Arzano (Finistère)

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Arzano
Arzano (Finistère)
L'église paroissiale Saint-Pierre-aux-Liens.
Blason de Arzano
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Intercommunalité Quimperlé Communauté
Maire
Mandat
Anne Borry
2020-2026
Code postal 29300
Code commune 29002
Démographie
Gentilé Arzanois
Population
municipale
1 387 hab. (2017 en diminution de 0,64 % par rapport à 2012)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 54′ 07″ nord, 3° 26′ 20″ ouest
Altitude Min. 6 m
Max. 97 m
Superficie 34,04 km2
Élections
Départementales Canton de Quimperlé
Législatives Huitième circonscription
Localisation
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Liens
Site web Site de la mairie d'Arzano

Arzano [aʁzano] est une commune française située dans le département du Finistère, en région Bretagne. Historiquement, elle fait partie du pays vannetais et du Kemenet-Héboé.

Géographie[modifier | modifier le code]

Arzano est une commune rurale dont le territoire s'étend entre les vallées de l'Ellé à l'ouest et du Scorff à l'est. La rivière Ellé sépare Arzano de Tréméven et Locunolé, tandis que la rivière Le Scorff sépare Arzano de Plouay et Cléguer. Le bourg occupe une position centrale et est situé à vol d'oiseau à 9 km au nord-est de Quimperlé, à 18 km au nord-ouest de Lorient, à 50 km à l'est de Quimper et à 58 km à l'ouest de Vannes.

La commune est vallonnée et s'étage entre 6 mètres et 97 mètres d'altitude. Le bourg est situé sur une colline dominant la vallée de l'Ellé. Le sous-sol est de constitution granitique.

Carte de la commune d'Arzano (contours de la commune en orange).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la paroisse est attesté historiquement sous les formes « Arzennou » en 1148, « Arthou » en 1167, « Arznou » en 1327 et 1387, « Arzenou » en 1380, 1382 et 1516, « Arzano » en 1536 et « Arsanno » en 1630[1].

Ce toponyme breton est un anthroponyme composé de arz, « ours » qui qualifie un « guerrier vigoureux »[2], et de gnou « connu, fameux »[3], « qui a la puissance de l'ours ». Il pourrait s'agir du nom d'un seigneur local.

En breton moderne, le nom de la commune est An Arzhanaou[1], prononcé [nahaˈnɔw].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge et Temps Modernes[modifier | modifier le code]

La plupart des terres d'Arzano étaient du fief de la seigneurie de La Roche-Moysan, une puissante seigneurie qui s'étendait également sur les paroisses voisines de Meslan, Rédené, Gestel, Lesbin (Pont-Scorff), Quéven, Ploemeur, Guidel et pour moitié de Groix. La seigneurie de La Roche-Moysan était un ancien démembrement de la seigneurie du Kemenet-Heboé. La seigneurie appartenait en 1282 à Geoffroi de La Roche Moisan, en 1294 à Olivier de Tinténiac et en 1382 à Jean de Vendôme. Jean de Vendôme vendit par acte du 2 février 1382, à Charles de Rohan, seigneur de Guémené , le château, la terre et la châtellenie de la Roche-Moysan avec les moulins, bois et tout ce qui en dépendait[4]. La seigneurie resta aux mains de la famille des Rohan, branche de Rohan-Guémené jusqu'à la Révolution française[5]. Le siège de la seigneurie était à l'origine le château de La Roche-Moyzan situé à Arzano sur la rive droite du Scorff mais le voyant ruiné, Louis de Rohan-Guémené transfèrera le siège à Tréfaven en Ploemeur en 1482. Les vestiges de ce château sont encore visibles aujourd'hui. Il s'agit de la motte castrale du Roc'h.

Blason famille Bizien, sieurs de Kerigomarc'h.

Plusieurs manoirs existaient sur le territoire de la paroisse d'Arzano. Jean-Baptiste Ogée cite le manoir de Kerenech qui appartenait en 1240 à Philippe de Kerysequel, le manoir de Kerygomarch en 1250 à François Bizien, le manoir de Kerguegan en 1410 à Alain Henri, le manoir de La Villeneuve en 1420 à Terrien Penhoët et le manoir de Taluangorn (Talgorn), en 1500, à Jean Kerouallan.

Le manoir de Kerygomarch, propriété de la famille Bizien depuis au moins le XIIIe siècle (en 1248 Hamon Bizien participe à la Septième Croisade), prit par la suite le nom de manoir de Laz, par déformation du nom de ses nouveaux propriétaires (en 1610, Marie Bizien, dernière du nom, se marie avec Paul de l'âge de Volude, baron de La Chastre, un seigneur charentais) ; le "manoir du Lage" devint progressivement le "manoir du Laz". Le domaine de Kerygomarch inclut une métairie au nord et un moulin à eau au sud. Le manoir actuel a probablement été construit au début du XVIe siècle par Jean Bizien. Ses armoiries figurent au dessus de la porte d'entrée, une clé de voûte et le linteau de la cheminée de la salle ouest au rez-de-chaussée. Le domaine de Laz fut vendu comme bien national lors de la Révolution française et acheté en 1812 par Benjamin Brizoual qui le transmit à ses descendants ; l'un de ceux-ci, Yves Guyonvarc'h, transforma partiellement le manoir en style néo-gothique au début du XXe siècle[6].

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La paroisse d'Arzano, en y incluant les habitants de sa trêve Guilligomarc'h, comptait en 1778 une population de 2 600 communiants selon le géographe Jean-Baptiste Ogée.

Révolution Française[modifier | modifier le code]

Arzano est érigé en commune en 1790 et rattaché au département du Finistère nouvellement créé pour fournir un hinterland à l'est à la ville de Quimperlé. Arzano, Guilligomarc'h et Rédené sont les trois paroisses du diocèse de Vannes, donc parlant le vannetais, rattachées au département du Finistère.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Groupe de paroissiens posant devant l'église (carte postale du début du XXe siècle).

Joseph Louis Le Nir, originaire de Rosporden, fut curé d'Arzano de 1810 à 1829. Il assura en plus de son ministère, la fonction de maître d'école. Il faisait classe à quelques enfants de la paroisse et des environs, dont dix à douze qui se destinaient au séminaire étudiaient le latin. La plupart étaient de pauvres paysans. Le futur poète Auguste Brizeux compta parmi ses élèves.

Lors de l'enterrement d'Antoine de Fournas, maire d'Arzano, en 1829 en présence du comte de Botderu, pair de France, et de toute la noblesse des environs, le recteur déclara que cet homme « a été toute sa vie le scandale de la paroisse ». La famille, indignée, organisa la messe de huitaine[7] dans une autre paroisse[8].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
An IX An X Mathurin Le Teuff    
An XI An XI Pierre Daniel    
An XI 1816 Olivier Daniel    
1816 1829 Antoine de Fournas[9]    
1830 1833 Jean-Baptiste Lucien Denis    
1833 1837 Joseph Cadet    
1837 1848 Vincent Le Stanguennec    
1848 1858 Joseph Cadet    
1859 1882 Pierre Amédée
Mahé de Berdouare
Conserv Notaire
1882 1906 Benjamin Jego ConservRallié Conseiller général du canton d'Arzano (1900-1909)
1908 1912 Joseph Fichoux Droite Conseiller général du canton d'Arzano (1928-1940 et 1945-1949)
1912 1922 Yves Guyonvarc'h Rép.G Avocat - Conseiller général du canton d'Arzano (1910-1922)
1922 1925 Yves Richard Républicain démocrate Conseiller général du canton d'Arzano (1922-1928)
1925 1943 François Richard URD  
1943 1983 Jean Fichoux MRPRPFCNIPRI agriculteur, conseiller général du canton d'Arzano (1949-1979), Sénateur (1959-1962)
1983 2001 Georges Dauphin PS Président de la fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles
Conseiller général du canton d'Arzano (1979-1992)
mars 2001 mai 2013
(démission)
Marie-Isabelle Doussal PS Conseillère générale du canton d'Arzano (1998-2015)
2013 En cours Anne Borry[10] App.PS[11] Enseignante à l'UBS
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[13].

En 2017, la commune comptait 1 387 habitants[Note 1], en diminution de 0,64 % par rapport à 2012 (Finistère : +0,86 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
3 0003 1501 7571 8341 8731 9571 8011 9171 957
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8741 8621 8771 7791 8611 9481 9521 9431 948
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8511 9171 9411 7381 8391 7931 6761 7661 524
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
1 3101 2061 1031 1131 2241 3241 3251 4021 390
2017 - - - - - - - -
1 387--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

La charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 23 mai 2018.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Auguste Brizeux, placé dès 1811, à Arzano, chez le recteur Joseph-Marie Lenir qui lui inculquera quelques rudiments de philosophie et de théologie appris à Saint-Sulpice.
  • Louis Yhuel (1926-1999), organiste, y est né.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Chaumière du village du Moustoir en Arzano où vivait Marie Penlan, la muse du poète Auguste Brizeux (carte postale du début du XXe siècle).

Il existait aussi autrefois des chapelles dans les villages de Saint-Adrien (reconstruite au XIXe siècle et disparue en 1952) et de Saint-Durec (déjà disparue en 1902).

Il existait 7 moulins à eau à Arzano dont le moulin du Roc'h (site protégé), le moulin de Laz, le moulin de Castellin, le moulin de Zuliou, le moulin de Penlann.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Base de données KerOfis de l'Office public de la langue bretonne (consulté le )
  2. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1200 noms expliqués, Paris, Christine Bonneton Éditeur, , 231 p. (ISBN 978-2-86253-283-7, notice BnF no FRBNF39280144), p. 89
  3. Jean-Yves Le Moing, Noms de lieux de Bretagne : plus de 1200 noms expliqués, Paris, Christine Bonneton Éditeur, , 231 p. (ISBN 978-2-86253-283-7, notice BnF no FRBNF39280144), p. 188
  4. Jean-Baptiste Ogée, dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, Arzano, 1778
  5. site infobretagne consultable http://www.infobretagne.com/arzano.htm
  6. L'inventaire culturel du patrimoine en Bretagne,« Manoir du Laz, Arzano »
  7. Messe célébrée en mémoire du défunt une semaine après son enterrement
  8. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, (ISBN 978-2-918135-37-1)
  9. Antoine Marie Thomas François de Fournas, né en 1766, décédé en 1829 à Kervégant
  10. https://www.ouest-france.fr/anne-borry-elue-maire-darzano-ce-soir-371590
  11. https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimperle-29300/departementales-les-candidats-ps-du-canton-de-quimperle-3141808
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]