Phocoena sinus

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Vaquita

Le Marsouin du golfe de Californie, ou Marsouin du Pacifique (Phocoena sinus)[1] est une espèce de marsouins[2] en danger critique d'extinction (il n'en resterait qu'une dizaine d'individus[3]). Elle fait partie de la liste des 100 espèces les plus menacées au monde établie par l'UICN en 2012.

La première cause de mortalité est l'étouffement à la suite du piégeage dans des filets de pêche illégaux[2] notamment utilisés par des pêcheurs de totoaba (poisson, également en voie d'extinction, prisé dans la médecine traditionnelle chinoise et vendu dans les marchés noirs de Chine jusqu'à 3 500 euros le kg par les braconniers[4]).

Description et mode de vie[modifier | modifier le code]

Le marsouin du golfe de Californie mesure environ 1,50 m et pèse en moyenne 48 kg[5]. Son corps gris est plus foncé sur le dos que sur le ventre ainsi qu'autour des yeux et de la bouche. La femelle donne le jour à un petit tous les deux ans ne mesurant que de 70 à 80 cm de long qu'elle allaite plusieurs mois[5].

Son mode de vie est très mal connu. Il vit, souvent seul, dans des eaux peu profondes (moins de 40 m) où il se nourrit de poissons et de calmars, qu'il repère par écholocation près du fond ou sur le sol marin[5].

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

Répartition de Phocoena sinus
dans le golfe de Californie en Amérique du Nord.

Cette espèce est endémique du nord du golfe de Californie (mer de Cortés)[6] et ne semble jamais avoir été élevée en captivité[4].

Habitat[modifier | modifier le code]

L'habitat du marsouin du golfe de Californie se limite à la région du nord du golfe de la Californie ou mer de Cortés. Le mammifère vit près de la côte, dans les eaux sombres et peu profondes des lagunes. Il nage rarement à plus de 30 mètres de profondeur et peut survivre dans des lagunes si peu profondes que son dos en émerge. Le marsouin du golfe de Californie est le plus souvent aperçu dans les eaux de 11 à 50 mètres, sur fond de limon et de glaise, à une distance de 11 à 25 kilomètres de la côte. Il a tendance à préférer les eaux turbides, car elles ont une plus forte teneur en nutriments. Cette teneur en nutriment est importante, car elle attire les petits poissons, les calmars et les crustacés dont il se nourrit. Le marsouin du Golfe de Californie résiste aux fluctuations de température propres aux eaux turbides et peu profondes des lagunes.

État des populations, pressions et menaces[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un des animaux marins les plus vulnérables[5], et du mammifère marin considéré en 2017 comme le plus menacé au monde[2].

Le recensement basé sur un sondage acoustique qui a compté les bruits de cliquetis de ces animaux l'été 2016 (publié en ) fait état d'une population de moins de trente individus[7] (pour une population d'environ 600 individus dix ans plus tôt[8]).

En 2022 il ne resterait qu'une dizaine de vaquitas. La principale cause de son extinction est la pêche du totoaba, un poisson qui comme lui vit dans la mer de Cortès et dont la vessie se vend des milliers d'euros en Asie pour des prétendues vertus aphrodisiaques[9]. Sa pêche a par conséquent attiré des cartels mexicains comme le cartel de Sinaloa. Ceux-ci pratiquent une pêche intensive et non-sélective en utilisant le filet dérivant qui décime de nombreuses espèces parmi lesquelles le vaquita[10],[11],[12].

Actions mises en vigueur pour la préservation du vaquita[modifier | modifier le code]

Le gouvernement mexicain a créé un sanctuaire dans la mer de Cortés où vit le vaquita ; la pêche y est interdite, mais les braconniers continuent de pêcher dans cette zone. Seule l'ONG Sea Shepherd est présente sur le terrain pour faire respecter la loi[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian, Elsevier, 2007, (ISBN 9780444518774), 857 pages, p. ?, p. 405 dans une édition précédente
  2. a b et c Virginia Morell (2017) World’s most endangered marine mammal down to 30 individuals ; News de la revue Science publiée le 1er février 2017
  3. « Plus que 10 marsouins du Pacifique vivants au monde », sur futura-sciences,
  4. a et b Le monde se mobilise pour sauver le cétacé le plus menacé de la planète, le marsouin du Pacifique, maxisciences.
  5. a b c et d Le Règne Animal, David Burnie, 2002, (ISBN 2-07-055151-2)
  6. (en) Norris & McFarland 1958 : A new harbor porpoise of the genus Phocoena from the Gulf of California. Journal of Mammalogy, 39, 22-39.
  7. (en) Morell, Virginia, « World’s most endangered marine mammal down to 30 individuals », Science,‎ (DOI 10.1126/science.aal0692, lire en ligne)
  8. UICN, consulté le 13 décembre 2017
  9. Nathaniel Herzberg, « La survie du vaquita est entre nos mains : Les dix derniers marsouins du Pacifique pourraient permettre à l’espèce de survivre, malgré la consanguinité, viennent de montrer des chercheurs. Mais faute d’une action radicale, ils auront disparu dans quelques années. », sur lemonde.fr, Le Monde,
  10. Nathaniel Herzberg, « Les cétacés les plus en danger », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. (en) « World's most endangered marine mammal down to 30 individuals », sur www.science.org (consulté le )
  12. « Sur le front Les océans », sur France TV, (consulté le )
  13. France 5.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]