaquarium (privé, Wometco Enterprises) en Floride, le Marineland de Floride (public, Aquarium de Géorgie), le delphinarium du parc Epcot à Walt Disney World (Floride) et les trois parc de la compagnie SeaWorld Parks & Entertainment (privés, possédée par Blackstone, une banque d'investissement américaine) : le SeaWorld de San Diego (Californie), le SeaWorld d'Orlando (Floride) et le SeaWorld de San Antonio (Texas).

En novembre 2015, le député démocrate Adam Schiff (en) annonce le dépôt d'un amendement au Marine Mammal Protection Act, baptisée Orca Responsibility and Care Advancement Act[15], visant à interdire l'élevage, la capture, l'import et l'export d'orques aux États-Unis[16],[17].

Californie[modifier | modifier le code]

Il existe deux delphinariums dans cet état, le SeaWorld de San Diego, qui présente 11 orques, et le parc d'attraction Six Flags Discovery Kingdom de Vallejo, près de San Francisco, qui présente des grands dauphins. D'autres delphinariums ont existé mais on depuis fermé leurs portes comme la Knotts Berry Farm Dolphinarium de Los Angeles et le delphinarium du Six Flags Magic Mountain de la banlieue de Los Angeles.

La captivité de ces animaux est de plus en plus contestée dans cet État à la suite de la diffusion du film Blackfish et de la publication du livre Beneath the surface de l'ex-soigneur du SeaWorld de San Diego, John Hargrove. La fréquentation du parc a diminué de 12 % et la valeur de l'action de la maison-mère, SeaWorld Parks & Entertainment, a chuté drastiquement[18].

En réaction aux critiques le SeaWorld de San Diego annonce un projet d'agrandissement des bassins baptisé "Blue World". Mais en octobre 2015, la Commission Côtière de Californie (en), une agence environnementale californienne chargé d'autoriser et de régir les constructions côtières, autorise SeaWorld à agrandir ses bassins à la seule condition que l'entreprise stoppe son programme de reproduction et qu'aucune orque sauvage ne puisse être importée[19],[18]. Cette décision pourrait cependant ne pas faire partie des prérogatives de cette Commission, qui relèverait plutôt du département de l'Agriculture. SeaWorld a annoncé vouloir faire appel[20],[21], la Commission devra alors probablement démontrer que sa décision est en accord avec son rôle de préservation et de protection des valeurs et des ressources côtières[22].

En novembre 2015, le PDG de SeaWorld, Joel Manby, annonce que le parc de San Diego va transformer les spectacles de ses orques dès 2017, afin de les axer davantage sur des messages de conservation[23]. Cette mesure est perçue par les opposants à la captivité comme insuffisante, car elle ne met fin ni aux spectacles ni à la captivité, et ne concerne qu'un seul des trois parcs[24].

Floride[modifier | modifier le code]
Hawaï[modifier | modifier le code]

Il y a 3 delphinariums dans l'archipel : le Sea Life Park Hawaii (en) à Honolulu, et deux des bassins de l'entreprise Dolphin Quest : un au sein du Hilton Waikoloa Village Resort et un au sein du Kahala Hotel & Resort à Honolulu[25].

Mexique[modifier | modifier le code]

Amérique centrale et du Sud[modifier | modifier le code]

Argentine[modifier | modifier le code]

Dans ce pays, se trouve le Mundo Marino, le seul delphinarium d'Amérique du Sud présentant une orque.

Chili[modifier | modifier le code]

Le Chili a interdit la capture, l'importation, la commercialisation et l'exhibition de cétacés en captivité sur son territoire en 2005[26]. Cette mesure, qui concerne aussi d'autres espèces animales (manchots, otaries, tortues...) a notamment pour but d'empêcher que le Chili ne soit une zone privilégiée de capture d'animaux marins en vue d'alimenter le trafic[27].

Costa Rica[modifier | modifier le code]

Le Costa Rica a fait de même en juillet 2005 en publiant un décret[28] interdisant la captivité des dauphins et des baleines, ainsi que le fait de nager avec eux. Ce décret établit aussi des conditions requises pour les entreprises, institutions ou personnes qui souhaitent réaliser n'importe quelle activité d'observation de recherche ou de tourisme en relation avec les cétacés dans les eaux nationales[29].

Asie[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde a déclaré les dauphins et les baleines "personnes non-humaines" le 7 janvier 2013[30], à travers une lettre du Animal Welfare Board of India[31], un organisme relevant du Ministère de l'environnement et des forêts, interdisant la capture, le transport et la détention de ces animaux. Il n'existait plus à cette date de delphinarium en Inde, mais les projets de création de nouveaux delphinariums étaient nombreux. À la suite de cette décision ces projets ont dû être abandonnés[32].

Japon[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Pays sans delphinariums :
  •      Legislation prohibitive
  •      Legislation restrictive
  •      Pas de legislation
  • Pays avec delphinarium :
  •      Pas de legislation
  •      Legislation restrictive

En Europe 17 pays ont des delphinariums sur leur territoire, la majorité présente des grands dauphins, 2 présentent aussi des orques, et un seul, l'Oceanogràfic de Valence, présente des bélugas.

Les pays qui présentent le plus de cétacés sont l'Espagne, les Pays-Bas et la France[33].

Allemagne[modifier | modifier le code]

Le zoo de Duisbourg et le zoo de Nuremberg présentent des grands dauphins[34].

Belgique[modifier | modifier le code]

Delphinarium du Boudewijn Seapark de Bruges (Belgique).

Il existe un delphinarium en Belgique, celui du Boudewijn Seapark, à Bruges (Flandre Occidentale), possédé par le groupe espagnol Aspro-Ocio qui détient 6 dauphins dont 3 nés sur place[35].

Chypre[modifier | modifier le code]

Un delphinarium, le Parc marin d'Ayia Napa, a existé pendant un temps sur l'île de Chypre. Il fut créé grâce à un investisseur russe[36] et présenta quatre grands dauphins de la Mer Noire à partir de 1994, date de leur importation en provenance de l'Académie des sciences de Russie. Le parc voulu importer quatre autres dauphins en 1995, mais cette tentative resta infructueuse après la mobilisation des écologistes.

En 1997, un décret ministériel interdit toute utilisation de cétacés à des fins commerciales. Les quatre dauphins moururent en captivité en 1998, avant que celui-ci n'entre en vigueur en 1999. Le parc marin d'Ayia Napa dut ensuite fermer ses portes[37].

Cependant, en 2014 le ministre de l'Agriculture Nicos Kouyialis, déclara à la presse qu'il considérait de manière sérieuse les propositions d'investisseurs étrangers concernant l'établissement d'un nouveau delphinarium, ce qui fut confirmé en mars 2015 à la suite d'une proposition pour la ville de Paralimni[38].

Croatie[modifier | modifier le code]

En juillet 2009 la Croatie a interdit la captivité des cétacés à des fins commerciales sur son territoire[39], à la suite d'un rapport rendu par l'Institut national de protection de la nature dénonçant les effets néfastes de la captivité sur ces animaux. Seuls les structures gardant des spécimens captifs en vue de réhabilitation sont autorisés.

Espagne[modifier | modifier le code]

Spectacle de grands dauphins au parc Loro de Tenerife

En Espagne les delphinariums sont nombreux et deux sociétés se démarquent, Aspro-Ocio et Parques Reunidos.

Le groupe Aspro-Ocio est propriétaire de six delphinariums en Europe, dont quatre en Espagne : deux aux Canaries, le Palmitos Park (es) (Gran Canaria) et l'Aqualand Costa Adeje (Tenerife), le Marineland de Majorque aux Baléares, et le Marineland de Catalogne.

Le groupe Parques Reunidos est quant à lui propriétaire de sept delphinariums dans le monde, dont quatre en Espagne : celui du Zoo aquarium de Madrid (es), l'Aquópolis Costa Dorada à Vila-seca, le Selwo Marina (es) à Benalmadena[40], et enfin, l'Oceanogràfic de Valence qui rassemble plusieurs cétacés dont 2 bélugas et 13 grands dauphins.

Le Loro Parque, à Tenerife, aux îles Canaries, présente 7 orques dont 2 nés sur place[41] et 9 grands dauphins dont 5 nés dans le parc[42]. Il est possédé est dirigé par l'allemand Wolfgang Kiessling.

Le Mundomar (es) à Benidorm compte 11 grands dauphins[43].

Le zoo de Barcelone présente aussi des grands dauphins. Cependant, en 2015 le zoo modifiera complètement son delphinarium, la nouvelle installation ne comportera pas de gradins et verra l'arrêt des spectacles avec les grands dauphins[44].

Cette modernisation fait suite à la loi de protection des animaux interdisant les spectacles exploitant des animaux non-domestiques votée par le Parlement de Catalogne en 2013[45]. Cette loi concerne donc aussi le Marineland de Catalogne, situé un peu plus au nord à Palafolls, et l'Aquopolis Costa Dorada situé un peu plus au sud.

Finlande[modifier | modifier le code]

Il existe un delphinarium dans ce pays au sein du parc d'attraction Särkänniemi, dans la ville de Tampere. Sa fermeture a été annoncée en octobre 2015[46],[47].

France[modifier | modifier le code]

Bassin des orques du marineland d'Antibes (France).

Il existe quatre delphinariums en France, dont trois en France métropolitaine.

Le plus ancien et celui qui présente le plus de cétacés, le marineland d'Antibes, se trouve dans les Alpes-Maritimes. Il est la propriété de la multinationale espagnole Parques Reunidos. Ouvert en 1970, il présente 4 orques[48] et 13 grands dauphins[49].

Le delphinarium du Parc Astérix, à Plailly, en Picardie est quant à lui possédé par la Compagnie des Alpes, une entreprise française elle-même filiale de la Caisse des dépôts, une institution financière publique. Situé à 40 km de Paris, et ouvert en 1989, il présente 9 grands dauphins[49].

Le troisième, le delphinarium du parc zoologique Planète Sauvage à Port-Saint-Père sur la côte atlantique, est possédé par le groupe Looping. Situé à 24 km de Nantes, et ouvert en 2009, il présente 6 grands dauphins[49].

Le quatrième, le Moorea dolphin center, se trouve en Polynésie française, sur l'île de Moorea, au sein de l'hôtel InterContinental Moorea Resort & Spa, propriété de la multinationale hôtelière britannique InterContinental Hotels Group. Il présente 3 grands dauphins[50].

En mars 2015, la députée Laurence Abeille (EELV) propose un amendement au projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, demandant l'interdiction des delphinariums. Celui-ci a été rejeté mais le Gouvernement "a reconnu que ce débat était légitime et entend faire des propositions" afin que "la réglementation soit réexaminée"[51]. Il s'est par ailleurs engagé à geler toute nouvelle ouverture de delphinarium en France jusqu'à ce qu'un débat plus approfondi ait lieu en seconde lecture, au Sénat[52],[53].

En octobre 2015, les députés Laurence Abeille et François-Michel Lambert () proposent un amendement à la proposition de loi pour l'économie bleue portée par le député PS Arnaud Leroy, visant à interdire la capture, l’importation et la commercialisation de cétacés à des fins de dressage récréatif. Il est rejeté par la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale[54].

Grèce[modifier | modifier le code]

Le seul delphinarium de Grèce a ouvert en 2010 au sein du Parc zoologique de l'Attique, afin d'accueillir les onze grands dauphins du Musée de la mer lituanien de Klaipėda, pendant les travaux de rénovation de celui-ci[55]. Ce transfert fut d'emblée controversé dans le mesure où celui-ci n'avait pas d'autorisation CITES, ni d'autorisation du gouvernement grec, et que le zoo n'avait pas reçu le permis de construire le delphinarium.

En 2011, le parti des Verts écologistes et des chercheurs de l'Institute for Cetacean Research Pelagos ont attaqués le zoo en justice[56], la cour de justice d'Athènes a alors émis un arrêté provisoire en avril interdisant temporairement les spectacles de dauphins au sein de ce zoo[57], avant de se déclarer incompétente pour juger cette affaire en août.

Le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement et des Travaux Publics a fait payer au zoo une amende de 1,5 millions d'euros pour avoir fait construire le delphinarium sans permis[58].

Hongrie[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de delphinarium en Hongrie depuis octobre 1992 et la mort de deux des cinq spécimens importés pour le divertissement en juillet de la même année après avoir été utilisés par l'armée soviétique[59]. L'interdiction du commerce des dauphins de la mer Noire (de la sous-espèce Tursiops truncatus ponticus) en 2002 a mis fin à la captivité de ces animaux dans ce pays.

Italie[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, le gouvernement fait fermer le delphinarium de Rimini qui exploitait des dauphins sans licence depuis presque dix ans[60]. Ceux-ci ont été transférés à l'Aquarium de Gênes[61].

Norvège[modifier | modifier le code]

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Delphinarium d'Harderwijk, en 1966

Pologne[modifier | modifier le code]

La Pologne ne compte aucun delphinarium sur son territoire.

En août 2015, un projet de construction a vu le jour à Mszczonów dans la périphérie de Varsovie, mais le ministre de l'Environnement, Maciej Grabowski, a refusé d'autoriser sa construction[62] arguant que l'impact sur les dauphins captifs était trop négatif, ajoutant dans son communiqué : « Il n'y aura pas de permission pour des delphinariums commerciaux en Pologne [...] Je suis en faveur de les observer uniquement dans leur milieu naturel »[63], faisant référence à l'observation des dauphins sauvages de la mer baltique[64],[65].

Portugal[modifier | modifier le code]

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Grands dauphins du delphinarium du Windsor Safari Park (Royaume-Uni) en 1988.

Il n'existe plus aucun delphinarium au Royaume-Uni depuis 1993, mais cela n'est pas dû à une interdiction. En 1991, à la suite de la mobilisation fructueuse de l'opinion publique en faveur de la réintroduction dans la nature des dauphins du marineland de Morecambe, le gouvernement britannique a publié un supplément aux normes concernant les pratiques des zoos modernes[66], basé sur un rapport de 1986 réalisé à la demande du département de l'environnement intitulé " Une analyse des delphinariums"[67]. Ce supplément aux normes a renforcé les conditions nécessaires au maintien en captivité des cétacés au Royaume-Uni, notamment sur les dimensions des bassins. Ces normes devinrent si strictes et impliquaient des coûts de mise au normes des infrastructures existantes si élevés que tous les delphinariums du pays ont été contraints de fermer.

Slovénie[modifier | modifier le code]

Suède[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Delphinarium Conny-Land (Suisse) en 2010, trois ans avant sa fermeture.

Il n'existe plus de delphinarium en Suisse depuis 2013. Une loi a été votée en mai 2012 interdisant l'importation de cétacés dans le pays[68],[69], elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2013[70].

Le seul delphinarium qui existait alors dans ce pays, au sein du parc d'attractions Conny-Land, a choisi de se séparer de ses 3 spécimens en octobre 2013[71] devant l'impossibilité de mener un élevage à long terme avec 3 individus, une femelle et deux de ses fils[72]. L'un des deux jeunes est mort en novembre 2013 d'une affection du pancréas[73], les deux autres dauphins ont été transférés en Jamaïque, dans une des baies privées du complexe touristique Dolphin Cove[74].

Océanie[modifier | modifier le code]

Outre la présence d'un delphinarium en Polynésie française, et de trois autres à Hawaï (États-Unis), le seul pays à présenter des delphinariums dans ce continent est l'Australie.

Australie[modifier | modifier le code]

Spectacle des dauphins du Sea World Gold Coast de Southport.

Il existe deux delphinariums en Australie. La situation dans le pays a évolué de façon complexe à partir des années 1980.

En 1984, Marine World Victoria demande un permis de construire pour un delphinarium permettant d'héberger au moins douze cétacés captifs. Le sénat australien nomme alors un comité spécial sur le bien-être animal (Select Committee (en) on Animal Welfare) chargé de travailler sur le sujet[75]. En décembre 1985, le comité publie un rapport intitulé "Dauphins et baleines en captivité"[76] dans lequel il recommande qu'aucune nouvelle installation ne s'établisse en Australie, qu'aucun nouveau permis ne soit accordé pour la capture de cétacés sauvages, et que l'importation de cétacés de l'étranger soit interdite. Il recommande également que les sept delphinariums alors en activité soient autorisés à conserver leurs cétacés en précisant cependant que la détention de ces cétacés devrait finalement être vouée à disparaître.

Cinq de ces sept delphinariums ont depuis fermés leurs portes : l'Atlantis Marine Park (Yanchep), le King Neptune's Park (Port Macquarie), le Marineland of South Australia (Adelaïde), l'African Lion Safari (en) (Warragamba) et le bassin d'Hamilton Island Enterprises (île Hamilton).

Grand dauphin au parc Dolphin Marine Magic de Coffs Harbour.

Plusieurs établissement en sont cependant venus à héberger des dauphins malgré les recommandations du Sénat. L'aquarium Underwater World de Perth à Hillarys, a accueilli en 1992 les trois dauphins de l'Atlantis Marine Park qui n'avaient pu être réintroduits dans la nature après sa fermeture. Cet aquarium ne présente plus de dauphins depuis que ceux-ci sont morts en 1999, il a ensuite changé son nom en Aquarium of Western Australia (en)[77]. L'Underwater World de Brisbane, a aussi présenté des dauphins pendant un temps, il n'en présente plus aujourd’hui, il a depuis changé son nom en Sea Life de Mooloolaba (en).

Actuellement il ne reste que deux des sept delphinariums qui existaient lors de la publication du rapport du Sénat : le Sea World Gold Coast Australia de Southport (Queensland)[78] et le parc Dolphin Marine Magic de Coffs Harbour (Nouvelle-Galles du Sud)[79] (anciennement Pet Porpoise Pool). Ce dernier est au cœur d'une controverse en novembre 2015, un mois après la mort d'un de ses dauphins[80], lorsque The Australian révèle que la caution scientifique de plusieurs universités australiennes proclamée par le parc est un mensonge[81]. Le parc affirmait en effet que plusieurs universités menaient des recherches sur ses mammifères marins, ce que les universités en question ont démenti.

Fin décembre 2015, Bob Carr, ancien premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, prend position contre la captivité et devient ambassadeur d'Australia for dolphins, la principale association s'opposant à la captivité des cétacés[82]. Il estime qu'il est temps de renforcer la législation qu'il a contribué à mettre en place quand il était ministre de l'Environnement de Nouvelle-Galles du Sud dans les années 1980 et qui a permis la fermeture de trois delphinariums, en supprimant notamment la clause qui permet à un parc ayant des dauphins nés en captivité de les garder captifs[83].

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Un delphinarium a existé au sein du Marineland of New Zealand (en) de Napier, mais il a fermé ses portes en 2008.

Controverses[modifier | modifier le code]

Bien-être[modifier | modifier le code]

Les conditions de vie des animaux des delphinariums sont controversées sur divers points.

Impossibilité d'exprimer certains comportements[modifier | modifier le code]

Les bassins en béton, remplis d'eau chlorée et sans végétation ne sont pas adaptés à la physiologie et au comportement naturel de ces animaux, qui y sont nourris avec des poissons morts. Lorsqu'ils sont sauvages les cétacés passent une grande partie de leur temps à chasser des proies vivantes, ce qu'ils ne peuvent pas faire en captivité.

Les comportements sociaux très complexes propres aux cétacés sont aussi rendus impossibles par les conditions de vie en captivité.

Stress et troubles du comportement[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux animaux captifs élevés dans des conditions inadéquates, les cétacés captifs ont tendances à développer des troubles du comportement, comme des stéréotypies.

Les dosages hormonaux et enzymatiques chez les animaux captifs montrent que les cétacés captifs sont stressés[84].

Des comportements dus au stress engendré par l'enfermement dans un espace restreint avec des membres n'appartenant pas à la même communauté ont été recensés. En 2006, au zoo du Minnesota un delphineau de 7 mois prénommé Harley a sauté hors de son bassin. Il est décédé peu de temps après. La mère du jeune delphineau, est elle aussi décédée à la suite de la mort de son petit[85]. À l'Ocean Park de Hong Kong, une femelle prénommée Pinky[85] a eu un comportement que l'on se sait si l'on doit le considérer comme "suicidaire" étant donné que celle-ci se jetait violemment contre les parois du delphinarium.

Des cas d'incestes, jamais observés dans la nature, ont été recensés en captivité chez les orques.

Agressivité[modifier | modifier le code]

L'environnement dans lequel évoluent les groupes artificiels reformés de dauphins, ont tendance à provoquer chez eux une agressivité non naturelle. En juillet 2015, Aloa, une jeune femelle dauphin nouveau-née a été tuée lors d'un combat entre femelles du bassin. Selon les explications du Parc Astérix[86], un coup lui a été fatal. Dans la nature les femelles d'un même groupe social (fille, petite-fille, tante, marraine, cousine...) restent ensemble afin de suivre la meneuse ou "matriarche". Les mâles, quant à eux s'éloignent du banc dans lequel ils appartiennent afin de tenter d'unifier leur groupe à un autre[87].

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

La comparaison de l'espérance de vie des cétacés captifs avec celle des cétacés sauvages suscite le débat, car l'espérance de vie varie d'une population sauvage à une autre et d'une population captive à une autre. En milieu captif elle est diminuée par le stress et les infections, alors qu'en milieu sauvage elle est surtout diminuée par la prédation et la pollution des eaux (aux métaux lourds notamment).

Pour certains chercheurs, ces deux espérances de vie seraient similaires[88]. Pour d'autres les calculs seraient parfois biaisés par le fait que le taux de survie en captivité ne tient pas toujours compte des animaux morts précocement. En captivité, il y aurait trop peu de naissances pour compenser la mortalité.

De nombreux cétacés captifs meurent d'infections fongiques, due à des souches résistantes de Candida notamment. Bien que certains parcs affirment que ces infections sont communes en milieu sauvage, comme ce fut le cas lors de la mort de l'orque Unna au SeaWorld de San Antonio, la littérature scientifique affirme quant à elle que ces infections sont souvent une conséquence de la captivité[89]. On peut ainsi lire dans le Merck Veterinary Manual, que « les mammifères marins captifs semblent particulièrement prédisposés aux infections fongiques » et que la candidose « atteint les cétacés captifs secondairement au stress, à une désinfection de l'eau au chlore mal équilibrée, ou à une antibiothérapie à large spectre »[90]. D'anciens dresseurs ont rapporté que SeaWorld utilisait des antibiotiques en prévention chez ses orques, une pratique déconseillée car elle entraîne le développement de souches bactériennes et fongiques résistantes aux antibiotiques.

Rupture des liens sociaux[modifier | modifier le code]

La captivité engendre une reconstitution artificielle des groupes sociaux, et de ce fait un besoin chez l'animal de se recréer une place au sein du groupe captif.

Syndrome de l'aileron flaccide[modifier | modifier le code]

Syndrome de l'aileron flaccide chez l'orque Tilikum au SeaWorld d'Orlando.

Aussi appelé FFS (de l'anglais : Flaccid Fin Syndrome), ce syndrome, caractérisé par l'aspect mou et retombant de la nageoire dorsale, est nettement plus courant chez les orques captives (100 % des mâles) que chez les orques sauvages (moins de 1 %)[91].

Plusieurs facteurs semblent en être à l'origine, inhérents aux faibles superficies et profondeurs des bassins, notamment l'augmentation du temps passé à la surface, la nageoire dorsale n'étant plus soutenue par la masse de l'eau, ce qui tend à diminuer sa rigidité avec le temps[92]. D'autres facteurs sont avancés, comme l'augmentation de l'exposition du collagène de la nageoire à la chaleur des rayonnements solaires, le rendant plus flexible[92]. Cela pourrait aussi être dû à la prépondérance des mouvements de nage circulaires imposés par les bassins[93].

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Les spectacles de dauphins, apparentés au cirque, sont contestés par les défenseurs des animaux, qui y voient une mise en scène dégradante pour les cétacés et sans intérêt instructif pour les visiteurs. Ces représentations renvoient aux spectateurs le message implicite que l'Homme peut exploiter des animaux non domestiques pour son simple divertissement, et ce sans se préoccuper de la volonté et de la souffrance des animaux en question.

Les partisans de ce type de structure arguent que les spectacles de cétacés permettent de sensibiliser le public à l'intelligence de ces animaux. Cependant il existe aussi des activités touristiques qui promeuvent l'observation de dauphins dans leur milieu naturel permettant d'éduquer et de sensibiliser le public.

Par ailleurs, la qualité scientifique et l'honnêteté des informations données aux spectateurs a été remise en cause. Des observateurs font remarquer qu'elles tendent à être partiales et visent à ce que les visiteurs aient une image positive des delphinariums[94].

Recherche[modifier | modifier le code]

Les delphinariums dans la culture[modifier | modifier le code]

Flipper le dauphin.

Films[modifier | modifier le code]

Plusieurs films ont pour thème des animaux vivant dans un delphinarium, et en particulier des orques.

Sorti en 1993 le film franco-américain Sauvez Willy raconte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon et d'une orque mâle captive du nom de Willy, qu'il entreprendra de faire regagner la liberté. Très grand succès en salle, ce film fera l'objet d'une suite avec Sauvez Willy 2, 3 et 4.

En 2013 sort Blackfish, un documentaire américain réalisé par Gabriela Cowperthwaite qui traite des dangers de garder captifs des spécimens d'orques. Le film a été présenté au festival du film de Sundance 2013.

Séries[modifier | modifier le code]

La série américaine Flipper le dauphin, sortie entre 1964 et 1968 raconte les aventures d'une famille dont le père est responsable d'un parc aquatique de Floride, et de leur dauphin apprivoisé Flipper. Cette série fait suite à deux films à succès sortis en 1963 et 1964.

Livres[modifier | modifier le code]

Le roman d'anticipation Un animal doué de raison de l'auteur français Robert Merle, relate l'histoire de scientifiques apprenant à parler à des dauphins captifs, dans le cadre de recherches militaires. Ce livre sorti en 1967 a fait l'objet d'une adaptation en film sous le nom Le Jour du dauphin, sorti en 1973.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des enclos de ce type sont plus rares mais il en existe notamment à Punta Cana (République Dominiquaine) au parc Dolphin Island, sur l'île de Cayo Blanco (Varadero, Cuba), au Mexique dans les delphinariums Dolphin discovery ou aux États-Unis comme à Islamorada (Floride) dans un bras de mer fermé au Theatre of the Sea .
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Articles connexes[modifier | modifier le code]