Werwolf

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La werwolf (loup-garou en allemand) était un type d'unité de combat subversif nazi, créé à la fin de la Seconde Guerre mondiale par le RSHA pour résister derrière les lignes de front, particulièrement celles du front de l'Est, contre les Alliés envahissant l'Allemagne. La propagande faite autour du Werwolf dépasse largement ses réalisations concrètes.

9 mars 1945: Joseph Goebbels décore un adolescent de 16 ans, Willi Hübner, de la Croix de Fer pour la defense de Lauban ; fait prisonnier et "rééduqué" par les Soviétiques, Hübner a été détenu quelques mois en zone Est, y est devenu mécanicien, a pu passer à l'Ouest en 1950 et est devenu garagiste à Landshut, en Bavière, où il est mort en 2010[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En Allemagne, une opposition armée à l'avancée des troupes alliées se met en place pendant et après 1945 tant à l'Ouest qu'à l'Est.

L'initiateur du Werwolf est Heinrich Himmler qui, au printemps 1944, charge le SS Obergruppenführer Hans-Adolf Prützmann de créer des unités spécialisées dans l'infiltration des lignes adverses, mais c'est Joseph Goebbels qui choisit de ressusciter l'ancien mythe du loup-garou pour nommer ces unités, en référence à un roman de Hermann Löns (en), qui raconte la geste d'une bande de paysans de la lande de Lunebourg, tenant en échec des mercenaires en maraude pendant la guerre de Trente Ans[2].
Sa création est annoncée lors du discours du , annonçant la création du Volkssturm, la milice populaire allemande qui devait épauler la Wehrmacht dans la défense du territoire du Reich. Himmler voit ces unités comme la matérialisation de la résistance allemande, par la mise en place d'une organisation de partisans menant des actions de sabotage sur les arrières des troupes alliées[3]; ces petites unités doivent être formées dans le cadre du camp des Groupes de chasse, unités spéciales de lutte contre les partisans, dirigées par Otto Skorzeny[2]. La force du mouvement était plutôt d'ordre psychologique vis-à-vis des soldats maintenus sur le front et des populations civiles qui allaient se retrouver face à l'ennemi. Une station de radio diffusait quotidiennement des informations qui devaient annoncer le sursaut de la nation allemande et rassembler les volontaires au sein du Landsturm Werwolf. Les jeunes répondirent les premiers à cet appel, complétés de Waffen SS qui se transformèrent pour l'occasion en instructeurs de contre-guérilla.

La stratégie générale était calquée sur la politique de la terre brûlée conduite par les partisans soviétiques. Les zones d'action étaient surtout rurales car facilement utilisables pour cacher des armes et abriter des dissidents. Le Werwolf-Winke für Jagdeinheiten, guide pratique édité en janvier 1945, désignait les priorités :

  • couper les lignes de retraite et de ravitaillement,
  • attaquer les hôpitaux,
  • conduire des raids de nuit,
  • détruire les installations militaires, civiles et industrielles,
  • éliminer les défaitistes.

Bien que dépourvu d'état-major centralisé, le Werwolf se distingua dans un certain nombre d'opérations de sabotage, sniping et de coupures de lignes de communications.
En mars 1945, 600 Hitlerjugends intègrent le groupe de combat Ostharz puis le Werwolf, renforcés par des officiers SS. Après de violents combats contre les blindés américains en avril, il ne restait que 5 survivants à la fin du mois.
Le 24 mars, le Dr. Franz Oppenhoff, maire de la ville d'Aix-la-Chapelle, première ville occupée par les Américains en terre allemande, est assassiné par 3 membres de l'organisation, sur ordre personnel d'Himmler[2].
En Forêt-Noire, 35 garçons équipés de Panzerfaust provoquent de sérieuses pertes aux forces américaines.
À l'est, du au , des éléments Werwolf et de Jeunesse hitlérienne défendent fanatiquement la ville de Pyritz en Poméranie contre des unités du 9e corps de chars de la Garde rouge.
Conçues au départ comme moyen de défense des régions frontalières menacées par l'avance alliée, les unités se voient attribuer au fil des semaines de l'écroulement du Reich, un rôle dans la continuation des hostilités, même après une reddition, mais cette dimension est vite négligée car jugée incompatible avec la propagande autour de la victoire finale[2].
Actifs au milieu des ruines de Berlin, dans des combats rapprochés contre des unités blindées, pendant aux réverbères ceux qui déposaient les armes, 200 Werwolfs continuèrent la lutte contre les forces russes jusqu'à l'automne 1945, repliés dans des poches.

Dans la mesure où, dans les pays occupés par l'URSS conformément au protocole secret du pacte Hitler-Staline en 1940 puis à nouveau en 1944-45, tout acte de résistance, voire de simple dissidence anti-stalinienne, était considéré par la justice soviétique comme une « menée contre-révolutionnaire des nostalgiques du nazisme »[4], les populations locales furent accusées en bloc d'avoir soutenu le régime Nazi, subirent des déportations répétées et leurs organisations de résistance, comme par exemple en Lettonie (jusqu'en 1951) ou en Estonie (les « Frères de la forêt » jusqu'en 1956) furent présentées comme des essaimages locaux des Werwolfs nazis[5].

Schwarzer Wolf Von Hubertus[modifier | modifier le code]

Les « loups noirs » de ce commando, même s'ils ne sont pas les plus nombreux des Werwolfs ont à leur actif le record de longévité, puisque les derniers furent abattus en 1954. D'un effectif de deux cents combattants, il se divise en deux groupes : 30 hommes dans le triangle Opole-Strzelce-Olesno et 170 dans le secteur de Gliwice.

Freies Deutschland[modifier | modifier le code]

C'est l'une des plus importantes formations de Werwolfs, regroupant en 1946 près de 1 400[6] combattants sur un secteur allant de la Haute et Basse-Silésie à la Poméranie. Mais dès 1947, ce corps fut mis hors d'état de nuire.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Margarete Dörr: „Der Krieg hat uns geprägt“ : wie Kinder den Zweiten Weltkrieg erlebten, Francfort/New York 2007.
  2. a, b, c et d Peter Longerich, Himmler, p.688.
  3. Peter Longerich, Himmler, p.687.
  4. Emmanuel Droit, Vers un homme nouveau ? L’éducation socialiste en RDA (1949-1989), coll. « Histoire », Presses universitaires de Rennes 2009, 354 pp.
  5. Павел Полян : Не по своей воле… История и география принудительных миграций в СССР, монография. Любимые игрушки диктатора. Размышления о советской депортационной политике // Индекс/Досье на цензуру, № 14, 2001 (Pavel Polian : Le jeu préféré des dictateurs : les déportations politiques soviétiques)
  6. (de) Volker Koop, Himmlers letztes Aufgebot : die NS-Organisation "Werwolf", böhlau,‎ (lire en ligne), p. 109 à 110.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Europa de Lars Von Trier (1991)