Tramway du Cap-Ferret

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Tramway du Cap Ferret
Régie municipale
Image illustrative de l’article Tramway du Cap-Ferret
Vue du train.

Pays France
Création 1879 et 1952
Écartement de voie 600 mm
Ligne exploitée Bélisaire -- l’Horizon

Le tramway du Cap-Ferret, appelé aussi petit train du Cap-Ferret, est un chemin de fer touristique et historique français situé sur le territoire de la commune de Lège-Cap-Ferret en Gironde.

Son origine remonte aux tramways hippomobiles apparus en 1879 et plus récemment au « petit train » mis en service en 1952 par Jacques Millet. Repris depuis en régie municipale, il assure pendant la saison, d'avril à septembre, un service régulier entre le débarcadère de Bélisaire, sur le bassin d'Arcachon, et le terminus de la plage de l'Horizon, dite aussi du petit train, sur l'océan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Affiche publicitaire des Chemins de fer d'Orléans et du Midi à la Belle Époque.

1879-1934 : les premiers tramways[modifier | modifier le code]

La presqu'île du Cap Ferret connaît un début d'activité touristique avec l'ouverture de la ligne de chemin de fer Bordeaux à Arcachon, réalisée en 1857 avec l'ouverture du tronçon de La Teste à Arcachon. Dès 1877, Jean Saugeon, gabarrier et entrepreneur de transport à Bordeaux, a ouvert une ligne maritime, entre Arcachon et et le Cap-Ferret, où il a fait construire un débarcadère au lieu-dit « Le Boque »[1], desservi par un des tout premiers vapeurs « Le Seudre »[2] . Après le train et la traversée en bateau, le chemin était encore long pour atteindre l'océan et d'autres lieux, cet inconvénient suscite l'installation de plusieurs petites lignes de chemin de fer sur le Cap Ferret[3]. En 1879[4] est créé par Jean Saugeon[2], une ligne à voie étroite entre le débarcadère et la pointe du Cap, prolongée ensuite jusqu'à l'océan, un service de tramway hippomobile, tracté par un cheval, transportait les voyageurs jusqu'à l'emplacement actuel de la plage de l'Horizon, d'autres réseaux circulaient, notamment un tramway forestier. Vers 1925, un tracteur à essence remplace le cheval, et vers 1934-1936 le dernier de ces petits réseaux ferrés cesse son exploitation[5], en raison du réseau routier qui s'est développé avec l'urbanisation du Cap-Ferret[2].

1952-1989 : le petit train[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950 renaît l'idée d'une liaison ferroviaire entre l'embarcadère et l'océan, elle est imaginée et mise en œuvre par Jacques Milet[6]. Il est greffier dans le Périgord lorsqu'il découvre le Cap-Ferret alors qu'il est en convalescence à Arcachon, passionné de chemins de fer, membre de la FACS, il connaît tout sur les lignes à voie étroite, il va porter le projet d'un retour du tramway. En 1952[7] est construit une ligne de 2 km à voie étroite de 600 mm Decauville, le a lieu l'inauguration de la nouvelle ligne qui traverse la presqu'île de l'embarcadère de Bélisaire à la plage de l'Horizon. Le matériel roulant est constitué de voitures baladeuses et de deux locotracteurs diesel qui vont rapidement être déguisés en locomotives à vapeur, le tramway devient le « petit train ». L'exploitation va se poursuivre sans interruption jusqu'au décès de son fondateur exploitant, à la fin des années 1980[5].

Depuis 1989 : le Tramway du Cap Ferret[modifier | modifier le code]

En 1989 le petit train de Jacques Milet est racheté par la municipalité qui crée la régie municipale des Transports ferroviaires du Cap-Ferret (TFCF) pour gérer son exploitation. Le matériel roulant est rénové. De la gare de la jetée de Bélisaire à la plage de l'Horizon, le tramway du Cap Ferret assure un service régulier, il parcourt les 2 km en 12 minutes, d'avril à septembre, sauf en cas de mauvais temps[6].

En 2001, il transporte 28 000 passagers[8].

Le 26 juillet 2010, à quelques de mètres de l'arrivée à la plage le tramway cale et part en marche arrière. Le convoi finit sa course quelques dizaines de mètres plus bas, arrêté par poteau de réverbère. L'accident fait une blessée grave touchée au rachis et une dizaine de blessés légers[9].

En 2011, il transporte en moyenne 30 000 passagers par an à 18 km/h maximum[6].

Matériel roulant ferroviaire[modifier | modifier le code]

Locotracteurs diesel[modifier | modifier le code]

  • deux 020 Diema, no 2 et 4

Voitures[modifier | modifier le code]

  • quatre baladeuses 2 essieux
  • une voiture 2 essieux, avec plates-formes d'extrémités
  • une voiture 2 essieux, avec plate-forme centrale
  • trois baladeuses à bogies sur châssis de voitures TPT

Ancien materiel roulant préservé[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Qui prendra par la suite le nom de « Bélisaire »
  2. a b et c Luc Dupuyoo, « Du tramway au petit train du Cap-Ferret », sur Estey Malin n°53, pp. 34, 37 et 39, (consulté le 9 août 2016)
  3. Trois lignes : Bélisaire-Océan (1879-1935), Bélisaire-Phare (1895-1905) et Lavergne-Océan (1896-1920)
  4. Bertrand Blancheton, Jean-Jacques Marchi, « Le tourisme ferroviaire en France, une mise en perspective historique de 1870 à nos jours », dans Cahiers du GREThA, no 2011-16, p. 9
  5. a et b (Dupuyoo 2007)
  6. a b et c Site Lège Cap Ferret, site officiel de la mairie : Le Petit Train (consulté le 5 mars 2014).
  7. Blancheton, Marchi, 2011, opus cité p. 13
  8. « Arcachon et le petit train du Cap Ferret », dans La dépêche du Bassin, 22 au 28 août 2002 (consulté le 5 mars 2024).
  9. Rapport annuel sur les événements notables d'exploitation des Chemins de Fer Touristiques 2010, Rapports MEEDDM / DGITM, Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés, division métros et chemins de fer locaux, février 2012 p. 9/12 (consulté le 5 mars 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Luc Dupuyoo, Jadis et naguère... les petits trains du Cap-Ferret, Bordeaux, Editions Confluences, , 135 p. (ISBN 978-2-914240-99-4)
  • Jérôme Camand, « Le tramway forestier du Cap-Ferret, Sélection du Reader's Digest, 2002 (ISBN 2-7098-1324-6), pp. 72-73
  • Jean Desrentes, « Le petit train des dunes (trains forestiers) », Bulletin de la Société Historique et Archéologique d’Arcachon et du Pays de Buch, no 93,‎ , p. 58-70 (lire en ligne)

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]