Affaire Steve Maia Caniço

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Affaire Steve Maia Caniço
Navibus dans le secteur immédiat de la découverte du corps de la victime.
Navibus dans le secteur immédiat de la découverte du corps de la victime.

Type Homicide involontaire[1]
Pays Drapeau de la France France
Localisation Nantes
Coordonnées 47° 11′ 57″ nord, 1° 34′ 06″ ouest
Date
Bilan
Morts 1

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Affaire Steve Maia Caniço

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Affaire Steve Maia Caniço

L'affaire Steve Maia Caniço est une affaire judiciaire française liée à la disparition puis à la mort de Steve Maia Caniço.

Cet homme de 24 ans est porté disparu à Nantes dans la nuit du 21 au , jour de la Fête de la musique. Sa disparition coïncide avec une intervention policière ayant eu lieu sur un quai d'une île de la Loire où la fête s'était prolongée au-delà de la limite autorisée de 4 h du matin. D'après des témoins, Steve Maia Caniço était présent à cette fête. Son corps est retrouvé dans la Loire plus d'un mois après.

Selon les représentants de la police et l'IGPN, les participants à la fête ont agressé les policiers, qui ont alors répondu de façon proportionnée, notamment par l'utilisation de gaz lacrymogènes. D’après des participants à la fête et des secouristes présents, l’intervention non justifiée des policiers a provoqué une panique ayant conduit à la chute de plusieurs personnes dans la Loire. En ce qui concerne Steve Maia Caniço, le rapport de l'IGPN conclut qu'il n'est pas possible d'établir un lien direct entre l'intervention policière et sa disparition. Plusieurs enquêtes judiciaires et administratives sont alors lancées.

À la suite de la disparition et de l'identification du corps de Steve Maia Caniço, des rassemblements sont organisés afin d’obtenir « justice pour Steve ». L'affaire connait un retentissement important dans un contexte marqué par des violences policières.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les faits se sont déroulés le long du quai Président-Wilson, sur l'île de Nantes, en Loire-Atlantique, dans la nuit du 21 au , lors de la célébration de la Fête de la musique par un groupe de personnes, situé sur ce lieu et ayant entraîné l'intervention de la police.

Sécurisation du site[modifier | modifier le code]

Dans son rapport, l’Inspection générale de la Police nationale pointe un défaut de sécurisation des abords de la Loire, dû selon eux à une défaillance des autorités municipales. Il est notamment écrit dans le rapport[2] :

« La ville n’avait mandaté que deux agents d’une société privée de sécurité afin d’empêcher la foule attirée par les sound systems de tomber dans le fleuve proche, alors même qu’ils étaient censés placer ces systèmes le long du quai Wilson. Elle a fait positionner des barriérages le long d’une partie seulement du quai Wilson, alors que les sound systems ont été installés jusqu’au bout du quai (en direction du pont des Trois Continents) ce qui a généré un risque pour le public. »

Le maire adjoint à la sécurité, Gilles Nicolas, répond à ces accusations[2] :

«  Quand il y a mort d’homme, il faut être précis, or j’ai le sentiment que dans ce rapport on procède par approximations. Premièrement, la mairie n’a délivré aucune autorisation quant à l’installation des sound systems, qui s’implantent historiquement au quai Wilson et sans barriérage. Deuxièmement, le quai Wilson étant une propriété du port autonome (et donc de l’État), sa sécurisation relève des pouvoirs de police du préfet. Et, enfin, nos agents de sécurité étaient là pour assurer la liaison avec le poste de secours situé, lui, sur un terrain communal. »

Selon France Info, le rapport de l'IGPN « reconnaît [...] que c'est le fait d'avoir fait éteindre les neuf premiers sound systems qui a entraîné « un déplacement des fêtards vers le dernier de ces points d'émission de musique situé au bout du quai, en zone non couverte par des barriérages » »[3].

Pascal Freneau, secrétaire général du grand port maritime de Nantes-Saint-Nazaire, explique l'absence de protection sur la majeure partie est du quai Wilson long de 920 m sur la section en aval du pont des Trois-Continents par le fait que celui-ci accueille toujours une activité maritime, fluviale ou portuaire certes peu fréquente, mais limité aux petites unités (comme les paquebots de croisières à faible tonnage faisant épisodiquement escale à Nantes). L'installation de parapets n'est pas envisageable dans l'immédiat car il empêcherait de poursuivre cette activité[4],[5]. En réalité, la préfecture n'accorde plus d'autorisation d'accostage pour les navires de croisière sur ce site depuis plusieurs années, justement pour des raisons « de sûreté et de sécurité »[6]. L'aménagement d'un parc métropolitain de 14 hectares en bordure du quai, prévu dans les prochaines années, pourrait cependant changer la donne[7].

Précédent[modifier | modifier le code]

Dans des conditions très proches, soit deux ans auparavant, le jour de la Fête de la musique 2017, sur le même quai Wilson, une intervention policière avait abouti à la chute de deux personnes dans la Loire. Les policiers nantais avaient alors opté pour « un repli tactique », sous la direction du même commissaire (Grégoire Chassaing) impliqué dans l'affaire de 2019[8]. Suite à cela, la foule s'était dispersée lentement. Un compte-rendu d’opérations de police datant du avait été rédigé et transmis à la préfecture ainsi qu’à la Direction centrale de la Sécurité publique (DCSP)[9].

Un agent de sécurité publique ayant participé à des opérations dans le cadre des fêtes de la musique précise que les années précédentes, il « n’était pas question de rétablissement de l’ordre, mais de sécurisation ». Cette personne a, en outre, déclaré[8] :

«  Notre but est de protéger les jeunes, pas de les mettre en danger. D’ailleurs, il y a cinq ans de cela, lorsque j’étais sur le dispositif, comme nous savions que les berges n’étaient pas protégées et qu’ils étaient en état d’ébriété, nous attendions qu’ils s’épuisent d’eux-mêmes. Et vers 6, 7 heures du matin, ils arrêtaient. Ils ne dérangeaient personne puisqu’il n’y a pas d’habitation autour. Cette année, il ne fallait pas intervenir ou alors il fallait leur trouver un autre lieu de fête. »

Selon un membre du collectif L'Assemblée des blessé.e.s, qui recense le nombre de victimes de tirs de lanceur de balles de défense (LBD), « depuis douze ans, la répression s’est considérablement accrue » et s’est même « enracinée » à Nantes[10].

Déroulement des faits[modifier | modifier le code]

Selon un reportage effectué conjointement par l'AFP et le journal Le Monde, le soir même de la Fête de la musique, comme chaque année à l'occasion cette animation, une dizaine de murs d’enceintes diffusant de la musique (dénommés sound systems) avaient été installés sur le quai. Cette année la tolérance des autorités était fixée jusqu’à h du matin. Durant la nuit, le rassemblement a été estimé à plus de 2 000 personnes[11].

Steve Maia Caniço, un homme de 24 ans, amateur de musique techno[12], était présent à cette fête. À h du matin, il envoie trois derniers textos à ses amis : « Je suis trop fatigué j'ai besoin d'aide ^^ », « Moi je suis au mur assis la ou il y a le drapeau de Bretagne », puis « On peut se retrouver ou quoi STP »[13],[14],[15].

Le rapport de l'IGPN indique que « les premières investigations confirment que » Steve Caniço « était présent à proximité des lieux de l'opération de police ». Le rapport explique que, le jour des faits, un jeune homme appelle le 17 à 5h52 du matin pour signaler « la disparition de son 'copain' sur l'île de Nantes ». Le rapport poursuit : « Il s'était fait gazer vers 4h30 pas très loin du 'Warehouse' et il n'avait plus donné de nouvelles depuis ». Le rapport indique cependant qu'« il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police [...] et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4 heures dans le même secteur »[3].

Lorsque le rapport de l'IGPN devient public fin juillet 2019, la presse rapporte que, selon ce rapport, à h 16, soit plus de 30 minutes avant l'arrivée des forces de l'ordre sur la zone, le téléphone portable de Steve Caniço « borne » pour la dernière fois au niveau du quai Wilson. Selon France Info, le téléphone de Steve a donc « cessé d'émettre avant l'intervention de la police ». France Inter estime que cela peut être dû à une chute dans la Loire ou bien à une simple décharge de la batterie de l'appareil[16],[17],[13],[18]. Le 10 septembre 2019, la presse indique que la police judiciaire de Nantes, qui a un pouvoir d'investigation plus important que l'IGPN, a pu déterminer que l'heure exacte du dernier « bornage » du téléphone de Steve Caniço est h 33, infirmant donc le rapport de l'IGPN sur ce point[19],[20],[21].

Les interventions des forces de l'ordre[modifier | modifier le code]

Selon le rapport de l'IGPN, à l’heure fixée par les autorités, soit h du matin, une vingtaine de policiers de la compagnie départementale d'intervention (CDI ou SDI) et de la Brigade anti-criminalité (BAC) sont dépêchés sur les lieux afin de mettre fin aux festivités. Neuf sound systems coupent le son mais un autre, situé en bordure du quai, à un endroit sans parapet, refuse. Après 15 minutes de discussion, ils finissent par s'exécuter et les policiers se replient. Selon le rapport de l'IGPN, à h 15, « les deux derniers DJ appellent à se rassembler et à s’opposer à l’arrêt de la musique ». Ils éteignent le son une première fois, et c'est à h 20 que les policiers se retirent[22]. Toutefois, peu de temps après, la musique reprend avec la chanson « Porcherie » de Bérurier Noir[23]. Les policiers reviennent dès lors sur les lieux.

Selon la police, les policiers auraient subi des jets de projectiles en tous genres ainsi que des coups, selon les déclarations de Johann Mougenot, directeur de cabinet du préfet de Loire-Atlantique. Leur action qui s'en est suivie aurait donc été en riposte. Selon les fêtards, ce sont les policiers qui ont lancé les hostilités avec des tirs de grenades lacrymogènes[24]. D'après Le Figaro, la police affirme qu'il n'y a eu « aucune charge » des forces de l'ordre[25]. D'après Libération, le rapport de l'IGPN indique que la police n'est pas intervenue pour disperser les fêtards : elle s'est contentée de répondre à des jets de projectiles[2]. Néanmoins, au vu des vidéos disponibles de l'événement, Libération affirme que la version de la police est fausse : « L’avancée des policiers, en ligne, à partir de 4 h 31, casqués et armés, ne laisse pas de place au doute : contrairement à ce qui est affirmé depuis par les autorités - elles auraient répliqué à des jets de projectiles -, il s’agit bien d’une charge préparée, qui a pour but de disperser le rassemblement festif »[23]. Cependant, le journal reconnaît aussi qu'il est « impossible, pour l’heure, de savoir avec certitude si [les lacrymos] ont été envoyées en réponse à un ou des jets de projectiles de la part des fêtards comme l’affirment les autorités ou si elles les ont devancés, ce qu’assurent tous les témoins à qui nous avons parlé »[23]. Un cadre de l'IGPN déclare à l'AFP qu'une charge, « c’est une avancée en rang avec des policiers très proches et des boucliers » et que, à Nantes, c’était « une avancée avec une possibilité pour les gens de passer sur le côté puisqu’on a même des images de personnes filmant les policiers de dos »[26].

Le rapport de l'IGPN décrit plusieurs phases :

  • À h 20, « la musique reprend beaucoup plus forte et des jets de projectiles commencent à voler sur des policiers pas équipés, qui n’avaient pas de casque ».
  • À h 30, après s’être équipés, les policiers reprennent leur position.
  • À h 37, ils répliquent aux jets de cailloux et bouteilles. Ils ont en face d’eux « 200 personnes », selon le cadre de l’IGPN. Les policiers utilisent trente-trois grenades lacrymogènes lancées à la main, douze lanceurs de balle de défense, dix grenades de désencerclement[22].

Selon Libération, « durant plus de vingt et une minutes », les policiers utilisent « continuellement des grenades lacrymogènes en direction du fleuve ». Ils utilisent aussi des tasers et leurs matraques, et un maître-chien est vu à h 31[23].

Selon le rapport de l'IGPN, la police n'a pas chargé la foule et personne n’est tombé à l’eau à cause de l’opération : « aucun élément ne permet d’établir que les forces de police ont procédé à un quelconque bond offensif ou à une manœuvre s’assimilant à une charge qui aurait eu pour conséquence de repousser les participants à la fête vers la Loire »[réf. souhaitée]. Selon les témoignages recueillis par la presse, les policiers ont chargé et l’opération a provoqué un mouvement de panique, entraînant la chute de plusieurs personnes dans les eaux de la Loire[24]. D'après L'Obs, un syndicat de police affirme qu'une charge des policiers a bien eu lieu, et L'Obs, analysant les images obtenues par Libération, estime qu'une dizaine de policiers a avancé vers la foule à partir de h 32, puis que la majorité des policiers se sont arrêtés d'avancer à h 34[22].

Pendant toute l'opération, des fêtards alertent les forces de police de la proximité avec la Loire puis, très vite, les alertent aussi qu’il y a eu des chutes de plusieurs d'entre eux dans l’eau[23], et qu'une personne est en train de se noyer[27]. Selon le rapport de l'IGPN, entre h 36 et h 39, plusieurs appels d'urgence signalent des personnes tombées dans la Loire[3],[28].

D'après L'Obs, malgré les avertissements, les policiers continuent d'envoyer du lacrymogène[22]. Des projectiles sont également tirés par les fêtards en direction des forces de police durant cette séquence[23]. France info, analysant le rapport de l'IGPN, affirme qu'à partir de h 37, après les premiers tirs de lacrymogènes, les autorités qui supervisent l'opération policière depuis le « centre de supervision urbain » visualisent sur leurs écrans qu'« un épais nuage de fumée blanche » empêche « toute visibilité sur la réaction des participants ». Presque immédiatement, l'ordre est donné, deux fois, de stopper les tirs de lacrymogènes. Mais ces ordres ne sont pas suivis d'effets. Selon le rapport de l'IGPN, le commissaire qui commandait les policiers sur le terrain « ne se trouvait pas en capacité de diriger réellement ses effectifs » qui, essuyant des jets de projectiles, ont dû « se défendre individuellement et d'initiative »[28].

  • À h 50, selon le rapport de l'IGPN, la foule se disperse suite à l'arrivée d'une compagnie de CRS[22]. Selon le rapport du commandant de l'unité de CRS, il s'est refusé à employer les gaz lacrymogènes et a réussi à ramener le calme en dialoguant avec les fêtards et en leur promettant l'absence de violence. À 5h20, la situation était suffisamment calme pour justifier le départ d'une des deux sections[29].

Différentes chutes dans la Loire[modifier | modifier le code]

Les autorités ont avancé des nombres différents de chutes de personnes dans la Loire. Tout d'abord, le jour des faits, la direction centrale de la Sécurité publique annonce trois chutes, à « 3 h 45, 4 h 25 et 5 h 07 », et ne mentionne aucune chute pendant l'intervention de la police[30]. Puis le 24 juin, la préfecture annonce 14 chutes dans la Loire[30] : les pompiers dépêchés sur les lieux ont aidé sept personnes à remonter sur le quai, quatre autres teufeurs sont aidés par une association de sauvetage mandatée par la ville de Nantes et trois autres réussissent à regagner la terre ferme après avoir trouvé des échelles[1]. Le rapport de l'IGPN signale qu’entre « 8 et 14 personnes sont tombées »[30]. La seule certitude pour l'IGPN est que trois personnes ont été secourues dans la Loire avant l’intervention de la police[30]. Et selon l'IGPN, des personnes sont tombées à l'eau pendant l'intervention de la police, mais « aucune des personnes n'a déclaré être tombée à l'eau du fait de l'action de la police »[26]. Selon Le HuffPost, les témoins affirment que la police a chargé et que plusieurs personnes ont chuté dans l’eau dans le mouvement de panique ou aveuglés par les gaz lacrymogènes[24].

La première personne aurait chuté à h 34, soit une heure avant les affrontements[3]. Selon un sauveteur, deux personnes ont été secourues avant l’intervention de la police, et une autre est sûrement remontée sur terre sans aide. La première personne secourue s’est jetée à l’eau « par dépit amoureux », tandis que l'autre est tombée « par inadvertance ». Ensuite, au moment de la charge des policiers, le sauveteur explique avoir remonté quatre personnes. À ce moment-là, les secours ont aussi la suspicion qu’un autre fêtard se noie. Les sauveteurs nautiques préviennent les pompiers « sur la crainte d’une personne disparue »[30]. D'après Le Monde, un homme se trouvant au cœur du dispositif d’intervention des secours sur la Loire déclare : « D’emblée, on a reçu le signalement d’une personne ayant coulé. » Et un pompier, sous couvert d’anonymat, confirme : « Pour nous, il y a toujours eu suspicion d’une personne manquant à l’appel ! » Un des rescapés, une fois sorti de l'eau, certifie qu'il a entendu un autre rescapé affirmer qu'un homme « avait coulé »[1]. Selon Marianne Rostan, avocate de 89 fêtards, deux de ses clients sont tombés dans la Loire aveuglés par les gaz lacrymogènes. Elle déclare que l'un des deux lui a fait le récit suivant : « Au moment de sa chute dans l’eau, il est catégorique : ils étaient cinq à se débattre dans l’eau. Il est sûr qu’un homme a été emporté par les flots et a coulé à pic. Il ne peut pas dire s’il s’agit de Steve, il ne le connaissait pas et ne peut donc pas le reconnaître physiquement. »[31]

Disparition de Steve Caniço[modifier | modifier le code]

Le 22 juin (les événements s'étant déroulés tôt dans la matinée), Steve Caniço ne répond plus aux appels téléphoniques de ses amis. Il ne se présente pas à son travail d'animateur scolaire dans la journée et les jours suivants[12]. Il est alors considéré comme disparu et la police diffuse un appel à témoins dès le 24 juin. La disparition de Steve est d'autant plus inquiétante qu'il ne savait pas nager[12].

Steve Caniço aurait été aperçu pour la dernière fois à proximité immédiate du sound system, en train de se reposer entre deux installations[23]. Une de ses amies l'a vu endormi après h du matin[2].

Victime[modifier | modifier le code]

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Affiche de Police concernant la disparition de Steve Caniço
Portrait de Steve Maia Caniço.

Selon l'avis de recherche, publié sur le site de la Police nationale, Steve Maia Caniço est âgé de 24 ans au moment de sa disparition. Il mesure 1,72 m, il a les yeux verts et les cheveux châtains crépus et courts.

Le journal Le Monde, qui a publié sa biographie, précise que cet animateur périscolaire est décrit par ses amis et sa famille comme un jeune homme sociable, sensible, amateur de musique techno et des « free parties »[32].

Les obsèques de Steve Maia Caniço sont célébrées le 12 août 2019, dans un cadre « strictement intime », conformément à la demande de la famille[33].

Enquêtes[modifier | modifier le code]

À la suite de cet événement, plusieurs enquêtes officielles ont été lancées, dont au moins une enquête judiciaire et plusieurs enquêtes de nature administrative[34].

Procédures[modifier | modifier le code]

La disparition de Steve Caniço a d’abord fait l’objet d’une information judiciaire pour disparition inquiétante, dirigée par un juge d’instruction entraînant par la suite une investigation de la part de la police judiciaire de Rennes[35],[36], rendue caduque par la découverte du corps.

Cette affaire entraîne, en parallèle à cette disparition inquiétante, l'ouverture de deux dossiers d'ordre judiciaire :

  1. une enquête de la police judiciaire liée à la suite de « dix plaintes de policiers qui ont été blessés lors des événements de la Fête de la musique », selon les déclarations de Pierre Sennès, procureur de la République à Nantes.
  2. une plainte collective de 85 participants a été déposée le 3 juillet 2019 pour « mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique », confiée à l’IGPN[37].

Le défenseur des droits, Jacques Toubon s’est également « saisi d’office » afin d’enquêter sur cette disparition[38].

L'Inspection générale de l'administration (IGA) a été saisie afin de déterminer pourquoi une soirée électro s'est déroulée dans une zone dangereuse et de retracer la chaîne de commandement concernant la préparation de l'événement ainsi que la conduite de l'intervention policière[39].

L'IGPN a déclenché une nouvelle procédure administrative « incidente » à l'occasion de son rapport. En effet, la police des polices a constaté un potentiel cas de violence policière : « Des coups de matraque montrés par une vidéo, sur une personne au sol, pourraient constituer à l’égard de son auteur non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force ou l’absence de justifications particulières, ce qui reste à établir »[39].

En août 2019, un gendarme est convoqué par l'inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) et la direction générale de la Gendarmerie nationale (DGGN), pour s'être moqué de la mort de Steve Caniço sur son profil Facebook[40],[41],[42].

Rapport de l'IGPN[modifier | modifier le code]

L'IGPN rend un rapport de 235 pages le qui n'est pas porté initialement à la connaissance du grand public. Le Premier ministre, Édouard Philippe, en révèle l'existence et les conclusions lors de son intervention publique du 30 juillet, peu après la découverte du corps de Steve. Le même jour, une synthèse de 10 pages est transmise à la presse. Cette synthèse conclut que l'intervention de la police « était justifiée et n'est pas apparue disproportionnée », et qu'il n'a pas pu être établi de « lien direct » entre cette intervention et la disparition de Steve Caniço[2],[43].

Selon le rapport de l'IGPN, les témoins interrogés, qui sont des policiers et des civils, affirment qu'« aucun mouvement de foule [n'a] été constaté », qu'ils n'ont vu aucune personne « en panique ou en train de courir »[44],[45],[28]. Le rapport mentionne plusieurs fois les tirs de lacrymogènes mais les témoins cités insistent : il n'y a eu « aucun mouvement de foule »[28]. Selon France info, la grenade lacrymogène MP7 émet « une épaisse fumée irritante » dont le gaz CS est « responsable des brûlures »; et France info relaie les déclarations d'un expert en balistique qui affirme que l'objectif recherché lors d'un tir de grenades est de « désorienter, disperser une foule et l'empêcher d'occuper une zone »[28]. De plus, les quatre secouristes de la protection civile, qui sont arrivés avant l'intervention de la police pour un cas de malaise, affirment que les participants ont paniqué après les premières fumées de gaz lacrymogènes[46]. D'après Le Monde, ces secouristes sont des « témoins-clés », car leur capacité de discernement n'a pu être altérée par l'usage de l'alcool ou de stupéfiants[47]. L'un d'entre eux déclare : « Je ne sais pas quelle est la définition du mouvement de foule pour l'IGPN, mais j'aimerais comprendre. Si c'est un grand nombre de personnes qui fuient rapidement un nuage de gaz lacrymogène, alors, oui, il y en a eu un. » Un autre secouriste décrit « un mouvement de panique impressionnant » d'où provenaient « des explosions, des gens qui criaient et couraient, désorientés »[46]. Les secouristes affirment avoir transmis ces éléments à l'IGPN, mais, selon France info, le rapport de l'IGPN ne les mentionne pas. Un témoin cité par le rapport raconte simplement que « le déplacement de la foule s'était accentué » avant qu'il soit appelé « pour des personnes tombées à l'eau ». Selon France info, le rapport n'explique pas quelle est la différence entre un « mouvement de foule » et un « déplacement de foule » qui « s'accentue »[28].

Selon L'Express, les secouristes ne « comprennent pas les conclusions du rapport de l'IGPN ». Les secouristes décrivent à leur arrivée sur place une situation « très calme ». L'un des quatre secouristes déclare : « L'intervention me paraît totalement disproportionnée. Un tel déploiement de grenades juste pour de la musique, dans un secteur sans habitation, me paraît incroyable. D'autant que les autres années, la musique continuait après 5 heures du matin »[48],[49].

Selon Mediapart, l’IGPN a omis des éléments à charge pour la police. Mediapart dénonce le fait que, selon leurs informations, « le responsable de l’unité de CRS, présent sur les lieux, n'a pas été auditionné, et l’IGPN n’a pas rendu publiques les conclusions d’un compte-rendu d’opération sur l’appréciation de l’usage de la force »[29].

Sud Ouest indique que l'IGPN est « accusée de partialité » après la publication de son rapport. Pour Sebastian Roché, chercheur au CNRS, le problème ne vient pas des agents de l’IGPN, choisis après « une sélection très forte », et dont le « professionalisme » n'est pas en cause, mais de la dépendance statutaire de l'IGPN par rapport au pouvoir politique : la directrice de l'IGPN est « nommée par le ministre de l'intérieur, qui peut décider de la révoquer à tout moment »[50]. Par ailleurs, un policier anonyme spécialisé dans le maintien de l’ordre et cité par Mediapart déplore l’incohérence d’avoir confié cette enquête à un commandant, grade qui est au-dessous du commissaire Grégoire Chassaing, chargé sur le terrain de l’intervention, et de Thierry Palermo, directeur départemental adjoint de la sécurité publique (DDSP), responsable des opérations, en salle de commandement le soir des faits. « Dans la police, l’obéissance à la hiérarchie est une règle, poursuit ce policier. Comment voulez-vous qu’un commandant ne courbe pas l’échine face à des plus hauts gradés que lui ? Au regard de la gravité des faits et de la mort d’un jeune homme, et afin de garantir une enquête impartiale, il aurait été préférable de la confier à un plus haut gradé, un contrôleur ou un inspecteur général et qui ne soit pas de la région mais qui vienne de Paris, par exemple »[29].

Philippe Boussion, secrétaire régional du syndicat Unité SGP Police FO Pays-de-la-Loire, déclare que le rapport de l'IGPN est « tellement grossier dans la volonté de disculper la police que ça va être inacceptable pour beaucoup de gens »[51].

Le rapport de l'IGPN est également critiqué par l'avocate de la famille de Steve, qui lui reproche de ne pas inclure d'audition des témoins, ni d'expertise balistique, et de ne pas avoir attendu d'avoir à sa disposition les éléments médico-légaux[43]. Selon l'IGPN, ils ont tenté de contacter le seul témoin dont ils avaient les coordonnées, mais celui-ci n'aurait pas répondu. Le témoin en question, Romain G., affirme au contraire ne pas avoir reçu de demande de témoignage de la part de l'IGPN. Ce témoin a été signalé dans le rapport car qu'il a effectué un signalement sur la plateforme de l'IGPN « pour se plaindre des jets de lacrymogènes de la part des forces de l’ordre durant 10 minutes, ayant entraîné des chutes et autres malaises » et qu'« il indiquait qu’il allait déposer plainte », ce qu'il a fait le 27 juin. Le rapport de l'IGPN comporte au total les témoignages de deux agents de sécurité employés par la ville de Nantes, deux membres de la protection civile et huit fonctionnaires de police[52].

Recherches dans la Loire[modifier | modifier le code]

Dans la nuit de la Fête de la musique, le nombre exact de personnes tombées à l'eau n'était pas connu avec certitude. Les recherches ont duré jusqu'à l'aube avec un doute sur le fait que toutes les personnes aient bien été retrouvées.

La justice est alertée de la disparition de Steve Caniço le , au lendemain de la charge. De nouvelles recherches débutent grâce aux moyens mis en place suite à la procédure pour disparition inquiétante. Selon Pierre Sennès, le procureur de la République de Nantes, « plusieurs patrouilles fluviales ont travaillé tous les jours, il y a eu des reconnaissances aériennes avec des hélicoptères de la gendarmerie et un avion de la police aux frontières, entre Nantes et l’embouchure de la Loire, ainsi que des patrouilles pédestres sur les bords du fleuve ». Un navire équipé d’un sonar a aussi été demandé après un mois de recherches infructueuses[2]. La zone totale fouillée s'étend sur 60 kilomètres[53].

Découverte du corps[modifier | modifier le code]

Grue « Titan » jaune, près de laquelle le corps de Steve Caniço a été repêché.

Le en fin d'après-midi, soit 38 jours après la disparition de l'homme[28], le pilote du Navibus - Loire repère un corps « en état de décomposition extrême » remontant le quai des Antilles au gré de la marée et appelle les pompiers à 17 h 25[54]. La dépouille est repêchée quelques centaines de mètres plus loin en amont au niveau du quai Fernand-Crouan près de la grue Titan jaune dans le parc des Chantiers. L'autopsie pratiquée le lendemain matin au service médico-légal de l'Hôtel-Dieu indique qu'il s'agit du corps de Steve Caniço, identifié grâce aux analyses dentaires[55],[1].

Dans l'hypothèse d'une chute faite depuis le quai Président-Wilson (bras de Pirmil de la Loire, au sud de l'île de Nantes), le corps aurait donc dérivé sur un peu plus de 600 mètres jusqu’au lieu de sa découverte (bras de la Madeleine, au nord de l'île)[1]. Le fleuve connaissant un débit plus faible à cette époque de l'année, les marées à la puissance plus importante sont alors susceptibles d'avoir repoussé le corps plus en amont au gré des courants. De plus, il est possible qu'il ait été bloqué pendant quelques jours par de la vase ou des branchages avant de dériver[56].

Après l'identification du corps, l'information judiciaire pour disparition inquiétante est close et une information judiciaire « contre X » pour homicide involontaire est ouverte[1].

Dès le réquisitoire introductif, les deux juges d'instruction nantais chargés de cette information judiciaire ont demandé à être dessaisis du dossier afin de dépayser l'enquête. Cette demande a été adressée au parquet de Nantes, qui l’a transmise au parquet général de Rennes, lequel a ensuite adressé une requête en dépaysement à la Cour de cassation, qui doit répondre sous un délai d'un mois[57].

Réactions[modifier | modifier le code]

Témoins et associations[modifier | modifier le code]

Les associations Media’Son et Freeform, chargées notamment d’aider les organisateurs de rassemblements festifs, ont recueilli près de 140 témoignages de personnes présentes lors de l'événement. Parmi ces témoins, 85 personnes ont accepté de participer à une plainte collective (voir paragraphe Procédures). Une majorité n’ont « pas seulement témoigné de la violence de la police mais surtout de la peur qu’ils ont ressentie »[58]. Ils disent avoir été surpris par l'intervention de police : l'un d'entre eux, Léo, témoigne : « Je n’ai pas vu les sirènes, je n’ai pas vu la police arriver, ni entendu de sommations, je n’ai pas vu de projectiles lancés par les fêtards. » Parmi ces témoins, beaucoup sont traumatisés et certains sont blessés[59].

Forces de l’ordre[modifier | modifier le code]

Le syndicat Unité SGP Police a d’emblée pointé « la responsabilité » du commissaire Grégoire Chassaing chargé du commandement de l’opération, l’accusant d’avoir « commis une faute grave de discernement » en donnant à ses troupes « un ordre aberrant » : « On n’intervient pas à 4 h 30 du matin avec vingt policiers au milieu d’un millier de personnes potentiellement alcoolisées »[1], car ces personnes sont « dans l’incapacité de raisonner ou comprendre l’intervention de la police un soir de fête de la musique : c’était la confrontation assurée ! »[22]. Le syndicat rappelle que « le quai de Loire est sans protection, l’endroit par définition ou il ne faut pas charger… »[22]. Philippe Boussion, secrétaire régional Pays de la Loire[60], assure que son syndicat a « déjà alerté à plusieurs reprises sur la vision de la sécurité de ce commissaire qui expose régulièrement nos collègues par ses prises de décisions et sa vision exclusivement musclée de la sécurité »[61].

Selon Thierry Palermo, chef adjoint de la direction départementale de la sécurité publique, qui avait autorité sur le service d'ordre la nuit des évènements, l'intervention de la police est une « riposte qui s'inscrit dans le cadre de la loi », après que cinq fonctionnaires ont été blessés, dont l'un « roué de coups à terre »[62].

Un policier anonyme, cité par le site d'information Mediapart, qualifie l'emploi par la police des moyens déployés dans le temps de l'intervention de « massif et inhabituel ». Il déclare également : « lorsque l’IGPN dit qu’il n’y a pas eu de charge, elle joue sur les mots ». Ce policier considère par ailleurs qu'il y avait « une désorganisation complète de la chaîne de commandement, que ce soit sur le terrain ou en salle »[29].

Personnalités politiques[modifier | modifier le code]

Johanna Rolland, maire de Nantes
La sénatrice Esther Benbassa.
Le Premier ministre, Édouard Philippe.

Johanna Rolland, maire de Nantes, demande le 18 juillet par un courrier (publié sur le réseau social Twitter) adressé au ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, que celui-ci puisse s'expliquer sur les circonstances de la disparition de l'homme. Elle écrit notamment : « De nombreuses questions restent sans réponse concernant une opération policière qui s’est tenue dans notre ville. Il doit désormais y être apporté, sans délai, des explications précises et publiques. »[63].

Le , Mounir Belhamiti, député pour la première circonscription de la Loire-Atlantique en tant que suppléant de François de Rugy, écrit sur sa page Facebook : « Lorsque la première réponse de l’État, par la voix de son représentant, et avant même que ne soit diligentée l’enquête de l’IGPN, consiste à déclarer, trois jours après les faits, que l’intervention policière s’est déroulée « de manière proportionnée », je le dis sans ambages : l’État se met en faute. Parce que nul ne saurait considérer comme proportionnée une intervention qui conduit une dizaine de jeunes à se jeter dans la Loire. » Les autres députés du département n'ont soit pas communiqué à ce sujet, soit choisi de rester neutres[59].

Lors d'une séance de questions au gouvernement au Sénat, le , la parlementaire Europe Écologie Les Verts, Esther Benbassa, a interpellé le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez en ces termes : « Ma question est simple, Monsieur le secrétaire d’État : où est Steve ? »[64].

Interpellé par plusieurs personnes sur ce sujet, lors d'un déplacement à Bagnères-de-Luchon, le , à l'occasion du passage de Tour de France 2019, le président de la République française Emmanuel Macron déclare être « très préoccupé » par cette situation en précisant : « Il faut que l’enquête soit conduite jusqu’à son terme » en ajoutant qu' « il ne faut pas oublier le contexte de violences dans lequel notre pays a vécu ». Il conclut par ces termes : « le calme doit revenir dans le pays »[65].

Le , date à laquelle le corps retrouvé dans la Loire est officiellement identifié comme étant celui de Steve Caniço, le Premier ministre, Édouard Philippe, présente ses condoléances à la famille et précise, lors d'une déclaration à la presse organisée dans la cour de l'hôtel de Matignon, qu'il va saisir l’inspection générale de l'administration pour « aller plus loin et comprendre les conditions de l’organisation de l’événement par les pouvoirs publics, mairie et préfecture, ainsi que par les organisateurs privés ». Le Premier ministre précise également que les conclusions de l’inspection générale de l’administration devront être attendues dans un délai d'un mois et seront rendues publiques[66]. En présence du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, debout à ses côtés lors de ce point presse mais silencieux, Édouard Philippe estime que « l’IGPN n’a pas établi de lien entre l’intervention de la police et la disparition de Steve Maia Caniço »[67],[68], alors que la synthèse du rapport établi par l'IGPN affirme seulement qu'« aucun élément ne permet d’établir un lien direct entre l’intervention des forces de l’ordre et la disparition [de Steve Caniço] »[69].

Le , l'Organisation non gouvernementale Amnesty International, spécialisée dans la défense des Droits de l'homme, publie sur son site une déclaration destinée à la presse au sujet de cette affaire : « Il est bienvenu que le gouvernement s'engage à faire toute la lumière sur le décès de Steve Maia Caniço, notamment à travers une enquête de l'Inspection générale de l'administration, afin de pouvoir interroger le rôle de la chaîne de commandement, ce que ne permettait pas l'enquête de l'IGPN ». L'ONG précise également qu'elle « restera vigilante pour que justice soit rendue grâce à des enquêtes impartiales et indépendantes »[70].

Public[modifier | modifier le code]

Hommages antérieurs à la découverte du corps[modifier | modifier le code]

Préfecture de Nantes.

Une marche en hommage à Steve Caniço, est organisée le . Celle-ci accueille entre 700 et 900 personnes qui prennent leur départ depuis les grilles de la préfecture de Loire-Atlantique à Nantes, pour s'achever avec près d'un millier de participants. Celle-ci s'est déroulée dans le calme[71],[72].

Le , sur l'avenue des Champs-Élysées, pendant le défilé de la fête nationale, des manifestants du mouvement des Gilets jaunes scandent « Où est Steve ? »[73].

Le , soit plus d'un mois après la disparition, les organisateurs d'une association informelle dénommée « Recherche Citoyenne » lancent sur le réseau Facebook un appel citoyen[pas clair] afin que des recherches soient menées le long de la Loire et sur le fleuve sur cinq kilomètres en aval, mais aussi sur 500 mètres en amont du quai Wilson, mais cet appel est annulé à la demande de la famille du disparu[74].

Fresque Quai Wilson mentionnant la question « Que fait la police ? »

Deux graffeurs locaux rendent un hommage à Steve Caniço en peignant une fresque sur le mur d'un bâtiment du quai Wilson à Nantes, non loin des lieux de la disparition de l'homme[75].

Hommages postérieurs à la découverte du corps[modifier | modifier le code]

Après l'identification du corps de Steve Caniço, outre à Nantes, des rassemblements ont lieu dans toute la France demandant « Justice pour Steve », par exemple à Amiens, Bourges, Marseille, Nice, Orléans, Lille, Paris, Poitiers, Reims, Rouen et Toulouse[76],[77].

Le , le préfet de Loire-Atlantique interdit toute manifestation au niveau du centre-ville de Nantes pour le samedi 3 août, alors que plusieurs appels à un rassemblement en hommage à Steve Caniço ont été lancés pour cette journée de samedi[78].
Celles-ci sont séparées en deux rassemblements, dont l'une est relayée par le média indépendant d'extrême gauche Nantes Révoltée et l'autre organisée par un collectif auquel se joindront des membres du mouvement des Gilets jaunes. Le premier hommage se déroule, le matin, à proximité de la grue Titan jaune, au bord de la Loire, le second se déroule l'après-midi en ville. La famille de Steve Caniço a déclaré ne participer à aucune de ces manifestations[79]. Des affrontements seront constatés entre les forces de l'ordre et quelques manifestants à proximité du centre-ville et du château des ducs de Bretagne lors de la seconde manifestation[80]. D’autres manifestations du même genre sont organisées, ce même jour, dans de grandes villes françaises dont Paris[81].

Selon ses organisateurs qui ont publié un communiqué dans un magazine spécialisé, la prochaine Techno Parade, prévue le , à Paris, sera dédiée à la mémoire de l'homme[82].

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

Évoquée dans la plupart des médias français de presse écrite, radiophonique et télévisuelle, l'affaire est également relatée dans le journal belge Le Soir, lors de la découverte du corps ainsi que dans le journal américain The New York Times[83] qui évoque dans un article que cette affaire « attise la colère au sujet de l'usage de la force par la police française »[84].

La télévision publique belge francophone RTBF consacre également un reportage sur cette affaire dans son journal d'information dans la soirée du 29 juillet avec notamment la diffusion d'une interview de l'avocate de la famille de la victime[85].

Les sites du Daily Mail (Royaume-Uni)[86] et du Mercury News (États-Unis)[87] évoquent également cette affaire.

Analyses et commentaires[modifier | modifier le code]

Selon un article du Monde, publié avant la découverte du corps de Steve[88] :

«  […] Si la mort de l’écologiste Rémi Fraisse, touché par le tir de grenade d’un policier en 2014 sur le site du projet de barrage de Sivens (Tarn), avait provoqué de vives tensions politiques lors du quinquennat de François Hollande, la disparition de Steve Maia Caniço ne fait réagir pour l’instant qu’à bas bruit, alors que le jeune homme pourrait devenir le deuxième mort lié à des violences policières du mandat d’Emmanuel Macron, après celle de Zineb Redouane, 80 ans, atteinte par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement marseillais lors d’une manifestation de « gilets jaunes » en décembre 2018. »

Deux jours après la découverte du corps, Mediapart titre : « Steve Maia Caniço, le mort de trop pour Emmanuel Macron » et argumente que[89] :

« l’usage excessif de la force discrédite moralement le mandat d’Emmanuel Macron » pour conclure que « des procureurs aux ordres du pouvoir à l’IGPN qui dédouane presque systématiquement les forces de l’ordre, c’est tout le système qui est à revoir. »

Suite à cette affaire, Sébastian Roché, directeur de recherche au CNRS et sociologue spécialiste des questions policières et de sécurité, remet en cause le fonctionnement de l'IGPN et son modèle d'inspection interne. Selon lui, « il faut créer un organe indépendant, qui ne soit plus dépendant du ministre de l’Intérieur »[90].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. a b c d e et f Willy Le Devin, Ismaël Halissat et Fabien Leboucq, « Mort de Steve : pourquoi le rapport de l’IGPN sème le trouble », sur liberation.fr, (consulté le 2 août 2019).
  3. a b c et d « Mort de Steve Maia Caniço : ce qu'il faut retenir du rapport de l'IGPN », sur francetvinfo.fr, .
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  6. « Nantes. Deux paquebots en escale à Cheviré en août », sur Ouest-France.fr, (consulté le 8 août 2019)
  7. « Les grands projets et chantiers de l'île de Nantes », sur Île de Nantes – Fabriquer la ville autrement (consulté le 3 août 2019).
  8. a et b Pascale Pascariello, « Nantes: en 2017, un rapport de police pointait déjà les risques d’une intervention », sur Mediapart (consulté le 2 août 2019).
  9. Pascale Pascariello, « Nantes: un rapport de police soulève la responsabilité de la préfecture et de la mairie », sur Mediapart, (consulté le 1er août 2019).
  10. « A Nantes, « une génération entière est touchée » par la mort de Steve Maia Caniço », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 13 août 2019)
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  14. « Nantes: les derniers messages reçus par des proches de Steve, disparu depuis la Fête de la musique - Vidéo dailymotion », sur Dailymotion (consulté le 2 août 2019).
  15. « Nantes Disparition de Steve : les dix questions qu’elle soulève un mois après », sur presseocean.fr, .
  16. « Mort de Steve Maia Caniço : un syndicaliste policier pointe une "interrogation" autour de son téléphone, qui a cessé d'émettre avant l'intervention de la police », sur Franceinfo, (consulté le 2 août 2019).
  17. France Inter, « Nantes. Des appels à témoins pour retrouver Steve Caniço », sur franceinter.fr, (consulté le 31 juillet 2019).
  18. Ouest-France, « Nantes. Des appels à témoins pour retrouver Steve Caniço », sur Ouest-France.fr, (consulté le 31 juillet 2019).
  19. « Selon l’enquête judiciaire, le portable de Steve Maia Caniço « bornait au moment de l’intervention policière » », Le Monde, (consulté le 16 octobre 2019)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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