Cabine téléphonique

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Cabine téléphonique ancienne encore en fonction à La Crescent, dans le Minnesota, le 26 mai 2012.

Une cabine téléphonique est un édicule situé sur l'espace public (typiquement, le trottoir), muni d'un téléphone permettant d'émettre et, éventuellement, de recevoir des communications qui sont réglées avec une carte à puce (carte prépayée, carte bancaire), des pièces de monnaie ou des jetons. Contrairement au téléphone public sans cabine, la cabine téléphonique permet à celui qui téléphone ou y reçoit un appel, de s'isoler du bruit ambiant, d'y tenir une conversation privée, tout en étant abrité des intempéries. Elle permet également de téléphoner à toute heure, ce que ne permettaient pas les téléphones publics et cabines situés dans des bars, restaurants, hôtels et bureaux de poste, etc.[1].

Une cabine téléphonique peut recevoir des appels entrants grâce au numéro de téléphone fixe qui lui est affecté.

Certains pays ont disposé de cabines téléphoniques particulièrement iconiques, à l'instar des cabines téléphoniques rouges britanniques, des cabines jaunes en Allemagne, des cabines et téléphones publics américains popularisés par le cinéma, et des cabines norvégiennes, par exemple.

En raison de la généralisation des téléphones portables, la plupart des cabines ont disparu ou sont en voie de disparition et de démantèlement, mais par culture ou nécessité certains pays les maintiennent[2], et dans les pays qui ont cessé d'en faire usage certaines cabines restent en place ou sont réinstallées pour d'autres utilisations, recyclées en mini-bibliothèque, en bornes d'accueil pour défibrillateurs[3], en micro-restaurants, en locaux de concessionnaires à Londres[4] ou, au Japon, en téléphone pour parler aux morts[5], par exemple.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'invention du téléphone public à pièces est généralement attribuée à l'Américain William Gray, qui dépose un brevet le [6] à Hartford, Connecticut, États-Unis. En 1891, Gray fonde la Gray Telephone Pay Station Company pour exploiter son invention[7].

Pourtant, l'une des plus anciennes mention connues d'un service téléphonique date de 1878. Cette année-là Thomas Doolittle met en place une ligne téléphonique payante entre Bridgeport and Black Rock (en) à l'aide de deux cabines en bois et d'un câble télégraphique de remploi[8]. Le premier brevet d'un “cabinet téléphonique” date de 1883[9].

En France, les premières cabines téléphoniques sont exploitées à titre expérimental à Reims en 1883. Dans la foulée des cabines sont implantées également à titre expérimental à Lille, Roubaix et Tourcoing. L'acte d'officialisation de l'existence des cabines téléphoniques en France date de la publication du bulletin officiel du 31 décembre 1884 et du décret du 9 janvier 1885[10].

Les cabines téléphoniques en France[modifier | modifier le code]

Premières cabines[modifier | modifier le code]

La cabine téléphonique est apparue en France le , lors de la première Exposition internationale d'Électricité, à Paris. Ce fut la Société générale des téléphones, alors qu'elle était la seule entreprise privée offrant un service de communication téléphonique aux particuliers, qui avait eu l'idée d'isoler ses trente téléphones en démonstration dans des guérites en chêne capitonnées.

En France néanmoins, les cabines téléphoniques à proprement parler se limitent longtemps à des cabines installées à l'intérieur des bureaux de Postes, télégraphes et téléphones (France) et à quelques centaines puis milliers de cabines extérieures d'octobre 1955 au début des années 1970. Ce faible nombre de cabines sur la voie publique et la très lente croissance de leur nombre s'explique par une conception différente alors de la part de l'état, qui en restreignait délibérément l'accès, ne considérant pas cet outil de communication comme un service public mais comme un outil stratégique, et par une pression des débitants de boissons qui souhaitaient conserver le monopole des « Taxiphones » dans leurs établissements[11],[12].

Les cabines téléphoniques désignent les habitacles, micro-architectures, édicules, cabines Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, aubettes, le plus souvent d'une forme qui s'apparente à celle d'une guérite, et l'appareil téléphonique qu'ils abritent.

Ces appareils munis de dispositifs de paiement se nomment le plus souvent du nom de la compagnie exploitante qui les exploite, tels que Taxiphone (1924), Pointphone (1985) ou Publiphone (1974), cette dernière dénomination étant celle de la compagnie exploitante des publiphones jusqu'à la fin de la commercialisation des télécartes.

Après avoir emprunté diverses formes, y compris intégrées aux abribus, ce n'est qu'à partir de 1975 et l'annonce d'un grand plan de développement pour la publiphonie française (Plan 100 000 cabines) que des modèles standardisés de cabines téléphoniques vont être très rapidement déployées en France et devenir partie intégrante de l'espace public. Durant la première décennie de ce plan et malgré l'engouement qu'il suscite, ce déploiement se heurte aux vols et au vandalisme massif mais l'apparition de publiphones à cartes puis le remplacement systématique des appareils à monnaie par ces publiphones permettent un plein essor du parc de cabines téléphonique jusqu'en 1997[13].

À l'apogée de ce service, au tournant 1997 - 1998, 241 000 cabines sont en place, mais le développement dès lors très rapide de la téléphonie mobile et de l'accès à Internet pour le grand public condamnent déjà la publiphonie à une fin inexorable, seulement ralentie par les obligations de services public de l'opérateur. La disparition graduelle de cette contrainte sonnera la dépose et le démantèlement de masse de la quasi-totalité des installations.

Évolution du nombre de publiphones en service sur la voie publique en France[modifier | modifier le code]

Nombre de publiphones en service sur la voie publique en France de 1946 à 2022 (courbe d'évolution)[n 1]
Nombre de publiphones en service sur la voie publique en France de 1946 à 2022 (chiffres et précisions)[14],[n 1]
Année Nombre de cabines en service Pourcentage de cabines à cartes
1946 1004 0%
1947 1068 0%
1948 891 0%
1949 813 0%
1950 775 0%
1951 763 0%
1952 ? 0%
1953 819 0%
1954 869 0%
1955 954 (le 6 octobre 1955, installation de la première cabine téléphonique installée sur la voie publique en France, à Paris) 0%
1956 1350 0%
1957 1034 0%
1958 1214 0%
1959 ? 0%
1960 1423 0%
1961 ? 0%
1962 ? 0%
1963 ? 0%
1964 ? 0%
1965 ? 0%
1966 ? 0%
1967 ? 0%
1968 ? 0%
1969 ? 0%
1970 ? 0%
1971 4600 0%
1972 6500 (environ) 0%
1973 13300 0%
1974 18500 (environ) 0%
1975 22800 0%
1976 32400 0%
1977 39600 0%
1978 57300 0% (un publiphone à cartes holographiques en expérimentation à Paris dans un hôtel)
1979 78800 0%
1980 102300 0% (13 publiphones prototypes à cartes holographiques en service à Paris)
1981 124900 0% (fin 1980 : 50 publiphones à cartes holographiques en service en France)
1982 146000 0%
1983 167000 0% (Un peu plus d'un millier de publiphones à cartes holographiques en service en France, 10 prototypes de publiphones à cartes à puce en service à Lyon, 10 en service à Blois)
1984 ? ?%
1985 ? ?% (Premières installations de publiphones à cartes à puce à Paris)
1986 176000 12%
1987 169000 17% (Abandon des cartes holographiques)
1988 169000 24%
1989 170000 31%
1990 170000 42%
1991 173000 50,3%
1992 177000 58%
1993 180000 70%
1994 190000 75%
1995 206000 76%
1996 211000 83%
1997 226000 88%
1998 241000 (nombre maximal de cabines en service) 93%
1999 240000 95%
2000 230000 98%
2001 214000 100%
2002 200000 100% / passage à l'Euro
2003 190000 100%
2004 189000 (début officiel du démantèlement progressif du parc de cabines) 100%
2005 180000 100%
2006 169000 100%
2007 166000 100%
2008 158000 100%
2009 143000 100%
2010 137000 100%
2011 129000 100%
2012 116000 100%
2013 94000 100%
2014 69000 100% (fin de commercialisation des télécartes)
2015 39000 100%
2016 17300 (environ) 100 % (fin de validité des télécartes)
2017 6800 uniphones 0 % (les publiphones sont devenus des uniphones, c'est-à-dire des téléphones publics à services restreints d'où l'on peut appeler les numéros d'urgence, se faire appeler, ou appeler avec une carte de paiement ou une carte prépayée à code.)
2018 508 uniphones maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile 0 % (100 % d'uniphones maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile
2019 100 uniphones (selon la presse) maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile 0% (100 % d'uniphones)
2020 26 uniphones (selon la presse) maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile 0 % (100 % d'uniphones)
2021 25 uniphones (selon la presse) maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile 0 % (100 % d'uniphones)
2022 14 uniphones maintenus dans les zones blanches en attente de couverture mobile 0% (100 % d'uniphones)

Déclin, suppressions, avenir[modifier | modifier le code]

La suppression des 5 450 cabines encore en service en France (en septembre 2017) est planifiée pour la fin de l'année 2017[15] épilogue d'un déclin entamé avec l'apparition du téléphone portable. Depuis l'apogée de 241 000 cabines en 1998[16], leur nombre a décliné du fait d'un moindre usage et d'une moindre rentabilité. Malgré une baisse de leur fréquentation due à l'émergence de la téléphonie mobile, elles continuent d'être utilisées, notamment par des personnes insuffisamment équipées ou soucieuses de préserver leur anonymat, ou encore parce que les tarifs peuvent y être plus économiques vers certaines destinations.

En France, bien que l'exploitation du service de publiphonie (terme officiel) soit ouvert à la concurrence, l'ARCEP a confié la gestion des cabines publiques à l'opérateur du service universel, actuellement France Télécom (renommé ensuite Orange). L'opérateur historique a retiré progressivement les publiphones qu'il ne considère plus comme rentables, c'est-à-dire dont la durée d'utilisation est inférieure au seuil de cinq minutes par jour. 60 % des cabines ont disparu depuis 1997. Entre fin 2007 et 2008, la durée des communications a baissé de moitié.

Au nom du service universel, l'opérateur historique était tenu d'assurer un maillage minimum du territoire[17], même dans les zones géographiques de faible fréquentation où elles ne sont pas rentables : chaque commune devait ainsi être équipée d'au moins une cabine téléphonique, et des cabines supplémentaires doivent être installées au-delà de 1 000 habitants[18].

Les cabines françaises possédaient un système automatique d'alerte en cas de panne.[réf. nécessaire] La maintenance et le nettoyage de la cabine sont externalisés, la réparation des téléphones est assurée par un des 22 techniciens spécialisés.[réf. nécessaire] France Télécom semble s'acheminer vers une externalisation de cette maintenance des téléphones. Les syndicats accusent l'opérateur de délaisser ses cabines, ce qui repousserait les clients potentiels et accentuerait le phénomène de la vitre cassée.[réf. nécessaire]

Néanmoins, la croissance de la téléphonie mobile reste le facteur majeur de la baisse d'utilisation des publiphones. France Télécom affirme travailler sur une nouvelle version des cabines[19],[20]. Un prototype de cabine téléphonique de nouvelle génération a vu le jour en 2010 à titre expérimental sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris, celui-ci permettait notamment d'accéder à un navigateur Web et employait la technologie Voix sur IP[21],[22],[23].

Début 2014, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes, questionne dans un avis paru au journal officiel l'utilité publique des cabines téléphoniques[24].

Citée par un article des Échos, Orange déclare qu'« entre 2000 et 2013, on a constaté 95 % de décroissance des usages. Et cela s’est accéléré depuis deux ans, on est actuellement à –47 % » ; à brève échéance, les cabines pourraient disparaître[25]. En avril 2015, Orange donne les chiffres suivants : il reste « près de 40 000 cabines au titre du service universel ». Ces cabines n'engendrent « qu’environ 12 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel » contre « 516 millions d’euros » en 2000. C'est alors que les autorités acceptent le démantèlement de ces cabines résiduelles[26] en sortant les cabines publiques du service universel[27] avec la loi Macron de 2015. De plus, certaines cabines téléphoniques sont désinstallées suite à l’arrêt des télécartes.

Dans certaines communes, les cabines sont conservées et parfois reconverties en mini-bibliothèques[28]. En septembre 2017, Le Figaro a dénombré 1 527 télécabines « sauvées » de cette manière[29].

En 2020, Stéphane Richard, PDG de Orange, déclare que seules vingt-six cabines subsistent en France[30], dont deux cabines en Haute-Garonne[27].

Le le collectif Observatoire international pour la réinstallation des cabines téléphoniques (OIRCT)[31] revendiquant le « droit à vivre sans smartphone », remet en service une cabine téléphonique à Grenoble. C'est selon elle une « première mondiale » et elle projette d'en réinstaller 21 autres dans l'agglomération, alors que la seule ville de Grenoble en comptait autrefois 450 selon elle[32],[33]. Le collectif grenoblois milite pour le droit à vivre sans portable et contre la numérisation généralisée[34].

Interrogée en septembre 2022 par les Dernières Nouvelles d'Alsace, l'entreprise Orange déclare qu'il reste encore « 96 cabines à déposer » et « 14 cabines en fonctionnement »[35]. Le même mois, TF1 annonce 5 cabines toujours en service[36].

Couverture du territoire français[modifier | modifier le code]

La loi française (reprécisée par l'arrêté du 14 février 2012) prévoit l'existence d'une cabine téléphonique par commune et d'une seconde cabine pour les communes de plus de 1 000 habitants[37]. France Télécom a été désignée en 2012 pour 2 ans, pour fournir la composante du « service universel » d’accès à des cabines téléphoniques publiques installées sur le domaine public ou à d'autres points d'accès au service téléphonique au public[38].

La loi dite Macron a été amendée par le Sénat le 14 avril 2015. Cet amendement accepté supprime l'obligation de service universel concernant la publiphonie à la condition que les communes concernées par le retrait soient couvertes par les réseaux mobiles 2G à fin 2016 et 3G fin 2017[39].

Les cabines téléphoniques à l'étranger[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

Australie[modifier | modifier le code]

En vertu de l'obligation de service universel (USO), le gouvernement exige légalement de l'opérateur Telstra qu'il veille à ce que les services téléphoniques standard et les téléphones publics soient « raisonnablement accessibles à tous les habitants de l'Australie ». Certaines communautés, notamment dans les régions reculées, dépendent des téléphones publics, de même que les personnes qui n'ont pas accès à un téléphone mobile.

À l'apogée du service, au début des années 1990, le pays comptait plus de 80 000 téléphones publics. Au , selon l'ACMA, il y avait environ 24 000 téléphones publics en Australie. Le 3 août 2021, alors qu'il restait 15 000 téléphones publics dans toute l'Australie, Telstra annonce que tous les appels à partir de téléphones publics vers des lignes standards locales et nationales de téléphones fixes et de mobiles en Australie deviendraient gratuits, et que Telstra ne prévoyait pas d'éliminer davantage de téléphones publics[40],[41]. Un an plus tard, Telstra annonce avoir installé des points Wi-Fi gratuits sur 3000 de ses téléphones publics et planifier d'équiper l'ensemble des 15000 téléphones publics de son parc de la sorte[42].

Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, les premières cabines en aluminium sont déployées à partir de l'Exposition universelle de 1958. La société de télécommunications Belgacom, détenue majoritairement par l'État en exploite 18000 à l'apogée de leur déploiement, en 1997. En 2008, il en subsiste 8000 mais en 2013 l’utilisation moyenne d’une cabine étant tombée à une communication par mois, au , plus aucune cabine n'est en service[43]. La dernière cabine démontée se trouvait à Anvers[44].

Chine[modifier | modifier le code]

Danemark[modifier | modifier le code]

Le , les trois dernières cabines téléphoniques publiques du Danemark ont vu leurs lignes supprimées[45], elles étaient situées dans la ville d'Aarhus.

États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1999, il y avait environ 2 millions de cabines téléphoniques aux États-Unis. Seulement 5 % d'entre elles étaient encore en service en 2018. Environ un cinquième des 100 000 téléphones payants restants en Amérique se trouvent à New York, selon la FCC. Cependant, il ne reste que 4 cabines téléphoniques à New York, toutes situées dans l'Upper West Side de Manhattan ; les autres ont été converties en hotspots WiFi. Les appels entrants ne sont plus disponibles, mais les appels sortants sont gratuits. En , la ville a confirmé que, malgré un plan visant à supprimer des dizaines de téléphones publics, les cabines emblématiques continueraient d'être entretenues[46],[47]. Le 23 mai 2022 les dernières cabines téléphoniques de la ville installées dans l'espace public sont supprimées[48],[49].

Finlande[modifier | modifier le code]

En 2007, les sociétés Finnet et TeliaSonera Finland suppriment leurs téléphones publics, et le dernier opérateur restant, Elisa Oyj, l'a fait au début de la même année[50].

Irlande[modifier | modifier le code]

Eir, le transporteur de l'obligation de service universel en ce qui concerne les téléphones publics, a systématiquement supprimé les téléphones publics qui tombent sous l'exigence minimale de conservation, d'une moyenne mobile d'une minute d'utilisation par jour sur six mois[51].

En , 456 emplacements conservent des publiphones (aucun dans l'ensemble du comté de Leitrim), contre 1320 en [52].

Japon[modifier | modifier le code]

Il restait 109 000 cabines téléphoniques et téléphones publics en service en 2021, soit un peu plus d'un siècle après l’installation des premiers téléphones publics en 1900 à Tokyo (il y en a eu jusqu'à 935 000 en 1984). Verts pour les appels nationaux, gris pour l’international, ces téléphones sont assez peu utilisés et déficitaires pour les opérateurs mais ils sont maintenus pour les territoires isolés et pour leur utilité en cas de catastrophes naturelles puisque lors des derniers séismes et tsunamis le réseau mobile s'est très vite trouvé saturé ou en dérangement. De surcroit 61 800 téléphones spéciaux sont maintenus en service dans des lieux publics identifiés comme des centres d’évacuation potentiels et ne peuvent être utilisés qu’en cas de catastrophes[53].

Initiative singulière et insolite pour aider au deuil et à la mémoire, à Ōtsuchi, une cabine reliée à rien et appelée sur place « la cabine du vent » ou le « le téléphone du vent » a été maintenue pour parler aux morts[5].

Jordanie[modifier | modifier le code]

En 2004, la Jordanie est devenue le premier pays au monde à ne pas disposer de cabines téléphoniques de manière générale. La pénétration des téléphones mobiles/cellulaires dans ce pays est si élevée que les cabines téléphoniques ne sont pratiquement plus utilisées depuis des années. Les deux sociétés privées de services téléphoniques payants, à savoir ALO et JPP, ont fermé leurs portes, et il n'existe actuellement aucun service téléphonique payant[54].

Norvège[modifier | modifier le code]

La dernière cabine téléphonique en état de marche en Norvège a été mise hors service en . Cependant, 100 de ces cabines téléphoniques ont été préservées dans tout le pays et sont protégées par les lois sur le patrimoine culturel[55].

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ait existé de nombreux modèles de cabines standardisées depuis 1921 (K1 à K8, KX100, et variantes de ces modèles)[56], la cabine téléphonique rouge, ou Red telephone box (version K2 à K6, cette dernière étant la plus courante), est considérée comme une icône britannique[57] et reconnue comme telle dans le monde entier. Pour le grand public partout dans le monde c'est sans doute aussi le plus connu et le plus iconique des modèles de cabines téléphoniques, comme en attestent les nombreux objets de décoration qui en sont dérivés.

L'opérateur téléphonique BT supprime régulièrement les cabines téléphoniques publiques des rues du Royaume-Uni. Elle est autorisée à supprimer un kiosque sans consultation à condition qu'il y ait un autre kiosque dans un rayon de 400 m (1 300 ft) à pied. Dans les autres cas, elle est tenue de se conformer aux règles de l'Ofcom en consultation avec l'autorité locale[58]. Certaines cabines téléphoniques rouges mises hors service ont été converties pour d'autres usages, comme l'hébergement de petites bibliothèques communautaires ou de défibrillateurs externes automatisés[59],[60]. Malgré cela un grand nombre de cabines existent encore, maintenues dans leur usage initial pour 22000 d'entre-elles (en 2022), reconverties ou conservées par des collectionneurs, et un bon nombre sont conservés et classées à titre de monuments historiques[61].

Suède[modifier | modifier le code]

La première cabine téléphonique en Suède a été érigée en 1890. En 1981, on en comptait 44 000[62], mais en 2013, il n'en restait plus que 1 200, avec un retrait de la dernière en 2015[63]. Une enquête a montré qu'en 2013, seulement 1 % de la population suédoise en avait utilisé une l'année précédente[63].

Suisse[modifier | modifier le code]

Le premier téléphone public de Suisse a été installé en à la poste du Fraumünster à Zurich. La Suisse comptait environ 40 000 cabines téléphonique en 1985, un maximum de plus de 58 000 en 1995 (pour près de 3 000 communes), puis leur nombre diminue régulièrement jusqu’en 2019.

Jusqu’à fin 2017, la Confédération Suisse confie le mandat de « service universel » à la société Swisscom, qui exige d'avoir un minimum d’une cabine publique par commune.

La dernière cabine de Suisse est démontée à Baden en Argovie le . La dernière cabine de Suisse romande est démontée le , ce qui fait l’objet d’émissions télévisuelles. Certaines cabines sont recyclées pour y créer notamment des boîtes d'échange (« Boîte à livres »), des points d'information, des cabinets d'art, ou encore des bornes de recharge pour smartphones[64],[65].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Films et documentaires ayant une ou des cabine(s) téléphonique(s) pour sujet[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive de films, téléfilms et séries télévisées dont une ou plusieurs scène(s) marquante(s) se déroule(nt) dans une ou des cabine(s) téléphonique(s)[modifier | modifier le code]

Programmes radiophoniques (documentaires et création radiophonique)[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Arts (arts plastiques, musique, théâtre et littérature)[modifier | modifier le code]

Ivan Chary et la compagnie du petit Monsieur avec sa cabine téléphonique en 2009.
  • Le Havre, #015 est une photographie de la série “Nocturne” de Gilbert Fastenækens réalisée en 1982[82]
  • Cabines est une série d'œuvres d'Ernest Pignon-Ernest réalisées en 1997 à Lyon et 1999 à Paris[83].
  • En dérangement est un spectacle de rue présenté depuis 1998, et dans lequel le personnage principal essaie a tout prix de pénétrer dans la cabine qui lui résiste [84]
  • Standard, dispositif pour téléphone public créé par Grégory Chatonsky en 2005 pour la Nuit blanche de Paris[85].
  • Le Téléphone, une œuvre de Sophie Calle, conçue en collaboration avec Frank Gehry, installée à Paris sur le pont du Garigliano. Elle est inaugurée le 14 décembre 2006 et démontée le 12 mars 2012 à Paris[86].
  • La cabine téléphonique aquarium est une œuvre de Benedetto Buffalino présentée à l'origine en 2007 à la Fête des lumières à Lyon, puis dans de multiples versions (avec des cabines de diverses origines) en France et à l'étranger, à Biarritz (2009), Port-Louis (2009), Gand (2012), Metz (2013), Durham (2013) et Nantes (2016)[87].
  • Leurs voix, installation pour téléphone public créée par Grégory Chatonsky en 2008 pour le centre d'art Oboro à Montréal[88].
  • Rendez-vous ! est une installation dans l’espace public, composée de cabines téléphoniques et de conteneurs poubelles fondus présentée dans l'exposition Downtown au Havre, en 2008[89].
  • Concert pour 52 cabines téléphoniques d'Élodie Merland[90], le 15 mai 2010, lors de la nuit des musées. Vers 21 heure, durant environ 10 minutes, 52 personnes devant 52 partitions appellent avec leurs téléphones portables 52 numéros qui correspondent à des cabines téléphoniques situées entre Dunkerque et Toulon.
  • Spy booth, œuvre de Banksy apparue en avril 2014 et détruite en août 2016[91].
  • La cabine téléphonique mobile est une œuvre de Benedetto Buffalino présentée à Lavaur en 2017 [92].
  • Once Upon a Place, 2017, installation d'Aman Mojadidi comprenant trois cabines téléphoniques installées à Times Square, à New York et permettant d’entendre les récits de 70 immigrés du monde entier vivants dans différents quartiers de la ville[93].
  • Hors service d'Élodie Merland[94] : entre 2018 et 2021, retour sur les lieux des cabines de son Concert pour 52 cabines téléphoniques et réalise la photographie de l'espace vide qu'occupaient les 52 cabines disparues[95].
  • Durant l'été 2019, la librairie Coiffard et Stéphane Phélippot installent dans l'space public 2 cabines téléphoniques britanniques repeintes en noir où l'on peut écouter des œuvres littéraires en composant le numéro de la date de naissance de leurs auteurs[96],[97].
  • Sophie Mouron en 2021[98].
  • Projet Déconnexion[99],[100]par Stéphanie Lacombe à l'initiative de la compagnie F.O.U.I.C, 2021[99].
  • Allosaurus [même rue, même cabine], pièce de théâtre de Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève (compagnie F.O.U.I.C), 2022[101],[102],[103].
  • Téléphone-moi, pièce de théâtre de Jean-Christophe Dollé et Clotilde Morgiève (compagnie F.O.U.I.C), 2022[104],[105],[106].

Cabines classées monuments historiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ces chiffres ne comptabilisent que les cabines téléphoniques et téléphones publics installés sur la voie publique. Ces chiffres ne tiennent pas compte des publiphones et pointphones installés dans les hôtels, cafés et commerces, ni des cabines installées en intérieur dans les bureaux de postes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fanny Carmagnat, « Logique commerciale et logique de service public. L'exemple des cabines téléphoniques publiques », Sciences de la Société, no 42,‎ , p.151-159 (lire en ligne).
  2. Par exemple par culture pour les britanniques et leurs célèbres cabines rouges et par nécessité au Japon, pour permettre de maintenir des communications possibles en cas de catastrophe naturelle
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  70. Charade (3/10) Movie CLIP - Tex Threatens Regina (1963) HD
  71. Scène de fin du générique introductif et de début du générique de fin : Get Smart Opening and Closing Credits and Theme Song
  72. Lieux de tournage. Peur-sur-la-ville. La cabine téléphonique.
  73. "High Anxiety"-phone booth-strangling scene.
  74. Scène de début de fil : appel téléphonique
  75. Lieux de tournage. Vivement dimanche !. La cabine téléphonique.
  76. Kissing scene in "As Tears Go By" (Scène de la cabine téléphonique)
  77. Fight Club - Payphone Scene
  78. harrypotterpages.wiki - Cabine téléphonique - Telephone box
  79. 1958, Claude Arrieu compose son opéra "La Cabine téléphonique" (l'année 1958 du titre est probablement une erreur, tout le reste de la page et l'émission parlent de 1959, et la précédente diffusion, en deuxième référence qui comporte un article moins fourni mais est mentionné en guise de confirmation, indiquait bien 1959 dans son titre)
  80. 1959 sur les ondes : Création de « La Cabine téléphonique » de Claude Arrieu
  81. Éric Bulliard ressuscite une cabine téléphonique du désert
  82. Galerie des Filles du calvaire : Gilbert Fastenaekens
  83. Voir le site de l'artiste → menu “Interventions” → Menu “Cabines”
  84. Compagnie du Petit Monsieur. En dérangement (page du spectacle sur le site de la compagnie)
  85. Standard, dispositif pour téléphone public
  86. Émission D'art d'art ! : Le téléphone. Sophie Calle / Franck Gehry
  87. Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes. Benedetto Buffalino : La cabine téléphonique aquarium
  88. Leurs voix, installation pour téléphone public.
  89. Provence-Alpes Côte d'Azur. Anita Molinero : Rendez-vous !
  90. Élodie Merland. Concert pour 52 cabines téléphoniques
  91. "Spy Booth", œuvre de Banksy dénonçant les écoutes, détruite en Angleterre
  92. Documents d'artistes Auvergne-Rhône-Alpes. Benedetto Buffalino : La cabine téléphonique mobile
  93. À New York, des histoires d'immigrés au bout du fil
  94. Élodie Merland. Hors service (images, sur le site d'Élodie Merland)
  95. Transphotographique. Élodie Merland. Hors service.
  96. Des cabines téléphoniques pour écouter des œuvres littéraires
  97. À Nantes, une cabine téléphonique diffuse des livres audios
  98. La cabine téléphonique transformée en œuvre d’art
  99. a et b EN IMAGES - Une cabine téléphonique à la piscine de Château-Gontier
  100. Stéphanie Lacombe. Projet Déconnexion
  101. [Avignon OFF 2022] Allôsaurus [même rue, même cabine] au Théâtre 11, 2022
  102. Festival Off Avignon. Allosaurus [même rue, même cabine]
  103. Allosaurus
  104. Avignon 2022 – Téléphone-moi : quand l’absence traverse les générations
  105. « Téléphone-moi » au festival Off d’Avignon : l’émotion au bout du fil
  106. Téléphone-moi, 2022

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]