Long métrage

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Un long métrage ou long-métrage est un film de cinéma d'une durée significative, dont la définition précise dépend des normes reconnues selon les pays ou organisations.

Histoire[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

En France, selon les textes en vigueur du Centre national du cinéma et de l'image animée, la durée d'un long métrage est supérieure à une heure, plus exactement à 58 minutes et 29 secondes, c'est-à-dire l'équivalent d'une bobine de film de 35 mm standard de 1 600 mètres[1].

L'Academy of Motion Picture Arts and Sciences[2], l'American Film Institute[3] et le British Film Institute[4] définissent un long métrage (feature film) comme un film de 40 minutes ou plus. En dessous de 40 minutes, c'est un court métrage (featurette), voire un short film ou un very short film.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au tout début du cinéma, dès 1891, les films, composés d'un seul plan, font tous entre 15 à 20 mètres en format 35 mm. Les films primitifs font ainsi moins de 60 secondes, mais à l'époque les notions de court ou long métrage sont encore à venir. Le public de ce nouveau spectacle va donc voir des vues photographiques animées, appellation des frères Lumière, ou des films, appellation donnée en 1893 par Thomas Edison à ses bobineaux de pellicule impressionnés, en adoptant le mot anglais film (qui signifie voile ou couche, en référence à la couche de produit photosensible couchée sur le support de nitrate de cellulose)[5]. « Quand le bobineau de film argentique souple a défilé en entier derrière l’objectif, la prise de vues est terminée... C’est la longueur de pellicule chargée dans l’appareil qui détermine la durée du spectacle, soit 45 à 50 secondes[6]. »

Seule exception de ces années héroïques, Émile Reynaud, qui trace et colorie directement sur la pellicule les premiers dessins animés du cinéma, qu'il nomme les « Pantomimes lumineuses » projetées à partir d'octobre 1892 sur grand écran dans le cadre de son Théâtre optique au Musée Grévin, présente des œuvres qui durent au moins 90 secondes, et vont jusqu'à 5 minutes. En 1902, Le Voyage dans la lune de Georges Mélies dure 14 minutes.

Depuis les années 1920 les films qui sortent dans la grande majorité des salles sont habituellement des longs métrages, dont la durée est en principe supérieure à 70 minutes, et le plus généralement d'une durée d'au moins 90 minutes.

Actuellement, les durées de deux heures ou plus sont très courantes. Au XXIe siècle, lorsqu'on parle de « film », le large public suppose, a priori, qu'il s'agit d'un long métrage.

Les premiers longs métrages[modifier | modifier le code]

The Corbett-Fitzsimmons Fight (1897, États-Unis) est le premier long métrage (durée : 1 heure et 40 minutes). The Story of the Kelly Gang, un film australien réalisé par Charles Tait en 1906, est le premier long métrage de fiction de l'histoire du cinéma (60 ou 70 minutes)[7]. En France, le premier long métrage est L'Enfant prodigue, de Michel Carré, sorti en 1907, qui dure 1 h 30[8].

Toujours en France, les premiers longs métrages en couleurs sont Jeunes Filles à marier (1935), vaudeville de Jean Vallée, et La Terre qui meurt (1936), du même Jean Vallée. Ces deux films utilisent un procédé compliqué (nommé d'après l'entreprise Francita qui l'a créé) de superposition de trois images en noir et blanc passant par des filtres colorés[9].

Dématérialisation du long métrage[modifier | modifier le code]

La Fièvre de l'ormeau (2001) d'Andrès Wood (durée : 1 heure et 34 minutes), sélectionné par la Commission supérieure technique de l'image et du son (CST)[10], constitue le contenu de la démonstration par Bernard Pauchon et Philippe Binant, le 29 octobre 2001 à Paris, de la première transmission de cinéma numérique par satellite en Europe d'un long métrage cinématographique[11],[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définition des films de long et de court métrage sur CNC.fr
  2. Academy Awards 79th, Rule 2: Eligibility
  3. The American Film Institute Catalog of Motion Pictures.
  4. Denis Gifford, The British Film Catalogue.
  5. (en) William Kennedy Laurie Dickson et Antonia Dickson (préf. Thomas Edison), History of the Kinetograph, Kinetoscope and Kineto-Phonograph, New York, The Museum of Modern Art, , 55 p. (ISBN 0-87070-038-3)
  6. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, Grammaire du cinéma, Paris, Nouveau Monde, , 588 p. (ISBN 978-2-84736-458-3), p. 35
  7. Site cultureandrecreation.gov.au (en archive)
  8. Vincent Pinel, Le Cinéma muet, Éd. Larousse, 2010, p. 92
  9. Couleur d'avant-guerre, article de Jean-Pierre Bouyxou, Siné mensuel n° 46, octobre 2015. Le second film a été adapté en DVD par la Cinémathèque de Vendée peu avant cette date.
  10. France Télécom, Commission Supérieure Technique de l'Image et du Son, Communiqué de presse, Paris, 29 octobre 2001.
  11. Régis Caraguel, « Sommet du cinéma numérique », Le Technicien du film, n° 523, Paris, 2002, p. 14.
  12. Olivier Bomsel, Gilles Le Blanc, Dernier tango argentique. Le cinéma face à la numérisation, Ecole des Mines, Paris, 2002, p. 12.
  13. «Numérique : le cinéma en mutation», Projections, 13, CNC, Paris, septembre 2004, p. 7.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]