Gangsta funk

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Gangsta funk
Origines stylistiques Funk, gangsta rap, P-funk, RnB, rap West Coast
Origines culturelles Fin des années 1980, début des années 1990 ; États-Unis (Los Angeles, Californie)
Instruments typiques Boite à rythmes, clavier, échantillonneur, rap, synthétiseur, séquenceur, platines
Popularité Élevée dans les années 1990, underground dans les années 2000 et 2010
Voir aussi Funktronica, gangsta rap, hyphy

Le gangsta funk, ou G-funk, est un sous-genre du hip-hop issu de la côte Ouest des États-Unis (West Coast), influencé par l’atmosphère californienne et la musique funk. Le rappeur Dr. Dre en particulier popularisera ce courant musical au début des années 1990.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un lowrider, type de voiture plébiscité par les artistes G-funk.

Le G-funk, qui signifie « gangsta funk », est un courant du gangsta rap West Coast popularisé et plébiscité durant la première moitié des années 1990. Le rappeur et producteur Dr. Dre[1], membre du groupe fondateur du gangsta rap N.W.A, et considéré comme le « père fondateur du G-funk »[2] est en grande partie à l'origine du mouvement par son utilisation de samples de Funkadelic, Parliament, Ohio Players, George Clinton, Zapp et d'autres groupes de funk des années 1970 et 1980 et des synthétiseurs tels que le Prophet 5, le Juno-106, l'ARP 2600 et les Moog, particulièrement dans les musiques de l'album The Chronic sorti en 1992[3],[4].

Le courant musical est réitéré dans de nombreux albums à l'époque, comme ceux de la maison de production Death Row Records, en particulier en 1993 par la sortie du sulfureux Doggystyle de Snoop Doggy Dogg[5] avec le tube planétaire What's My Name ?, en 1994 par Regulate... G Funk Era de Warren G[6], et en 1995 par Dogg Food du groupe Tha Dogg Pound. Le G-funk est également utilisé en 1996 dans le premier double album de l'histoire du rap américain, All Eyez on Me de 2Pac qui contient California Love[7]. Il est aussi présent dans Conversation des Twinz, This Is the Shack de The Dove Shack et G-Funk Classics, Vol. 1 & 2 de Nate Dogg.

Plus tard, après le départ de Dr. Dre du label Death Row Records en 1997[8], le style musical est encore exploité jusqu'au début des années 2000 par un grand nombre d'artistes aussi bien issus de la Côte Ouest (Californie, Nevada, Arizona, Washington D.C) que du Texas, de l'Ohio, du Tennessee ou encore du Michigan. Nettement moins médiatisés, ces rappeurs privilégient souvent les compositions originales ou rejouées au sampling intensif des premiers albums G-funk. Ils incluent entre autres Sean T, Y-D, Vontel, Madd Hatta, U.D.I., T-Mo, Felony, Playa G, Seven, D.O.A., II Triflin, Precise, Murder Inc., Tymatale, Game Clinic, 44 Clique, Eastside, Mr. Iroc, The CMC's, Fly Nate, 909 Boyz, Gank Move, Sweet P, Tha D.R.E., Touie, Sinister, The Bonafied, E-Mack-7, Coalition, Mic-C, Bombshell, ou encore L.A.Z.

Le G-funk réapparaît également en France[Quand ?], développé entre autres par les productions du rappeur-producteur Aelpeacha et des talkboxers et producteurs Dogg Master et DJ AK ; tous ces artistes se sont exportés avec grand succès en Californie, en collaborant régulièrement avec les plus grands de la scène West Coast[réf. nécessaire]. La thématique des morceaux reste généralement très proche du modèle californien. Malgré beaucoup de remarques au sujet de sa mort, le G-funk continue à exister en Californie en particulier à travers le Chicano rap où des artistes comme Mr. Criminal, Mr. Capone-E, Cypress Hill, Ese Menace et Hi-Power, continuent à perpétuer le style en utilisant les caractéristiques typiques à ce style.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les chansons du genre G-funk sont basées sur des grooves mélodiques, par opposition au rap hardcore issu de New York. Les instrumentales sont principalement constituées d'échantillons sonores issu de funk ou de la soul, de sons issus d'un synthétiseur, d’un flow modéré et souvent accompagnées d'un refrain chanté par une femme ou parrain de la soul/funk comme Marvin Gaye ou Enois Scroggins. Et souvent composées de grosses basses de synthétiseur et de leads (sons aigus et longs) et du fameux vocoder (voix robotisée), de talk box comme Roger Troutman dans California Love de 2pac et Dr. Dre, sans oublier les sons provenant de la soul et de plusieurs formes de percussions comme le conga[réf. nécessaire].

Le son et la rythmique West Coast évoluent depuis le début des années 2010 avec par exemple l'intégration de cordes, ou des charlestons ultra-rapides par rapport au BPM du morceau. Les rythmiques dépassent les 100 BPM, mais si l'aspect musical en soi a changé, les thématiques du G-funk restent fidèles à elles-mêmes. Les clips West Coast gardent toujours ce style reconnaissable : des femmes dénudées qui dansent autour des cabriolets customisés (type Lowrider) ou de superbes villas de luxe de Californie où se déroulent des orgies autour de piscines plus immenses les unes que les autres. Cependant, d'autres artistes comme Kam, MC Ren et surtout Paris, infirment cette règle en prenant un engagement politique[réf. nécessaire].

Artistes représentatifs[modifier | modifier le code]

Les artistes représentatifs et notables du genre incluent : Dr. Dre, Warren G, Above The Law, The Dove Shack, Nate Dogg, Snoop Doggy Dogg, Tha Dogg Pound, Murdersquad, MC Eiht, Eazy-E, Rappin-4-Tay, Daz Dillinger, Kurupt, Tha Twinz, Foesum, MC Ren, RBX, The D.O.C., DJ Quik, Mr. Criminal, DJ Yella, Ice Cube, et Scarface.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Rap » Pop-Rap » G-Funk », sur AllMusic (consulté le 12 avril 2015).
  2. (en) Stephen Thomas Erlewine, Dr. Dre (Andre Young), in Vladimir Bogdanov et al., All Music Guide to Rock, 3rd ed., Backbeat Books, p. 324. (ISBN 0-87930-653-X).
  3. (en) Robert Hilburn, « The Dr.'s Always In », sur Los Angeles Times,‎ (consulté le 12 avril 2015).
  4. (en) « The Friday Night Live Show (Conspiracy Worldwide Radio) »,‎ (consulté le 12 avril 2015).
  5. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Doggystyle », sur AllMusic (consulté le 12 avril 2015).
  6. (en) « Warren G - Regulate: G Funk Era », sur AllMusic (consulté le 12 avril 2015).
  7. (en) Steve Huey, « All Eyez on Me », sur AllMusic (consulté le 12 avril 2015).
  8. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Dr. Dre Biography », sur AllMusic (consulté le 12 avril 2015).