Johan Cruyff

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Johan Cruyff
Oefeninterland Nederland tegen Argentinie 4-1; nr. 6, 7 Cruyff, kop.jpg
Cruyff avec la sélection nationale néerlandaise
Biographie
Nom Hendrik Johannes Cruijff
Nationalité Drapeau : Pays-Bas Néerlandais
Naissance
Lieu Amsterdam (Pays-Bas)
Décès (à 68 ans)
Lieu Barcelone (Espagne)
Taille 1,8 m (5 11)
Période pro. 1964-1984
Poste Attaquant et milieu offensif
Parcours junior
Saisons Club
1959-1964 Drapeau : Pays-Bas Ajax Amsterdam
Parcours professionnel 1
Saisons Club 0M.0(B.)
1964-1973 Drapeau : Pays-Bas Ajax Amsterdam 322 (253)
1973-1978 Drapeau : Espagne FC Barcelone 180 0(60)
1979-1980 Drapeau : États-Unis Los Angeles Aztecs 027 0(14)
1980-1981 Drapeau : États-Unis Washington Diplomats 032 0(12)
1981 Drapeau : Espagne Levante 012 00(2)
1981-1983 Drapeau : Pays-Bas Ajax Amsterdam 046 0(16)
1983-1984 Drapeau : Pays-Bas Feyenoord 042 0(13)
1964-1984 Total 665 (370)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe 0M.0(B.)
1966-1977 Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas 048 0(33)
Équipes entraînées
Années Équipe Stats
1985-1988 Drapeau : Pays-Bas Ajax Amsterdam
1988-1996 Drapeau : Espagne FC Barcelone
2009-2013 Flag of Catalonia.svg Catalogne[1]
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Hendrik Johannes Cruijff, dit Johan Cruyff ou Johan Cruijff (Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né le , à Amsterdam, et mort le , à Barcelone[2], est un footballeur international néerlandais, qui évoluait au poste de milieu offensif ou d'attaquant, avant de devenir entraîneur.

Premier joueur de football à remporter trois fois le Ballon d'or, il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs de l'Histoire, comme l'illustre sa sélection au sein de l'équipe mondiale du XXe siècle de la FIFA. En tant qu'attaquant ou milieu offensif, ce joueur d'exception a marqué les années 1970 par son talent et son charisme notamment au sein de deux équipes prestigieuses : l'Ajax Amsterdam et le FC Barcelone. Durant sa carrière, Cruyff a remporté 3 Coupes d'Europe des clubs champions d'affilée en 1971, 1972 et 1973 avec l'Ajax et a été finaliste de la Coupe du monde 1974.

Il était surnommé le « Hollandais volant », « Till l'espiègle » ou le « Prince d'Amsterdam »[3] lorsqu'il jouait à l'Ajax Amsterdam, ou encore « El Salvador » (le « sauveur » en catalan et castillan) ou « El Flaco » (le « maigre ») quand il jouait au FC Barcelone. En club comme en sélection, il portait généralement le numéro 14.

Devenu par la suite entraîneur, il s'est principalement illustré en 1992, en remportant la Coupe d'Europe des clubs champions avec l'une des plus marquantes équipes du FC Barcelone surnommée la Dream Team[4]. Il a toujours conservé le souci du beau jeu collectif, en particulier avec le FC Barcelone, dont il a été nommé, le , président d'honneur, titre qui le lie à vie au club catalan[5]. Il meurt à 68 ans à la suite d'un cancer du poumon, le 24 mars 2016, à Barcelone[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Né à Amsterdam, le petit Johan Cruyff est le fils de commerçants habitant en face du stade de l'Ajax Amsterdam, le Stadion De Meer. Son père meurt d'une crise cardiaque alors que Johan a 12 ans[7], sa mère est alors contrainte de travailler comme femme de ménage au club, pour subvenir à leurs besoins. Elle y inscrit son fils lorsqu'il a dix ans, il se distingue rapidement au sein des sections de jeunes[8]. En 1963, il signe son premier contrat professionnel avec l'Ajax. En parallèle du football, Cruyff pratique avec son club le baseball qu'il arrête à l'âge de 15 ans pour se consacrer au football[9].

La période Ajax[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Johan Cruyff en 1965, à 18 ans.

Le à l'âge de 17 ans, Cruyff fait ses débuts professionnels contre l'équipe de Groningue, et marque un but, malgré la défaite (3-1). Mais c'est surtout lors de la saison suivante que Cruyff se révèle véritablement. Il inscrit un doublé contre l'équipe de Door Wilskracht Sterk, ce après quoi il sera considéré comme un titulaire indiscutable de l'équipe, puis son premier triplé contre Telstar, puis inscrit un quadruplé en Coupe des Pays-Bas contre le BV Veendam quatre jours plus tard. À la fin de la saison 1965-1966, Cruyff totalise 25 buts en 23 matchs et remporte son premier championnat. Il récidive ensuite la saison suivante, en inscrivant 33 buts et en gagnant sa première Coupe des Pays-Bas. La saison suivante, il remporte une nouvelle fois le championnat.

Le « football total »[modifier | modifier le code]

Cruyff félicité par le Portugais Eusebio en 1969.

Lors de la saison 1969, l'Ajax fait un parcours remarqué en Coupe des clubs champions (C1) en se hissant en finale contre le Milan AC. Bien que battus 4 à 1, les Hollandais, alors inconnus sur la scène européenne, marquent les esprits par leur jeu offensif et spectaculaire. Ce jeu est le résultat d'un style mis en place par leur entraîneur Rinus Michels et nommé « football total ». Dans ce style de jeu, l'accent est mis sur l'attaque, la circulation du ballon et dans la permutation des postes. Ainsi, les défenseurs, au gré du match, se retrouvent en situation d'attaque, et les attaquants en situation de défense. Dans ce système, la rapidité et l'endurance de Cruyff sont très sollicitées. Il lui arrive de se replier jusqu'à sa zone de défense pour rechercher des ballons. Il devient très rapidement le « chef d'orchestre » de ce système[8]. La rapidité était son point fort, il avait la capacité de courir aussi vite avec ou sans ballon, et ses statistiques égalaient celle des meilleurs sprinteurs de l'époque (3,8 secondes sur 30 mètres, départ arrêté).

Mais le football total de l'Ajax n'en est encore qu'à ses prémices, il doit s'incliner pour le titre de champion des Pays-Bas face au Feyenoord Rotterdam en 1970. Ce dernier gagne cette année-là la Coupe d'Europe des clubs champions.

L'Ajax au sommet de l'Europe[modifier | modifier le code]

Cruyff, capitaine de l'Ajax, face aux Rangers en finale de la Supercoupe d'Europe.

En 1970 Johan fait le choix de porter le numéro 14, après que le numéro 9, qui lui était normalement attribué, ait été pris par Gerrie Mühren alors en convalescence après une blessure. Il restera fidèle à ce numéro en sélection et en club[10]. C'est à l'issue de la saison 1971, que Cruyff et l'Ajax vont définitivement imposer le football total à l'Europe. Les néerlandais remportent la Coupe d'Europe des clubs champions contre le Panathinaïkos 2 buts à 0, cette victoire marquant le triomphe du football total de Rinus Michels, et la consécration pour Cruyff qui remporte là le premier titre majeur de son histoire.

Même si Rinus Michels quitte l'Ajax en 1972, cela n'empêche pas Cruyff et ses équipiers de rééditer par deux fois leur performance en remportant, sous la houlette de Stefan Kovacs, la Coupe d'Europe des clubs champions de 1972 face à l'Inter, où il inscrit les deux buts de la victoire de l'Ajax[8], et de 1973 face à la Juventus.

La période au FC Barcelone[modifier | modifier le code]

Cruyff sous le maillot barcelonais en 1975.

Au début de la saison 1973-1974, Johan Cruyff est transféré au FC Barcelone pour la somme de 6 millions de florins (soit 2 millions de dollars). Ce transfert constitue un record[8]. Beaucoup de raisons ont été invoquées pour expliquer le transfert du Batave de l'Ajax au Barça, dont la colère de Cruyff de ne pas être nommé capitaine de l'Ajax. Plus probablement, il s'agirait plutôt pour lui de rentabiliser son talent, le club catalan offrant notamment à Cruyff un salaire très élevé.

La venue de Cruyff, alors considéré comme le « meilleur joueur d'Europe » (il remporte son deuxième Ballon d'or en 1973) à Barcelone, suscite un grand émoi chez les supporteurs catalans. Il est d'autant plus apprécié qu'il a déclaré avoir préféré signer pour le Barça plutôt que pour le Real Madrid, parce que celui-ci était soutenu par Franco. Cette prise de position va donner une aura[style à revoir] à celui que les socios (« abonnés » en espagnol) appelleront El Salvador (« le Sauveur »). En effet, Cruyff est considéré comme l'homme venu redonner au club son lustre d'antan, le FC Barcelone n'ayant plus gagné la Liga depuis 1960. De plus, le club s'apprête à fêter son 75e anniversaire, c'est pourquoi la pression populaire est énorme. Ainsi, pour parvenir à redevenir la meilleure équipe d'Espagne, le club décide de tout autoriser à Cruyff, y compris fumer ses cigarettes Camel sans-filtre à la mi-temps des matchs.

L'équipe barcelonaise, dirigée par le même Rinus Michels, ne peut pas compter sur sa recrue dès le début de saison, à cause de problèmes politico-administratifs. Cruyff débute donc sous ses nouvelles couleurs le [réf. souhaitée] . L'équipe ne perd alors plus aucun match, et est sacrée championne d'Espagne. Point culminant de ce neuvième titre : le , le FC Barcelone bat le Real Madrid 5-0 au stade Santiago Bernabéu à Madrid.

En novembre 1973, Cruyff est sélectionné dans la sélection de Catalogne, demande à laquelle il répond favorablement avec quelques joueurs du FC Barcelone en plus de sa présence dans l'équipe des Pays-Bas.

Cruyff reste cinq saisons, avant de quitter le club en 1978, sur une victoire en coupe du Roi. D'un point de vue sportif, le bilan de son passage au Barça est maigre[réf. nécessaire] : 2 titres (malgré également divers saisonnier comme le Tournoi de Palma de Mallorca en 1974 et 1976), mais la passion qui lie le peuple catalan à El Flaco va bien au-delà du football. Dans ces années de plomb, le club est une vitrine politique et le stade un lieu de revendication. L'humiliation faite à Madrid, le fait d'appeler son fils Jordi, un prénom catalan donc interdit, ou encore de dédicacer une photo aux 113 membres de l'Assemblée de Catalogne emprisonnés dans les geôles franquistes font de Cruyff bien plus qu'un simple footballeur[style à revoir].

Avec sa sélection nationale[modifier | modifier le code]

Johan Cruyff en 1974.

Johan Cruyff honore sa première sélection le en inscrivant un but contre la Hongrie.

Deux mois plus tard, il est le premier international néerlandais à recevoir un carton rouge et à être expulsé, lors d'un match contre la Tchécoslovaquie. Il sera suspendu un an par sa fédération. Cet épisode va le pousser à moins s'investir dans la sélection pendant quelques années.

La Coupe du monde 1974[modifier | modifier le code]

C'est surtout en 1974 que Cruyff va véritablement s'attacher à offrir aux Pays-Bas leur premier titre international. Capitaine d'une redoutable équipe, où il retrouve ses anciens coéquipiers de l'Ajax (Rep, Krol, Neeskens) et d'autres joueurs talentueux comme Rensenbrink, Cruyff fait un véritable festival[style à revoir]. Les Oranje, devenus pour la circonstance « Oranges mécaniques », écrasent leurs adversaires en appliquant le « football total » qui avait fait la gloire de l'Ajax Amsterdam. L'Argentine est laminée 4 à 0 (dont 2 buts de Cruyff) et le Brésil est lui battu 2 à 0 (avec 1 but de Cruyff).

En finale, Cruyff se retrouve face à la RFA de Franz Beckenbauer. Les Pays-Bas, en raison de leur parcours, partent largement favoris. Dès la première minute de jeu, Cruyff part seul dans le camp adverse, arrive à passer et, face au gardien Sepp Maier, il est fauché par derrière par Uli Hoeness dans la surface de réparation. Le penalty accordé est transformé par Johan Neeskens. Menant 1 à 0, l'équipe des Pays-Bas va déjouer et perdre le contrôle du match. Cruyff, si flamboyant lors de la compétition, est dominé pendant tout le match par le défenseur Berti Vogts. Énervé, Cruyff finira même par récolter un carton jaune. Les Allemands reviennent au score par Paul Breitner sur penalty et prennent l'avantage décisif par Gerd Müller. Johan Cruyff voit le Kaiser Franz Beckenbauer soulever une Coupe du monde dont les Pays-Bas, battus 2 à 1, pensaient qu'elle ne leur échapperait pas.

Cette finale perdue, dont l'échec ne peut être imputé au seul Cruyff, reste un point noir dans son palmarès. Il déclarera cependant après, faisant allusion au style de jeu de son équipe, qu'il pense être meilleur de perdre avec ses idées qu'avec celles d'un autre.

Lors de cette Coupe du monde, Cruyff modifie son maillot qui ne comporte que deux bandes noires au lieu des trois du sponsor Adidas car le contrat entre la sélection et cet équipementier ne rétribue pas les joueurs[11].

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La Coupe du monde 1978[modifier | modifier le code]

À la surprise générale, Johan Cruyff ne se retrouve finalement pas présent parmi les rangs de la sélection néerlandaise lors de cette Coupe du monde 1978. De 1978 à 2008, tout le monde pensait que la raison était par opposition à la dictature militaire en Argentine. Or, Cruyff a révélé, le [12], à la Catalunya Ràdio, que son absence était due à une agression à son domicile catalan, liée à une tentative d'enlèvement[11] :

« J'ai eu un fusil pointé sur ma tête, j'ai été ligoté, ma femme a aussi été ligotée, et mes enfants étaient présents dans mon appartement de Barcelone. Il y a des moments où d'autres valeurs priment dans la vie. »

Le retrait de la sélection[modifier | modifier le code]

Les deux plus grands joueurs des années 1970, Cruyff et Beckenbauer n'auront plus l'occasion de s'affronter en Coupe du monde. Beckenbauer prend sa retraite internationale en 1977. Cruyff pour sa part, participe à la qualification pour la Coupe du monde de 1978 mais une fois qualifié, refuse de se rendre en Argentine où se déroule la compétition. Il invoque le refus de cautionner la dictature argentine, ainsi que des problèmes liés à sa sécurité. Malgré les pétitions de supporters et l'intervention de la reine Juliana, Cruyff mettra un terme à sa carrière internationale en 1977. Il compte 48 sélections pour 33 buts.

La fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 1978, à 31 ans, Johan Cruyff décide d'arrêter sa carrière. Mais poursuivi par le fisc espagnol, il part aux États-Unis pour se refaire financièrement. Il rejoint le New York Cosmos où il effectue un essai et joue deux matchs amicaux (aux côtés de Franz Beckenbauer, son ancien rival), avant de s'engager pour les Los Angeles Aztecs, avec lesquels il est élu meilleur joueur de la NASL en 1979. En 1980 il joue pour les Washington Diplomats, qui connaissent bientôt des difficultés financières.

De retour en Europe début 1981, il est en négociations avancés avec le club anglais de Leicester City mais se pose finalement au Levante UD, en D2 espagnole, où il joue de mars à mai 1981[13]. Participant à 10 rencontres, il y inscrit 2 buts mais ne parvient pas à contribuer à la montée du club, son objectif de la saison. Cette saison se conclut à la neuvième place. Il ne prolonge pas son aventure en Espagne, considérée comme un « échec sportif », et retourne aux Pays-Bas[11].

En décembre 1981, il reprend sa carrière dans le club qui l'a vu grandir, l'Ajax Amsterdam. Dès le premier match de son retour, Cruyff marque, montrant qu'il n'est pas fini malgré ses 34 ans. Il remporte même le championnat des Pays-Bas et inscrit 14 buts. Pourtant un an plus tard, en 1983, l'Ajax ne renouvelle pas son contrat. Furieux, Cruyff s'engage alors avec le rival de l'Ajax, le Feyenoord Rotterdam avec qui il fait un doublé championnat-coupe des Pays-Bas en 1984. Encore très bon lors de sa fin de carrière, il range définitivement les crampons cette année-là. L'histoire retiendra qu'il avait marqué pour son dernier match de football, comme il avait fait pour son premier match, vingt ans plus tôt.

La légende Cruyff[modifier | modifier le code]

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Cruyff saluant la foule à Amsterdam, en 1974.

Malgré son physique plutôt frêle, qui lui ont valu le surnom d’El Flaco (« Le maigre »), Johan Cruyff avait des capacités physiques bien au-dessus de la majorité des joueurs à l'époque. Cela était dû en grande partie à la rigueur des entraînements physiques prônés par Rinus Michels véritablement révolutionnaires dans les années 1960. Joueur hors-normes dont le seul défaut est de n'avoir rien gagné avec sa sélection nationale, Cruyff préfigurait dans les années 1970, le joueur moderne, à la fois caractérisé par ses qualités physiques et son talent technique.

Très endurant (malgré sa forte consommation de tabac), Cruyff était surtout un joueur très rapide, capable de mystifier la plupart des défenses par sa vélocité. Il fut même l'un des premiers attaquants à montrer l'importance de la vitesse dans le jeu. Cet atout lui permettait de lancer des attaques de très loin et de surprendre ses adversaires par ses accélérations.

Johan Cruyff fut aussi l'un des meilleurs techniciens du football toutes époques confondues. Capable des gestes les plus difficiles et les plus fous, il pouvait exécuter des dribbles et des feintes incroyables. L'une d'entre elles est restée célèbre et porte le nom de « Cruyff turn ». Il s'agit d'une feinte de passe dans un sens avec dribble du ballon avec l'intérieur du pied et demi-tour dans l'autre sens.

Les gestes techniques qu'il a réalisés dans sa carrière ont contribué à lui donner l'image d'un joueur spectaculaire et inventif qui, à la différence de certains autres grands joueurs, ne s'est pas fanée avec l'âge. En 1984, à 37 ans, Cruyff remportait encore un championnat des Pays-Bas dont il était l'une des attractions.

Johan Cruyff avec des fans en 1982.

Néanmoins, au-delà de cette dimension footballistique, c'est aussi son caractère qui lui a permis de dégager une aura qui fait de lui l'égal de Pelé ou Maradona. Ce joueur caractériel avait l'image et l'attitude d'un rebelle en perpétuelle contradiction avec certains préceptes de son époque. Il fut le premier à choisir son club pour de l'argent, et rendre public son salaire. Il fut également le premier footballeur à exprimer ses opinions politiques (vis-à-vis du franquisme et de la dictature argentine) alors que tous ses confrères se complaisaient dans le mutisme. Cette image libertaire était aussi véhiculée par les cheveux longs des joueurs de l'Ajax, leur adhésion au jeu offensif et spectaculaire (contre le catenaccio de l'Inter Milan) et les cigarettes fumées à la mi-temps, qui dans un sens, ont construit la légende[14],[15],[16].

Dans un ouvrage détaillé[17], le journaliste Chérif Ghemmour évoque la vie tumultueuse et engagée de Johan Cruyff, « despote éclairé », au comportement proche d'une star de rock, et revient avec lui sur la facette politique d'un personnage quasi mythique pour toute une génération. Loin de l'icône révolutionnaire fantasmée, on voit apparaître un Johan Cruyff « libéral-libertaire », certes représentatif de la révolution sociétale néerlandaise des années 1960, mais surtout dans son « rapport décomplexé avec l'argent » et son désir de « rupture avec les convenances »[18].

Cruyff l'entraîneur[modifier | modifier le code]

En 1985, il entraîne l'Ajax avec qui il remporte la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes en 1987. Il démissionne début janvier 1988, quelques jours avant le match retour de Supercoupe d'Europe contre Porto.

Cinq mois plus tard, il rejoint le FC Barcelone, qu'il entraîne de 1988 à 1996 et avec qui il remporte quatre titres de champion, deux coupes du Roi, la coupe des clubs champions en 1992, une perdue en 1994, une coupe des coupes en 1989, une perdue en 1991.

Cruyff sélectionneur de l'équipe de Catalogne en 2013.

« Dans mes équipes, le gardien est le premier attaquant, le buteur le premier défenseur. »

Dans ces deux clubs, il influe sur le jeu de l'équipe première mais également sur ceux de leurs centres de formation, avec un fondement basé sur la passe et le mouvement[8].

En novembre 2009, après une longue pause, il devient le nouveau sélectionneur de la sélection catalane (Selecció Catalana de Futbol). Il inaugure sa nouvelle fonction le , avec la rencontre amicale opposant la Catalogne à l'Argentine au Camp Nou, à Barcelone. Il quitte ce poste début 2013.

Reconversion[modifier | modifier le code]

En 1997, il fonde la Fondation Cruyff[19], qui soutient les programmes de sport pour les enfants handicapés.

Il habite à Barcelone, où il écrit une chronique quotidienne appelée La Contra pour le journal catalan La Vanguardia (en castillan). Il a par ailleurs été un conseiller particulièrement écouté de l'ancien président du FC Barcelone, Joan Laporta, pendant son mandat, de juin 2003 à juin 2010. Son influence auprès du président ainsi que de l'ex-entraîneur Frank Rijkaard n'a cessé de grandir au cours des années, au point d'être l'une des raisons du départ fracassant du vice-président Sandro Rosell à l'été 2005, devenu depuis président du Barça.

Contacté par son club formateur, l'Ajax d'Amsterdam, il devait occuper une place dans l'organigramme du club batave à l'orée de la saison 2008-2009. Cependant, en désaccord avec le futur entraineur, Marco van Basten, sur la conduite à suivre pour refaire de l'Ajax un grand d'Europe, il refusa le poste malgré le contrat signé une semaine auparavant.

Johan Cruyff en 2009.

Fin 2009, Cruyff accepte de devenir le nouveau sélectionneur de l'équipe de Catalogne, en remplacement de Pere Gratacós. Lors du premier match sous la direction de Cruyff, la Catalogne bat l'Argentine par 4 à 2 au stade Camp Nou de Barcelone le .

Le , il a été nommé président d'honneur du FC Barcelone par Joan Laporta mais il démissionne un peu plus tard à la suite de l'arrivée de Sandro Rosell avec qui il ne s'entend pas.

Après la finale de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, ayant opposé l'Espagne aux Pays-Bas, il a évoqué ainsi la « qualité » de l'équipe nationale néerlandaise pendant la finale : « Le jeu était laid, fort, rude et trop sur la défensive. Absolument pas coloré et il y avait peu de football. ».

En mai 2010, il fait partie de la délégation officielle qui remet à la FIFA le dossier de candidature conjointe de la Belgique et des Pays-Bas pour l'organisation de la Coupe du monde de football de 2018. Il accompagne Harry Been (secrétaire général de la fédération néerlandaise), Michael van Praag (président de la fédération néerlandaise), François De Keersmaecker (président de l'Union belge de football), Paul Van Himst et Ruud Gullit[20].

Le 2 janvier 2013, il dirige pour la dernière fois la sélection de Catalogne lors d'un match contre le Nigéria au Camp Nou (1 à 1). Cruyff clôt son passage à la tête de la Catalogne en restant invaincu.

La famille Cruyff[modifier | modifier le code]

Johan Cruyff et sa famille en 1977.

Le fils de Johan Cruyff, prénommé Jordi, a mené une carrière de footballeur professionnel remarquée, puisque ce dernier a notamment participé à la finale de la Coupe UEFA de 2001 opposant son club le Deportivo Alavés au club anglais de Liverpool (5-4).

En octobre 2009, Joshua Angoy Cruyff, neveu de Jordi et petit-fils de Johan, réalise son premier match en équipe de jeunes du FC Barcelone. Joshua joue au poste d'arrière gauche.

Problèmes de santé et mort[modifier | modifier le code]

En octobre 2015, l'entourage de Johan Cruyff annonce qu'il est atteint d'un cancer du poumon[21]. Cette maladie entraîne son décès le à Barcelone et il y est incinéré le lendemain[22]. Deux mois auparavant, il avait pourtant déclaré : « J'ai le sentiment de mener 2-0 dans le match [contre le cancer] à la mi-temps, mais évidemment, ce n'est pas fini. Je suis sûr que je terminerai le match avec une victoire. »[23]. Sa consommation massive de tabac durant sa carrière de joueur — y compris pendant les mi-temps de matchs — puis durant celle d'entraîneur est citée comme une cause possible de son cancer. Issu d'une famille ayant des antécédents cardiaques, et alors qu'il est entraîneur du FC Barcelone, il est atteint en 1991 d'un malaise cardiaque, l'amenant à subir une intervention chirurgicale à cœur ouvert, ainsi que plusieurs pontages. Après cette maladie, Cruyff, sous pression de sa femme, décide d'arrêter toute consommation de tabac et s'engage dans la lutte anti-tabac dans le cadre d'un spot publicitaire réalisé par le gouvernement de Catalogne[21],[24].

Quelques jours après sa mort, est lancée une campagne par des supporteurs du FC Barcelone pour renommer le Camp Nou en stade Johan Cruyff[25], et un espace est aménagé de fleurs de fans au stade olympique d'Amsterdam.

Statistiques de joueur[modifier | modifier le code]

Statistiques de Johan Cruyff [26],[27]
Saison Club Championnat Coupe(s) nationale(s) Compétition(s)
continentale(s)
Supercoupe UEFA Coupe intercontinentale Drapeau : Pays-Bas Pays-Bas Total
Division M B M B C M B M B M B M B M B
1964-1965 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 10 4 - - - - - - - - - - - 10 4
1965-1966 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 19 15 4 9 - - - - - - - - - 23 24
1966-1967 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 30 33 5 5 C1 6 3 - - - - 2 1 43 42
1967-1968 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 33 26 5 6 C1 2 1 - - - - 4 1 44 34
1968-1969 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 29 24 3 3 C1 10 6 - - - - 1 1 43 34
1969-1970 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 33 23 5 6 C3 8 4 - - - - 3 0 49 33
1970-1971 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 25 21 6 5 C1 6 1 - - - - 2 4 39 31
1971-1972 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 32 25 4 3 C1 9 5 - - - - 5 6 50 39
1972-1973 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 26 16 - - C1 6 3 2 2 2 1 4 4 40 26
1973 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 2 3 - - - - - - - - - 2 4 4 7
Sous-total 239 190 32 37 - 47 23 2 2 2 1 23 21 345 274
1973-1974 Drapeau de l'Espagne FC Barcelone Liga 26 16 - - - - - - - - - 12 4 38 20
1974-1975 Drapeau de l'Espagne FC Barcelone Liga 30 7 - - C1 8 0 - - - - 3 5 41 12
1975-1976 Drapeau de l'Espagne FC Barcelone Liga 29 6 - - C3 9 2 - - - - 5 1 43 9
1976-1977 Drapeau de l'Espagne FC Barcelone Liga 29 13 - - C3 7 5 - - - - 3 2 39 20
1977-1978 Drapeau de l'Espagne FC Barcelone Liga 25 5 7 1 C3 10 5 - - - - 2 0 44 11
Sous-total 139 47 7 1 - 34 12 - - - - 25 12 205 72
1979 Drapeau des États-Unis Aztecs de Los Angeles NASL 27 14 - - - - - - - - - - - 27 14
1980 Drapeau des États-Unis Washington Diplomats NASL 27 10 - - - - - - - - - - - 27 10
1981 Drapeau des États-Unis Washington Diplomats NASL 5 2 - - - - - - - - - - - 5 2
1981 Drapeau de l'Espagne Levante UD SD 10 2 2 0 - - - - - - - - - 12 2
Sous-total 69 28 - - - - - - - - - - - 69 28
1981-1982 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 15 7 1 0 - - - - - - - - - 16 7
1982-1983 Drapeau des Pays-Bas Ajax Amsterdam Eredivisie 21 7 7 2 C1 2 0 - - - - - - 30 9
Sous-total 36 14 8 2 - 2 0 - - - - - - 46 16
1983-1984 Drapeau des Pays-Bas Feyenoord Rotterdam Eredivisie 31 11 7 1 C3 4 1 - - - - - - 42 13
Sous-total 31 11 7 1 - 4 1 - - - - - - 42 13
Total sur la carrière 514 290 56 41 - 87 36 2 2 2 1 48 33 709 403

Joueur[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

En Club[modifier | modifier le code]

En équipe des Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Entraîneur[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Distinctions personnelles[modifier | modifier le code]

Cruyff vu par autrui[modifier | modifier le code]

« C'était le big boss. »

— Johnny Rep[29]

« Je n’avais aucune chance d’attraper le ballon. C’était le meilleur joueur du monde. J’étais censé faire quoi pour l’arrêter? »

— Jan Olsson

« Si Gareth Bale et Cristiano Ronaldo valent environ 100 millions d'euros, alors Johan aurait auparavant valu des milliards. »

— Franz Beckenbauer

« À part l'attacher, il n'y avait rien à faire. »

— Bernard Bosquier[30]

« C'était le meilleur joueur de tous les temps. »

— Michel Platini[31]

« Il a donné au football une touche que certains essaient de copier. »

— Sepp Blatter

« On avait l'impression que les adversaires étaient au ralenti contre lui. »

— Lilian Thuram[32]

« Cruyff distribuait le ballon de manière parfaite, il voyait tout sur le terrain. C'était un joueur très intelligent, capable de remporter un match à lui tout seul. Mais, la chose la plus importante, il jouait toujours pour l'équipe entière. »

— Grzegorz Lato

« Un homme qui a fait plus pour rendre le jeu magnifique que quiconque dans l'histoire. »

— Gary Lineker

« Créateur du football. Capitaine du paradis. »

— Michel Denisot

« Johan a donné un nouveau visage au football, il l'a enrichi. »

— Willem-Alexander[33]

« Johan Cruyff a inventé le football moderne. »

— Simon Kuper, journaliste spécialiste de Cruyff[8]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. People - L'interview exclusive de Johan Cruijff — goal.com
  2. La légende du football néerlandais Johan Cruyff est mort sur Le Monde, 24 mars 2016
  3. 1971 - JOHAN CRUYFF - TOUS EMPORTÉS PAR UNE TORNADE BLANCHE — francefootball.fr
  4. (en) Cruyff builds his Dream Team, soccernet.espn.go.com
  5. « Cruyff président d'honneur », lequipe.fr, 26 mars 2010.
  6. « Johan Cruyff, «l'inventeur du football moderne», est mort », sur l'équipe.fr,‎ (consulté le 24 mars 2016)
  7. Johan CRUYFF: Le plus grand maestro néerlandais — fifa.com
  8. a, b, c, d, e et f Grégoire Fleurot, « Johan Cruyff, «l'inventeur du football moderne», est mort », sur lequipe.fr, L'Équipe,‎
  9. « Johan Cruyff aurait pu choisir le baseball », sur lequipe.fr, L'Équipe,‎
  10. Ajax-PSV, le nouveau « Klassieker » — fifa.com
  11. a, b et c Anthony Thomas-Commin, « Trois histoires méconnues sur Johan Cruyff », sur lequipe.fr, L'Équipe,‎ .
  12. (en) Kidnappers made Cruyff miss World Cup — guardian.co.uk
  13. (es) « Cruyff: Hendrick Johannes Cruijff », sur bdfutbol.com (consulté le 26 mars 2015)
  14. (en) The Alternative List: Boffins pick their top 10 footballers of all time — dailymail.co.uk
  15. Les plus grands footballeurs de l'histoire — histoire-du-football.com
  16. Johan Cruyff — sofoot.com
  17. Johan Cruyff, génie pop et despote, de Chérif Ghemmour. Éditions Hugo Sport
  18. « Johan Cruyff, footballeur « libéral-libertaire » », sur www.mediapart.fr, Mediapart (consulté le 10 novembre 2015).
  19. (ca) (es) (nl) (en) www.fundacioncruyff.org
  20. « Cruyff pour Les Pays-Bas », sur lequipe.fr, 11 mai 2010. Consulté le 12 septembre 2010.
  21. a et b Chérif Ghemmour, « Cruyff bat cancer », sur sofoot.com, So Foot,‎
  22. RMC SPORT, « Cruyff incinéré en toute discrétion à Barcelone », sur RMC SPORT (consulté le 9 avril 2016)
  23. Cruyff : je mène 2-0 face à mon cancer, SoFoot, consulté le 25 mars 2016.
  24. Romain Herreros, « Mort d'un cancer des poumons, Johan Cruyff était autant accro au tabac qu'au football », sur huffingtonpost.fr, Le Huffington Post,‎ .
  25. Décès de Johan Cruyff : des fans du Barça veulent rebaptiser le Camp Nou en Stade Johan Cruyff, Metronews, consulté le 25 mars 2016.
  26. Fiche de Johan Cruyff sur footballdatabase.eu
  27. (en) Fiche de Johan Cruyff sur National Football Teams
  28. (en) FIFA DREAM TEAM: Maradona voted top player sur The Indian Express, 19 juin 2002.
  29. Johnny Rep : après la mort de Johan Cruyff, c'était le big boss, L'Équipe, consulté le 25 mars 2016.
  30. Mort de Johan Cruyff : comment jouer contre lui?, 20 minutes, consulté le 24 mars 2016.
  31. Disparition de Johan Cruyff : Platini salue le meilleur joueur de tous les temps, Le Parisien, consulté le 24 mars 2016.
  32. Johan Cruyff : on avait l'impression que les adversaires étaient au ralenti contre lui, loue Lilian Thuram, RTL, consulté le 24 mars 2016.
  33. Les Pays-Bas pleurent Johan Cruyff, Le Figaro Sport, consulté le 25 mars 2016.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]