La Brigade chimérique

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La Brigade chimérique
Série
Scénario Serge Lehman et Fabrice Colin
Dessin Gess
Couleurs Céline Bessoneau
Genre(s) radiumpunk (steampunk) - Fantastique

Personnages principaux George Spad
Irène Joliot-Curie
Jean Séverac
Le Nyctalope

Pays Drapeau de la France
Éditeur L'Atalante
Nb. d’albums 6 et 1 intégrale

La Brigade chimérique est une série de bande dessinée qui raconte pourquoi et comment tous les super-héros européens ont disparu avec la Seconde Guerre mondiale. Le scénario est de Serge Lehman et Fabrice Colin, le dessin de Gess et les couleurs de Céline Bessonneau.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La série est une allégorie fantastique (et non pas une uchronie puisque l'histoire parallèle rejoint notre réalité historique en 1939). Nés sur les champs de bataille de 14-18, dans le souffle des gaz et des armes à rayons X, les super-héros ont pris la relève des « gentilshommes-justiciers » de la fin du XIXe siècle ainsi que le contrôle des grandes capitales européennes. Les feuilletonistes ont fait d'eux des icônes. Les scientifiques sont fascinés par leurs pouvoirs. Pourtant, quelque part dans les Alpes Autrichiennes, une cité jaillie de nulle part annonce une menace qui risque d'effacer jusqu'au souvenir de leur existence.

Genèse de la série[modifier | modifier le code]

Les auteurs font revivre dans un contexte géo-politique fidèle à la situation de l'Europe d'avant-guerre des personnages historiques réels ainsi que des personnages de super-héros « primitifs » créés par la littérature populaire européenne du début du XXe siècle (ainsi que le cinéma), dans un geste à la fois archéologique et critique dont l'ambition est de nous permettre de renouer avec un imaginaire collectif refoulé, et de dissiper l'erreur historique qui consiste à penser que la figure du super-héros est une invention exclusivement américaine[réf. nécessaire]. L'univers, qui met également en scène des véhicules et des technologies imaginaires, est qualifié de « radiumpunk » par ses créateurs[1] : le mot est dérivé du terme steampunk (qui désigne des univers dont les technologies fictives sont basées sur des machines à vapeur) et met en avant le fait que les technologies du monde de La Brigade chimérique emploient massivement le radium, dont la découverte par Marie Curie sert de point de divergence historique temporaire.

Univers[modifier | modifier le code]

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L'univers de la Brigade chimérique ressemble trait pour trait à l'Europe réelle de la même époque, mais le contexte géopolitique a été adapté pour y intégrer des personnages de fiction célèbres (leurs écrivains deviennent alors des biographes ou des journalistes, comme H. G. Wells). De ce fait, l'Europe a subi quelques modifications :

  • La représentation de l'URSS fait écho à celle du régime totalitaire décrit dans 1984 ; Staline y est dépeint comme un robot, connu sous le nom du "Grand Frère". Née en pleine première guerre mondiale, la branche super-héroïque du Régime est appelée "Nous Autres" : elle est constituée d'hommes et femmes sans pouvoirs pilotant des exo-squelettes mécaniques capables de rivaliser avec les surhommes. "Nous Autres" exalte la puissance de la collectivité contre l'individualisme des mutants.
  • L'Allemagne est aux mains du Docteur Mabuse qui en a progressivement pris le contrôle ; Hitler ne semble pas exister. L'organisation de Mabuse emprunte sa symbolique au Parti nazi, avec des hommes-squelettes en guise de SS. Mabuse a usé de pressions pour annexer des territoires en Europe centrale, et a bâti en Autriche une nouvelle capitale, Métropolis, jaillie de nulle part.
  • La France fut l'épicentre de l'émergence des surhommes ; la plupart sont nés dans les tranchées à la suite d'expérimentations chimiques ayant mal tourné. La jeune Marie Curie (« la reine du radium ») les parcourait ; elle a progressivement recruté les nouveaux mutants et les a invités à rejoindre son institut, où ils étaient soignés, étudiés et souvent formés. Beaucoup de mutants se sont lancés dans l'héroïsme sous l'influence de Marie et respectent son souvenir ; après sa mort, l'Institut a été fermé faute d'une succession valable. Le Nyctalope a profité de ce vide pour s'auto-proclamer seul protecteur de la ville de Paris, jusqu'à être soutenu par le gouvernement (il est à la tête du Comité d'information et de défense, qui protège et tyrannise Paris à la fois). Frédéric et Irène Joliot-Curie ont tenté péniblement de remettre sur pied l'Institut et ont dû s'allier politiquement à "Nous Autres", ce qui leur a valu la vindicte publique.
  • La guerre civile espagnole fut le théâtre d'affrontements entre un héros révolutionnaire nommé le Partisan et la Phalange, surhomme franquiste né dans les Tranchées. Gog tient les rênes financières de l'Italie fasciste ; ce sont les alliés de Mabuse.

Personnages[modifier | modifier le code]

Sur le modèle de La Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, les auteurs réunissent différents personnages de la littérature européenne du début du XXe siècle. Ils convoquent également dans leur récit des personnes ayant réellement existé comme Marie Curie ou André Breton.

Personnages historiques[modifier | modifier le code]

Personnages littéraires[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

La Brigade chimérique[modifier | modifier le code]

Scénario de Serge Lehman et Fabrice Colin. Dessin de Gess. Couleurs de Céline Bessoneau.

  1. Mécanoïde Curie - La Dernière Mission du Passe-muraille (L'Atalante, août 2009)
  2. Cagliostro - La Chambre ardente (L'Atalante, septembre 2009)
  3. L'Homme cassé - Bon anniversaire docteur Séverac (L'Atalante, octobre 2009)
  4. Politique internationale - HAV-Russe (L'Atalante, mars 2010)
  5. Le Club de l'hypermonde - TOLA (L'Atalante, juin 2010)
  6. La tête arrive - Épilogue : Le Grand Nocturne (L'Atalante, octobre 2010)
  • La Brigade chimérique : l'intégrale (L'Atalante, 2012)

Albums reliés à l'univers de la Brigade Chimérique[modifier | modifier le code]

Scénario de Serge Lehman. Dessin et couleurs de Gess.

Histoire éditoriale[modifier | modifier le code]

Publiée entre l'automne 2009 et l'automne 2010, La Brigade chimérique est une série achevée en six tomes. Lors du festival des Utopiales 2009 une exposition mettait en scène les inspirations des auteurs et des planches des premiers albums. Une adaptation en jeu de rôle par les éditions Sans-Détour paraît en 2010 sous le titre L’Encyclopédie de la Brigade chimérique en novembre 2010[1]. Elle est suivie de deux autres volumes, Aux confins du merveilleux-scientifique (2011) et La Grande Nuit (2012), chez le même éditeur. En octobre 2012 paraît aux éditions de l'Atalante une intégrale complétée par huit pages couleur de dessins et d'illustrations de Gess, et par un cahier texte de trente-deux pages où les auteurs expliquent leur processus créatif et analysent, planche par planche, toutes les références (littéraires, cinématographiques, picturales, politiques, scientifiques…) de la série. En mars 2013 paraît chez le même éditeur un spin-off de la série, intitulé L'Homme truqué, scénarisé par Serge Lehman, dessiné et mis en couleurs par Gess. La série est traduite en anglais et publiée chez l'éditeur Titan en 2015-2016 sous le titre The Chimera Brigade. Au même moment, une autre mini-série spin-off intitulée L'Œil de la Nuit paraît aux éditions Delcourt : toujours scénarisée par Serge Lehman et dessinée par Gess, avec une mise en couleurs de Delf, elle est composée de trois albums et raconte les débuts héroïques de Théo Sinclair (transposition du personnage de Léo Sinclair, alias le Nyctalope, dont les auteurs n'ont pu obtenir les droits). L'intégrale Atalante est également rééditée sous une nouvelle couverture.

Éditeurs[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

La série a obtenu le prix du jury BdGest'Art 2010 organisé par le site Internet BdGest[4], ainsi que le Grand prix de l'Imaginaire 2011, catégorie bande dessinée / comics, décerné lors du Festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo[5].

Prolongements[modifier | modifier le code]

En 2012, Serge Lehman donne une suite indirecte à l'univers de La Brigade chimérique en créant une nouvelle série intitulée Masqué. Publiée chez Delcourt et dessinée par Stéphane Créty, cette série est située à Paris-métropole dans un futur proche. La Seconde Guerre mondiale a oblitéré le souvenir des surhommes français d'avant-guerre et l'influence des Situationnistes s'est substituée à celle des Surréalistes. Ce futur proche, dominé par l'ombre tutélaire du Fantôme (c'est-à-dire Fantômas), réputé « le plus grand tueur en série français du vingtième siècle », met en scène le retour des super-héros européens[6].

En 2015, Lehman et Gess reviennent au personnage du Nyctalope en faisant de lui le héros d'une bande dessinée publiée chez Delcourt, et qui raconte cette fois ses origines et ses aventures de jeunesse. Conçue comme un spin-off de La Brigade chimérique, cette nouvelle série est cependant rebaptisée L'Œil de la Nuit en raison d'un désaccord avec les ayant-droits de Jean de La Hire[7].

Notes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]