Le Passe-muraille

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Le Passe-muraille
Publication
Auteur Marcel Aymé
Langue Français
Parution Drapeau : France
dans Lecture 40
Recueil Le Passe-muraille
Intrigue
Genre Nouvelle fantastique
Nouvelle précédente/suivante
Les Sabines Suivant

Le Passe-muraille est une nouvelle fantastique de Marcel Aymé, parue dans Lecture 40 en 1941.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Passe-muraille paraît d'abord dans Lecture 40 le et Sept Jours en février 1942, sous le titre Garou-Garou, puis dans le recueil de nouvelles du même nom, le quatrième de l'auteur, en 1943[1],[2].

Résumé[modifier | modifier le code]

Le Passe-muraille met en scène « un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire, et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. » Type même du petit bonhomme falot, gris invisible, Monsieur Dutilleul va connaître des aventures parfaitement ahurissantes. Il profite d'abord de son don pour rendre fou son chef de service honni puis commet des vols dans les plus grandes banques et bijouteries, signant ses forfaits du nom de « Garou Garou ». Il fait alors la une de la presse et met la police sur les dents, qui n'arrive pas à élucider ces vols spectaculaires. Il se fait volontairement arrêter pour démontrer à ses collègues de bureau qu'il est bien Garou Garou et est incarcéré à la prison de la Santé. Quittant plusieurs fois sa cellule (pour emprunter des livres dans la bibliothèque du directeur de la prison ou aller déjeuner au restaurant), il s'évade définitivement, non sans avoir prévenu auparavant par courrier le directeur de son heure d'évasion. Il pense partir pour l'Égypte mais tombe amoureux d'une femme mal mariée qu'il a croisée dans la rue. Mais une nuit, alors qu'il quitte la chambre de sa conquête, il perd son incroyable don pour se retrouver prisonnier d'un des murs de la maison. Il n'aura que le peintre Eugène Paul et sa guitare pour le consoler de sa solitude, illustré par le peintre Jean Joyet.

L'action se déroule pour beaucoup à la butte Montmartre, où résidait Marcel Aymé, dans le 18e arrondissement de Paris. Dutilleul habite initialement au « 75 bis » de la rue d'Orchampt, puis après s'être évadé de prison, loge dans un appartement de l'avenue Junot, tombe amoureux d'une femme, rue Lepic. C'est finalement dans la rue Norvins qu'il finit par rester bloqué dans un mur.

Recueil[modifier | modifier le code]

La nouvelle a donné son nom au recueil où l'on trouve également d'autres nouvelles humoristiques ou surréalistes :

  • Les Sabines, sur le don d'ubiquité
  • La Carte, journal de Jules Flegmon sur la création de cartes de temps et de tickets de vie
  • Le Décret, un saut dans le temps est décrété pour en finir avec la guerre
  • Le Proverbe, un homme tyrannique aide son fils à faire un devoir
  • Légende poldève, l'arrivée d'une vieille bigote au paradis
  • Le Percepteur d'épouses, des maris en arrivent à payer leurs impôts avec leurs femmes
  • Les Bottes de sept lieues, une paire de bottes magiques permet à un écolier de sortir de la misère.
  • L'Huissier, un huissier est sommé pour entrer au paradis de retourner sur terre pour aider les pauvres.
  • En attendant, devant une épicerie, quatorze personnes évoquent chacune leur vie difficile pendant la guerre.

Le recueil est très marqué par le contexte de l'Occupation. Marcel Aymé évoque la misère qui frappe les Français (Les Bottes de sept lieues, L'Huissier, La Carte). Ses personnages sont souvent dépassés par des décisions administratives absurdes (Le Décret, Le Percepteur d'épouses, La Carte). Et, entre les lignes et souvent explicitement, Marcel Aymé témoigne de l'exaspération douloureuse des Français face à une guerre qui n'en finit pas. La dernière nouvelle du recueil titré justement En attendant (que la guerre prenne fin) détaille les malheurs et vilénies qui se sont abattus sur la tête des gens depuis quatre ans. Marcel Aymé met dans la bouche du personnage juif cette phrase laconique  : « Moi, dit un Juif, je suis juif », signifiant par là qu'il n'est pas nécessaire de préciser ce qu'être juif signifie dans la France occupée.

Postérité[modifier | modifier le code]

La place Marcel-Aymé, située au bas de la rue Norvins, abrite une statue réalisée par Jean Marais, représentant Marcel Aymé traversant un mur.

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Adaptations à la télévision[modifier | modifier le code]

Adaptations scéniques[modifier | modifier le code]

Une adaptation en comédie musicale écrite par Didier van Cauwelaert et Michel Legrand a été créée en janvier 1997 au Théâtre des Bouffes-Parisiens à Paris. Une version en langue anglaise, rebaptisée Amour, a été donnée au Music Box Theatre de New York le 20 octobre 2002. On trouve également trace d’une production japonaise en 2000 et d’une production coréenne en 2007.

Nouvelles aventures[modifier | modifier le code]

Le personnage apparaît dans la bande-dessinée La Brigade chimérique (2009-2010), qui convoque différentes figures de « super-héros » « primitifs » de la littérature d'avant-guerre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Lecureur, Le Passe-muraille - Notice, in Marcel Aymé, Œuvres romanesques complètes – III, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 2001, p. 1843-1851 (ISBN 978-2-07011-473-3).
  2. Texte intégral de la nouvelle [1]