Coloriste (bande dessinée)

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Coloriste de bande dessinée
Codes
ROME (France)
E1205

Le coloriste de bande dessinée choisit et applique la couleur aux bandes dessinées qu'il reçoit rendues au trait, avec uniquement des lignes noires sur fond blanc, telles qu'elles se trouvent après l'encrage.

Il définit les couleurs des personnages et des décors, vêtements en respectant la continuité des couleurs au fil des planches et l'effet des lumières et des ombres du dessin en fonction du scénario.

La couleur à l'origine de la bande dessinée[modifier | modifier le code]

Initialement, la bande dessinée publiée dans la presse devait être lisible en impression au trait, noir et blanc. Des versions colorées ont d'abord seulement inclus des rehauts en une couleur, avant que les dessins soient largement coloriés. Les versions en quadrichromie utilisaient un petit nombre de nuances en aplat, qui pouvaient être indiquées, dans les zones où elles devaient s'appliquer, par un numéro. On pouvait ainsi transmettre à l'imprimeur des indications de couleur sur un document en noir et blanc, transmissible par tous moyens de l'époque. Les imprimeurs recevaient d'autre part la définition des trames correspondant à ces numéros. L'impression comportait une plaque noire, au trait, avec les contours, et trois plaques demi-teintes pour les couleurs, à quatre niveaux de gris chacune, soit 64 nuances en tout. L'impression de meilleure qualité, pour les magazines ou albums de bande dessinée, a conservé, le plus souvent, le principe d'un dessin au trait colorié ensuite. Cette solution technique évite les difficultés d'une reproduction en couleurs, comme on en connaît pour la peinture. Elle était mise en œuvre, pour l'essentiel, par des spécialistes de l'impression en couleurs. Les progrès de la séparation quadrichromique ont donné plus de diversité aux couleurs, et ont amené à la définition d'un nouveau métier artistique et technique, celui de coloriste de bande dessinée[1].

Technique[modifier | modifier le code]

La mise en couleur était, avant la généralisation du traitement informatique, effectuée sur un tirage particulier de la planche, appelé « bleu », où les traits noirs de l'encrage étaient imprimés en bleu-gris clair, à l'aquarelle ou à la gouache appliquée au pinceau et à l'aérographe. Ce procédé permet de conserver séparés la photogravure des contours, avec la meilleure résolution possible, et celle des couleurs, aux limites moins nettes puisqu'elles correspondent à des images tramées. Le trait bleu pâle assure que les couleurs n'ajouteront que peu d'encres aux endroits où les traits noirs recouvrent les couleurs. Le procédé de couleur directe, au contraire, porte la couleur sur le dessin au trait, contraignant l'imprimeur à un travail de reproduction du même ordre que celui d'une peinture.

Les couleurs sont de plus en plus réalisées par des professionnels, les coloristes, mais parfois par le dessinateur lui-même.

Statut du coloriste[modifier | modifier le code]

Jusque dans les années 1990, le coloriste était considéré comme un sous-traitant par les éditeurs, au même titre que le lettreur ou l'imprimeur. Depuis, il est de plus en plus considéré comme un auteur à part entière et son nom apparaît désormais sur les albums. La couleur aide à la lecture d'une bande dessinée. Des couleurs mal adaptées peuvent gâcher un album et inversement, des couleurs adaptées peuvent embellir une bande dessinée.

Annexes[modifier | modifier le code]

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Anspach, « Les coloristes de bande dessinée créent leur association », sur Actua BD,
  • Isabelle Beaumenay-Joannet, Pascale Benureau, Christine Couturier, Anne Delobel, Danielle Dubos, Didier Eberoni, Raymond Fernandez, Marianne Rousseau, Jean Solé et Évelyne Tranlé (int. Sylvain Bouyer), « Profession : coloriste », dans Les Cahiers de la bande dessinée no 60, Glénat, novembre-décembre 1984, pp. 40-43 et 57.
  • Cathleen Bonnin, « Une association pour défendre les droits des coloristes de bande dessinée », Charente Libre,‎
  • Sylvain Bouyer, « Coloriage, picturalité et gros sous », dans Les Cahiers de la bande dessinée no 60, Glénat, novembre-décembre 1984, pp. 35-39
  • Vanessa Fize, « Ne voyez plus la BD en noir (et blanc) grâce aux coloristes de bande-dessinées ! », culturebox.francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne)
  • Didier Quella-Guyot, « Couleur », dans La Bande dessinée, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « 50 Mots », , 160 p. (ISBN 2220031713), p. 36-38.
  • Arnaud Malherbe, « Spécial BD. Tu enfanteras dans la couleur », L'Express,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean‑Paul Gabilliet, « « Fun in four colors » Comment la quadrichromie a créé la bande dessinée aux États‑Unis », Transatlantica,‎ (lire en ligne).