Françoise Sullivan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Françoise Sullivan, née à Montréal le , est peintre, sculptrice, chorégraphe et danseuse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès l'âge de dix ans, Françoise Sullivan veut être artiste et prend des cours de dessin, de danse, de piano et de peinture[1]. En 1940, elle fait son entrée à l'École des beaux-arts de Montréal pour y suivre des cours d'arts plastiques jusqu'en 1945. Ses premières peintures sont influencées par le fauvisme et le cubisme[2]. En 1943, elle participe à l'exposition Les Sagittaires, organisée par l'historien de l'art Maurice Gagnon à la galerie Dominion de Montréal. Celle-ci incluait aussi des œuvres de Paul-Émile Borduas et Claude Gauvreau[3].

Entre 1945 et 1946, Sullivan étudie la danse moderne à New York avec Franziska Boas, la fille de l'anthropologue Franz Boas, et brièvement auprès de Martha Graham et Louis Horst[4]. De retour à Montréal, elle fréquente le groupe des Automatistes et signe le manifeste du Refus global en 1948. La même année, elle présente une conférence intitulée La danse et l'espoir dont le texte sera publié dans le Refus global[5]. En collaboration avec sa partenaire de danse Jeanne Renaud, elle organise à la maison Ross l'un des événements fondateur de la danse moderne au Québec[2]. Elle conçoit aussi un ambitieux projet chorégraphique inspiré du cycle des saisons qui ne sera réalisé qu'en partie; d'abord Été en 1947 aux Escoumins et Danse dans la neige en 1948 sur le mont Saint-Hilaire en compagnie de Jean-Paul Riopelle et Maurice Perron[6]. Sur sa propre pratique artistique, Françoise Sullivan explique: " Avoir une vision, ce n’est pas imaginer l’œuvre accomplie avant de la réaliser. Le processus, le réel des choses apportent des obstacles, mais aussi des solutions inattendues et dont on ne tient pas compte quand ça se passe au niveau de la tête […] Ce qui est excitant, c’est justement l’inconnu dans lequel on entre, les choix continuels qui s’imposent au fur et à mesure, et les nécessités qui commandent "[7].

En 1949, Sullivan épouse le peintre Paterson Ewen avec qui elle aura quatre enfants. Entre 1952 et 1956, elle travaille comme chorégraphe et danseuse pour la télévision de Radio-Canada[8]. À la fin des années 1950, elle se tourne vers la sculpture sous la direction d'Armand Vaillancourt et apprend la soudure à l'École technique de Lachine. En 1960, elle suit un cours en sculpture avec Louis Archambault à l'École des Beaux-arts[1]. En 1963, elle se mérite le Prix du Québec en sculpture pour l’œuvre Chute concentrique (1962)[9]. Elle réalise aussi des décors pour les projets chorégraphiques de Jeanne Renaud et de Françoise Riopelle du Groupe de danse moderne de Montréal, puis pour le Groupe de la Place Royale[10].

Dans les années 1970, elle conçoit des projets d'art conceptuel, explorant la performance, la vidéo et la photographie[11]. Elle devient membre active de Véhicule Art, l'un des premiers centres d'artistes autogérés du Québec. Dans le cadre des Jeux Olympiques de 1976 à Montréal, elle a participé à l'événement d'art public Corrid'art qui a été démantelé à la demande du maire Jean Drapeau la nuit avant son ouverture officielle[12].

Montagnes, fragment

À partir de 1977, Sullivan enseigne au département d'arts visuels et de danse de l'Université Concordia de Montréal[10]. Au cours des années 1980, elle produit plusieurs cycles de tableaux considérés comme l'apogée de son travail en peinture. Elle reçoit le prix Paul-Émile Borduas en 1987 pour l'ensemble de son œuvre[13]. En 1997, elle réalise Montagne, une murale de granit située dans le hall principal du pavillon Président-Kennedy du Complexe des sciences de l'Université du Québec à Montréal[14].

Elle est nommée membre de l'Ordre du Canada en 2001 et récipiendaire du Prix du Gouverneur général en arts visuels en 2005[15]. Elle reçoit un doctorat honorifique de l'Université York en 1998 et de l'Université du Québec à Montréal en 2000[16]. Le Musée d'art contemporain de Montréal lui consacre une exposition solo en 1981, le Musée des beaux-arts de Montréal en 2003, l'Art Gallery of Ontario[17] en 2010, le Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2016 et la Galerie de l'UQAM en 2017[18]. La série photographique Danse dans la neige a été exposé au Museum of Modern Art de New York en 2010 au sein de l'exposition On line : drawing through the twentieth century[19]. Elle est représentée par la Galerie Simon Blais de Montréal[20] et la Corkin Gallery de Toronto[18].

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

Spectacles et chorégraphies[modifier | modifier le code]

  • 1947 - Dédale
  • 1947 - Dualité
  • 1948 - Danse dans la neige
  • 1948 - Black and Tan
  • 1949 - Femme archaïque
  • 1949 - Le combat
  • 1973 - Droit debout
  • 1988 - Récital de danse de Françoise Sullivan et Jeanne Renaud au Musée d'art contemporain de Montréal

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Wikitext.svg
La mise en forme de cette section ne suit pas les recommandations concernant la typographie, les liens internes, etc. (août 2016).
Découvrez comment la « wikifier ».

Livres ou chapitres de livres[modifier | modifier le code]

  • Arbour, Rose-Marie. « Nouvelles pratiques sculpturales, Yvette Bisson, Françoise Sullivan et Claire Hogenkamp », dans Francine Couture (éd.), Les arts visuels au Québec dans les années soixante, tome II. L’éclatement du modernisme, VLB Éditeur, Montréal, p. 277 à 335.
  • Lapointe, Gilles. « Le Nord vu de la chambre noire automatiste : l'expérience Danse dans la neige », dans La comète automatiste, collection Nouvelles études québécoises (hors-série), Fides, 2008, p. 138 à 155.
  • Lindgren, Allana. From Automatism to Modern Dance: Françoise Sullivan with Franziska Boas in New York, Dance Collection Danse Press/es, Toronto, 2003, 157 p.
  • Smart, Patricia. Les Femmes du Refus Global, Éditions Boréal, Montréal, 1998, 334 p.
  • Sullivan, Françoise. « La danse et l'espoir », dans Paul-Émile Borduas (et al.). Refus Global, Éditions Mythra-Mythe, St-Hilaire, 1948.
  • Sullivan, Françoise et Marion Landry, Les saisons Sullivan, avec une postface de Louise Déry, Galerie de l’UQAM, 2007, 91 p.
  • Vigneault, Louise. Identité et modernité dans l'art au Québec: Borduas, Sullivan, Riopelle, Hurtubise HMH, Montréal, 2002, 406 p.

Catalogues d'expositions[modifier | modifier le code]

  • Allaire, Serge. Françoise Sullivan : Peinture 2007, Éditions Simon Blais, Montréal, 2008, 28 p.
  • Aquin, Stéphane (et al.). Françoise Sullivan, Musée des Beaux-arts de Montréal et Éditions Parachute, Montréal, 2003, 100 p.
  • Butler, Cornelia H. On line : drawing through the twentieth century, Museum of Modern Art et Thames & Hudson, New York et Londres, 2010, 228 p.
  • Daigneault, Gilles. Sullivan/Moore 1984-1989, Musée régional de Rimouski, 1989, 37 p.
  • Déry, Louise. L’image manquante : Carnet 2, Galerie de l’UQAM, Montréal, 2005, 95 p.
  • Déry, Louise. Les Saisons Sullivan | The Seasons of Sullivan, Galerie de l’UQAM, 2010, 173 p.
  • Déry, Louise (et al.). L’art inquiet. Motifs d’engagement, Galerie de l’UQAM, Montréal, 1998, 200 p.
  • Déry, Louise (et al.). Françoise Sullivan, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec, 1993, 86 p.
  • Déry, Louise et Monique RÉGIMBALD-ZEIDER. Françoise Sullivan : La peinture à venir, Éditions les petits carnets, Galerie de l’UQAM, Montréal, 2003, 76 p.
  • Désautel, Denise. Françoise Sullivan : pluralité et création, Galerie d'art du Centre culturel de Université de Sherbrooke, Sherbrooke, 2008, 24 p.
  • Galerie Dominion. Françoise Sullivan la peinture des années quatre-vingt, Galerie Dominion, Montréal, 1990, [12] p.
  • Gosselin, Claude (et al.). Francoise Sullivan : Rétrospective, Musée d’art contemporain de Montréal, Québec, 1981, 101 p.
  • Liss, David. Marking Time. Dessins : Peter Krausz, Françoise Sullivan, Serge Tousignant, Robert Wolfe, Galerie Graff, Montréal, 24 p.
  • Musée d'arts contemporain. Françoise Sullivan retrospective, Ministère des affaires culturelles, Québec, 1981, 101 p.
  • Paikowsky, Sandra et Nancy MARRELLI. Corridart Revisited/25 ans plus tard, Galerie d’art Leonard et Bina Ellen, Concordia University, Montréal, 2001, 46 p.
  • Sullivan, Françoise. ET David Moore. Françoise Sullivan David Moore, S.I. s.n. 1977, [12] p.

Article de périodiques[modifier | modifier le code]

  • Allaire, Serge. « Françoise Sullivan : L’esprit de la couleur », Vie des Arts, vol. 51, no. 209, Montréal, 2007-2008, p. 42-45.
  • Arbour, Rose-Marie. « Le cercle des automatistes et la différence des femmes », Études françaises, vol 34, no. 2-3, 1998, p. 157-173.
  • Carpenter, Ken. « Sullivan’s Movements », Art in America, vol. 92, janvier 2004, p. 51-53.
  • Côté, Mario. « Recréer Danse dans la neige / Re-creating Danse dans la neige », Ciel Variable : art, photo, médias, culture, no. 86, 2010, p. 32 à 39.
  • Daigneault, Gilles. « Sullivan Danse Dessin », Liberté, vol. 43, no. 4, Montréal, 2001, p. 115-118.
  • Duquette, Jean-Pierre. « Rétrospective Françoise Sullivan », Voix et Images, vol. 7, no. 3, 1982, p. 600-602.
  • Enright, Robert. « A Woman For All Season : An Interview With Françoise Sullivan », Border Crossings, Issue 106, Winnipeg, mai 2008, p. 49-61.
  • Gagnon, François-Marc. « Françoise Sullivan : Aristote et le mouvement », Vie des Arts, vol. 48, no. 191, Montréal, été 2003, p. 42-45.
  • Jacques, Francine. « Françoise Sullivan : Montagnes », Espace : Art actuel, no. 44, 1998, p. 42
  • Kattan, Naïm. « Visite d’atelier : Françoise Sullivan », Spirale : arts, lettres, sciences humaines, no. 192, 2003, p. 4-5.
  • Lapointe, Gilles. « Portefolio : Sullivan au solstice », Spirale, no. 217, Montréal, 2007, p. 16-18.
  • Lindgren, Allana. « Rethinking Automatist Interdisciplinarity : The Relationship between Dance and Music in the Early Choreographic Works of Jeanne Renaud and Françoise Sullivan, 1948-1950 », Circuit, volume 21, no. 3, 2011, p 39 à 53.
  • Lungu, Florentina. « L’œuvre de Françoise Sullivan sous le signe de l’archétype », ETC, no. 64, Québec, 2003-2004, p. 34-37.
  • Rannon, Pierre. « Les promenades de Françoise Sullivan », Esse, Dérives, no. 54, 2005.

Articles de journaux[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • La Fabrique Culturelle, « Françoise Sullivan : L'art avec un grand A», 2016, vidéo, 3 min 32 s
  • Art Gallery of Ontario, « Françoise Sullivan on Danse dans la neige », vidéo, 3 min 39 s
  • Département de danse, UQÀM, « Dualité » interprété par Louise Bédard et Ginette Boutin, chorégraphié par Françoise Sullivan, 1980.
  • Lauraine, André G. « Si Sullivan m'était contée... », AST Production, 2007, 85 min.
  • Productions Par'Ici, « Sullivan », 2010, 38 min.

Notes et liens externes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Carole Morin, « « Femmes artistes » : Françoise Sullivan », Premières en affaires,‎ (lire en ligne)
  2. a et b « Femmes à l‘honneur: Leurs réalisations (Françoise Sullivan) », sur Collections Canada
  3. « Françoise Sullivan », sur The Canadian Encyclopedia
  4. Claire Gravel, « Françoise Sullivan : La parole retrouvée », Vie des arts,‎ , p. 44-47
  5. Smart, Patricia. -- Les femmes du Refus global. -- Montréal : Boréal, 1998. -- 334 p. (OCLC 38886108)
  6. Robert Enright, « A Woman for All Seasons: An Interview with Françoise Sullivan », Border Crossings,‎ (lire en ligne)
  7. Françoise Sullivan citée par Patricia Smart, Les femmes du Refus Global, Montréal, Boréal, , p.286
  8. « Sullivan, Françoise », sur L'encyclopédie Canadienne
  9. « Françoise Sullivan : Entre la danse et la peinture », sur Archives de Radio-Canada
  10. a et b « Françoise Sullivan », sur Québec Danse
  11. Jérôme Delgado, « Vibrant hommage à Françoise Sullivan », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  12. Marie-Ève Graniero, « 1976 - Corridart est mis à sac », Le Devoir,‎ (lire en ligne)
  13. « Françoise Sullivan, Prix Paul-Émile Borduas », sur Prix du Québec
  14. Francine Jacques, « Françoise Sullivan : Montagnes », Espace : Art actuel, no. 44,‎ , p. 42
  15. « Prix du Gouverneur Général en arts visuels - 2005 », sur Conseil des arts du Canada
  16. « Hommage à madame Françoise Sullivan », sur Université du Québec à Montréal
  17. « New and classic works by Françoise Sullivan to go on display at AGO », sur Art Gallery of Ontario
  18. a et b « Françoise Sullivan », sur Corkin Gallery
  19. Cornelia H. Butler (et al.), On line : drawing through the twentieth century, New York, Museum of Modern Art (MOMA), , 228 p. p. (ISBN 9780870707827), p. 163-164
  20. « Françoise Sullivan », sur Galerie Simon Blais (consulté le 8 juillet 2016)