Eraserhead

Cette page est proposée comme article de qualité. Cliquez pour voter.
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Eraserhead
Description de cette image, également commentée ci-après
Affiche originale du film.

Réalisation David Lynch
Scénario David Lynch
Musique David Lynch
Fats Waller
Peter Ivers
Acteurs principaux
Sociétés de production American Film Institute
Pays de production Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Body horror[1], fantastique, expérimental
Durée 89 minutes
Sortie 1977


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Eraserhead est un film expérimental américain relevant du body horror[1] écrit, réalisé, produit et monté par David Lynch, sorti en 1977.

Tourné en noir et blanc, il s'agit du premier long métrage du cinéaste, après plusieurs courts. Jack Nance, fidèle collaborateur de Lynch à la suite du film, y interprète Henry Spencer, un jeune père qui doit s'occuper de son enfant déformé dans un paysage industriel désolé. Charlotte Stewart, Jeanne Bates, Judith Anna Roberts, Laurel Near et Jack Fisk complètent la distribution.

Découlant d’un scénario de 22 pages qualifié par son auteur d’« une sorte de poème en style libre »[C 1],[2], Eraserhead est produit avec le soutien de l'American Film Institute (AFI) pendant que Lynch y étudie. Le tournage, principalement réalisé dans les locaux désaffectés de l’AFI, demande près de cinq ans à lui seul[3], notamment pour des raisons budgétaires, et ne peut être terminé que grâce à des dons de Fisk et de son épouse Sissy Spacek. Lynch et le designer sonore Alan Splet passent ensuite une année à travailler sur l'atmosphère sonore principalement constituée de bruits de machines, après avoir insonorisé leur studio. Lynch crée également la bande originale du film en collaboration d'autres musiciens, en particulier Fats Waller, pour les partitions à l'orgue, et Peter Ivers, pour la chanson In Heaven. Le budget final est estimé à 10 000 dollars[N 1],[5].

À l'origine distribué à petite échelle, le film gagne en popularité grâce aux programmes nocturnes des cinémas : en tant que « midnight movies », il est élevé au fur et à mesure au rang de « film culte ». S'il reçoit un accueil mitigé de la part de la critique à sa sortie, Eraserhead est désormais considéré comme un classique du cinéma fantastique, ce qui lui vaut d'être sélectionné pour préservation par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique » en 2004[6]. Eraserhead est aussi connu pour son imagerie surréaliste, son sous-texte sexuel ainsi que sa conception sonore complexe.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Présentation générale[modifier | modifier le code]

Dans une ville industrielle, un homme sans histoire, Henry Spencer, est contraint de s'occuper seul de son enfant difforme après que sa femme a quitté le domicile conjugal. Pour s'échapper de son quotidien oppressant, marqué par les cris du bébé, il se réfugie dans un monde parallèle où réside la dame du radiateur.

Synopsis détaillé[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc d'un paysage industriel. On trouve au premier plan une route qui conduit à des usines entourées de clôtures. Il y a une personne au milieu de la route.
Le personnage d'Eraserhead évolue dans un paysage industriel désolé, inspiré par la ville de Philadelphie où le réalisateur a passé plusieurs années.

Eraserhead débute par une séquence dans l'espace. La caméra s'approche d'une planète où se trouve une petite cabane dans laquelle un homme défiguré (Jack Fisk) tire des leviers. Un des leviers déclenche la chute d’une créature à l’apparence d’un ver dans une mare. Émergeant peu à peu de la mare, la lumière devient de plus en plus intense jusqu’à un fondu au blanc.

Henry Spencer (Jack Nance) est un imprimeur « en vacances » d’allure nerveuse. Le jeune homme arpente les terrains vagues près des usines jusqu’à son appartement. Là-bas, il apprend qu’il est invité chez les parents de sa copine, Mary X (Charlotte Stewart), qui ne l’avait pas contacté depuis longtemps. Henry croyait qu’elle avait mis fin à leur relation.

Le repas chez la belle-famille prend place dans une atmosphère encline au malaise. La mère de Mary X (Jeanne Bates) talonne véritablement Henry tandis que le père de Mary (Allen Joseph) est un personnage totalement déconnecté de la situation tendue qui règne autour de la table. Après avoir tenté de découper un poulet qui s'anime et se met à suinter un liquide noir, Henry apprend qu’il est le père d’un enfant prématuré de Mary. Il se voit donc dans l’obligation de se marier avec elle.

Mary et le bébé emménagent dans l’appartement d’une pièce d’Henry. On aperçoit alors l’enfant pour la première fois. Avec une apparence proche du fœtus d'agneau et hideusement déformé, il ne cesse de gémir. Ces couinements viendront à bout de Mary qui, incapable de dormir, quitte Henry et le laisse seul avec la petite créature.

Ce départ est suivi par une suite d’événements des plus étranges, incluant la rencontre avec la « dame dans le radiateur » (« Lady in the Radiator »), une femme blonde aux joues grotesquement hypertrophiées à la Betty Boop, qui chante et vit sur la petite scène d'un music-hall caché dans le radiateur de la chambre d’Henry. Il aura, par la suite, une relation sexuelle avec sa voisine, la « jolie fille de l’autre côté du couloir » (« Beautiful Girl Across the Hall »).

Le titre Eraserhead (« tête effaceuse » en français) prend toute sa signification durant le dernier quart d'heure du film. La tête d’Henry se détache alors de son corps et s’enfonce dans une flaque de sang, tombe du ciel pour atterrir dans une ruelle où elle s’ouvre. Un jeune garçon (Thomas Coulson) trouve la tête et l’emporte dans une fabrique de crayons où Paul (Darwin Joston), un réceptionniste, appelle son patron (Neil Moran) en appuyant avec insistance sur le bouton d'une sonnette. Le patron furieux entre dans la pièce mais change aussitôt d’humeur en apercevant ce que le jeune garçon leur apporte. On transporte la tête dans une autre pièce où un opérateur de machine à faire des crayons (Hal Landon Jr.) prend un échantillon du cerveau d’Henry et l’appose sur le bout d’un crayon. Il teste cette « gomme » qui s’avère efficace, et le jeune garçon est payé par le patron de l’usine. L'image d'Henry dans son lit laisse ensuite penser que toute cette séquence n'était qu'un rêve.

Un peu plus tard, Henry aperçoit par sa fenêtre deux hommes qui se battent dans la rue[N 2]. Il tente d’aller voir la jolie fille de l’autre côté du couloir mais celle-ci est avec un autre homme. Le bébé est pris d'un rire sarcastique, Henry prend alors une paire de ciseaux et coupe les bandages dans lesquels l’enfant est enroulé. On s’aperçoit bien vite qu’ils donnent directement sur les organes vitaux de la créature. Pendant que celle-ci hurle de douleur, Henry plante les ciseaux dans ses poumons. Le système électrique de l’appartement disjoncte et les lampes se mettent à clignoter, puis s’éteignent. Une tête géante de l’enfant apparaît dans la chambre. Henry retourne sur la petite scène du music-hall où la dame du radiateur l'accueille tendrement dans ses bras. La scène est inondée de lumière et un bruit blanc fait un crescendo. Puis tout devient noir et silencieux pendant quelques secondes avant le générique de fin.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Distribution[modifier | modifier le code]

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

  • Jack Nance : Henry Spencer
  • Charlotte Stewart : Mary
  • Allen Joseph : Bill, le père de Mary
  • Jeanne Bates : la mère de Mary
  • Judith Anna Roberts : la voisine de palier
  • Jack Fisk : l'homme sur la planète
  • Laurel Near : la dame du radiateur
  • V. Phipps-Wilson : la propriétaire
  • Jean Lange : la grand-mère de Mary
  • Darwin Joston : Paul, l'homme à l'accueil de l'usine de crayons
  • Thomas Coulson : le garçon qui ramasse la tête
  • John Monez : le vieux clochard
  • Neil Moran : le patron de l'usine de crayons
  • Hal Landon Jr. : l'opérateur de la machine à crayons
  • Jennifer Lynch : la petite fille
  • Brad Keeler : le petit garçon
  • Peggy Lynch : une personne creusant dans l'allée (version longue seulement)
  • Doddie Keeler : une personne creusant dans l'allée (version longue seulement)
  • Gill Dennis : l'homme au cigare
  • Toby Keeler : l'homme qui se bat
  • Raymond Walsh : monsieur Roundheels

Production[modifier | modifier le code]

Préproduction[modifier | modifier le code]

Une photo en noir et blanc d'un homme en costume.
Un portait peint d'un homme moustachu.
Les écrits de Franz Kafka (à gauche) et Nikolai Gogol ont été l'une des premières sources d'inspiration pour l'écriture du scénario d'Eraserhead.

Dans sa jeunesse, David Lynch étudie à l'Art Institute of Philadelphia pour devenir artiste peintre et plasticien et réalise plusieurs courts-métrages pour animer ses peintures[10]. En 1970, son attrait pour le cinéma grandit et à 24 ans, il obtient une bourse pour intégrer le Center for Advanced Film Studies (« Centre d'études cinématographiques avancées ») à l'American Film Institute (AFI) de Los Angeles. Lynch n'aime pas le cursus et envisage d'abandonner, mais change d'avis après qu'on lui propose de produire son propre scénario. L'AFI l'autorise à disposer de l'ensemble du campus comme décor de son film. Il transforme les écuries désaffectées de l'école en une série de plateaux et décide d'y vivre[11]. Il est également autorisé à se servir du manoir Greystone, appartenant à l'AFI, pour y tourner plusieurs séquences[12].

Lynch commence à travailler sur un scénario intitulé Gardenback, basé sur une de ses peintures mettant en scène un personnage vouté, le dos recouvert de végétation. Ce scénario surréaliste sur le thème de l'adultère met en scène un insecte grandissant sans cesse, représentant la convoitise d'un homme pour sa voisine. Il aurait donné lieu à un film d'environ 45 minutes, ce que l'AFI trouve trop long pour un scénario aussi figuratif et non linéaire[13]. À la place, Lynch propose Eraserhead, inspiré par un de ses rêves où un enfant ramène la tête d'un homme à une usine de crayon. Plusieurs membres du conseil d'administration de l'AFI sont toujours opposés au projet jugé à nouveau trop surréaliste mais ils acceptent à contrecœur quand le doyen Frank Daniel menace de démissionner s'il est refusé[14]. Le scénario de Lynch est fortement influencé par ses lectures d'étudiant en cinéma, dont La Métamorphose (Die Verwandlung, 1915) de Franz Kafka et Le Nez (Hoc, 1836) de Nicolas Gogol[15]. Le film prend forme dans son esprit en lisant un verset de la Bible ouvert à l'aveugle — il ne se souvient cependant plus s'il s'agit de l'Ancien ou du Nouveau Testament[16]. En 2007, il affirmera « croyez-le ou non, Eraserhead est mon film le plus spirituel »[C 2] sans vouloir développer outre mesure[17].

Le scénario serait également inspiré de la peur de la parentalité de Lynch[12], notamment à la suite de la naissance de sa fille Jennifer née avec une forme sévère de pied bot, nécessitant une correction chirurgicale lourde[18]. Pour Jennifer, sa conception non désirée est la base thématique du métrage[18]. Le ton du film trouve son inspiration dans les souvenirs du passage de Lynch à Philadelphie, où il a vécu de 1965 à 1971. Il décrit cette expérience comme « étrange, bizarre, à mi-chemin entre le rêve et la réalité »[19], dans une atmosphère de « violence, [de] haine et [de] saleté »[C 3],[20]. Le décor urbain d'Eraserhead rappelle la « zone de pauvreté en proie à la criminalité »[C 4] dans laquelle il a passé ses jeunes années d'adulte[12]. Pour le critique Greg Olson, c'est le décalage saisissant entre l'expérience du cinéaste à Philadelphie et son enfance passée dans le Nord-Ouest Pacifique qui lui a donné une « vision bipolaire de l'Amérique, entre Paradis et Enfer »[C 5] qui façonnera le reste de sa filmographie[20].

Le casting débute en 1971 et Jack Nance est rapidement sélectionné pour interpréter le rôle principal. Mais l'AFI sous-estime l'ampleur du projet en lui donnant son accord. Après avoir lu le scénario de 22 pages et se basant sur le ratio usuel dans l'industrie du cinéma d'une minute de film pour une page de scénario, ils estiment que le film ne devrait pas dépasser une vingtaine de minutes. Ce malentendu, couplé à la méticulosité de Lynch, entraîne le film dans une production de plusieurs années[11]. Un exemple extrême de ce laborieux calendrier est le suivant : dans une scène, Nance ouvre une porte et il se passe une année complète avant qu'il ne soit filmé entrant dans la pièce. L'acteur, cependant, est tellement enthousiasmé par le projet qu'il garde la coiffure peu orthodoxe de son personnage pendant toute la production[21].

Tournage[modifier | modifier le code]

Lynch obtient dans un premier temps une bourse de 10 000 $[N 1] de la part de l'AFI. En 1973, l'institution demande à voir le film et Lynch leur montre la scène du dîner chez les parents de Mary, à la suite de quoi elle retire son financement[19]. Le tournage, intermittent, dure plus de deux ans et demi. La production d'Eraserhead ne peut se poursuivre que grâce de faibles et ponctuels apports financiers de la part d’amis et de proches de l’équipe de tournage, dont Jack Fisk, ami d'enfance de Lynch, et sa femme Sissy Spacek[22], ainsi que Catherine E. Coulson, la femme de Nance, qui travaille à l'époque en tant que serveuse et qui fait don de son salaire[23]. Lynch lui-même travaille en tant que livreur de journaux en parallèle pour financer le film[24]. Durant l'une des nombreuses pauses du tournage, Lynch réalise le court-métrage The Amputee (1974), profitant de la volonté de l'AFI de tester son matériel sur de petits projets avant de se lancer des longs-métrages[25]. Le court met en scène Coulson, qui continuera à travailler sur Eraserhead en tant que technicienne[25]. L'équipe technique est très réduite[26]. Alan Splet est en charge du design sonore, Doreen Small est à la fois directrice de production et accessoiriste et Coulson cumule quant à elle plusieurs rôles[26]. Le directeur de la photographie est d'abord, Herb Cardwell, avant qu'il ne quitte la production pour des raisons financières. Il est ensuite remplacé par Frederick Elmes.

Les effets visuels utilisés pour créer l'enfant déformé sont encore aujourd'hui tenus secrets[27],[28],[29]. Le projectionniste qui travaille sur les rushes a les yeux bandés par Lynch pour éviter de révéler la nature du trucage et refusera d'en parler en interview[29]. La créature, surnommée "Spike" par Nance, est composée de plusieurs éléments indépendants, en particulier son cou, ses yeux et sa bouche, capables de mouvements autonomes[30]. Lynch lui-même est resté cryptique à son propos, déclarant de temps à autre qu'il « est né tout près d'ici »[C 6] ou « peut être qu'il a été trouvé »[C 7],[31]. Pour John Patterson, journaliste à The Guardian, la marionnette a peut-être été fabriquée à partir d'un lapin écorché ou d'un fœtus d'agneau[32]. L'enfant est vu comme l'initiateur d'autres effets du même genre dans la filmographie de Lynch tel que le maquillage de John Merrick dans Elephant Man (1980) ou les vers de sable dans Dune (1984)[33].

Durant la production, Lynch expérimente plusieurs techniques visuelles et sonores, dont celle d'enregistrer un dialogue lu phonétiquement à l'envers puis reproduisant la piste audio à l'envers. La technique n'apparait pas dans la version finale du film mais Lynch s'en servira pour l'épisode Comment attraper un tueur (S01E02) de la série télévisée Twin Peaks (Lynch et Mark Frost, 1990)[34]. C'est également lors de la production d'Eraserhead que Lynch commence à s'intéresser à la méditation transcendantale[12], adoptant un régime végétarien, arrêtant de fumer et de boire de l'alcool[35].

Post-production[modifier | modifier le code]

Lynch conçoit l'environnement sonore avec Alan Splet[36]. Ils créent des couvertures insonorisantes pour isoler leur studio, où ils passent presque une année complète à réaliser et éditer les effets sonores du film[37]. La bande-son est densément stratifiée, avec parfois jusque quinze sons différents, diffusés simultanément en utilisant plusieurs bobines[37]. Lynch et Splet redoublent d'imagination pour créer leurs sons. Ainsi, dans la scène où un lit se dissout lentement dans une piscine de liquide, Lynch et Splet insèrent un microphone à l'intérieur d'une bouteille en plastique, la faisant flotter dans une baignoire et enregistrant le bruit de l'air à travers la bouteille[38]. Les sons sont ensuite retravaillés, jouant sur leur intensité, leur réverbération et leur fréquence[38].

Après une projection test à l'accueil mitigé, pour laquelle Lynch pense avoir mixé la bande sonore à un volume trop élevé, le réalisateur coupe vingt minutes de film, réduisant sa durée à 89 minutes[39]. Parmi les séquences supprimées, on trouve une séquence avec la sage-femme du bébé (interprétée par Coulson), une autre avec un homme torturant deux femmes (dont l'une est là encore interprétée par Coulson) avec une batterie de voiture, et une de Spencer s'amusant avec un chat mort[40].

Bande originale[modifier | modifier le code]

Eraserhead

Bande originale de David Lynch, Peter Ivers et Fats Waller
Sortie 1982
Enregistré 1927, 1976-1977
Durée 37:47
Label I.R.S.
Notation des critiques
Compilation des critiques
PériodiqueNote
AllMusic4.5/5 étoiles[41]
Pitchfork8.8/10[42]

La bande originale d'Eraserhead est sortie chez I.R.S. Records en 1982[43]. L'album ne comporte que deux pistes comprenant des extraits de musique d'orgue par Fats Waller et la chanson In Heaven de Peter Ivers[44]. Elle ressort le dans une édition limitée à 1 500 copies publiée par Sacred Bones Records[45]. L'album est décrit comme un précurseur de la musique dark ambient, tandis que Mark Richardson du site web Pitchfork le qualifie de « bande de sons au sens littéral »[C 8] en raison de la présence de bruits de fond et d'éléments non musicaux[46].

Liste des morceaux
No Titre Durée
1. Excerpts from: Digah's Stomp/Lenox Avenue Blues/Stompin' the Bug/Messin 19:29
2. In Heaven 18:18
37:45

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Sortie du film et box-office[modifier | modifier le code]

La première d'Eraserhead a lieu au festival du film Filmex de Los Angeles, le [47]. 25 personnes assistent à la projection du film le soir de la première, et 24 le soir suivant. Néanmoins, le directeur de la société de distribution Libra Films, Ben Barenholtz, persuade le cinéma local Cinema Village de diffuser le film en séance de minuit, ce qu'il fera pendant un an. Après cela, le film reste à l'affiche pendant quatre-vingt-dix-neuf semaines au Waverly Cinema de New York, puis pendant un an au Roxie Theater de San Francisco de 1978 à 1979, et pendant trois ans au Nuart Theatre de Los Angeles de 1978 à 1981[48]. Le film est un succès commercial, rapportant 7 millions de dollars[N 4] aux États-Unis et 97 971 dollars[N 5] dans le reste du monde[8]. Eraserhead est également projeté au festival du film de Londres en 1978[49] et au festival du film de Telluride en 1986[50].

En France, Eraserhead sort dans un premier temps le dans deux cinémas à Paris, première exploitation se soldant par seulement 7 079 tickets vendus[7]. Suite à la sortie d'Elephant Man au printemps 1981, le film est à nouveau exploité sous le nom de Labyrinth Man et connaît cette fois un succès plus important avec 122 507 entrées[51],[52].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

À la sortie du film[modifier | modifier le code]

Lors de la sortie d'Eraserhead, Variety en fait une critique négative, le qualifiant d'« exercice écœurant et de mauvais goût »[C 9],[53]. La critique exprime son incrédulité quant à la longue gestation du film et qualifie son final d'insoutenable[53]. Comparant Eraserhead au film suivant de Lynch, Elephant Man, Tom Buckley du New York Times écrit que ce dernier est un film bien réalisé et interprété, contrairement au premier. Le critique juge Eraserhead « sinistrement prétentieux »[C 10] et écrit que les aspects horrifiques du film proviennent uniquement de l'apparence de l'enfant déformé plutôt que de son scénario ou de ses performances[54].

Critiques postérieures[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, les critiques du film sont très favorables. Sur le site Rotten Tomatoes, le film détient une note d'approbation de 90% sur la base de 62 critiques. Le consensus critique est le suivant : « Le surréaliste Eraserhead de David Lynch utilise une imagerie élaborée et une bande sonore effrayante pour présenter une vision bizarre et dérangeante de la peur de la parentalité »[C 11],[55]. Sur le site Metacritic, le film obtient une note moyenne pondérée de 87 sur 100 sur la base de 15 critiques, ce qui indique une « acclamation universelle »[56].

En 1984, Lloyd Rose de The Atlantic écrit qu'Eraserhead montre que Lynch est « l'un des surréalistes les plus authentiques ayant jamais travaillé au cinéma »[C 12],[57]. Rose décrit le film comme intensément personnel, car contrairement à d'autres films surréalistes antérieurs, à l'instar d'Un chien andalou (1929) ou de L'Âge d'Or (1930) de Luis Buñuel, l'imagerie de Lynch « ne nous tend pas les bras depuis ses films ; nous nous y enfonçons »[C 13],[57]. Dans une critique de 1993 pour le Chicago Tribune, Michael Wilmington décrit Eraserhead comme unique, estimant que son « intensité » et sa « clarté cauchemardesque » sont le résultat de l'attention portée par Lynch aux détails de sa création, en raison de son implication dans de nombreux rôles au cours de la production[58]. Dans l'essai de 1995 Bad Ideas : The Art and Politics of Twin Peaks, le critique Jonathan Rosenbaum écrit qu'Eraserhead représente le meilleur film de Lynch. Il estime que le talent artistique du réalisateur a décliné au fur et à mesure que sa popularité augmentait, et compare le film à Sailor et Lula (1990), le dernier long métrage de Lynch à l'époque, en déclarant que « même la comparaison la plus superficielle entre Eraserhead et Sailor et Lula révèle un déclin artistique si précipité qu'il est difficile d'imaginer que la même personne ait réalisé les deux films »[C 14],[59]. John Simon, de la National Review, qualifie Eraserhead de « film dégueulasse pour amateurs de films cultes »[C 15],[60].

Dans un article pour le magazine Empire en 1993, Steve Beard attribue au film cinq étoiles sur cinq. Il écrit qu'Eraserhead est « beaucoup plus radical et plaisant que les derniers projets hollywoodiens de Lynch »[C 16] et souligne son mélange de body horror surréaliste et de comédie noire[61]. Quant à Almar Haflidason de la BBC, il décerne au film trois étoiles sur cinq, le décrivant comme « un exploit quelconque au regard des futurs standards de Lynch »[C 17],[62]. Il estime également que le film est un agrégat d'idées vaguement reliées entre elles, ajoutant qu'il est « tellement consumé par une imagerie surréaliste qu'il y a des possibilités presque illimitées d'y lire ses propres théories »[C 18] ; selon le critique, les thèmes du film représentent une peur de l'engagement personnel et comportent « une forte connotation sexuelle »[C 19],[62]. Un critique de Film4 donne à Eraserhead une note de cinq étoiles sur cinq, le trouvant « tour à tour beau, ennuyeux, drôle, exaspérant et repoussant, mais toujours animé d'une énergie nerveuse »[C 20],[63]. Le critique juge Eraserhead comme un film unique dans l'histoire du cinéma, auquel seules ressemblent les collaborations entre Luis Buñuel et Salvador Dalí, à l'instar d'Un chien andalou (1929) ou de L'Âge d'or (1930) ; cependant, Lynch nie avoir vu l'un de ces films avant de réaliser Eraserhead[63].

Peter Bradshaw, du Guardian, se montre aussi élogieux à l'égard d'Eraserhead, auquel il attribue la même note de cinq étoiles sur cinq. Le critique juge le film magnifique et décrit sa conception sonore comme un « gémissement industriel, comme si le film était tourné à l'intérieur d'une usine qui s'effondre ou d'un gigantesque organisme en train de mourir »[C 21],[64]. Il le compare au film Alien (1979) de Ridley Scott. Jason Ankeny, écrivant pour le site AllMovie, accorde au film une note de cinq étoiles sur cinq, soulignant sa conception sonore inquiétante et le décrivant comme « une métaphore ouverte »[C 22],[50]. Il écrit qu'Eraserhead « met en place les obsessions qui suivront [Lynch] tout au long de sa carrière »[C 23], ajoutant que le surréalisme du film permet de mieux comprendre les films suivants du réalisateur[50]. Dans un article pour le Daily Telegraph, le cinéaste Marc Evans fait l'éloge de la conception sonore et de la capacité de Lynch « à rendre l'ordinaire si étrange »[C 24], citant le film comme une inspiration pour son propre travail[65]. Une critique du film parue dans le même journal compare Eraserhead aux œuvres du dramaturge irlandais Samuel Beckett, le décrivant comme une parodie chaotique de la vie familiale[66]. Manohla Dargis, écrivant pour le New York Times, estime que le film correspond « moins une intrigue classique qu'un assemblage surréaliste »[C 25],[33]. Selon elle, l'imagerie du film évoque autant les peintures de Francis Bacon que le documentaire Le Sang des bêtes (1949) de Georges Franju[33]. Phil Hall, de Film Threat, décrit Eraserhead comme le meilleur film de Lynch, estimant que ses œuvres ultérieures ne sont pas aussi réussies[67]. Il mentionne la bande-son du film et la comédie physique « chaplinesque » de l'acteur principal Jack Nance comme les éléments marquants du film[67].

Sortie en vidéo[modifier | modifier le code]

Eraserhead sort en VHS le chez Columbia Pictures[68], puis en DVD et Blu-ray chez Umbrella Entertainment en Australie, respectivement le [69] et le [70], accompagnés d'un documentaire de 85 minutes sur le tournage du film. Le film sort également en DVD chez Universal Pictures en 2001, Subversive Entertainment en 2006, Scanbox Entertainment en 2008[50], et en DVD et Blu-ray chez Criterion en [71].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

Design sonore[modifier | modifier le code]

Le design sonore d'Eraserhead est considéré comme l'un de ses éléments déterminants. Bien que le film comporte des éléments visuels emblématiques, tels que le nouveau né-déformé ou le décor industriel étendu, ils sont assortis d'une ambiance sonore très prononcée, qualifiée de « miaulement incessant »[C 26] et de « paysage auditif évocateur »[C 27] par Mike D'Angelo dans un article pour le site web The A.V. Club[72]. Le film utilise continuellement des sons industriels, créant un arrière-plan sonore au volume faible mais constant dans chaque scène. Cela participe à la mise en place d'une atmosphère « menaçante » et « déconcertante », reprise dans des œuvres telles que le drame des frères Coen Barton Fink (1991) et le thriller de David Fincher Seven (1995)[72]. Le bruit de fond perpétuel est perçue par James Wierzbicki comme pouvant être le produit de l'imagination d'Henry Spencer. Il décrit également la bande originale comme « cruellement ignorante de la différence entre rêve et réalité »[73]. Le film débute une tendance dans l'œuvre de Lynch où la musique est diégétique, c'est-à-dire la musique que sont censés entendre les personnages du film, se lie à celle des rêves, à l'instar de la longue séquence de rêve dans laquelle chante la Dame dans le radiateur[73]. On retrouve cette idée dans l'épisode Comment attraper un tueur (S01E02) de Twin Peaks, dans lequel la musique diégétique déborde du rêve du personnage à ses pensées éveillées, et dans Blue Velvet (1986), avec une utilisation similaire de la chanson In Dreams de Roy Orbison[73].

Loin de passer inaperçue, l'utilisation du son dans le film a été remarquée par de nombreux critiques. Dans l'hebdomadaire américain The Village Voice, Nathan Lee en fait l'éloge, écrivant que « voir le film ne signifie rien — il faut aussi l'entendre »[C 28],[74]. Il décrit ainsi la conception sonore du film comme « un coquillage intergalactique armé aux oreilles d'un Gargantua sous acide »[C 29],[74].

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le film est aussi connu pour ses thématiques sexuelles très prononcées. S'ouvrant par la représentation d'une conception, le film met en scène Henry Spencer, un personnage à la fois terrifié et fasciné par le sexe. Des images de créatures à la forme de spermatozoïdes sont récurrentes, y compris chez l'enfant, et particulièrement présentes dans les scènes de sexe du film ; le charme apparent typique de la girl next door de la Dame dans le radiateur est abandonné durant son numéro musical lorsqu'elle commence à écraser violemment les créatures spermatozoïdes de Spencer et lui oppose un regard agressif[75]. David J. Skal dit que le film « dépeint la reproduction humaine comme un spectacle de monstres (« freak show ») désolé, une occupation uniquement digne des damnés »[C 30],[76]. Il postule également une caractérisation différente de la Dame dans le radiateur, la qualifiant de « désespérément désireuse de l'approbation d'un public invisible »[C 31],[76]. Mark Allyn Stewart pense que le personnage est une manifestation du subconscient de Spencer, une représentation de sa propre envie de tuer son enfant, qui l'embrasse après qu'il l'a fait, comme pour le rassurer d'avoir bien agi[77].

En tant que personnage, Spencer a été interprété comme la figure de « l'homme ordinaire », son expression vide et sa garde-robe faisant de lui un simple archétype[78]. Il fait preuve d'une inactivité pacifiste et fataliste tout au long du film, laissant les événements se dérouler autour de lui sans jamais prendre le contrôle. Ce comportement passif culmine dans sa seule initiative lors du climax du film : son infanticide apparent est en réalité motivé par les influences dominatrices qui l'assaillent. La passivité de Spencer est vue par les critiques Colin Odell et Michelle Le Blanc comme précurseure de la bande dessinée de Lynch The Angriest Dog in the World (1983-1992)[79].

Postérité[modifier | modifier le code]

Influence culturelle[modifier | modifier le code]

En 2004, Eraserhead est sélectionné par le National Film Preservation Board du National Film Registry afin d'être conservé à la Bibliothèque du Congrès des États-Unis pour son « importance culturelle, historique ou esthétique »[C 32],[6]. Eraserhead est l'un des sujets abordés dans le documentaire Midnight Movies: From the Margin to the Mainstream (2005), qui retrace l'essor du phénomène des « midnight movies » (ou cinéma de minuit) à la fin des années 1960 et dans les années 1970[80]. Lynch participe au documentaire par le biais d'une série d'entretiens. Le film traite de six films considérés comme ayant créé et popularisé le genre, comme La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead, 1968), El Topo (1970), Pink Flamingos (1972), Tout, tout de suite (The Harder They Come, 1972) et The Rocky Horror Picture Show (1975)[80]. En 2010, l'Online Film Critics Society dresse une liste des 100 meilleurs premiers films, c'est-à-dire les meilleurs premiers longs métrages de réalisateurs connus. Eraserhead se classe deuxième dans ce classement, derrière Citizen Kane d'Orson Welles (1941)[81].

Alors qu'il travaille sur Elephant Man, Lynch rencontre le réalisateur américain Stanley Kubrick, qui lui révèle qu'Eraserhead est son film préféré[82]. Eraserhead a ainsi influencé le film Shining de Kubrick en 1980 : Kubrick aurait projeté le film aux acteurs et à l'équipe pour les « mettre dans l'ambiance »[C 33] qu'il voulait donner au film[83]. Eraserhead a aussi influencé le film cyberpunk japonais Tetsuo (1989), le film d'horreur expérimental Begotten (1990) et le premier film de Darren Aronofsky, Pi (1998) [84],[85],[86]. L'artiste suisse H. R. Giger cite Eraserhead comme « l'un des plus grands films [qu'il ait] jamais vus »[C 34],[87] et déclare qu'il est plus fidèle à sa vision artistique que ses propres films[88]. Selon Giger, Lynch aurait refusé de collaborer avec lui sur Dune car il estimait que Giger lui avait « volé ses idées »[C 35],[89].

Conséquences sur l'équipe du film[modifier | modifier le code]

Lynch collabore à nouveau avec la plupart des acteurs et de l'équipe d'Eraserhead sur ses projets suivants. Frederick Elmes est à nouveau directeur de la photographie sur Blue Velvet (1986)[90], le court-métrage The Cowboy and the Frenchman (1988) et Sailor et Lula (Wild at Heart, 1990)[91]. Alan Splet assure la conception sonore d'Elephant Man (The Elephant Man, 1980), Dune (1984) et de Blue Velvet[92],[93]. L'acteur Jack Fisk réalise des épisodes de la série télévisée On the Air de Lynch en 1992[94] et travaille en tant que décorateur sur Une histoire vraie (The Straight Story, 1999) et Mulholland Drive (2001)[95]. Quant à Catherine E. Coulson et Jack Nance, ils sont apparus dans la série télévisée Twin Peaks[96] ainsi que dans les films Dune[97], Blue Velvet[90], Sailor et Lula[98] et Lost Highway (1997)[99].

Après la sortie d'Eraserhead, Lynch commence à trouver des fonds pour son projet suivant, Ronnie Rocket, un film « sur l'électricité et un type d'un mètre avec des cheveux roux »[C 36],[100]. Il rencontre alors le producteur Stuart Cornfeld, qui travaille à l'époque pour Mel Brooks et sa société de production Brooksfilms. Cornfeld avait apprécié Eraserhead et est intéressé par la production de Ronnie Rocket. Lorsque les deux hommes réalisent que Ronnie Rocket a peu de chances de trouver un financement suffisant, Lynch demande à voir quelques scénarios déjà écrits pour son prochain projet. Cornfeld trouve quatre scénarios qui, selon lui, pourraient intéresser Lynch ; en entendant le titre d'Elephant Man, le réalisateur décide d'en faire son deuxième film[101].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Environ 61 122 dollars de 2022[4] en tenant compte de l'inflation.
  2. Ce plan est le seul vestige d'une séquence coupée.
  3. En France, le film est sorti tout d'abord sous le titre de Labyrinth Man, choisi par le premier distributeur en référence au Elephant Man du même David Lynch (1980)[7].
  4. a et b Environ 29 533 773 dollars de 2022[4] en tenant compte de l'inflation.
  5. Environ 413 350 dollars de 2022[4] en tenant compte de l'inflation.

Citations originales[modifier | modifier le code]

  1. (en) « A kind of free-form poem ».
  2. (en) « Believe it or not, Eraserhead is my most spiritual film ».
  3. (en) « violence, hate and filth ».
  4. (en) « crime-ridden poverty zone ».
  5. (en) « bipolar, Heaven-and-Hell vision of America ».
  6. (en) « it was born nearby ».
  7. (en) « maybe it was found ».
  8. (en) « a sound track (two words) in the literal sense ».
  9. (en) « a sickening bad-taste exercise ».
  10. (en) « murkily pretentious ».
  11. (en) « David Lynch's surreal Eraserhead uses detailed visuals and a creepy score to create a bizarre and disturbing look into a man's fear of parenthood ».
  12. (en) « one of the most unalloyed surrealists ever to work in the movies ».
  13. (en) « isn't reaching out to us from his films; we're sinking into them ».
  14. (en) « even the most cursory comparison of Eraserhead with Wild at Heart reveals an artistic decline so precipitous that it is hard to imagine the same person making both films ».
  15. (en) « a grossout for cultists ».
  16. (en) « a lot more radical and enjoyable than [Lynch's] later Hollywood efforts ».
  17. (en) « an unremarkable feat by [Lynch's] later standards ».
  18. (en) « so consumed with surreal imagery that there are almost limitless possibilities to read personal theories into it ».
  19. (en) « a strong sexual undercurrent ».
  20. (en) « by turns beautiful, annoying, funny, exasperating and repellent, but always bristling with a nervous energy ».
  21. (en) « industrial groaning, as if filmed inside some collapsing factory or gigantic dying organism ».
  22. (en) « an open metaphor ».
  23. (en) « sets up the obsessions that would follow [Lynch] through his career ».
  24. (en) « to make the ordinary seem so odd ».
  25. (en) « less a straight story than a surrealistic assemblage ».
  26. (en) « incessant mewling ».
  27. (en) « evocative aural landscape ».
  28. (en) « to see the film means nothing—one must also hear it ».
  29. (en) « an intergalactic seashell cocked to the ears of an acid-tripping gargantua ».
  30. (en) « depict[ing] human reproduction as a desolate freak show, an occupation fit only for the damned ».
  31. (en) « desperately eager for an unseen audience's approval ».
  32. (en) « culturally, historically, or aesthetically significant ».
  33. (en) « put them in the mood ».
  34. (en) « one of the greatest films [he had] ever seen ».
  35. (en) « stolen his ideas ».
  36. (en) « about electricity and a three-foot guy with red hair ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « The 10 Best Body Horror Movies Ever Made, From ‘The Fly’ to ‘Teeth’ », sur Indiewire, (consulté le ).
  2. (en) John Alexander, Films of David Lynch, Londres, coll. « Great film makers », , 155 p. (ISBN 978-1852383602, lire en ligne), p. 44.
  3. (en) Eraserhead sur l’Internet Movie Database.
  4. a b c d e et f Chiffres de l'inflation aux États-Unis basé sur les données de la Federal Reserve Bank of Minneapolis Consumer Price Index (Estimate) 1800-. Dernière visite le 16 mai 2020.
  5. a et b (en) Eraserhead sur l’Internet Movie Database.
  6. a et b (en) « Films Added to National Film Registry for 2004 » (Communiqué de presse), sur Bibliothèque du Congrès, (consulté le ).
  7. a et b Virgile Dumez, « Eraserhead (Labyrinth Man) : la critique du film (1980) », sur Cinedweller.com (consulté le )
  8. a et b (en) « Eraserhead (1977) - Financial Information », sur The Numbers (consulté le ).
  9. « Visas et Classification | CNC », sur CNC (consulté le )
  10. Odell et Le Blanc 2007, p. 192-196.
  11. a et b Odell et Le Blanc 2007, p. 27.
  12. a b c et d (en) Richard B. Woodward, « A Dark Lens on America », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. Olson 2008, p. 56–59.
  14. Olson 2008, p. 59–60.
  15. Olson 2008, p. 54.
  16. (en) Richard, « Diving In », Metro Silicon Valley,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (en) « David Lean Lecture: David Lynch », sur British Academy of Film and Television Arts, (consulté le ).
  18. a et b Olson 2008, p. 87.
  19. a et b Carine Filloux, « Eraserhead - FilmDeCulte », sur FilmDeCulte (consulté le ).
  20. a et b Olson 2008, p. 51.
  21. Odell et Le Blanc 2007, p. 27–28.
  22. Odell et Le Blanc 2007, p. 28.
  23. Rodley et Lynch 2005, p. 67.
  24. Rodley et Lynch 2005, p. 60.
  25. a et b Odell et Le Blanc 2007, p. 28–29.
  26. a et b Rodley et Lynch 2005, p. 55.
  27. (en) Maria Vu, « The Mysterious ‘Eraserhead’ Baby … But Really, What Is That Thing? », sur Metaflix, (consulté le )
  28. (en) « Eraserhead (1977) - Trivia - IMDb », sur Internet Movie Database (consulté le )
  29. a et b Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 242–243.
  30. Odell et Le Blanc 2007, p. 35–36.
  31. Rodley et Lynch 2005, p. 54.
  32. (en) John Patterson, « Film: David Lynch's film has scarred many an innocent viewer, including a teenage John Patterson », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. a b et c (en) Manohla Dargis, « Distorted, Distorting and All-Too Human », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  34. Rodley et Lynch 2005, p. 165–167.
  35. Olson 2008, p. 72.
  36. (en) Eraserhead - Full Cast & Crew sur l’Internet Movie Database
  37. a et b Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 234.
  38. a et b Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 234–235.
  39. Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 235.
  40. Odell et Le Blanc 2007, p. 34.
  41. (en) Dean Carlson, « Eraserhead [Original Soundtrack] – David Lynch / Alan R. Splet », sur AllMusic (consulté le ).
  42. (en) Mark Richardson, « David Lynch/Alan Splet - Eraserhead », sur Pitchfork, (consulté le ).
  43. (en) Dean Carlson, « Listen to Eraserhead by Original Soundtrack – Album Reviews, Credits, and Awards », sur AllMusic (consulté le ).
  44. (en) « Eraserhead: Original Soundtrack Recording », sur Sacred Bones Records (consulté le ).
  45. (en) Jeremy D. Larson, « David Lynch's Eraserhead soundtrack to receive deluxe reissue on Sacred Bones Records », sur Consequence of Sound, (consulté le ).
  46. (en) Mark Richardson, « David Lynch / Alan Splet: Eraserhead | Album Reviews », sur Pitchfork, (consulté le ).
  47. Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 215.
  48. Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 220.
  49. (en) « BFI | Film & TV Database | 22nd » (version du 13 décembre 2013 sur l'Internet Archive), sur British Film Institute.
  50. a b c et d (en) Jason Ankeny, « Eraserhead – Review », sur AllMovie (consulté le ).
  51. « Box-office France d'Eraserhead (1977) », sur JPBox-Office (consulté le ).
  52. Jérémy Gallet, « Eraserhead - la critique du film », sur Avoir-alire.com, (consulté le ).
  53. a et b (en) « Eraserhead Review », Variety,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  54. (en) Tom Buckley, « The Screen: 'Eraserhead' », The New York Times,‎ , C15 (lire en ligne).
  55. (en) « Eraserhead », sur Rotten Tomatoes (consulté le ).
  56. (en) « Eraserhead Reviews », sur Metacritic (consulté le ).
  57. a et b (en) Lloyd Rose, « Tumoresque: the films of David Lynch », The Atlantic,‎ (« lire en ligne » (version du 13 mai 2013 sur l'Internet Archive)).
  58. (en) Michael Wilmington, « `Eraserhead' Makes Its Mark As A Monument To Alienation », Chicago Tribune,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  59. Rosenbaum 1995, p. 23.
  60. Simon 2005, p. 123.
  61. (en) Steve Beard, « Eraserhead Review », Empire,‎ (lire en ligne).
  62. a et b (en) Almar Haflidason, « BBC - Films - review - Eraserhead (1977) », sur BBC, (consulté le ).
  63. a et b (en) « Eraserhead (1977) – Film Review » (version du 25 mai 2010 sur l'Internet Archive), sur Film4.
  64. (en) Peter Bradshaw, « Film review: Eraserhead », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  65. (en) Mark Monahan, « Film makers on film: Marc Evans », The Daily Telegraph,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  66. (en) David Cheal, « DVD reviews: Charley Varrick, Iron Man, Eraserhead, The Short Films of David Lynch, Festen 10th Anniversary Edition », The Daily Telegraph,‎ (lire en ligne).
  67. a et b (en) Phil Hall, « Eraserhead (DVD) | Film Threat », sur Film Threat, (consulté le ).
  68. (en) « New Video Releases », Billboard, vol. 94, no 31,‎ 7août 1982, p. 34 (ISSN 0006-2510, lire en ligne).
  69. (en) « Umbrella Entertainment – Eraserhead (DVD) » (version du 14 mai 2013 sur l'Internet Archive), sur Umbrella Entertainment.
  70. (en) « Umbrella Entertainment – Eraserhead (Blu-Ray) » (version du 25 juin 2012 sur l'Internet Archive), sur Umbrella Entertainment.
  71. (en) « Eraserhead », sur The Criterion Collection (consulté le ).
  72. a et b (en) Mike D'Angelo, « David Lynch shows how audio can be creepier than any image in Eraserhead », sur The A.V. Club, (consulté le ).
  73. a b et c Wierzbicki 2012, p. 182.
  74. a et b (en) Nathan Lee, « David Lynch Made a Man Out of Me », The Village Voice,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  75. Odell et Le Blanc 2007, p. 32.
  76. a et b Skal 2001, p. 298.
  77. Stewart 2007, p. 7.
  78. Olson 2008, p. 62.
  79. Odell et Le Blanc 2007, p. 33.
  80. a et b (en) Nathan Southern, « Midnight Movies: From the Margin to the Mainstream – Cast, Reviews, Summary, and Awards », sur AllMovie (consulté le ).
  81. (en) « Online critics post top 100 directorial debuts of all-time », sur The Independent, (consulté le ).
  82. Lynch 2006, p. 89.
  83. (en) Chris Roberts, « Eraserhead, The Short Films Of David Lynch », Uncut,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  84. Harper 2007, p. 140.
  85. (en) Eric D. Snider, « What's the big deal?: Eraserhead (1977) », sur Film.com, (consulté le ).
  86. (en) Robin Vaughan, « Pi movie adds up to stimulating analysis. », Boston Herald,‎ .
  87. (en) Frederic Albert Levy, « H. R. Giger - Alien Design », sur littlegiger.com (consulté le ).
  88. (en) Hans Ruedi Giger, HR Giger Arh+, Taschen, (ISBN 978-3-8228-9642-6).
  89. (en) « HR Giger Works Weekends », Vice,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  90. a et b Odell et Le Blanc 2007, p. 53.
  91. Odell et Le Blanc 2007, p. 62–63.
  92. (en) « Alan Splet | Movies and Filmography », sur AllMovie (consulté le ).
  93. (en) Richard B. Woodward, « Snapping, Humming, Buzzing, Banging: Remembering Alan Splet », sur The Paris Review, (consulté le ).
  94. Odell et Le Blanc 2007, p. 87.
  95. (en) « Jack Fisk | Movies and Filmography », sur AllMovie (consulté le ).
  96. Odell et Le Blanc 2007, p. 69.
  97. Odell et Le Blanc 2007, p. 46.
  98. Odell et Le Blanc 2007, p. 63.
  99. Odell et Le Blanc 2007, p. 95.
  100. Rodley et Lynch 2005, p. 91.
  101. Rodley et Lynch 2005, p. 92.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]