Delphinarium

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Spectacle de grands dauphins à l'aquarium d'Enoshima (Japon)

Un delphinarium est un aquarium pour delphinidés (dauphins et orques), et parfois pour d'autres cétacés (bélugas). Le plus souvent, ces animaux vivent dans un ensemble de bassins permettant leur présentation au public, leur élevage, leur dressage, des spectacles, et plus rarement des activités de recherche scientifique. Dans de rares delphinariums, les cétacés sont gardés dans un enclos ou un bassin en mer[1]. Certains delphinariums mènent aussi des actions de secours aux cétacés échoués.

Les delphinariums sont des structures ouvertes au public, la plupart du temps gérées par des sociétés à but lucratif, et souvent intégrées dans de grands aquariums, des parcs d'attraction ou des parcs zoologiques. Il en existe sur tous les continents mais certains pays en comprennent un nombre particulièrement élevé, comme le Japon, la Chine, la Russie, les États-Unis (en Floride, principalement), le Mexique (au Quintana Roo, principalement), ou dans une moindre mesure l'Espagne et la Turquie[2].

Ils sont de plus en plus controversés et contestés, accusés dans certains pays d'être liés aux captures de cétacés en milieu sauvage, et notamment à la chasse annuelle aux dauphins de Taiji, mais surtout de ne pas fournir des conditions de captivité adaptées aux besoins physiologiques des espèces. Ceci alors même que cette captivité est d'un intérêt discuté étant donné que les espèces concernées ne sont pas considérées comme « menacées » par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), ces structures ne jouant donc pas de rôle dans la conservation ex situ de ces espèces. Ainsi, de plus en plus de pays légifèrent pour interdire ou restreindre la captivité des cétacés sur leur territoire.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Delphinarium de Harderwijk (Pays-Bas), en 1966.

Les premiers cétacés maintenus en captivité étaient les deux bélugas du Barnum's Museum de New York présents dès 1861[3]. Mais le premier delphinarium commercial n'a été ouvert que bien plus tard, en 1938, au Marine Studios Delphinarium de Saint Augustine, en Floride. Leur popularité a augmenté rapidement jusque dans les années 1960 et plus particulièrement en 1963 avec la sortie du film Flipper le dauphin et de la série télévisée éponyme. En 1966, le premier delphinarium d'Europe voit le jour.

C'est aussi dans les années 1960 que ces structures commencent à intégrer des orques. Les premières tentatives avortées de garder captives des orques capturées par accident débutèrent en 1961, jusqu'à ce que des capture volontaires débutent en 1968, organisées par l'aquarium marin de Seattle (en) dans le détroit de Puget. Entre 1962 et 1973, 50 individus furent ainsi capturés et envoyés dans des delphinariums, 12 moururent au cours des opérations[4]. Après le moratoire adopté aux États-Unis avec le Marine Mammal Protection Act de 1972, seules 2 orques furent capturées jusqu'en 1978[4]. Ces opérations de capture dans l'océan Pacifique nord fournissaient aussi bien les delphinariums d'Amérique du Nord que ceux d'Europe, elles furent durement affectées par ce moratoire. Les captures se délocalisèrent alors dans l'océan Atlantique nord, au large de l'Islande, entre 1976 et 1983[4].

Animaux[modifier | modifier le code]

Espèces concernées[modifier | modifier le code]

Diverses espèces de delphinidés sont gardés en captivité ainsi que quelques autres espèces de petites baleines comme les marsouins communs, marsouins aptères et les bélugas, bien que dans ce cas le mot delphinarium ne soit pas parfaitement approprié dans la mesure où ces espèces n'appartiennent pas à la famille des delphinidés, dont ils sont néanmoins proches.

Le grand dauphin (Tursiops truncatus) est l'espèce la plus communément rencontrée dans les delphinariums, probablement car ces dauphins sont assez facilement dressables et résistent mieux que les autres espèces aux conditions de captivité. Des centaines, si ce ne sont des milliers, de grands dauphins vivent en captivité dans le monde, bien que leur nombre exact soit difficile à déterminer.

Les orques (Orcinus orca) sont assez souvent présentes dans ces structures et sont connues pour leurs performances lors des spectacles. Cependant, le nombre d'orques captives est faible par rapport au nombre de grands dauphins captifs, avec seulement 56 individus début 2016[5], dont 24 dans les trois parcs du groupe américain SeaWorld[6].

Parmi les autres espèces rencontrées dans les delphinariums, on trouve les dauphins tachetés de l'Atlantique, les dauphins de Gill, les fausses orques, les dauphins communs, ainsi que les dauphins de Commerson et les dauphins à bec étroit, mais en bien moins grand nombre que les grands dauphins. Certains parcs présentent également des spécimens de dauphins rose de l’Amazone, de dauphins de Risso, de dauphins à long bec ou de tucuxi.

De très rares delphinariums possèdent des hybrides de delphinidés. Deux spécimens connus sous le nom de balphins sont visibles au parc Sea Life d'Hawaï, ils sont issus d'un croisement entre un grand dauphin et une fausse orque. Deux autres spécimens hybrides de grand dauphin et de dauphin commun sont présentés en captivité, l'un au SeaWorld de San Diego, l'autre au SeaWorld d'Orlando.

Origine des animaux[modifier | modifier le code]

Très tôt, de nombreux dauphins ont été capturés dans la nature au large des côtes de Floride. Bien qu'aux États-Unis la loi sur la protection des mammifères marins votée en 1972 permette des exceptions en ce qui concerne la capture de dauphins à des fins de recherche ou pour l'exhibition au public, aucun grand dauphin n'a été capturé dans les eaux américaines depuis 1989. Dans la plupart des pays occidentaux, des programmes d'élevage ont été mis en place pour fournir aux delphinariums de nouveaux animaux. Afin d'atteindre un taux de natalité plus élevés et pour éviter la consanguinité, l'insémination artificielle est de plus en plus utilisée. L'utilisation de l'insémination artificielle permet également aux delphinariums d'augmenter la diversité génétique de leur population sans avoir à importer des animaux d'autres établissements.

Le commerce des dauphins est régi par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (la CITES, aussi connue sous le nom de Convention de Washington). Les espèces de dauphins en voie de disparition sont incluses dans l'annexe I de la CITES, leur commerce n'est autorisé que dans des circonstances exceptionnelles. Les espèces qui ne sont pas considérées comme menacées d'extinction sont inscrites à l'annexe II, auquel cas leur commerce "doit être contrôlée afin d'éviter une exploitation incompatible avec la survie de l'espèce". La plupart des espèces de cétacés qui font l'objet de commerce pour l'exhibition au public sont inscrites à l'annexe II.

Toutefois, le commerce de dauphins vivants se poursuit. La valeur d'un grand dauphin est estimée de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars US, en fonction de son âge, de son état et de ses aptitudes. Les captures sont signalés à la hausse dans le Pacifique Sud et dans les Caraïbes[7], Cuba a également été un exportateur de dauphins au cours des dernières années, celles-ci étant organisées par l'Aquarium National de Cuba[8]. Au cours des dernières années, les îles Salomon ont aussi permis la collecte et l'exportation de dauphins pour les installations d'exhibition publiques[9]. Une loi de 2005 a interdit l'exportation de dauphins dans ce pays[10], cependant cette interdiction a apparemment été annulée en 2007 lorsque 28 dauphins ont été expédiés à Dubaï[11]. Certains delphinariums, principalement japonais, obtiennent leurs dauphins grâce à des pêches dirigées locales, bien que plusieurs autres pays d'Asie importent également du Japon des dauphins capturés de cette manière. Plusieurs delphinariums des États-Unis ont fait de même, mais cette pratique y a été interrompue en 1993, lorsque le Service national de la pêche maritime des États-Unis refusa un permis d'import au Marine World Africa USA pour quatre fausses orques ayant été capturées au cours d'une pêche dirigée japonaise.

Au XXIe siècle, les captures en mer se poursuivent, notamment d'orques dans la mer d'Okhotsk (Russie), afin d’approvisionner les delphinariums russes et chinois. La Whale and Dolphin Conservation Society estime ainsi qu'au moins 16 orques ont été capturées par la Russie entre 2012 et 2015[12]. Le gouvernement russe détermine chaque année un quota annuel de captures pour les orques, fixé à 13 individus en 2015. L'Aquarium de Géorgie (États-Unis) a essayé d'importer 18 bélugas capturés dans les mêmes eaux en 2013, mais la National Oceanic and Atmospheric Administration a refusé de délivrer le permis requis[12]. Selon les associations, environ 1800 dauphins sont capturés chaque année lors de la chasse aux dauphins de Taiji au Japon (grands dauphins, dauphins à flancs blancs du Pacifique, dauphins bleus et blancs, dauphins tachetés pantropicaux, dauphins de Risso, fausses orques et globicéphales tropicaux). Une partie de ces animaux est destinée aux delphinariums, l'autre à la consommation humaine et animale.

Situation et évolution par aires géographiques[modifier | modifier le code]

La législation sur les delphinariums varie d'un pays à l'autre. La majorité des pays n'ont pas de législation particulière sur ce type de structure. De plus en plus de pays les interdisent ou restreignent leur établissement et leur fonctionnement.

Afrique[modifier | modifier le code]

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Il existe un delphinarium en Afrique du Sud, le uShaka Marine World.

Égypte[modifier | modifier le code]

Il existe trois delphinariums en Égypte, le Dolphin World Makadi Bay, le Dolphina Hurghada et le Dolphina Sharm el Sheik.

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Canada[modifier | modifier le code]

Bélugas de l'aquarium de Vancouver

Il existe deux delphinarium au Canada, tous au Canada anglophone :

Le projet d'ouverture d'un delphinarium au zoo de Granby au Québec a été abandonné en 2001, faute de financement public, à la suite d'une vive opposition de la part des mouvements écologistes[13].

Le lagon des dauphins du centre commercial West Edmondton Mall, en Alberta, ne présente plus de cétacés depuis mai 2004[14].

En janvier 2015, le gouvernement de l'Ontario annonce l'interdiction de la vente et de l'achat d'orques au sein de sa province, ainsi qu'une nouvelle réglementation plus stricte concernant la captivité des mammifères marins (cétacés et pinnipèdes), à la suite de la publication d'un rapport de 125 pages rédigé par des biologistes marins de l'université de Colombie-Britannique[15],[16].

États-Unis[modifier | modifier le code]

Orque du SeaWorld d'Orlando en représentation

Aux États-Unis, parmi les delphinariums les plus importants on trouve le Miami Seaquarium (privé, Wometco Enterprises) en Floride, le Marineland de Floride (public, Aquarium de Géorgie), le delphinarium du parc Epcot à Walt Disney World (Floride) et les trois parc de la compagnie SeaWorld Parks & Entertainment (privés, possédée par Blackstone, une banque d'investissement américaine) : le SeaWorld de San Diego (Californie), le SeaWorld d'Orlando (Floride) et le SeaWorld de San Antonio (Texas).

En novembre 2015, le député démocrate Adam Schiff annonce le dépôt d'un amendement au Marine Mammal Protection Act, baptisée Orca Responsibility and Care Advancement Act[17], visant à interdire l'élevage, la capture, l'import et l'export d'orques aux États-Unis[18],[19].

Californie[modifier | modifier le code]

Il existe deux delphinariums dans cet état, le SeaWorld de San Diego, qui présente 11 orques, et le parc d'attraction Six Flags Discovery Kingdom de Vallejo, près de San Francisco, qui présente des grands dauphins. D'autres delphinariums ont existé mais on depuis fermé leurs portes comme la Knotts Berry Farm Dolphinarium de Los Angeles et le delphinarium du Six Flags Magic Mountain de la banlieue de Los Angeles.

La captivité de ces animaux est de plus en plus contestée dans cet État à la suite de la diffusion du film Blackfish et de la publication du livre Beneath the surface de l'ex-soigneur du SeaWorld de San Diego, John Hargrove. La fréquentation du parc a diminué de 12 % et la valeur de l'action de la maison-mère, SeaWorld Parks & Entertainment, a chuté drastiquement[20].

En réaction aux critiques le SeaWorld de San Diego annonce un projet d'agrandissement des bassins baptisé "Blue World". Mais en octobre 2015, la Commission Côtière de Californie (en), une agence environnementale californienne chargé d'autoriser et de régir les constructions côtières, autorise SeaWorld à agrandir ses bassins à la seule condition que l'entreprise stoppe son programme de reproduction et qu'aucune orque sauvage ne puisse être importée[21],[20]. Cette décision pourrait cependant ne pas faire partie des prérogatives de cette Commission, qui relèverait plutôt du département de l'Agriculture. SeaWorld a annoncé vouloir faire appel[22],[23], la Commission devra alors probablement démontrer que sa décision est en accord avec son rôle de préservation et de protection des valeurs et des ressources côtières[24].

En novembre 2015, le PDG de SeaWorld, Joel Manby, annonce que le parc de San Diego va transformer les spectacles de ses orques dès 2017, afin de les axer davantage sur des messages de conservation[25]. Cette mesure est perçue par les opposants à la captivité comme insuffisante, car elle ne met fin ni aux spectacles ni à la captivité, et ne concerne qu'un seul des trois parcs[26].

Floride[modifier | modifier le code]
Hawaï[modifier | modifier le code]

Il y a 3 delphinariums dans l'archipel : le Sea Life Park Hawaii (en) à Honolulu, et deux des bassins de l'entreprise Dolphin Quest : un au sein du Hilton Waikoloa Village Resort et un au sein du Kahala Hotel & Resort à Honolulu[27].

Mexique[modifier | modifier le code]

Le Mexique est un des pays qui compte le plus de delphinariums sur son territoire. Trente-et-une structures y sont ainsi recensées[28] avec un total d'environ 270 dauphins, dont 70 % dans l’État du Quintana Roo[29].

En avril 2017, la Chambre des députés approuve la réforme de la Ley General de Vida Silvestre (Loi générale sur la vie sauvage) qui interdit les delphinariums et les spectacles de cétacés. Proposée par le Parti vert écologiste du Mexique (PVEM), cette mesure dispose que les propriétaires ont 30 jours après l'entrée en vigueur de la loi pour réaliser un inventaire et le communiquer au Secrétariat de l'Environnement et des Ressources naturelles. La réforme prévoit que les cétacés actuellement détenus pourront rester en captivité et que chaque femelle pourra encore donner naissance à un unique petit. Les delphinariums pourront ainsi continuer d'opérer pendant encore environ 30 ans, d'ici la mort de tous les spécimens, avant de disparaître[29]. La réforme a été adopté avec les voix du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), du PVEM, du Parti nouvelle alliance et du Parti encuentro social. Le Parti action nationale (PAN), le Parti de la révolution démocratique (PRD), le Mouvement régénération nationale et le Mouvement citoyen ont voté contre[29]. La loi est en passe d'être examinée par le Sénat de la République.

Amérique centrale et du Sud[modifier | modifier le code]

Argentine[modifier | modifier le code]

Dans ce pays, se trouve le Mundo Marino, le seul delphinarium d'Amérique du Sud présentant une orque.

Chili[modifier | modifier le code]

Le Chili a interdit la capture, l'importation, la commercialisation et l'exhibition de cétacés en captivité sur son territoire en 2005[30]. Cette mesure, qui concerne aussi d'autres espèces animales (manchots, otaries, tortues...) a notamment pour but d'empêcher que le Chili ne soit une zone privilégiée de capture d'animaux marins en vue d'alimenter le trafic[31].

Costa Rica[modifier | modifier le code]

Le Costa Rica a fait de même en juillet 2005 en publiant un décret[32] interdisant la captivité des dauphins et des baleines, ainsi que le fait de nager avec eux. Ce décret établit aussi des conditions requises pour les entreprises, institutions ou personnes qui souhaitent réaliser n'importe quelle activité d'observation de recherche ou de tourisme en relation avec les cétacés dans les eaux nationales[33].

Asie[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Inde[modifier | modifier le code]

L'Inde a déclaré les dauphins et les baleines "personnes non-humaines" le 7 janvier 2013[34], à travers une lettre du Animal Welfare Board of India[35], un organisme relevant du Ministère de l'environnement et des forêts, interdisant la capture, le transport et la détention de ces animaux. Il n'existait plus à cette date de delphinarium en Inde, mais les projets de création de nouveaux delphinariums étaient nombreux. À la suite de cette décision ces projets ont dû être abandonnés[36].

Japon[modifier | modifier le code]

Russie[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

Pays sans delphinariums :
  •      Legislation prohibitive
  •      Legislation restrictive
  •      Pas de legislation
  • Pays avec delphinarium :
  •      Pas de legislation
  •      Legislation restrictive

En Europe 17 pays ont des delphinariums sur leur territoire, la majorité présente des grands dauphins, 2 présentent aussi des orques, et un seul, l'Oceanogràfic de Valence, présente des bélugas. Certains présentent aussi des marsouins communs et des dauphins roses de l'Amazone.

Les pays qui présentent le plus de cétacés sont l'Espagne, les Pays-Bas et la France[37]. L'Espagne est le pays d'Europe qui possède le plus de delphinariums, avec 11 structures (soit environ un tiers des delphinariums européens)[38].

Allemagne[modifier | modifier le code]

Il existe 2 delphinariums en Allemagne. Le zoo de Duisbourg présente 7 grands dauphins et 1 dauphin rose de l'Amazone[39], tandis que le zoo de Nuremberg présente quant à lui 7 grands dauphins[40],[41].

Belgique[modifier | modifier le code]

Delphinarium du Boudewijn Seapark de Bruges (Belgique).

Il existe un delphinarium en Belgique, celui du Boudewijn Seapark, à Bruges (Flandre Occidentale), possédé par le groupe espagnol Aspro-Ocio qui détient 8 grands dauphins dont 4 nés sur place[42].

Chypre[modifier | modifier le code]

Un delphinarium, le Parc marin d'Ayia Napa, a existé pendant un temps sur l'île de Chypre. Il fut créé grâce à un investisseur russe[43] et présenta quatre grands dauphins de la Mer Noire à partir de 1994, date de leur importation en provenance de l'Académie des sciences de Russie. Le parc voulu importer quatre autres dauphins en 1995, mais cette tentative resta infructueuse après la mobilisation des écologistes.

En 1997, un décret ministériel interdit toute utilisation de cétacés à des fins commerciales. Les quatre dauphins moururent en captivité en 1998, avant que celui-ci n'entre en vigueur en 1999. Le parc marin d'Ayia Napa dut ensuite fermer ses portes[44].

Cependant, en 2014 le ministre de l'Agriculture Nicos Kouyialis, déclara à la presse qu'il considérait de manière sérieuse les propositions d'investisseurs étrangers concernant l'établissement d'un nouveau delphinarium, ce qui fut confirmé en mars 2015 à la suite d'une proposition pour la ville de Paralimni[45].

Croatie[modifier | modifier le code]

En juillet 2009 la Croatie a interdit la captivité des cétacés à des fins lucratives sur son territoire[46], à la suite d'un rapport rendu par l'Institut national de protection de la nature dénonçant les effets néfastes de la captivité sur ces animaux. Seuls les structures gardant des spécimens captifs en vue de réhabilitation sont autorisés.

Danemark[modifier | modifier le code]

Il existe un delphinarium au Danemark, le Fjord & Bælt Center, qui présente deux marsouins communs[47].

Espagne[modifier | modifier le code]

Spectacle de grands dauphins au parc Loro de Tenerife

En Espagne il existe douze delphinariums. Deux multinationales en possèdent sept à elles seules, Aspro-Ocio et Parques Reunidos. Seules six communautés autonomes sur dix-sept en ont sur leur territoires. Celles qui en ont le plus sont les îles Canaries (quatre) et la Catalogne (trois), viennent ensuite la Communauté valencienne, l'Andalousie, Madrid et les îles Baléares.

Le groupe Aspro-Ocio est propriétaire de six delphinariums en Europe, dont quatre en Espagne : deux aux Canaries, le Palmitos Park (Grande Canarie) et l'Aqualand Costa Adeje (Tenerife), le Marineland de Majorque aux Baléares et le Marineland de Catalogne.

Le groupe Parques Reunidos est quant à lui propriétaire de six delphinariums dans le monde, dont trois en Espagne : celui du Zoo Aquarium de Madrid, l'Aquópolis Costa Dorada à Vila-seca en Catalogne et le Selwo Marina à Benalmadena, en Andalousie[48].

L'Oceanogràfic de Valence, propriété de la Cité des Arts et des Sciences, rassemble plusieurs cétacés dont 2 bélugas et 13 grands dauphins. Il est exploité par la société Avanqua.

Le Loro Parque, à Tenerife, aux îles Canaries, présente 7 orques dont 2 nés sur place[49] et 9 grands dauphins dont 5 nés dans le parc[50]. Il est possédé est dirigé par l'allemand Wolfgang Kiessling. Le Rancho Texas Park, sur l'île de Lanzarote, aux Canaries, présente 4 grands dauphins.

Le Mundomar Benidorm en Communauté valencienne, compte 11 grands dauphins[51].

Le zoo de Barcelone présente aussi des grands dauphins. Cependant, en 2017 le zoo modifiera complètement son delphinarium, la nouvelle installation ne comportera pas de gradins et verra l'arrêt des spectacles avec les grands dauphins[52]. Cette modernisation fait suite à la loi de protection des animaux interdisant les spectacles exploitant des animaux non-domestiques votée par le Parlement de Catalogne en 2013[53]. Cette loi concerne donc aussi le Marineland de Catalogne, situé un peu plus au nord à Palafolls, et l'Aquopolis Costa Dorada situé un peu plus au sud.

Finlande[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de delphinarium dans ce pays. Le dernier a avoir existé, celui du Parc de Särkänniemi, dans la ville de Tampere, a été fermé après le départ de ses quatre grands dauphins vers le Parc zoologique Attique, en Grèce, en août 2016[54],[55] (après avoir été annoncée en octobre 2015[56],[57]).

France[modifier | modifier le code]

Bassin des orques du marineland d'Antibes (France).

Il existe quatre delphinariums en France, dont trois en France métropolitaine. L'ensemble de ces structures présente 4 orques et 30 grands dauphins. Un arrêté interministériel publié en mai 2017 prévoit à long terme la fin de la captivité des cétacés dans ce pays, en interdisant les reproductions et les importations de grands dauphins et d'orques[58].

Parmi les structures existantes, le plus ancien et celui qui présente le plus de cétacés, le Marineland d'Antibes, se trouve dans les Alpes-Maritimes. Il est la propriété de la multinationale espagnole Parques Reunidos, ouvert en 1970, il présente 4 orques[59] et 12 grands dauphins[60]. Le delphinarium du Parc Astérix, en Picardie, est quant à lui la propriété de la Compagnie des Alpes, filiale de la Caisse des dépôts. Situé à 40 km de Paris, et ouvert en 1989, il présente 7 grands dauphins[61]. Le troisième, le delphinarium du parc zoologique Planète Sauvage à Port-Saint-Père sur la côte atlantique, est la propriété du groupe Looping. Situé à 24 km de Nantes, et ouvert en 2009, il présente 8 grands dauphins[62]. Le quatrième, le Moorea Dolphin Center, se trouve en Polynésie française, sur l'île de Moorea, au sein de l'hôtel InterContinental Moorea Resort & Spa, propriété de la multinationale hôtelière britannique InterContinental Hotels Group. Il présente 3 grands dauphins[63],[64].

Plusieurs tentatives de réglementation ou d'interdiction ont été faites à partir de mars 2015, lorsque la députée Laurence Abeille (EÉLV) propose un amendement au projet de loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, demandant l'interdiction des delphinariums. Celui-ci est rejeté mais le gouvernement Valls II " reconnaît que le débat était légitime et entend faire des propositions" afin que "la réglementation soit réexaminée"[65]. Il s'est par ailleurs engagé à geler toute nouvelle ouverture de delphinarium en France jusqu'à ce qu'un débat plus approfondi ait lieu en seconde lecture, au Sénat[66],[67]. En octobre 2015, les députés Laurence Abeille et François-Michel Lambert () proposent un amendement à la proposition de loi pour l'économie bleue portée par Arnaud Leroy, visant à interdire la capture, l’importation et la commercialisation de cétacés à des fins de dressage récréatif. Il est cependant rejeté par la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire de l'Assemblée nationale[68].

C'est en mai 2017 que voit le jour une réforme profonde des delphinariums. Élaborée par Ségolène Royal (PS), ministre de l’Environnement, et Barbara Pompili (), secrétaire d’État chargée de la Biodiversité au sein du gouvernement Cazeneuve, en concertation avec les ONG et les delphinariums[69], elle est publiée sous la forme d'un arrêté interministériel le 6 mai 2017[58]. Celui-ci prévoit notamment l'interdiction de la reproduction des orques et des dauphins actuellement détenus, l'interdiction des importations, l'amélioration des conditions de détention (normes augmentant la superficie et la profondeur minimale des bassins, obligation d'enrichissement...), l'interdiction des contacts avec le public, l’échouage des animaux pour les spectacles, les présentations nocturnes ainsi que les effets sonores et lumineux[70].

Grèce[modifier | modifier le code]

Le seul delphinarium de Grèce a ouvert en 2010 au sein du Parc zoologique de l'Attique, afin d'accueillir les onze grands dauphins du Musée de la mer lituanien de Klaipėda, pendant les travaux de rénovation de celui-ci[71]. Ce transfert fut d'emblée controversé dans le mesure où celui-ci n'avait pas d'autorisation CITES, ni d'autorisation du gouvernement grec, et que le zoo n'avait pas reçu le permis de construire le delphinarium.

En 2011, le parti des Verts écologistes et des chercheurs de l'Institute for Cetacean Research Pelagos ont attaqué le zoo en justice[72], la cour de justice d'Athènes a alors émis un arrêté provisoire en avril interdisant temporairement les spectacles de dauphins au sein de ce zoo[73], avant de se déclarer incompétente pour juger cette affaire en août.

Le ministère de l’Environnement, de l’Aménagement et des Travaux Publics a fait payer au zoo une amende de 1,5 million d'euros pour avoir fait construire le delphinarium sans permis[74].

Il présente 8 grands dauphins, en 2017[75].

Hongrie[modifier | modifier le code]

Il n'y a plus de delphinarium en Hongrie depuis octobre 1992 et la mort de deux des cinq spécimens importés pour le divertissement en juillet de la même année après avoir été utilisés par l'armée soviétique[76]. L'interdiction du commerce des dauphins de la mer Noire (de la sous-espèce Tursiops truncatus ponticus) en 2002 a mis fin à la captivité de ces animaux dans ce pays.

Italie[modifier | modifier le code]

En janvier 2015, le gouvernement fait fermer le delphinarium de Rimini qui exploitait des dauphins sans licence depuis presque dix ans[77]. Ceux-ci ont été transférés à l'Aquarium de Gênes[78].

Il reste trois delphinariums en Italie, l'Aquarium de Gênes, le parc Oltremare et Zoomarine Roma.

Malte[modifier | modifier le code]

L'archipel de Malte comprend un delphinarium présentant sept grands dauphins, le Mediterraneo Marine Park[79].

Norvège[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de delphinarium en Norvège.

Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Il existe deux delphinariums aux Pays-Bas : le Dolfinarium Harderwijk et Ecomare.

Le Dolfinarium Harderwijk présente 29 grands dauphins et 4 marsouins communs[80], Ecomare présente 2 marsouins communs.

Delphinarium d'Harderwijk, en 1966

Pologne[modifier | modifier le code]

La Pologne ne compte aucun delphinarium sur son territoire.

En août 2015, un projet de construction a vu le jour à Mszczonów dans la périphérie de Varsovie, mais le ministre de l'Environnement, Maciej Grabowski, a refusé d'autoriser sa construction[81] arguant que l'impact sur les dauphins captifs était trop négatif, ajoutant dans son communiqué : « Il n'y aura pas de permission pour des delphinariums commerciaux en Pologne [...] Je suis en faveur de les observer uniquement dans leur milieu naturel »[82], faisant référence à l'observation des dauphins sauvages de la mer baltique[83],[84].

Portugal[modifier | modifier le code]

Roumanie[modifier | modifier le code]

Il existe un delphinarium en Roumanie, en Dobrogée, au sein du Muséum d'histoire naturelle de Constanța (Complexul Muzeal de Științe ale Naturii Constanța)[85]. Il présente actuellement deux grands dauphins. Les anti-captivités affirment qu'ils sont issus de la chasse annuelle aux dauphins de Taiji (Japon), tandis que le propriétaire affirme qu'ils sont nés en captivité, en Chine. Ce dernier refuse de procéder à des tests ADN qui permettraient de trancher avec certitude[86].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Grands dauphins du delphinarium du Windsor Safari Park (Royaume-Uni) en 1988.

Il n'existe plus aucun delphinarium au Royaume-Uni depuis 1993, mais cela n'est pas dû à une interdiction. En 1991, à la suite de la mobilisation fructueuse de l'opinion publique en faveur de la réintroduction dans la nature des dauphins du marineland de Morecambe, le gouvernement britannique a publié un supplément aux normes concernant les pratiques des zoos modernes[87], basé sur un rapport de 1986 réalisé à la demande du département de l'environnement intitulé " Une analyse des delphinariums"[88]. Ce supplément aux normes a renforcé les conditions nécessaires au maintien en captivité des cétacés au Royaume-Uni, notamment sur les dimensions des bassins. Ces normes devinrent si strictes et impliquaient des coûts de mise au normes des infrastructures existantes si élevés que tous les delphinariums du pays ont été contraints de fermer.

Slovénie[modifier | modifier le code]

Suède[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Delphinarium Conny-Land (Suisse) en 2010, trois ans avant sa fermeture.

Il n'existe plus de delphinarium en Suisse depuis 2013. Une loi a été votée en mai 2012 interdisant l'importation de cétacés dans le pays[89],[90], elle est entrée en vigueur le [91].

Le seul delphinarium qui existait alors dans ce pays, au sein du parc d'attractions Conny-Land, a choisi de se séparer de ses 3 spécimens en octobre 2013[92] devant l'impossibilité de mener un élevage à long terme avec 3 individus, une femelle et deux de ses fils[93]. L'un des deux jeunes est mort en novembre 2013 d'une affection du pancréas[94], les deux autres dauphins ont été transférés en Jamaïque, dans une des baies privées du complexe touristique Dolphin Cove[95].

Océanie[modifier | modifier le code]

Outre la présence d'un delphinarium en Polynésie française, et de trois autres à Hawaï (États-Unis), le seul pays à présenter des delphinariums dans ce continent est l'Australie.

Australie[modifier | modifier le code]

Spectacle des dauphins du Sea World Gold Coast de Southport.

Il existe deux delphinariums en Australie. La situation dans le pays a évolué de façon complexe à partir des années 1980.

En 1984, Marine World Victoria demande un permis de construire pour un delphinarium permettant d'héberger au moins douze cétacés captifs. Le sénat australien nomme alors un comité spécial sur le bien-être animal (Select Committee (en) on Animal Welfare) chargé de travailler sur le sujet[96]. En décembre 1985, le comité publie un rapport intitulé "Dauphins et baleines en captivité"[97] dans lequel il recommande qu'aucune nouvelle installation ne s'établisse en Australie, qu'aucun nouveau permis ne soit accordé pour la capture de cétacés sauvages, et que l'importation de cétacés de l'étranger soit interdite. Il recommande également que les sept delphinariums alors en activité soient autorisés à conserver leurs cétacés en précisant cependant que la détention de ces cétacés devrait finalement être vouée à disparaître.

Cinq de ces sept delphinariums ont depuis fermés leurs portes : l'Atlantis Marine Park (Yanchep), le King Neptune's Park (Port Macquarie), le Marineland of South Australia (Adelaïde), l'African Lion Safari (en) (Warragamba) et le bassin d'Hamilton Island Enterprises (île Hamilton).

Grand dauphin au parc Dolphin Marine Magic de Coffs Harbour.

Plusieurs établissements en sont cependant venus à héberger des dauphins malgré les recommandations du Sénat. L'aquarium Underwater World de Perth à Hillarys, a accueilli en 1992 les trois dauphins de l'Atlantis Marine Park qui n'avaient pu être réintroduits dans la nature après sa fermeture. Cet aquarium ne présente plus de dauphins depuis que ceux-ci sont morts en 1999, il a ensuite changé son nom en Aquarium of Western Australia (en)[98]. L'Underwater World de Brisbane, a aussi présenté des dauphins pendant un temps, il n'en présente plus aujourd’hui, il a depuis changé son nom en Sea Life de Mooloolaba (en).

Actuellement il ne reste que deux des sept delphinariums qui existaient lors de la publication du rapport du Sénat : le Sea World Gold Coast Australia de Southport (Queensland)[99] et le parc Dolphin Marine Magic de Coffs Harbour (Nouvelle-Galles du Sud)[100] (anciennement Pet Porpoise Pool). Ce dernier est au cœur d'une controverse en novembre 2015, un mois après la mort d'un de ses dauphins[101], lorsque The Australian révèle que la caution scientifique de plusieurs universités australiennes proclamée par le parc est un mensonge[102]. Le parc affirmait en effet que plusieurs universités menaient des recherches sur ses mammifères marins, ce que les universités en question ont démenti.

Fin décembre 2015, Bob Carr, ancien premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud, prend position contre la captivité et devient ambassadeur d'Australia for dolphins, la principale association s'opposant à la captivité des cétacés[103]. Il estime qu'il est temps de renforcer la législation qu'il a contribué à mettre en place quand il était ministre de l'Environnement de Nouvelle-Galles du Sud dans les années 1980 et qui a permis la fermeture de trois delphinariums, en supprimant notamment la clause qui permet à un parc ayant des dauphins nés en captivité de les garder captifs[104].

Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Un delphinarium a existé au sein du Marineland of New Zealand (en) de Napier, mais il a fermé ses portes en 2008.

Activités[modifier | modifier le code]

Activités proposées aux visiteurs[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Lors de l’inauguration, du Marineland Studios Florida (1938) plus de 20.000 personnes firent le déplacement pour observer des animaux pour l’essentiel méconnus du grand public. Au début des années 1950, l’équipe proposa une animation consistant à faire effectuer aux dauphins quelques acrobaties. Des années 50 aux années 1970 ce sont plus de 900.000 visiteurs par an qui sont venus assister au « spectacle des dauphins savants ».

Attirés par ce succès, d’autres parcs marins se créent aux États-Unis puis dans de nombreux autres pays. Depuis 1938, les activités proposées aux visiteurs se sont diversifiés et répondent à la variété des attentes que l’on peut rencontrer entre différents publics ou cultures.

Observation[modifier | modifier le code]

Comme c’était le cas lors des premières années d’activité du Marine Studio Florida, certains parcs marins (par ex : l’aquarium de Gènes en Italie) proposent l’observation pur et simple de dauphins et autres petits cétacés depuis la surface à la périphérie des bassins ou en vision sous-marine. Cette option est, de loin, la moins courante.

Spectacles[modifier | modifier le code]

Spectacle à l'Aquarium John G. Shedd (Illinois, États-Unis).

La très grande partie des delphinariums proposent à leurs visiteurs d’assister à des représentations publiques impliquant l’exécution de comportements à caractère acrobatiques, artistiques et/ou pédagogiques. En général les visiteurs sont installés dans des gradins afin de donner une vision d’ensemble au plus grand nombre.

Il existe une grande variabilité dans la façon dont les cétacés sont présentés allant de spectacles à caractère purement artistique impliquant l’utilisation d’accessoires scénographiques (musiques, lumière, costumes) jusqu’à des présentations thématiques à caractère purement pédagogique (exposé illustré par le comportement des dauphins).

Séance éducative à l'intention d'un groupe scolaire dans la galerie sous marine de Planète Sauvage (France).

Programmes éducatifs[modifier | modifier le code]

Des activités pédagogiques sont proposées sous diverses formes, allant de cours à l’intention des scolaires à des séminaires s’étalant sur plusieurs jours.

Des programmes de découvertes plus approfondis sont également proposés à des petits groupes. Les formes sont multiples et variées : discussion avec un pédagogue, participation à une session d’apprentissage, observation avec support, présentation sous-marine.

Interactions avec les dauphins[modifier | modifier le code]

Des delphinariums proposent à ce qui le souhaitent une proximité plus grande avec les dauphins voire la possibilité de nager avec eux. Certains opérateurs se sont exclusivement spécialisés dans ce type d’activités, comme par exemple Dolphin Quest dans les Bermudes, à Hawaï et à Oahu.

Dans certains cas il est possible de réaliser des plongées sous-marines en extérieur avec des dauphins entrainés.

Delphinothérapie[modifier | modifier le code]

La zoothérapie est un courant cherchant à mettre en évidence l’effet thérapeutique de la proximité entre un patient humain et un animal.

Certains delphinariums ont lancé des programmes de delphinothérapie. Néanmoins les études scientifiques sur le sujet peinent à démontrer un réel effet de ce type d’approche.

Contribution à la recherche sur les cétacés[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Le tout premier delphinarium moderne, le Marineland Studios Florida (1938) accueille, sous l’influence de son directeur zoologique Arthur F. Mc Bride, des scientifiques attirés par l’opportunité d’étudier de près des créatures marines alors encore largement méconnues.

Ces pionniers font ainsi rapidement un grand nombre de découvertes sur les dauphins. Parmi ceux-ci, citons DuBoiset, Fetcher & Fetcher, Eichelberger et Geiling. Après la mort prématurée de McBride en 1949, d’autres scientifiques continuèrent à étudier les pensionnaires du Marineland Florida tel que FG Wood (1953), W. Kellogg (1961) de l'Université d'État de Floride et l'équipe de Bill Schevill et Barbara Lawrence du Woods Hole.

En 1953, suite au succès commercial du Marineland Florida, la création d’un second delphinarium en Californie est confiée à un jeune doctorant, Kenneth Norris, qui deviendra un des fondateurs de la cétologie moderne. On lui doit à cette époque la démonstration de l’utilisation du sonar chez le dauphin. Cette capacité n’avait alors été envisagée que par Jacques Yves Cousteau (le monde du silence, 1953) sans recevoir de confirmation.

D’autres structures voient le jour ensuite et d’autres recherches sont entreprises par exemple sur la communication avec la proposition de l’utilisation d’un sifflement de signature (en) propre à chaque dauphin par les époux Caldwell (1965), théorie toujours d’actualité plus de 50 après (Janik, 2013[105]).

En 1972, cette génération de chercheurs a été à l’origine de la toute première loi du Congrès des États-Unis à contraindre une approche respectueuse de la faune en interdisant les captures de mammifères marins et toute perturbation dans leur milieu naturel: le Marine Mammal Protection Act.

Thématiques de recherches[modifier | modifier le code]

Les recherches entreprises en delphinarium abordent des champs très diverses et variés et font régulièrement l’objet de publications scientifiques.

Ci dessous quelques exemples de publications issues des travaux entrepris dans les delphinariums :

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Neurosciences[modifier | modifier le code]

Marino, L., & Stowe, J. (1997)[106], Thieltges et al. (2011)[107], Blois-Heulin et al. (2012)[108].

Physiologie respiratoire et cardiaque[modifier | modifier le code]

Yazdi et al. (1999)[109], Miedler et al. (2015)[110]

Physiologie digestive[modifier | modifier le code]

Cheal et al. (1992)[111], Mitchell et al. (2008)[111].

Physiologie reproductrice[modifier | modifier le code]

Robeck et al. (1994), Desportes et al. (2003)[112].

Perception sensorielle[modifier | modifier le code]

Herman (en) et al. (1998)[113], Kremers et al. (2014)[114], Tomonaga (2014)[115], Kremers et al. (2016)[116], Lucke et al (2016)[117].

Communication[modifier | modifier le code]

McCowan et al. (1995)[118], Janik et al. (2013)[105], Rachinas-Lopes et al. (2017)[119].

Développement[modifier | modifier le code]

Mello et al. (2005)[120], Fripp et al. (2008)[121].

Bioacoustique[modifier | modifier le code]

Kamminga et al. (2003)[122], Harley et al. (2008)[123], Niu et al. (2012)[124].

Sciences vétérinaires[modifier | modifier le code]

Esperón et al. (2012)[125], Fiorucci et al. (2015)[125].

Virologie[modifier | modifier le code]

Rehtanz et al. (2010)[126], Bernal-Guadarrama, et al. (2014)[127], Van Elk (2014)[128].

Cognition[modifier | modifier le code]

Kucjaz et al. (2009)[129], Tomonaga, M. et al. (2010)[130], Herman, L. M. (2010)[131], Eskelinen et al. (2016)[132].

Éthologie[modifier | modifier le code]

Tamaki et al. (2006)[133], Evans-Wilent et al. (2013)[134], Kremers et al. (2014)[135].

Génétique[modifier | modifier le code]

Rooney et al. (1999)[136].

Bien-être animal[modifier | modifier le code]

Castellote et al.(2006)[137], Pedernera-Romano et al. (2006)[138], Desportes et al. (2007)[139], Clegg et al. (2015)[140]

Une part conséquente des travaux entrepris en delphinarium a pour but de développer des méthodes d’étude applicables en milieu naturel - Tyack (1991)[141], Blomqvist et al. (2004)[142],Thomsen et al. (2005), Vergara (2010)[143], Giménez (2016)[144] et permettant de créer des mesures adaptées de protection des petits cétacés - Kastelein (2000)[145].

Très récemment le gouvernement suédois a annoncé la création dans la mer Baltique de la plus grande aire de protection destinée à soulager les populations locales de marsouins communs faisant suite aux études menées par le Pr. Mats Amundin au sein du delphinarium du parc animalier de Kolmarden (Suède) et de l'aquarium du Fjord&Bælt (Danemark) [146] depuis plus de 30 ans et au projet SAMBAH initié en 2008.

Sauvetages[modifier | modifier le code]

Opposition aux delphinariums[modifier | modifier le code]

Controverses[modifier | modifier le code]

Bien-être[modifier | modifier le code]

Les conditions de vie des animaux des delphinariums sont controversées sur divers points. Le degré d'intelligence élevé dont font preuve les espèces de cétacés rend ses besoins en captivité très élevés.

Article détaillé : Intelligence des cétacés.
Impossibilité d'exprimer certains comportements[modifier | modifier le code]

Les bassins en béton, remplis d'eau chlorée et sans végétation ne sont pas adaptés à la physiologie et au comportement naturel de ces animaux, qui y sont nourris avec des poissons morts. Lorsqu'ils sont sauvages les cétacés passent une grande partie de leur temps à chasser des proies vivantes, ce qu'ils ne peuvent pas faire en captivité.

Les comportements sociaux très complexes propres aux cétacés sont aussi rendus difficiles par les conditions de vie en captivité.

Stress et troubles du comportement[modifier | modifier le code]

Comme de nombreux animaux captifs élevés dans des conditions inadéquates, les cétacés captifs ont tendances à développer des troubles du comportement, comme des stéréotypies.

Les dosages hormonaux et enzymatiques chez les animaux captifs montrent que les cétacés captifs sont stressés[147].

Des comportements dus au stress engendré par l'enfermement dans un espace restreint avec des membres n'appartenant pas à la même communauté ont été recensés. En 2006, au zoo du Minnesota un delphineau de 7 mois prénommé Harley a sauté hors de son bassin. Il est décédé peu de temps après. La mère du jeune delphineau, est elle aussi décédée à la suite de la mort de son petit[148]. À l'Ocean Park de Hong Kong, une femelle prénommée Pinky[148] a eu un comportement que certains considèrent comme "suicidaire" étant donné que celle-ci se jetait violemment contre les parois.

Des cas d'incestes, jamais observés dans la nature[réf. nécessaire], ont été recensés en captivité chez les orques.

Agressivité[modifier | modifier le code]

L'environnement dans lequel évoluent les groupes artificiels reformés de dauphins, aurait tendance à provoquer chez eux une agressivité. En juillet 2015, Aloa, une jeune femelle dauphin nouveau-née a été tuée lors d'un combat entre femelles du bassin. Selon les explications du Parc Astérix[149], un coup lui a été fatal. Dans la nature les femelles d'un même groupe social (fille, petite-fille, tante, marraine, cousine...) restent ensemble afin de suivre la meneuse ou "matriarche". Les mâles, quant à eux s'éloignent du banc dans lequel ils appartiennent afin de tenter d'unifier leur groupe à un autre[150].

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

La comparaison de l'espérance de vie des cétacés captifs avec celle des cétacés sauvages suscite le débat, car l'espérance de vie varie d'une population sauvage à une autre et d'une population captive à une autre. En milieu captif elle est diminuée par le stress et les infections, alors qu'en milieu sauvage elle est surtout diminuée par la prédation et la pollution des eaux (aux métaux lourds notamment).

Pour certains chercheurs, ces deux espérances de vie seraient similaires[151]. Pour d'autres les calculs seraient parfois biaisés par le fait que le taux de survie en captivité ne tient pas toujours compte des animaux morts précocement. En captivité, il y aurait trop peu de naissances pour compenser la mortalité.

De nombreux cétacés captifs meurent d'infections fongiques, due à des souches résistantes de Candida notamment. Bien que certains parcs affirment que ces infections sont communes en milieu sauvage, comme ce fut le cas lors de la mort de l'orque Unna au SeaWorld de San Antonio, la littérature scientifique affirme quant à elle que ces infections sont souvent une conséquence de la captivité[152]. On peut ainsi lire dans le Merck Veterinary Manual, que « les mammifères marins captifs semblent particulièrement prédisposés aux infections fongiques » et que la candidose « atteint les cétacés captifs secondairement au stress, à une désinfection de l'eau au chlore mal équilibrée, ou à une antibiothérapie à large spectre »[153]. D'anciens dresseurs ont rapporté que SeaWorld utilisait des antibiotiques en prévention chez ses orques, une pratique déconseillée car elle entraîne le développement de souches bactériennes et fongiques résistantes aux antibiotiques.

Rupture des liens sociaux[modifier | modifier le code]

La captivité engendre une reconstitution artificielle des groupes sociaux, et de ce fait un besoin chez l'animal de se recréer une place au sein du groupe captif.

Syndrome de l'aileron flaccide[modifier | modifier le code]
Syndrome de l'aileron flaccide chez l'orque Tilikum au SeaWorld d'Orlando.

Aussi appelé FFS (de l'anglais : Flaccid Fin Syndrome), ce syndrome, caractérisé par l'aspect mou et retombant de la nageoire dorsale, est nettement plus courant chez les orques captives (100 % des mâles) que chez les orques sauvages (moins de 1 %)[154].

Plusieurs facteurs semblent en être à l'origine, inhérents aux faibles superficies et profondeurs des bassins, notamment l'augmentation du temps passé à la surface, la nageoire dorsale n'étant plus soutenue par la masse de l'eau, ce qui tend à diminuer sa rigidité avec le temps[155]. D'autres facteurs sont avancés, comme l'augmentation de l'exposition du collagène de la nageoire à la chaleur des rayonnements solaires, le rendant plus flexible[155]. Cela pourrait aussi être dû à la prépondérance des mouvements de nage circulaires imposés par les bassins[156].

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Les spectacles de dauphins, apparentés au cirque, sont contestés par les défenseurs des animaux, qui y voient une mise en scène dégradante pour les cétacés et sans intérêt instructif pour les visiteurs. Pour eux, ces représentations renvoient aux spectateurs le message implicite que les humains peuvent exploiter des animaux non domestiques pour leur divertissement, et ce sans se préoccuper de la volonté et de la souffrance des animaux en question.

Les partisans de ce type de structure arguent que les spectacles de cétacés permettent de sensibiliser le public à l'intelligence de ces animaux. Cependant il existe aussi des activités touristiques qui promeuvent l'observation de dauphins dans leur milieu naturel permettant d'éduquer et de sensibiliser le public.

Par ailleurs, la qualité scientifique et l'honnêteté des informations données aux spectateurs a été remise en cause. Des observateurs font remarquer qu'elles tendent à être partiales et visent à ce que les visiteurs aient une image positive des delphinariums[157].

Recherche[modifier | modifier le code]

Pour Jacques-Yves Cousteau, « il y a autant de bénéfices pédagogiques à acquérir en étudiant des dauphins en captivité qu’il y en aurait à étudier le genre humain en n’observant que des prisonniers isolés. »[réf. nécessaire]

Sauvetages[modifier | modifier le code]

Les activités de sauvetage de cétacés échoués ou en difficulté menées par les delphinariums sont contestées. Leurs opposants pointent le conflit d'intérêts qu'il y a à secourir des cétacés qui ne sont pas toujours réintroductibles d'un côté et à garder et présenter des cétacés captifs d'un autre.

Le cas de l'orque Morgan, secourue par le Dolfinarium Harderwijk (Pays-Bas) en 2010 illustre cette controverse. Les opposants mettent en avant que l'équipe du delphinarium n'a pas respecté la procédure de sauvetage qui implique que les cétacés secourus soient le moins possible imprégnés de la présence humaine, afin de maximiser les chances de réussite de la réintoduction. Pour eux, cela aurait été intentionnel, dans le but de pouvoir la déclarer inapte à la réintroduction, la garder captive et apporter de la diversité génétique à une population captive restreinte dans un contexte européen où les captures sont interdites. Morgan est captive au Loro Parque (Espagne) depuis 2011, où elle participe aux performances.

Revendications des opposants[modifier | modifier le code]

Alternatives[modifier | modifier le code]

Les delphinariums dans la culture[modifier | modifier le code]

Flipper le dauphin.

Films[modifier | modifier le code]

Plusieurs films ont pour thème des animaux vivant dans un delphinarium, et en particulier des orques.

Sorti en 1993 le film franco-américain Sauvez Willy raconte l'histoire d'amitié entre un jeune garçon et d'une orque mâle captive du nom de Willy, qu'il entreprendra de faire regagner la liberté. Très grand succès en salle, ce film fera l'objet d'une suite avec Sauvez Willy 2, 3 et 4.

En 2013 sort Blackfish, un documentaire américain réalisé par Gabriela Cowperthwaite qui traite des dangers de garder captifs des spécimens d'orques. Le film a été présenté au festival du film de Sundance 2013.

Séries[modifier | modifier le code]

La série américaine Flipper le dauphin, sortie entre 1964 et 1968 raconte les aventures d'une famille dont le père est responsable d'un parc aquatique de Floride, et de leur dauphin apprivoisé Flipper. Cette série fait suite à deux films à succès sortis en 1963 et 1964.

Livres[modifier | modifier le code]

Le roman d'anticipation Un animal doué de raison de l'auteur français Robert Merle, relate l'histoire de scientifiques apprenant à parler à des dauphins captifs, dans le cadre de recherches militaires. Ce livre sorti en 1967 a fait l'objet d'une adaptation en film sous le nom Le Jour du dauphin, sorti en 1973.

Documentation[modifier | modifier le code]

Thalassa, Dauphins, le grand spectacle !, émission du 24 février 2017 (France 3).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des enclos de ce type sont plus rares mais il en existe notamment à Punta Cana (République Dominiquaine) au parc Dolphin Island, sur l'île de Cayo Blanco (Varadero, Cuba), au Mexique dans les delphinariums Dolphin discovery ou aux États-Unis comme à Islamorada (Floride) dans un bras de mer fermé au Theatre of the Sea .
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Articles connexes[modifier | modifier le code]