Oyat

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Ammophila arenaria

L'oyat (Ammophila arenaria), autrefois aussi dénommé « Roseau des sables »[1] ou « Gourbet » dans le sud-ouest de la France[2] est une espèce de plantes vivaces de la famille des Poacées, originaire de l'Ancien Monde, croissant dans les terrains sablonneux grâce à un système racinaire très profond. Elle a notamment été utilisée pour fixer les dunes littorales des Landes de Gascogne en France. L'oyat stabilise la dune.

Description morphologique[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Oyat (roseau des sables)

C'est une plante monocotylédone vivace, aux tiges raides pouvant atteindre 120 cm. Les feuilles vert-grisâtre sont pointues, effilées, aux bords enroulés.

Les tiges souterraines, assez minces, à croissance rapide, sont des rhizomes très développés qui peuvent s'étendre sur une longue distance (plusieurs mètres) ; ils portent des racines assez fortes, blanchâtres, l'Oyat étendant son chevelu racinaire en un large tapis retenant le sol. Des morceaux de rhizomes sont fréquemment emportés par les vagues avant d’être déposés plus loin sur le littoral, où ils peuvent s'enraciner si les conditions sont favorables. Ces morceaux de rhizome peuvent flotter et rester viables dans l'eau de mer jusqu'à 60 jours[3].

Les tiges traçantes produisent des stolons souterrains qui forment des racines et engendrent de nouvelles plantules. En se ramifiant, puis en se fragmentant, ces tiges particulières assurent aussi une multiplication végétative active[4].

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les fleurs sont des épillets de couleur jaune paille réunis en longs épis en forme de fuseau ; les fruits sont des panicules assez denses. Les longs épis fusiformes sont constitués de nombreux épillets pédicellés à une seule fleur. Les glumes sont subégales, aigües, de même que les glumelles. La glumelle inférieure est échancrée au sommet. Chaque fleur présente 3 étamines et un pistil.

La pollinisation est anémophile.

La floraison a lieu dès le mois de mai. Les épis sont mûrs en aout.

Distribution[modifier | modifier le code]

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire des régions tempérées et chaudes de l'Ancien Monde :

Introduit dans plusieurs pays - en particulier pour la stabilisation de dunes artificielles - l'oyat s'est naturalisé dans de nombreuses régions, notamment en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, mais aussi au Chili, en Afrique du Sud ou encore dans les Malouines. Il est considéré dans plusieurs pays comme une espèce envahissante, la vigueur de sa reproduction (sexuée et végétative) ayant des impacts négatifs sur la biodiversité locale[5].

Milieu de vie[modifier | modifier le code]

L'oyat se trouve sur les dunes littorales, dans la zone appelée « dune blanche », assez loin au-dessus de la partie supérieure de la zone de balancement des marées (salinité maximale tolérée : 2 %). L'ensablement permanent de ce secteur stimule sa croissance[6].

C'est une espèce xérophyte et psammophyte. Elle est considérée comme caractéristique de plusieurs associations végétales des dunes côtières et plages de sable[7]:

  • Honkenyo-Elymion (Groupements vivaces des plages de sable)
  • Ammophilion arenariae (dune blanche)

Adaptation à la sécheresse[modifier | modifier le code]

L'oyat est une graminée remarquablement adaptée à la sécheresse.

  1. Enroulement des feuilles : dès que l'hygrométrie diminue en dessous d'un certain seuil, des cellules spécialisées de la face supérieure des feuilles (les cellules bulliformes) perdent leur turgescence, ce qui induit une contraction de l'épiderme et un enroulement de la feuille. La face supérieure de la feuille ne communique plus alors avec le milieu extérieur que par une mince fente. Au cœur de cet enroulement, la surface folaire est plissée en de nombreux sillons appelés "cryptes", où l'hygrométrie reste supérieure à celle du milieu extérieur par limitation de l'évaporation.
  2. Présence de poils épidermiques : la face supérieure de la feuille présente de nombreux poils limitant la circulation de l'air. Ils aident donc à retenir la vapeur d'eau émise par évapotranspiration, participant ainsi au maintien d'une hygromètrie plus élevée au sein de l'enroulement de la feuille.
  3. Protection des stomates et limitation de leur nombre : les stomates ne sont présents que sur la face supérieure enroulée de la feuille. Ils sont ainsi protégés de la sécheresse extérieure, d'autant plus qu'ils sont généralement situés au fond des cryptes, où l'hygromètrie est plus élevée.
  4. Présence d'une cuticule épaisse sur la face inférieure de la feuille, qui limite fortement l'évaporation.

Résistance à l'ensablement[modifier | modifier le code]

L’oyat résiste au déchaussement et à l’ensevelissement par le sable en formant des rhizomes traçants, capables de s'étendre sur de grandes distances et de donner naissance par des stolons souterrains à de nouvelles pousses aériennes. Lorsque le sable est fixé par la végétation dunaire et qu’il n’y a plus d’arrivée régulière de sable, des nématodes parasites apparaissent dans le sol de la dune et attaquent les rhizomes de l’oyat, ce qui provoque son dépérissement puis sa mort.

Systématique[modifier | modifier le code]

Nom scientifique : Ammophila arenaria (L.) Link (synonym : Arundo arenaria L.), famille des Poacées, sous-famille des Pooideae, tribu des Aveneae. On le trouve parfois sous l'appellation Psamma arenaria.

Étymologie : oyat est un vocable d'origine picarde, attesté sous la forme oiak au début du XVe siècle. Son étymologie est inconnue. Ammophila est issu du grec et signifie « qui aime le sable ». Arenaria est dérivé du latin arena « sable ».

Noms vernaculaires : [[]], roseau des sables, ammophile des sables, [[]], jonc des dunes, chiendent marin, élyme des sables, psamma des sables

Noms régionaux : la Basse-Normandie utilise le terme spécifique de milgreux[8], variantes : melgreu, milgré, milgru, millegreu, voire mielgrain; ce terme est d'origine norroise *melgras mot à mot « herbe de dune », pluriel melgrös, qui se perpétue également dans l'islandais melgras « oyat, élyme des sables ». Il se composé des éléments melr « banc ou dune de sable » (bas normand mielle « dune ») et gras « herbe », pluriel grös. Le terme haudine[9] à également été utilisé pour désigner l'oyat mais n'est plus usité aujourd'hui.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gourbet dans [ Dictionnaire CNRTL]
  2. Brève de telabotanica intitulée [ Sauvons le Gourbet !], par Gilles Granereau, 22 octobre 2015
  3. World database on invasive species,
  4. Robert Gorenflot, Biologie végétale, Masson, , p. 16
  5. cf. Global Invasive Species Database,
  6. Daniel Richard, Patrick Chevalet, Nathalie Giraud, Fabienne Pradere, Thierry Soubaya, Biologie, Dunod, , p. 622
  7. (fr) Groupements vivaces des plages de sable et 16.212 Dunes blanches modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant, Corine Biotope (consulté le 20 décembre 2008)
  8. Denis Diderot, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers, Volume 21, Sociétés Typographiques, 1780, p. 808
  9. Denis Diderot, Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences des arts et des métiers, Volume 21, Sociétés Typographiques, 1780, p. 808

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens et références[modifier | modifier le code]

  • [ Coupe transversale d'un limbe d'Oyat]
  • [ Adaptation à la sécheresse de la feuille de l'oyat]
  • [ Galerie Calphotos]