J.-H. Rosny aîné

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J.-H. Rosny aîné
Joseph Henri Honoré Boex.jpg
Joseph Henri Honoré Boex,
dit J.-H. Rosny aîné.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 83 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Joseph Henri Honoré BoexVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
J.-H. Rosny aînéVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Écrivain, philosophe, scénariste, écrivain de science-fiction, romancierVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Autres informations
Genres artistiques
Distinction
Œuvres principales

J.-H. Rosny aîné, pseudonyme de Joseph Henri Honoré Boex, né le à Bruxelles et mort le à Paris, est un auteur français d'origine belge, un des grands fondateurs de la science-fiction moderne.

Biographie[modifier | modifier le code]

J.-H. Rosny aîné, membre de l'académie Goncourt.
L'Illustration, 1er août 1896.

Après une enfance passée à Bruxelles, il suit des études scientifiques touchant autant aux mathématiques qu'à la physique-chimie et aux sciences naturelles. Il part pour Londres en 1874, où il se marie. En novembre 1883, il s'installe à Paris[1]. Il publie, seul, son premier roman en 1886 : Nell Horn de l'armée du Salut. En 1887, il commence alors à écrire et à publier, avec son frère, sous le pseudonyme de J.-H. Rosny[2]. Pour Pierre Versins, et pour ce qui est des romans et nouvelles de science-fiction, « Il est indéniable que la part de l'aîné fut prépondérante. Son style et sa thématique sont assez reconnaissables. »[3] Un sentiment partagé par Michel Desbruyères pour qui « le talent n'était pas tout à fait également partagé entre [les deux frères...]. C'était manifestement Joseph-Henri [...] qui se trouvait être le véritable créateur. »[4] Son premier ouvrage, Nell Horn de l'armée du Salut (1886), est influencé par le naturalisme. Il est l'un des signataires du fameux Manifeste des cinq, critiquant Émile Zola. En 1887, il fait paraître Les Xipéhuz, dont l'action se déroule dans une lointaine préhistoire et voit se rencontrer humains et intelligence non-organique (certains commentateurs récents parlent d'extraterrestres, mais rien dans la nouvelle ne permet de prétendre que cette vie minéralo-électrique provient d'ailleurs que de la Terre). Rosny partagera d'ailleurs son « œuvre fantastique » entre récits de science-fiction (dont le terme n'existe pas encore) et récits préhistoriques, comme Vamireh (1892, écrit avec son frère et considéré comme le premier véritable roman préhistorique) et surtout La Guerre du feu (1909). C'est en 1897, que J.-H. Rosny est nommé chevalier de la légion d'Honneur.

Ses œuvres de « science-fiction » les plus connues comprennent Le Cataclysme (1888, repris en 1896), Un Autre Monde (1895), La Mort de la Terre (1910), La Force mystérieuse (1913), Les Navigateurs de l'infini (1925). En 1908, les frères Rosny cessent de publier conjointement : Joseph-Henri signa dès lors « J.-H. Rosny aîné », et Séraphin-Justin « J.-H. Rosny jeune »[5].

Dans son testament, Edmond de Goncourt nomme les frères J.-H. Rosny pour faire partie de la Société littéraire des Goncourt. Plus connue sous le nom d'Académie Goncourt, elle a officiellement été reconnue le 1er mars 1900. Le premier Prix Goncourt fut attribué le 26 février 1903. J.-H. Rosny aîné en sera le président de 1926 jusqu'à sa mort en 1940, date à laquelle J.-H. Rosny jeune prend sa succession.

Autres[modifier | modifier le code]

Naturalisé français le 31 mai 1890, il n'a pas renoncé à la citoyenneté belge : Joseph Henri Boex possédait donc la double nationalité[6].

Le 5 décembre 1935, les deux frères ont signé une convention littéraire qui attribue formellement les ouvrages écrits en collaboration.

Cette convention a été publiée par Jean-Michel Pottier dans Les Cahiers naturalistes no 70[7]. Elle est reprise et analysée dans le dossier "J.-H. Rosny - Archéobibliographie", publié dans la revue Le Visage Vert no 23, par Fabrice Mundzik[8].

Influence[modifier | modifier le code]

J.-H. Rosny aîné en novembre 1926.

J.-H. Rosny aîné peut être considéré comme un des auteurs fondateurs de la science-fiction. Ses récits cataclysmiques ont été publiés avant ceux de H. G. Wells. Son influence fut considérable : Arthur Conan Doyle a repris la trame de sa Force mystérieuse dans sa Ceinture empoisonnée. Son court roman Les Navigateurs de l'infini (1925), considéré parfois comme son chef-d'œuvre, a introduit le terme d'astronautique. Un autre récit, La Jeune Vampire (1913), décrit le vampirisme comme une modification génétique héréditaire, approche non fantastique (le vampirisme relevant d'une explication scientifique) qui sera reprise en 1954 par l'écrivain américain Richard Matheson dans son roman Je suis une légende[réf. nécessaire].

Son nom a été donné à un prix littéraire de science-fiction de langue française : le Prix Rosny aîné.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Nell Horn de l'Armée du Salut (1886)
  • Les Xipéhuz (1887)
  • Tornadres (1888, reparu en 1896 sous le titre Le Cataclysme) Gallica
  • La Légende sceptique (1889)
  • Tabubu (1893)
  • Un Autre monde (1895)
  • Les Origines (1895)
  • Les Profondeurs de Kyamo (1896)
  • Amour étrusque (1898), sous le pseudonyme Enacryos
  • Les Femmes de Setnê (1903), sous le pseudonyme Enacryos
  • L'Epave (1903)
  • La Guerre du feu (1909, en feuilleton — 1911 en volume)
  • La Vague rouge (1909)
  • La Mort de la Terre (1910)
  • La Jeune Vampire (1911)
  • Les Rafales (1912)
  • La Force mystérieuse (1913)
  • Le Trésor dans la Neige (1913)
  • Le Coffre fort (1913) Gallica
  • L'Aube du Futur (1916)
  • L'Énigme de Givreuse (1916)
  • Le Félin géant (1918)
  • La Grande Énigme (1920)
  • La Comtesse Ghislaine (1920)
  • L'Étonnant Voyage de Hareton Ironcastle (1922)
  • Les sciences et le pluralisme, Alcan, Nouvelle collection scientifique (1922).
  • L'Amour d'abord (1923)
  • Pensées errantes (1924)
  • Les Autres Vies, les Autres Mondes (1924)
  • L'Assassin surnaturel (1924) (nouvelles)
  • La Terre noire (1924)
  • Les Navigateurs de l'infini (1925)
  • Les Femmes des autres (1925)
  • Le Trésor lointain (1926)
  • La Femme Disparue (1926)
  • Carillons et sirènes du Nord (1928)
  • Les Conquérants du Feu (1929)
  • Les Hommes-Sangliers (1929)
  • Helgvor du Fleuve Bleu (1929)
  • Au Château des Loups Rouges (1929)
  • L'Initiation de Diane (1930)
  • Ambor Le Loup (1931)
  • Napoléon Le Grand (1931)
  • La Sauvage Aventure (1932)
  • Un Voleur (1932)
  • Les Compagnons de l'Univers (1933)
  • Le Vampire de Bethnal Green (1935)
  • Le bel amour de Jeanne de Navres, bois originaux de Claude-René Martin, J. Ferenczi et Fils (1939)

Anthologies[modifier | modifier le code]

J.-H. Rosny aîné.
  • La Guerre des règnes de J.-H. Rosny aîné, inclus La Guerre du feu (anthologie), Bragelonne (2012)
  • L'Ultime recours, Au Quai de Rhum (2014)
  • A chacun son salaire, Au Quai de Rhum (2014)
  • Fables antiques et autres récits érotiques (anthologie), Bibliogs (2014)
  • Les Conquérants du feu et autres récits primitifs (anthologie), Les Moutons électriques (2014)
  • Le Trésor de Mérande et autres récits d'aventure (anthologie), Les Moutons électriques (2014)
  • Les Compagnons de l'univers et autres récits d'anticipation (anthologie), Les Moutons électriques (2015)
  • Le Tigre, Bibliogs (2015)
  • La Puissance invincible de l'Inertie (anthologie), Bibliogs (2016)
  • Les Âges farouches de J.-H. Rosny aîné (anthologie), Bibliogs (2016)
  • Une fête anthropophagique (anthologie), Bibliogs (2016)
  • Dans l’océan des probabilités… (anthologie), Bibliogs (2016)
  • Récits préhistoriques (anthologie), Hélios, 2018.

Pastiches[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J.-H. Rosny aîné, Journal - Cahiers 1880-1897, Du Lérot,
  2. Fabrice Mundzik, « J.-H. Rosny - Archéobibliographie », Le Visage Vert, no 23,‎
  3. Pierre Versins, « Rosny aîné J.-H. », Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science fiction, Lausanne, l'Âge d'homme, 1972, p. 776.
  4. Michel Desbruyères, « J.H. Rosny aîné », in la France fantastique, Paris, éditions Phébus, 1978, p. 383.
  5. Fabrice Mundzik, « Les origines de la séparation des frères J.-H. Rosny en 1908 » (consulté le 11 juin 2015)
  6. Eric Lysøe, Les Kermesses de l'étrange, ou Le conte fantastique en Belgique du romantisme au symbolisme, Nizet,
  7. Jean-Michel Pottier, « Le dernier Manifeste. La Convention littéraire de 1935 », Les Cahiers naturalistes, no 70,‎
  8. Fabrice Mundzik, « Que nous enseigne la convention littéraire de 1935 ? », Le Visage Vert, no 23,‎

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

J.-H. Rosny aîné caricaturé par Aristide Delannoy dans Les Hommes du jour, no 130, .
  • Philippe Clermont (dir.), Arnaud Huftier (dir.) et Jean-Michel Pottier (dir.), Un seul monde : relectures de Rosny aîné, Presses universitaires de Valenciennes, coll. « Hors Collection » (no 17), , 352 p. (ISBN 978-2-905725-37-0, présentation en ligne).
  • (en) Arthur B. Evans, « Science Fiction vs. Scientific Fiction in France : From Jules Verne to J.-H. Rosny Aîné », Science Fiction Studies, Greencastle (Indiana), SF-TH Inc, vol. 15, no 1,‎ , p. 1-11 (JSTOR 4239855).
    Traduction française : Arthur B. Evans (trad. Patrick Dusoulier), « Science-fiction et fiction scientifique en France : de Jules Verne à J.-H. Rosny aîné », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • (en) Arthur B. Evans, « Science Fiction in France : A Brief History », Science Fiction Studies, Greencastle (Indiana), SF-TH Inc, vol. 16, no 3,‎ , p. 254-276 (JSTOR 4239953).
  • Roberta de Felici, « Le roman préhistorique de Rosny aîné : « roman scientifique » ou genre « didactique » et de « vulgarisation » ? », Revue d'histoire littéraire de la France, Paris, Armand Colin, no 2 (97e année),‎ , p. 244-273 (lire en ligne).
  • Vittorio Frigerio, « La Force mystérieuse de Rosny aîné : une fiction anarchiste ? ». Histoires Littéraires 27, 2006, p. 83-97.
  • Vittorio Frigerio, La Littérature de l'anarchisme. Anarchistes de lettres et lettrés face à l'anarchisme, Éditions littéraires et linguistiques de l’Université de Grenoble (ELLUG), Grenoble, 2014, 390 p. (ISBN 9782843102714), présentation sur le site de l'éditeur.
  • Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire en France, Albin Michel, 1990, page 176.
  • Fabrice Mundzik, « J.-H. Rosny - Archéobibliographie », Le Visage Vert, no 23, 2013.
  • Jean-Michel Pottier, « J.-H. et Marie Rosny, un journal conjugal », Genesis, no 32,‎ , p. 63-74 (DOI 10.4000/genesis.459, lire en ligne).
  • Jean-Michel Pottier, « Reparler de J.H. Rosny », Les Cahiers naturalistes, Paris, Grasset & Fasquelle, no 70, 42e année « Dossier : le « journal » de Rosny »,‎ , p. 181-184 (lire en ligne).
  • Jean-Michel Pottier, « Chronobibliographie », Les Cahiers naturalistes, Paris, Grasset & Fasquelle, no 70, 42e année « Dossier : le « journal » de Rosny »,‎ , p. 185-209 (lire en ligne).
  • Jean-Michel Pottier (éd.), « Calepins, Carnets, Cahiers. Le Journal de Rosny Aîné : Cahier de 1886-1887 », Les Cahiers naturalistes, Paris, Grasset & Fasquelle, no 70, 42e année « Dossier : le « journal » de Rosny »,‎ , p. 223-256 (lire en ligne).
  • Jean-Michel Pottier (éd.), « Le dernier Manifeste : la Convention littéraire de 1935 », Les Cahiers naturalistes, Paris, Grasset & Fasquelle, no 70, 42e année « Dossier : le « journal » de Rosny »,‎ , p. 257-263 (lire en ligne).
  • Xavier Phuziant & Fabrice Mundzik - Alglave et Jacques Mérande, deux explorateurs méconnus, Bibliogs, 2016.
  • Fabrice Mundzik, « Les Réseaux sociaux au dix-neuvième : L’exemple de J.-H. Rosny aîné et Camille Lemonnier », in Le Novelliste n° 2, septembre 2018.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]