Lège-Cap-Ferret

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Lège-Cap-Ferret
Commune entre l'océan Atlantique et le bassin d'Arcachon.
Commune entre l'océan Atlantique et le bassin d'Arcachon.
Blason de Lège-Cap-Ferret
Blason
Lège-Cap-Ferret
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Département Gironde
Arrondissement Arcachon
Canton Andernos-les-Bains
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin d'Arcachon Nord Atlantique
Maire
Mandat
Michel Sammarcelli
2014-2020
Code postal 33950 et 33970
Code commune 33236
Démographie
Gentilé lègeot ou lègeois
Population
municipale
8 106 hab. (2013)
Densité 87 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 47′ 42″ Nord 1° 08′ 48″ Ouest / 44.7951, -1.1468
Altitude Min. 0 m – Max. 43 m
Superficie 93,62 km2
Localisation

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Lège-Cap-Ferret

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Lège-Cap-Ferret
Liens
Site web ville-lege-capferret.fr/

Lège-Cap-Ferret (Lèja-Cap-Herret[1] en gascon) est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Gironde, en région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

Elle est riveraine du bassin d'Arcachon, qu'elle borde sur le côté ouest au nord du cap Ferret. Cependant, la pointe du cap Ferret faisait partie de la commune de La Teste de Buch jusque dans les années 1970 ; ce n'est qu'après son rattachement que la commune de Lège a pris le nom de Lège-Cap-Ferret.

Ses habitants peuvent être appelés Lègeots ou Légeois[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La commune est délimitée par le cap Ferret au sud, l'océan Atlantique à l'ouest, le bassin d'Arcachon à l'est et les communes du Porge (au nord) et d'Arès (à l'est).

Le territoire communal s'allonge sur une vingtaine de kilomètes entre le cap Ferret et son extrémité nord-est.

Le village principal (bourg) est situé à environ 40 km de Bordeaux et 25 km d'Arcachon par la route (seulement 10 km à vol d'oiseau) ; le cap Ferret, à 15 km du centre, est situé à 5 km du port d'Arcachon.

Relief[modifier | modifier le code]

La commune de Lège-Cap Ferret inclut la totalité de la presqu'île du Cap Ferret, qui sépare l'océan Atlantique du bassin d'Arcachon.

Cette terre de « sable et d'eau » s'est formée au cours du dernier millénaire par accumulation de bancs de sable prenant pour appuis les terres continentales de la baronnie de Lège.

Le territoire de la presqu'île et celui situé à l'ouest du canal est composée de majorité de dunes qui ont été stabilisées à partir de 1850. Le territoire du village de Lège est uniformément plat avec une altitude moyenne inférieure à 5 mètres.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

L'urbanisation récente modifie sensiblement le système hydrographique.

Sur la zone dunaire de la presqu'île les lettes situées entre les "dunes blanches" sont devenues des zones constructibles, ce qui implique la disparition de la forêt qui ne joue plus son rôle de régulation du système hydraulique.

Sur le village de Lège, les zones humides se sont asséchées et sont urbanisées. Dans ces zones, la nature reprend en partie ses droits, en période pluvieuse l'eau affleure la surface.

Dans ce village, le ruisseau "la berle d'Ignac" (devenu la Machinotte) reste le seul encore reconnaissable. Il avait autrefois un rôle utilitaire, il servait pour le lavoir communautaire d'Ignac.

Le ruisseau descendant du Grand Ousteau (servant pour le lavoir situé à la jonction de l'avenue du Moulin et de celle du Médoc) a en grande partie disparu (remplacé par un étroit fossé couvert). Il se jette dans la Machinotte.

Le ruisseau venant du Riou et traversant le centre du village se transforme en une conduite en béton de faible diamètre en passant sous la maison de retraite et sous le collège. Il servait pour le lavoir dit "de la mairie". Il avait une fonction économique, il servait au forgeron du village jusque dans les années 1950.

Organisation de l'habitat[modifier | modifier le code]

Villages de la presqu'île du Cap Ferret.

On trouve une douzaine de villages, situés le long du bassin d'Arcachon (alors que le littoral atlantique est inhabité), du nord au sud :

  • Lège
  • Claouey
  • Le Four (port ostréicole)
  • Les Jacquets (port ostréicole)
  • Petit Piquey
  • Grand Piquey
  • Piraillan (port ostréicole, réservoirs naturels)
  • Le Canon (village de pêcheurs qui organise la Fête de la mer aux alentours du 15 août)
  • L'Herbe (village ostréicole)
  • La Vigne (port de plaisance)
  • Le Cap Ferret
Le port de La Vigne.

Communications et transports[modifier | modifier le code]

La principale voie de communication est la D 106 qui va de Bordeaux (porte Judaïque) à la pointe du cap Ferret.

Une liaison maritime permanente existe entre l'embarcadère de Bélisaire et le port d'Arcachon.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Il n'existe ni étude ni hypothèse pour expliquer le nom de « Lège », qui au fil des siècles, a été écrit de façons diverses : « Leyge », « Liège » ou « Lège ».

On peut faire les constatations suivantes :

La baronnie de Lège n'avait aucun débouché sur le baie d'Arcachon, il y avait la baronnie d'Ignac entre les deux. Elle ne communiquait avec ce plan d'eau que par un ruisseau, un estey permettant l'écoulement des eaux venant des étangs du Porge.

Au XVIe siècle, il existait un port à Lège. Ce port est devenu le port d'Arès. L'emplacement de ce port semble avoir été déplacé lors des travaux exécutés pour la création des réservoirs actuels. Il existait un port d'Ignac qui semble avoir été confondu avec le « port de Lège ».

Pour le ruisseau reliant les étangs du Porge et le bassin, on a :

  • ruisseau du Porge au bassin d'Arcachon
  • la Leige au XIXe siècle
  • le canal depuis le début du XXe siècle
  • « le fond de Lège » sur d'anciennes cartes (en général les villages portent le nom d'un élément physique les caractérisant[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Déplacement du village de Lège[modifier | modifier le code]

Les déplacements du village de Lège

Le village de Lège aurait été déplacé trois fois au cours des siècles pour échapper à l’invasion des sables (voir la figure ci-contre)[4].

  • Premier village (de l'an 1000 au XIVe siècle). Il y a plus de 2000 ans, le Bassin d’Arcachon n’existait pas. A sa place, l’embouchure de la rivière La Leyre formait un large delta. A l’époque de la conquête romaine, la rive nord de l’estuaire correspondait à une ligne située approximativement dans le prolongement de la côte nord actuelle. Les bateaux moulaient au port d’Ignac. Vers l’an 1000, pour garder ce débouché nord, un ouvrage militaire, du type motte castrale munie d’une barbacane, fut probablement construit aux environs de l’actuel Crohot des Cavalles (situé sur la commune du Porge). Les premières cabanes de Lège et sa première et rustique église s’élevèrent à proximité. Le village fut abandonné à l’offensive des sables datée du XIVe siècle et les habitants se replièrent en direction de l’est.
  • Deuxième village (du XIVe siècle au XVIe siècle). Le deuxième emplacement se situait probablement à la dune du Pas de Cazeaux, en limite avec la seigneurie de Castelnau (commune du Porge). Il comportait une tour de défense fortifiée par une enceinte dénommé le « château » et une deuxième église de style roman. Ces deux édifices construits en pierre pour durer cédèrent cependant à une nouvelle offensive des sables, celle-ci datée du XVIe siècle. Aussi les habitants se transportèrent vers le sud à l’emplacement actuel du bourg, situé entre la dune de Campagne et le port d’Ignac.
  • Troisième village (à partir du XVIe siècle). Une nouvelle et troisième église, plus vaste que la seconde, fut donc construite avec les pierres des édifices abandonnés sur le second emplacement. Elle ne fut achevée qu’au XVIIe siècle comme en attesterait une pierre gravée du millésime 1666[5], réemployée dans la quatrième église. En effet, la vieille église du bourg de Lège fut démolie en 1925, et dans la construction de l’actuelle église l’architecte conserva de la précédente certains éléments. Parmi ceux-ci, figurent, en outre, un chapiteau roman du XIIe siècle historié[6] et deux pierres rassemblant sous une couronne les armoiries du baron et de la baronne de Lège[7]. Il n’y eu pas de troisième château fort mais une habitation modeste qui servie de « château » aux barons de Lège.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les archives font remonter l'existence du village de Lège au début de l'an mil alors que la presqu'île n'existait pas.

Le duc de Guyenne possède un manoir particulier à Lège, manoir qu'il donne en 1027 au chapitre de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux. Au fil des siècles, différentes chartes parlent de Lège :

  • 1169 : confirmation par l'évêque de Bordeaux d'un accord fait entre le chapitre de Saint André et les hommes de Lège ;
  • 1173 : le chapitre exerce les droits de basse et haute justice, il a le droit de pêche et de bris de naufrage (Julian, histoire de Bordeaux) ;
  • 1273 : accord entre le chapitre et noble Pierre de Bordeaux seigneur de Castelnau. Pierre (de Castelnau) payera au chapitre pour les moulins de l'estey de Campane la somme de 12 deniers payables devant la barbacane du château de Lège ;
  • 1420 : le chapitre donne à Pierre Castro, chantre, les revenus de la terre de Lège ;
  • 1422 : le chapitre porte plainte devant Romulphe de Blaye, lieutenant du sénéchal, contre Gaston de Foix (captal de Buch) qui a fait emprisonné 3 hommes de Lège ;
  • 1426 : à la demande de Tristan de l'île, le chapitre pardonne aux ravisseurs d'une fille de Lège, à condition qu'ils fassent amende honorable ;
  • 1427 : le chapitre décide de poursuivre pour injures et vols le capitaine de Certes (qui dépendait du captal de Buch) ;
  • 1451 : la guerre de Cent ans se termine et une partie de la Guyenne est encore sous la domination anglaise. Le chapitre a des démêlés avec les Français en ce qui concerne la seigneurie de Lège ;

Les Temps modernes[modifier | modifier le code]

  • Vers 1500 : le chapitre permet aux habitants de Lège de prendre des pierres du château pour la construction de la nouvelle église (il semble que le château, le village primitif et l'église se trouvaient entre le canal et l'océan), la nouvelle église se trouvera dans la région du Riou et de Campagne. Cette opération est due à l'avancement des sables ;
  • Vers 1572 : le chapitre vend la baronnie de Lège à la famille d'Ogier de Gourgue qui était trésorier général en la généralité de Guyenne et ce pour la somme de 1225 écus ;
  • 1584 : la fabrique de Lège acquiert à titre onéreux auprès du seigneur de Gourgue le droit de chasse et de pêche entre l'océan et le bassin d'Arcachon ;
  • À la mort du trésorier général, un grand seigneur de l'époque proche du pouvoir royal et de Mazarin s'intéresse a la baronnie de Lège, fait casser la vente pour que ce domaine entre dans ses propriétés. C'est le duc d'Epernon. Les terres resteront dans le domaine du captal de Buch pendant un siècle.
  • 1620 : le village (devant l'envahissement de ces terres par le sable) change de place et construit une nouvelle église (emplacement actuel) ;
  • 1628 : la fabrique achète au duc d'Epernon de nouveaux droits pour la somme de 2400 livres. C'est ce qui fait qu'au moment de la Révolution, la commune de Lège devint propriétaire de ses dunes ;
  • Fin du XVIIe siècle : la baronnie devient la propriété de Raymond de Sallegourde (elle quitte la famille d'Epernon et le captal de Buch) ;
  • 1751 : la baronnie est achetée par monsieur Marbotin (baron de Conteneuil et de Sauvia) du parlement de Bordeaux ;

Jusqu'à la Révolution, la baronnie de Lège-en-Buch appartient au Pays-de-Buch sans pour autant dépendre du Captalat de Buch, seigneurie uniquement composée des trois paroisses de La Teste, Gujan et Cazaux. Avec la seigneurie voisine d'Ignac, cette baronnie constitue la paroisse de Lège.[réf. nécessaire]

Avant la formation géologique de la péninsule du Cap-Ferret, tant que l'estuaire de la Leyre - comme actuellement celui de la Gironde - reste largement ouvert sur l'océan, en face d'Eyrac sur la rive gauche Ignac est sur la rive droite un port vraisemblablement important dont on note l'existence au XVIIe siècle quand, en 1600, des officiers du Captal de Buch y ramènent un galion récupéré sur la plage de Lège, le mettant ainsi hors de portée du baron de Lège[8]. Les terres de cette baronnie sont alors limitées par celles de la paroisse d'Arés à l'est, par des terres appartenant au Captal de Buch au nord et par l'océan à l'ouest et au sud. Au fur et à mesure du temps avec la réunion au continent des bancs de sables qui s'y déposent, une péninsule se forme, allongeant le territoire de la baronnie vers le sud ; les seigneurs de Lège en profitent pour s'approprier ces lais de mer, « espaces de dunes blanches et trous d'eau (crohots) » constituant le Cap-Ferret (ou Cap-Herret), espace intéressant pour la capture au filet de quantité de gibiers d'eau.

À l'époque des premiers essais de fixation des dunes littorales, et désirant obtenir celles du lieu-dit Piquey pour y planter des pins, François Amanieu de Ruat le Captal de Buch du moment, en obtient la concession par arrêt du Conseil du Roi. Cet arrêt du 23 mars 1779 a pour effet de faire passer toute la péninsule sous la juridiction du Captal. Lors de la réorganisation territoriale de 1790, qui voit le remplacement des paroisses par les communes, ladite concession de 1779 est à l'origine du rattachement du Cap-Ferret et des hameaux qui s'y trouvent, à la commune de La Teste. C'est seulement le 23 mars 1807 que la limite séparant la commune de Lège et celle de La Teste est définie selon une ligne droite allant du « Truc vert » côté océan à la « Pointe aux chevaux » côté bassin d'Arcachon.

Le Cap-Ferret quartier éloigné de La Teste demeure un lieu sauvage et inhabité (Jacques Ragot). Dès la fin du XVIIIe siècle, des pêcheurs à la senne venant principalement du sud du bassin (de La Teste, de Mestras ou de Meyran) y aménagent chaque été des logis temporaires (huttes ou rudimentaires cabanes adossées aux dunes) pour être au plus près de leurs lieux de pêche.

Pour plus d'information sur la situation de la commune au XVIIIe siècle, voir l'ouvrage de Jacques Baurein[9].

La Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

La commune de Lège est créée au début de la Révolution (création des communes et départements en 1789) sur le territoire de la paroisse de Lège qui incluait le territoire des baronnies de Lège et d'Ignac[10]

La paroisse (fabrique) était riche car il y avait une église en pierre et elle racheta des droits de chasse et de pêche pour ses habitants. C'est grâce à ceal que la commune de Lège devient propriétaire des dunes en 1789[réf. nécessaire].

À cette époque, Lège est limitrophe d'Andernos (qui comprend le territoire d'Arès), dont elle est séparée par un ruisseau, la « berle d'Ignac ».

En 1807, sous le Premier Empire, pour prévenir un possible débarquement anglais, on fortifie la Pointe par une batterie de quatre canons et un mortier servis par 30 à 50 hommes. Un sémaphore est construit à la même époque. En 1810, sous le commandement d'un sergent, 50 soldats du 9e régiment polonais y tiennent garnison.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1834 : l'État envisage l'ensemencement des dunes de campagne. La commune propose d'effectuer le travail pour 50 % moins cher que celui des entreprises. Refus du préfet. L'État devient alors abusivement propriétaire des surfaces concernées ;
  • 1848, 1851, 1852, 1855 : différents décrets impériaux concernant l'ensemencement en pin ; il est précisé que les droits des propriétaires sont conservés ;
  • 1851 : création de la commune d'Arès ; les limites communales sont celles qui étaient antérieurement fixées avec la commune d'Andernos ;
  • 1855 : Monsieur Javal nouveau propriétaire d'une importante partie du territoire d'Ares , fort de ses appuis politiques et financiers veut faire modifier les limites territoriales et annexer une partie du territoire de Lège. Par décret impérial n°3051 du 8 août 1855, « la limite du rivage sur la partie de la plage du bassin d'Arcachon contiguë à des terrains dont Monsieur Javal est propriétaire dans les communes de Lège et d'Ares est et demeure fixée conformément à la ligne tracée en bleue sur le plan annexée au décret. Ce tracé comprend entre les bornes 18 et 27 neuf lignes droites et se confond à partir de la borne 27 avec les digues des réservoirs, traverse le grand chemin d'Arès et coïncide de nouveau jusqu'au pont du même nom avec d'autres digues. Rien ne change.
  • 1857 : « une décision ministérielle fixe les bases d'un projet à exécuter, en vue du dessèchement des terrains marécageux situés sur le littoral de l'océan entre l'extrémité nord de l'étang d'Hourtin et l'extrémité sud de l'étang de Langouarde ». Les ingénieurs du service hydrographique arrêtent les dispositions de détail de l'entreprise. Le projet consiste à réaliser deux canaux :
    • - étang d'Hourtin, étang de Lacanau ;
    • - étang de Lacanau, étang de Langouarde au débouché du chenal de Lège, qui se jette dans le bassin d'Arcachon ;
  • 1859 : décret déclarant l'œuvre d'utilité publique, la concession est donnée à messires Clerc, Tessier et compagnie ;
  • 1873 : décret créant l'association syndicale chargée de veiller à l'entretien des canaux ainsi créés Le chenal de Lège (ou la Leige) n'est pas dans le décret car aucuns travaux n'a été exécuté sur ce tronçon (l''entretien doit être considéré comme étant à la charge des propriétaires riverains si l'on considère que c'est un ruisseau, ou a la charge de la communauté nationale si l'on considère que c'est un chenal « appellation d'origine  »).;
  • 1875 : concession d'un chemin de fer partant d'Arès à destination du Cap Ferret en passant par Claouey. Les terrains seront fournis gratuitement par les communes. Le concessionnaire recevra 100 hectares de terrain à 50 francs l'hectare sur le Cap Ferret, 1 000 000 francs de subvention du département et 300 000 francs de l'administration des eaux et forêts. Le projet ne verra jamais le jour ;
  • 1877 : dans une géographie de la Gironde d'Adolphe Joanne, on peut lire « la Lège ou chenal des étangs, navigable, mène au Bassin les eaux des étangs d'Hourtin et de Lacanau et celles des crastes d'une partie des landes girondines » ;
  • 1890 : dans le Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies, on lit : « les étangs d'Hourtin et de Carcan communiquent avec l'étang de Lacanau par un canal d'assèchement, par de multiples étangs asséchés ou en voie d'assèchement celui-ci communique avec le Bassin par le chenal des étangs ou Lège ».

Se résumant jusque là par la cueillette à pied ou le dragage en eau profonde d'huîtres sauvages, l'ostréiculture s'organise avec méthode dès le milieu du XIXe siècle. L'adoption d'une technique innovante de captage du naissain d'huîtres mise au point par l'arcachonnais Jean Michelet et la création des premiers parcs d'huîtres plates (Ostrea edulis) sont à l'origine d'une activité promise à un brillant avenir. Vers 1880-1890, l'ostréiculture est en plein essor et les ostréiculteurs de La Teste, Gujan et Arès obtiennent de nouvelles concessions sur le rivage nord du bassin. Pour se rapprocher de leur lieu de travail et s'épargner de longs déplacements à la rame ou à la voile depuis leurs ports d'attache, ils amènent des pontons ou construisent des cabanes (souvent sans permission) sur les plages de L'Herbe, du Canon, de Pirailhan, de Claouey, des Jacquets ou de Piquey. Certains y séjournent de plus en plus longtemps jusqu'à constituer, au fil du temps, un habitat permanent.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Une piste ancienne de mauvaise qualité reliait les villages au bourg de Lège, avant l'aménagement d'une véritable route au début du XXe siècle, favorisant la venue des premiers touristes parmi lesquels se trouvent Jean Cocteau et Raymond Radiguet.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, comme tout le littoral français allant de Belgique à l'Espagne, le Cap-Ferret se trouve en « zone interdite » et quelques blockhaus du mur de l'Atlantique y sont édifiés. Celui qui se trouve au plus près de l'entrée du Bassin est « maquillé » par les artistes de l'Organisation Todt pour ressembler à une villa : de fausses tuiles et des fenêtres factices sont peintes sur le béton. Au moment de leur retraite, fin août 1944, en plus que divers sabotages affectant les lignes électrique et téléphoniques, les occupants allemands font sauter le phare qui, depuis 1840, signale l'entrée du Bassin.

Dès les années 1950, de nombreux habitants de la péninsule, permanents ou estivants, réclament de plus en plus d'attention de la part de la commune de La Teste en ce qui concerne (entre autres) l'entretien de la voirie, la collecte des ordures ménagères, un assainissement adapté et une présence administrative correspondant à leurs besoins.

En 1976, à la demande des habitants du lieu l'extrémité de la presqu'île (qui dépendait de la commune de La Teste) passe dans le domaine communal et la commune prend le nom de Lège-Cap-Ferret. Aucune délibération municipale n'ayant eu lieu sur un changement d'appellation des habitants, les noms traditionnels restent en vigueur (Lègeots ou Lègeois).

Cependant, en ce qui concerne les droits d'accès à la forêt usagère de La Teste, les droits traditionnels sont maintenus pour les habitants du cap Ferret[réf. nécessaire].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes

Les armes de Lège-Cap-Ferret se blasonnent ainsi : De gueules à la chèvre d'or surmontée en chef de trois besants du même rangés en face.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Si actuellement les maires sont issus d'une volonté populaire et caractérisés par leur appartenance politique, cela n'a pas toujours été le cas.

De 1789 à 1799, ils sont élus pour 2 ans par les actifs payant un certain niveau d'impôt.

De 1799 à 1848 ils sont nommés par le préfet et administrent seul la commune (aucune obligation de consulter le conseil municipal). Nomination politique

De 1848 à 1851 ils sont élus par le conseil municipal

De 1851 à 1871 ils sont nommés pour 5 ans par le préfet. Nomination politique

Nous avons la liste suivante:

- an 12 Pauillac

- 1808 à 1809 Elies

- 1810 à 1830 Ducamin Jean

- 1831 à 1840 Gassian

- 1841 à 1848 Ducamin Jean

- 1849 à 1869 Despujols Martin

- 1870 Ducamin Henri

- 1871 à 1874 Guerin Armand

- 1875 à 1876 Ducamin Henri

- 1877 à Maurére Pierre

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Michel Sammarcelli DVD Conseiller régional
         
1986 1996 Robert Cazalet RPR Député
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 8 106 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
271 300 320 324 375 357 370 410 423
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
465 472 499 504 548 636 690 741 783
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
825 903 1 110 997 1 196 1 253 1 309 1 182 1 735
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012
3 605 4 232 4 318 4 981 5 564 6 307 7 321 7 396 8 099
2013 - - - - - - - -
8 106 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

Le village ostréicole du Canon.
  • Les réservoirs de Piraillan.
  • La réserve naturelle nationale des prés salés.
  • Les plages de la presqu'île, 25 km de plages le long des dunes.
  • La Conche du Mimbeau, une plage avec sa végétation à la fois dunaire et lagunaire.
  • Le port de plaisance de La Vigne
  • Le phare du Cap-Ferret (52 m, 258 marches) qui offre un panorama sur le bassin d'Arcachon, l'océan Atlantique et la Maison du Bassin.
  • Le lotissement de Lège, premières villas à toiture terrasse par Le Corbusier appelé « le quartier marocain ».
  • La chapelle mauresque de la villa algérienne ou chapelle de L'Herbe, située dans le village du même nom. Construite dans les années 1930, elle est le dernier témoin d'un domaine mauresque détruit en partie en 1965 pour faire place à une nouvelle résidence. Elle est la seule chapelle de style mauresque destinée au culte catholique en France. Sur le clocher de la chapelle se trouvent la croix et le croissant, symboles des cultes chrétien et musulman. Elle est l'œuvre de l'architecte Jean-Eugène Ormières et a été commandée par Léon Lesca, conseiller général de La Teste (de 1873 à 1897), qui avait fait fortune en Afrique[13].
  • Dans le petit port d'ostréiculteurs de L'Herbe : une ancienne cantine itinérante qui suivait les forestiers sur leurs chantiers et qui s'y est sédentarisée, devenant un petit hôtel restaurant, et l'une des dernières cabanes de pêcheurs échouées avec la coque du bateau comme fondation.
  • Le tramway du Cap-Ferret, appelé aussi petit train du Cap-Ferret, chemin de fer touristique et historique.
  • L'église Notre-Dame-des-Flots.
  • Eglise Saint-Pierre. L’église actuelle de Lège est récente et a été construite à partir de 1928[14]. Elle remplace la très ancienne église construite entre le XVIe siècle, sous le règne de François Ier, et le XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV et qui aurait été la troisième église de Lège (voir ci-dessus « Déplacement du village de Lège »). Depuis des siècles, Lège est une étape des pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle par la « voie de Soulac »[15]. Au XIIe siècle, le guide du pèlerin situe les tombeaux de plusieurs compagnons de Roland aux abords de l’église Saint-Pierre de Lège. Cette ancienne église, de style fortifié avec des petites ouvertures, devint trop petite et fut donc démolie en 1925. Bâtie au même emplacement, l’actuelle église Saint-Pierre de Lège contient encore des vestiges du bâtiment précédent : pierre gravée[5], armoiries des seigneurs locaux [7]et chapiteau roman[6]. Elle est de style néo-roman et se distingue par une imposante tour-clocher munie de corbeaux.
  • Ancienne mairie. Après la révolution de 1789, faute de bâtiment public, le conseil municipal se réunissait tantôt chez le maire, tantôt chez un conseiller ou bien dans une grange. Il fallut attendre près de soixante-dix ans, pour que la nouvelle commune achète un terrain et fasse construire une mairie. Ainsi en 1868, Lège disposait enfin d’un bâtiment constituait de deux pièces, dont l’une servait d’école. En 1888, une pièce supplémentaire est rajoutée vers l’avant au centre de l’édifice précédent pour agrandir la mairie. Cette date d’agrandissement figure sur l’un des trois frontons qui ornent le bâtiment. En 1877, pour séparer les sexes, une école des filles est construite dans la cour de récréation (désormais de l’autre côté de la route). En 1912, ce bâtiment sera affecté, comme indiqué sur le fronton, à la section des « petites ». En 1992, la mairie bénéficiera d’un nouvel « hôtel de ville » édifié par l’architecte Jean-Jacques Lacaze à l'emplacement de la « Maison du Baron » en face de la mairie[16]. L’ancienne mairie sera restaurée et reconvertie pour accueillir le club de loisirs et autres associations[17],[18].


  • Foyer « Alice Girou ». Lieu de vie de résidents IMC, ce foyer a été inauguré le 1er mars 1987. Il est administré par une association loi 1901 de parents d’enfant atteints d’IMC[22]. Il porte le nom d’Alice Girou (1904-1987) qui était assistante sociale, résistante et administratrice de l’association gestionnaire, décédée l’année de l’ouverture du foyer. Celui-ci a été installé sur un terrain de 4 hectares, cédé par l’ancien maire, Robert Cazalet, lui-même grand-père d’un jeune garçon IMC. La configuration architecturale a été conçue pour être un lieu ouvert sur l’espace communal. Cette réalisation a été primée par un prix national d’architecture et l’édifice a été classé pour préserver ses qualités architecturales[23].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lège-Cap-Ferret sur Gasconha.com, consulté le 2 février 2010.
  2. Information fournie par la mairie
  3. Pourquoi ne pas admettre que le nom de Lège provient d'un ruisseau qui était dénommé « la Leige » ? Cela pourrait correspondre avec la dénomination  « fond de Lège » et port sur la Lège
  4. (Ragot 1980, p. 20-26)
  5. a et b « Pierre gravée au millésime de 1666 ; l’église de Lège (texte et photo) », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 4 juillet 2016)
  6. a et b « Chapiteau du XIIe siècle figurant « le diable conduisant les âmes en enfer » dans l’église de Lège (texte et photo) », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 4 juillet 2016)
  7. a et b « Pierres aux armoiries du baron et de la baronne de Lège du XIIe siècle dans l’église de Lège (texte et photo) », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 4 juillet 2016)
  8. Archives de la Gironde, tome XXX, page 464.
  9. Jacques Baurein, Variétés Bordeloises, t. 3, Bordeaux, , 2e éd. (1re éd. 1786) (lire en ligne), articles 6.XXXV et XXXVI, pages 394-404
  10. La baronnie de Lège et l'ancienne paroisse étaient confondues, mais il n'existe aucune certitude que la baronnie d'Ignac fît partie de la paroisse de Lège.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2007, 2008, 2012, 2013.
  13. « Les Lesca, bienfaiteurs du bout du monde », L'Express, 21-05-2009
  14. « Eglise Saint-Pierre de Lège », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 6 juillet 2016)
  15. « La voie de Soulac », sur compostelle33.online.fr (consulté le 19 juillet 2016)
  16. (Baumann 1992, p. 42)
  17. (Baumann 1992, p. 35)
  18. « Ancienne mairie de Lège », sur visites.aquitaine.fr (consulté le 6 juillet 2016)
  19. Moulin à vent, appartenant à Jean Guittard, situé vers la route du Moulin, démoli en 1900, Isablle Verdier, « Les possesseurs du Moulin de Lège de 1865 à 1900 », bulletin de la Société Historique et Archéologique d'Arcachon et du pays de Buch, no 10,‎ , p. 12-13 (lire en ligne)
  20. (Baumann 1992, p. 44-45)
  21. « Les chasseurs de Lège sont prêts pour l'ouverture », sur sudouest.fr,‎ (consulté le 6 juillet 2016)
  22. « Foyer Alice Girou (historique, finalité, admission », sur agimc.fr (consulté le 10 juillet 2016)
  23. Thomas Beaune, Présentation du foyer « Alice Girou » pp. 14-15 in Redéfinir le projet d’établissement en foyer de vie pour répondre à la spécificité des personnes IMC vieillissantes (Mémoire de l’Ecole Nationale de la Santé publique), , 111 p. (lire en ligne)
  24. Annuaire des villes jumelées
  25. Sylvie Santini, « La déesse et les génies », Vanity Fair n°15, septembre 2014, page 182-191.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Ragot, Le Cap-Ferret, de Lège à la Pointe, La Teste, édité par l’auteur, , 205 p. ; réimpression en 1 seul volume des tome 1 « Des origines à la fixation des dunes » et tome 2 « De l’ensemencement des dunes à nos jours », 1973
  • Jacques Ragot et avec la participation de Max Baumann, La Presqu’île Lège Cap-Ferret : Évocation historique, vol. 1, La Teste, Editions de l’Equinoxe, coll. « Le temps retrouvé », , 87 p. (ISBN 2-908-209-53-5)
  • Max Baumann et avec la participation de Jacques Ragot, La Presqu’île Lège Cap-Ferret : Lège, Claouey, Les Jacquets, Piquey, Piraillan, Le Canon, L’Herbe, vol. 2, Marguerittes, Editions de l’Equinoxe, coll. « Métamorphoses », , 107 p. (ISBN 2-908-209-54-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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