Gollion

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Gollion
Gollion
Vue du village de Gollion.
Blason de Gollion
Armoiries
Gollion
Logo
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Vaud Vaud
District Morges
Communes limitrophes Cossonay, Penthalaz, Penthaz, Vufflens-la-Ville, Aclens, Vullierens, Senarclens
Syndic Pierre-André Pernoud
NPA 1124
No OFS 5484
Démographie
Gentilé Gollioni
Population
permanente
997 hab. (31 décembre 2020)
Densité 183 hab./km2
Langue Français
Géographie
Coordonnées 46° 35′ 00″ nord, 6° 31′ 00″ est
Altitude 505 m
Superficie 5,44 km2
Localisation
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Liens
Site web www.gollion.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Gollion est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Morges.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe sur un plateau dominant la rive droite de la Venoge[3], à 505 mètres d'altitude, à 3,3 km au sud de Cossonay et à 2,5 km au nord-ouest de la gare de Vufflens-la-Ville[4].

Le territoire de Gollion s'étend sur 5,44 km2[2]. Lors du relevé de 2013-2018, les surfaces d'habitations et d'infrastructures représentaient 9,0 % de sa superficie, les surfaces agricoles 79,3 %, les surfaces boisées 11,6 % et les surfaces improductives 0,7 %[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Photo aérienne (1949).

Certains vestiges marquent le passage des Helvètes, des Romains et des Burgondes. Les Forêts de Brichy et du Châtelard laissent encore apparaître les traces de l'Histoire. Trois sites-refuges (ou oppidum) dont l'un est peut-être d'origine helvète, ont été occupés aux époques romaines et burgondes. La motte de Brichy fut sans doute l'emplacement d'une tour de signal au Moyen Âge et c'est en retournant la terre près du ruisseau de l'Ouffemaz, que l'on peut y découvrir des tuiles romaines et les fondations d'une villa gallo-romaine qui se trouvait au lieu-dit Le Muret.

La première mention de Gollion apparaît en 1228 dans la liste des églises et établissement religieux du diocèse de Lausanne établie sur l'ordre de Conon d'Estavayer, prévôt du chapitre[6]. Le village porte alors le nom de Gollun qui deviendra en 1235 Gollon puis finalement Goillon en 1453. Ce nom provient du mot latin gotha signifiant gouille (flaque en vaudois) ou mare, du fait que Gollion est construit sur un sol particulièrement marécageux.

Il faut attendre la fin de la Réforme, pour que Gollion se décide enfin à remettre son église au milieu du village. Le temple actuel, construit en 1749, remplace l'ancienne église catholique dédiée à saint Christophe qui se trouvait à l'emplacement du cimetière actuel. En 1870, l'église de Gollion accueillit une centaine de soldats du Général Bourbaki afin de recevoir les soins dont ils avaient grandement besoin.

Les Hospitaliers[modifier | modifier le code]

Au N.-E. de Gollion, à deux kilomètres, sur la rive droite de la Venoge et sur la route qui conduit à la gare de Cossonay se trouve le hameau d'En Crausaz.

Ce lieu appartenait, en 1228, à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. On ignore le nom du donateur, mais il est probable qu'un sire de Cossonay a donné directement ce domaine à l'ordre de Saint-Jean.

Après que les chevaliers de Saint-Jean eurent acquis La Chaux (qui appartenait à l'ordre du Temple jusqu'à sa dissolution par le pape Clément V, le ), ils en firent la commanderie générale pour leurs possessions en Pays de Vaud ; Crausaz en devint une dépendance. Toutefois il conserva, au moins temporairement, un commandeur particulier. En 1458, cette charge était exercée par Philibert de Cunscoi, chevalier.

Plus tard, les commandeurs de La Chaux ajoutèrent à ce titre celui de prior et rector de domo de Crosa ; ainsi le chevalier Louis Franc (1483 à 1494). Il y avait à Crausaz, avant la Réformation, une église dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de l'ordre de Saint-Jean. Elle attirait beaucoup de pèlerins. Sous le gouvernement bernois elle était tombée en ruines[7]. Cette église est située dans les champs qui avoisinent le bois qui surplombe le hameau (lieu-dit La Chapelle) et qui portent aujourd'hui le nom de bois de Saint-Jean.

Sorcellerie[modifier | modifier le code]

Durant les dernières décennies du XVIe siècle et plus particulièrement au début du XVIIe siècle, la communauté a été un terreau fertile en sorciers et en sorcières. Il faut dire qu'à cette époque, le Pays de Vaud était le champion européen des procès de sorcellerie, juste derrière l'Allemagne. Dans cette hécatombe, Gollion a payé un lourd tribut. De 1615 à 1631, le village est la proie de prétendus assauts diaboliques répétés, perpétrés non pas par des étrangers ou des marginaux, mais par ses propres habitants. Ces individus, hommes et femmes, sont dénoncés par leurs proches et leurs voisins, puis incarcérés dans les prisons du château de L'Isle pour y être torturés jusqu'à ce qu'ils avouent leur rencontre avec le diable, leur fréquentation des sectes diaboliques, le nom de leurs complices et les maléfices commis contre gens et bêtes. Finalement, c'est au terme d'une procédure judiciaire redoutable qu'ils sont livrés aux flammes du bûcher de Cossonay. Les frustrations et la jalousie sont évidemment à l'origine de cette vague de procès. Accuser son voisin de sorcellerie était l'assurance de ne plus jamais le revoir. Pas moins de 27 procès auront mis en danger 38 personnes dont seulement 4 à l'extérieur du village. Cette frénésie diabolique aura conduit au bûcher 25 des 200 habitants du village en l'espace de seize ans. Il faudra attendre 1670 pour que le souverain bernois en place, décide de ne plus punir de mort les ensorceleurs[8].

Légende du Moulin d'amour[9][modifier | modifier le code]

Le Moulin d'amour, lieu-dit au bord de la Venoge, est attesté en 1432[10]. Il tirerait son nom d'une légende médiévale :

Le fils du chevalier de Crausaz rencontra la fille du meunier et la trouva fort à son goût. Il en tomba éperdument amoureux et l'épousa en secret. C'est en rentrant des Croisades que le père du jeune-homme apprit le mariage de son fils et le somma de choisir entre son amour et son titre. Le jeune-homme n'eut aucune peine à choisir et partit vivre avec sa mie dans le moulin du meunier, qui prit le nom de Moulin d'Amour.

Population et société[modifier | modifier le code]

Gentilé[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune se nomment les Gollionis[11],[12] ou Goïenis (fém. : Goïenières)[13].

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Gollion compte 997 habitants au 31 décembre 2020 pour une densité de population de 183 hab/km2[1]. Sur la période 2010-2019, sa population a augmenté de 50,7 % (canton : 12,9 % ; Suisse : 9,4 %)[2].

Évolution de la population de Gollion entre 1850 et 2020[14],[1]

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

En 2020, le taux de personnes de moins de 30 ans s'élève à 33,1 %, au-dessous de la valeur cantonale (35 %). Le taux de personnes de plus de 60 ans est quant à lui de 19,9 %, alors qu'il est de 21,9 % au niveau cantonal[15].

La même année, la commune compte 496 hommes pour 501 femmes, soit un taux de 49,7 % d'hommes, supérieur à celui du canton (49,1 %)[15].

Pyramide des âges de Gollion en 2020 (%)[15]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,0 
90 ans ou +
0,2 
5,8 
75 à 89 ans
5,6 
13,7 
60 à 74 ans
14,4 
24,4 
45 à 59 ans
23,4 
21,2 
30 à 44 ans
25,3 
14,9 
15 à 29 ans
13,6 
20,0 
- de 14 ans
17,6 
Pyramide des âges dans le canton de Vaud en 2020 (%)[15]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90 ans ou +
1,4 
6,1 
75 à 89 ans
8,2 
13,3 
60 à 74 ans
14,3 
21,5 
45 à 59 ans
21,2 
22,0 
30 à 44 ans
21,4 
19,6 
15 à 29 ans
18,0 
16,9 
- de 14 ans
15,5 

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Gollion

Les armes de la commune d'Gollion se blasonnent ainsi :
De sinople à trois fontaines fascées, ondées de sinople et d'argent[16].

Les armoiries communales adoptées en 1923 représentent les prairies de Gollion et les trois rivières limitrophes de la commune : la Venoge à l'est, qui marque la frontière avec Vufflens-la-Ville et Penthalaz. La Senoge au sud, forme la frontière avec Aclens et l'Ouffemaz, au nord, délimite celle avec Cossonay.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c « Bilan démographique selon le niveau géographique institutionnel », sur Office fédéral de la statistique (consulté le )
  2. a b et c « Portraits régionaux 2021: chiffres-clés de toutes les communes » Accès libre [xls], sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  3. François Béboux, « Gollion » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  4. Charles Knapp (dir.), Dictionnaire géographique de la Suisse, vol. 2 : Engadine Alpes d' - Langenberg, Neuchâtel, Victor Attinger, 1902-1910, p. 333 [détail des éditions] [lire en ligne (page consultée le 15.5.2023)]
  5. Office fédéral de la statistique, « Statistique de la superficie standard - Communes selon 4 domaines principaux » Accès libre [xls], sur www.bfs.admin.ch, (consulté le ).
  6. Cartulaire du chapitre de Notre-Dame de Lausanne, Mémoires et documents de la société d'histoire de la Suisse romande, Lausanne, 1948.
  7. Eugène Mottaz, Dictionnaire historique du canton de Vaud, Lausanne, 1914, 2 vol.
  8. Fabienne Taric Zumsteg, Les sorciers à l'assaut du village, Gollion (1615-1631), Lausanne, Éditions du Zèbre,
  9. Maxime Reymond, Le moulin des amours de Gollion, Archives suisses des traditions populaires, 1906, p. 277
  10. Archives cantonales vaudoise, Titre Lausanne, no 2636.
  11. Charles Roux, Noms et sobriquets des Vaudois, Yens-sur-Morges, Cabédita, , 129 p. (ISBN 2-88295-339-9), p. 49
  12. « UCV - Annuaire - Recherche et carte - Gollion », sur www.ucv.ch (consulté le )
  13. Paul Fehlmann, Ethniques, surnoms et sobriquets des villes et villages en Suisse romande, Haute-Savoie et alentour, dans la vallée d'Aoste et au Tessin, Genève, Jullien, , 274 p. (ISBN 2-88412-000-9), p. 60
  14. « Évolution de la population des communes 1850-2000 » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique, (consulté le ).
  15. a b c et d « Population résidante permanente et non permanente selon les niveaux géographiques institutionnels, la nationalité (catégorie), le lieu de naissance, le sexe et la classe d'âge » Accès libre, sur Office fédéral de la statistique (consulté le ).
  16. « Annexe à l'arrêté relatif aux armoiries communales (AAC) du 10 février 1925 (175.12.1) » (consulté le )