Chronologie du mouvement étudiant français

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Voir aussi Mouvements étudiants en France.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les mouvements étudiants sont aussi vieux que l'université. On peut en retrouver la trace dès le XIIIe siècle (voir Grève de 1229 à l'université de Paris). Ainsi, par exemple, La Sorbonne connaît neuf mois de grèves entre 1443 et 1445, pour la défense de ses exemptions fiscales. De à , l'université est en grève pendant six mois consécutifs. Des émeutes éclatent en 1446 contre la suppression de l'autonomie judiciaire et la soumission de l'université à l'autorité du Parlement de Paris. La Sorbonne se met aussi régulièrement en grève lorsqu’un étudiant est arrêté par la police. En 1453, l'université se met en grève à la suite de la mort de Raymond de Mauregart, un étudiant tué par les sergents du Châtelet.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En , la loi autorise les associations d'étudiants. La première AGE (Association générale des étudiants) est celle de Nancy (1877).

1900-1930[modifier | modifier le code]

En 1907, les associations se rassemblent pour la plupart au sein de l'Union nationale des associations générales d'étudiants de France (UNAGEF).

L'UNEF (Union nationale des étudiants de France) est constituée le lors d'un rassemblement des AGE (associations générales étudiantes) à Lille, afin de constituer une structure nationale qui prend le nom d'Union nationale des associations générales étudiantes de France (UNAGEF) . Les premières associations locales recensées sont Lille (1878), Paris (1884) et Montpellier (1889). Sont présentes en 1907 les AGE de Lille, Dijon, Lyon et Bordeaux. Paris rejoindra l'UNEF en 1909. La structure est associative (loi de 1901), car les étudiants ne peuvent juridiquement utiliser le droit syndical (loi de 1884), réservé aux professions. Cette structuration nationale découle d'une volonté des étudiants d'être représentés dans les organes de décision locaux et nationaux.

Dès ses débuts, elle veut exprimer la voix des étudiants, sans la médiation des recteurs, doyens et directeurs d'école. Mais il faut attendre le lendemain de la Première Guerre mondiale, et le retour sur les bancs de l'Université des anciens combattants pour qu'elle se lance dans la mise en place d'actions concrètes de solidarité. Elle défend les intérêts des étudiants, et incite la création des structures de médecine préventive au sein des universités, ou encore des restaurants universitaires (RU). Son dynamisme lui vaut la reconnaissance de la part du président Gaston Doumergue, qui la déclare d'utilité publique par décret du .

Années 1930[modifier | modifier le code]

En 1933, elle ouvre le Sanatorium des étudiants de France à Saint-Hilaire-du-Touvet. En 1936, elle participe à la création du Comité supérieur des œuvres sociales, ancêtre du CNOUS et des CROUS. Désormais, elle représente officiellement les étudiants au sein d'une instance nationale.

Années 1940[modifier | modifier le code]

À partir d', l'UNEF est dirigée par François Lescure, également dirigeant clandestin de l'Union des étudiants communistes (UEC). Il s'entoure alors d'étudiants d'opinions diverses mais opposés à l'occupant. Après l'arrestation de Paul Langevin le , l'UNEF tire des tracts demandant sa libération immédiate. Elle organise une manifestation le puis participe à la manifestation du pourtant interdite par l'occupant. Le , François de Lescure, accusé d'être un dirigeant des étudiants communistes, est arrêté puis relâché.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'UNEF est affaiblie par la création de nouveaux groupes d'étudiants. Le congrès de Grenoble donne lieu a une réflexion sur l'avenir de la structure, et il en ressort la rédaction d'une charte - appelée charte de Grenoble - signée le . Elle se base sur le contexte mondial de l'époque pour y faire figurer ses idées. La clé de voûte de la charte tient dans l'article 1 : L'étudiant est un jeune travailleur intellectuel. Cela lui apporte un certain nombre de droits, mais aussi de devoirs : le droit au travail, le devoir de s'intégrer à la société, celui d'acquérir les connaissances requises pour son avenir professionnel, la défense de la liberté, etc.

  • 1947 : projet d’augmentation des droits d’inscription et de réduction des bourses. Grève nationale pour les bourses et contre les droits d’inscription. En , l'UNEF se fait entendre dans la rue à la suite de l'annonce par le gouvernement de la baisse des bourses et de la hausse des droits universitaires.

Années 1950[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, des luttes internes ont lieu entre les différents groupes d'idées émergents. La Guerre d'Algérie ne fait qu'envenimer ces luttes, même si l'UNEF ne souhaite pas prendre position en sa faveur ou en sa défaveur, car elle est présente - dans les milieux étudiants - à la fois en France métropolitaine et en Algérie. Les « majos », à tendance corporatiste (alors que les « minos » sont politiquement plus à gauche et font prendre à l'UNEF des positions anti-guerre dès 1956, avec entre autres la question du service militaire des étudiants), considèrent malgré tout que l'Algérie est et doit rester française. Certains dissidents créent le Mouvement des étudiants de France, qui ne dure pas, mais cette évolution marque le début de la création de contre-pouvoirs. Face à ces remous, le gouvernement menace de supprimer le Centre national des œuvres et oblige le syndicat à signer une charte d'apolitisme pour mettre fin aux luttes internes, qui ne font qu'affaiblir l'UNEF.

  • 1951 : projet d’allocation d’études soumis au Parlement. Mobilisation pour la défense des crédits de la sécurité sociale étudiante.
  • 1953 : mise en route du plan Le Gorgeu (constructions universitaires). Mobilisation pour réclamer des aides étudiantes plus importantes.
  • 1954 : grève contre les crédits budgétaires insuffisants.
  • 1956 : grève nationale du « déjeuner » contre l’insuffisance de participation de l’État dans la prise en charge des repas.
  • 1957 : grève nationale et manifestation à Paris pour réclamer l’allocation d’études.
  • 1958 : mobilisation pour des locaux et les bourses.
  • 1958-1961 : manifestations et affrontements pour s’opposer à la Guerre d'Algérie.


Années 1960[modifier | modifier le code]

  • 1961 : mesures gouvernementales contre l’UNEF (suppression de la subvention).
  • mars 1961 : grève nationale et manifestation pour obtenir les sursis étudiants au service militaire.
  • 1962 : réforme des facultés de médecine, droit, pharmacie et sciences (spécialisation des études). Un groupe d'étudiants décide de créer la Fédération nationale des étudiants de France (FNEF), qui obtient sans attendre une place auprès du gouvernement.
  • 1963 : réforme Fouchet visant à distinguer un cursus long d’un cursus court (mesures sélectives draconiennes). Grève contre le plan Fouchet. Grève des loyers des Cités-U. En 1963, le journal Le Monde n'hésite pas à dénoncer le caractère politisant de l'UNEF, et le fait que ses membres souhaitent en faire un instrument de lutte idéologique en milieu universitaire contre la société bourgeoise.
  • 1964 : refus du gouvernement de supprimer la réforme Fouchet. Le gouvernement supprime quatre sièges à l’UNEF au conseil des Œuvres universitaires.
  • 1965 : restauration de la subvention de l’UNEF. Grèves et manifestations pour l’allocation d’études.
  • juin 1966 : fausse annonce du retrait des mesures sélectives du plan Fouchet.
  • novembre 1966 : application de la première tranche du plan Fouchet (mise en place du premier cycle et création des IUT).
  • 1965-1968 : mouvement national des étudiants dans les Cités-U et contre la guerre du Viêt Nam. Grèves contre le plan Fouchet.
  • octobre 1967 : mise en place du deuxième cycle prévu par le plan Fouchet. Grande manifestation contre le plan Fouchet.

À la veille des évènements de mai 1968, l'UNEF est discréditée auprès des étudiants et du gouvernement (désormais, ce dernier subventionne presque exclusivement la FNEF). Trotskistes, membres du Parti socialiste unifié (PSU) et autres groupes s'affrontent pour son contrôle. Lorsqu'éclatent les grèves étudiantes de mai 68, elle n'a plus de président et est dirigée par son vice-président Jacques Sauvageot qui l'engage dans les grèves.

1968[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mai 68.

Plan Edgar Faure (autonomie universitaire renforcée, début du désengagement de l’État) : Grève générale nationale contre la répression le 6 mai.

Le mouvement démarre à partir de l'université de Nanterre avec le mouvement du 22 mars, constitué de militants maoïstes, trotskystes, et anarchistes. Le mouvement de mai 1968 aboutit en France à une grève générale de plusieurs semaines qui paralyse le pays et dépasse largement le mouvement étudiant. Par de nombreux aspects, ce mouvement prend une forme révolutionnaire à caractère situationniste. Quatre manifestants dont deux ouvriers et un lycéen sont morts au cours des affrontements de mai-juin 1968.

Décembre :

  • UNEF : Congrès de Marseille. Exclusion des dernières AGE "majos". Réforme des structures de l'UNEF (les comités d'action en sont la base). Boycott des élections universitaires prévues dans la Loi Faure.
  • Création du MARC (mouvement d'action et de recherche critique).
  • L'UNI (Union nationale interuniversitaire) est créée par des professeurs et des étudiants anti-marxistes.

Années 1970[modifier | modifier le code]

  • 1970 : juin, loi Marcellin dite « loi anticasseurs » (supprimée en juin 1981), la loi faisait de chaque participant à une manifestation illégale un coupable.
  • 1970 : importants mouvements de gauches dans les facs, Poitiers et Nanterre seront bloquées, des émeutes étudiantes auront même lieues à Poitiers.

1971[modifier | modifier le code]

Dans un milieu étudiant agité par de multiples débats politiques, le syndicalisme étudiant après mai 1968 est souvent négligé par les organisations et groupes militants de toutes natures au profit de l'intervention politique directe. Les étudiants proches du PSU deviennent minoritaires au sein de l'UNEF. Ils font alliance avec les maoïstes de l'Humanité Rouge pour constituer un bureau de gestion politique sous la présidence de Jean-Pierre Chassine. Les deux autres tendances sont, celle animée par le CLER (Comité de liaison des étudiants révolutionnaires, trotskystes-lambertistes) et celle animée par l'UEC (Union des étudiants communistes) qui s'appelle UNEF-Renouveau et comprend des étudiants de la Convention des institutions républicaines (CIR, mitterrandiste), mais aussi socialistes et radicaux. Le 10 janvier, le bureau provisoire démissionne, et les ESU (Étudiants socialistes unifiés) quittent l'UNEF. Les deux autres tendances se déchirent alors. Une délégation permanente paritaire se met en place, et la commission de contrôle de l'UNEF présidée par Michel Sérac (US) se charge de préparer le Congrès. Au vu de l'état de division de l'UNEF, les étudiants socialistes (SFIO) fondent la tendance "Unité, Indépendance, Démocratie" et décident de se retirer du processus.

Les militants étudiants communistes de la tendance « Renouveau » décident de maintenir leur participation aux élections étudiantes. Ce clivage entre partisans et adversaires de la participation sera le principal motif officiel de la scission de L'UNEF, largement désertée par les étudiants. L'autre question qui va déclencher les hostilités est l'envoi des cartes aux sections locales de l'UNEF, devenus des comités d'action syndicale. L'UNEF-Renouveau estime être spoliée et dénonce un congrès truqué. Elle réunit alors l'ensemble des membres de l'UNEF-Renouveau pour appeler au Congrès de Paris.

Deux congrès sont donc organisés simultanément en 1971. L'un se déroule à Dijon, et rassemble les partisans de l'UNEF-Unité syndicale (soutenus notamment par la CFDT et Force ouvrière et l'Organisation communiste internationaliste). Pour ce groupe, Il s'agit de refuser toute forme de participation au système, tout en préservant l'autonomie de l'organisation vis-à-vis des partis politiques. Ce Congrès ne rassemble que des étudiants de l'AJS, branche jeunesse de l'OCI, Michel Sérac devient président de l'UNEF-US.

Le deuxième se déroule à Paris, autour de l'UNEF-Renouveau et soutenu par la CGT, le SNESup et le Parti communiste, ce congrès rassemble principalement des étudiants communistes, mitterrandistes et chevènementistes. Il veut limiter l'UNEF à une simple démarche syndicale orientée vers les étudiants, en laissant la perspective de la transformation sociale aux partis politiques, essentiellement communiste. Guy Konopnicki devient président de l'UNEF-Renouveau.

Désormais, les mobilisations sont très politisées, notamment avec la prise de position contre la guerre du Viêt Nam.

1973[modifier | modifier le code]

Loi Debré (suppression et réduction des sursis militaires) : instauration des DEUG. Mobilisation contre la loi Debré, contre la sélection entre 1re et 2e année du DEUG.

1975[modifier | modifier le code]

Création des MST puis des MSG et MIAGE (deuxième cycle sélectif). Des responsables du MARC (Mouvement d'action et de recherche critique) lancent le journal Luttes étudiantes.

1976[modifier | modifier le code]

Plan Saunier-Seité introduisant une réforme générale du deuxième cycle avec la licence et la maîtrise. Grande grève contre le plan Saunier-Seité. Le gouvernement reçoit les syndicats mais refuse de recevoir la coordination nationale. La plus longue grève étudiante qui se soit déroulée en France au XXe siècle est sans doute celle de 1976, qui dure trois mois, de mars à mai, soit quasiment la moitié de l'année universitaire. Cette grève a alors pour but d'empêcher la réforme du second cycle qui crée de nouvelles filières et est interprétée par les étudiants comme une tentative de professionnaliser l'université et d'accroître la sélection.

Création du Collectif étudiant autonome (CEA).

Création du MAS (Mouvement d'action syndicale) par le MARC (Mouvement d'action et de recherche critique) ainsi que des étudiants du PSU et des étudiants socialistes proches de Michel Rocard. La confédération syndicale CFDT apporte son appui.

Création du COSEF (Comité d'organisation pour un syndicat des étudiants de France) par des étudiants socialistes proches de François Mitterrand.

1977[modifier | modifier le code]

Novembre : grève contre la sélection à l'université de Vincennes. Le 23 novembre, le président est séquestré par 300 étudiants puis molesté en tentant de s'échapper.

Changement de majorité dans le MAS (Mouvement d'action syndicale) à la suite de l'entrée de militants d'extrême gauche venus de la LCR. L'organisation appelle désormais au boycott des élections universitaires.

1978[modifier | modifier le code]

En région parisienne, les élections universitaires sont sabotées par les autonomes à Jussieu et Nanterre (les salles des urnes sont saccagées). À Tolbiac, des concerts punk sont organisées dans les amphithéâtres pour empêcher les cours.

Le 26 janvier à Nanterre, après avoir saccagé la salle des urnes, les autonomes pillent le restaurant-universitaire puis incendient le local de l'UNEF.

1979[modifier | modifier le code]

Réforme Veil sur les études médicales (instauration du numerus clausus). Manifestations des étudiants en médecine contre la loi Veil.

Années 1980[modifier | modifier le code]

1980[modifier | modifier le code]

« Carte universitaire » visant à organiser la répartition des moyens entre universités et à limiter la création des filières. Manifestations contre la carte universitaire. Manifestations au mois de mai pour la défense des étudiants étrangers contre le décret Imbert. Le 13 mai, un émeutier de Jussieu, Alain Bégrand, se tue en tentant d'échapper à la charge des CRS sur le parvis de l'université. Le lendemain, les universités sont en grève. L'université de Jussieu sera alors occupée jusqu'à la fin de l'année.

Unification du MAS, de l'UNEF Unité syndicale et du Cosef dans "l'UNEF indépendante et démocratique" (UNEF ID) avec l'appui de la MNEF. L'UNEF adopte la ligne de la "solidarité étudiante" au congrès de Reims (mai)

1982[modifier | modifier le code]

  • L'UNEF ID décide de participer aux élections universitaires.
  • Création de PSA ("Pour un syndicalisme autogestionnaire") avec le soutien de la CFDT.
  • Le CLEF et la FNEF s'unifient au sein de la CNEF (Confédération nationale des étudiants de France).

1983[modifier | modifier le code]

Création de la Coordination libertaire étudiante (CLE).

Mai : loi Savary supprimant la sélection à l'entrée de l'université. Réforme des premiers cycles et premières expériences de contractualisation État/Université. Émeutes et grève organisées par l'extrême droite dans les universités les plus élitistes ou à droite : la presse parle alors d'un « Mai 68 à l'envers » (Lyon-III y participe, soutenu par la direction[1]. La situation reste cependant assez calme, malgré la pression du GUD, et le président Goudet décide la fermeture de la fac[1].

1986[modifier | modifier le code]

Projet Devaquet de rétablissement de la sélection entre les bacheliers (avec une hausse des droits d’inscription et une plus grande autonomie financière des universités).

Automne : Manifestations et grève générale contre le projet Devaquet (départ : Paris XIII-Villetaneuse et Amiens). Chaque semaine, une manifestation nationale est organisée à Paris. Ces manifestations rassemblent jusqu'à un million d'étudiants et tournent systématiquement à l'émeute. Finalement, les étudiants de province décident de rester à Paris pendant plusieurs jours. Les manifestations sont de plus en plus violentes.

Le 4 décembre, la Sorbonne est occupée. Un manifestant a la main arrachée en ramassant une grenade. Le lendemain, la police fait évacuer la Sorbonne et un étudiant (Malik Oussekine) meurt sous les coups de policiers dans la rue Monsieur-le-Prince. Jacques Chirac est contraint de renoncer à sa réforme et Alain Devaquet est obligé de démissionner.

La CNEF cesse de fonctionner.

La majorité de la direction de l'UNEF-ID passe du trotskisme au PS.

1987[modifier | modifier le code]

  • Novembre-décembre : grèves contre les conditions budgétaires de rentrée.

1989[modifier | modifier le code]

Loi d’orientation Jospin. Distribution des crédits et des moyens aux organisations élues au CNESER en fonction des résultats électoraux.

Création en , à la faculté de Pharmacie de Paris V, de la FAGE (Fédération des Associations Générales d'Étudiants. La FAGE est un regroupement de fédérations locales d'associations étudiantes. Le nom de l'UNAGEF est envisagé. La ligne idéologique de la FAGE est marquée par un fort régionalisme et une ligne apartisane et gestionnaire, s'estimant dans la lignée de la UNAGEF. Les fédérations à l'initiative de sa création sont l'AFGES (Strasbourg), l'AGEM (Montpellier), l'AGEN (Nantes), la Fédération des étudiants de Toulouse et la Fédération de l'Université catholique de Lille, qui constitueront son premier bureau.

Dès 1989, la FAGE rencontre l'opposition de fédérations régionales (Lyon) ou corporatiste (droit).

Années 1990[modifier | modifier le code]

1990[modifier | modifier le code]

Plan « université 2000 » présenté par Lionel Jospin.

Autodissolution de PSA (Pour un syndicalisme autogestionnaire), mouvement qui avait le soutien de la CFDT.

1991[modifier | modifier le code]

Mobilisations locales et syndicales contre la réforme préparée par Lionel Jospin des premiers cycles universitaires (réduction des heures de cours et des travaux dirigés ou travaux pratiques).

1992[modifier | modifier le code]

Réforme des premiers cycles, le ministre Lang fait passer la réforme Jospin sous la forme d'un décret.

1993[modifier | modifier le code]

Création de la Formation action universitaire (CNT-FAU).

1994[modifier | modifier le code]

  • Mars : « Contrat d’insertion professionnelle » (CIP, dit SMIC jeune) donnant possibilité de rémunérer les jeunes diplômés à 80 % du SMIC (plan Giraud). Mobilisations et grèves contre le CIP (lycéens, chômeurs, et travailleurs précaires). Abrogation du CIP.

En décembre, au congrès de Paris, changement de majorité à l'UNEF-ID à la suite d'une alliance entre la Gauche socialiste (courant du Parti socialiste) et des militants d'extrême gauche.

1995[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Grèves de 1995 en France.

Manifestations et grèves contre le rapport Laurent et la circulaire Bardet (projet de remplacer les bourses par des prêts bancaires) : le gouvernement recule face à la mobilisation.

Grève générale pour des moyens d'octobre 1995 à janvier 1996[2] (départ : Toulouse[3],[4] et Rouen[5]), les étudiants embrayent aussi contre le plan Juppé de réforme de la Sécurité sociale. Les universités sont occupées. En province, les manifestations tournent généralement à l'émeute[réf. nécessaire].

L'UNEF s'allie avec la CNT pour contrer l'UNEF-ID, et parvient ainsi prendre le contrôle de la Coordination nationale étudiante. L'UNEF-ID est exclue de la Coordination nationale pour violation de mandats. La Coordination nationale étudiante vote une motion affirmant que « pour changer l'université, il faut changer la société ». Elle se prononce également pour la levée du plan Vigipirate. Le mouvement aboutit au mois de décembre à une grève générale des fonctionnaires qui dure trois semaines. Le gouvernement d'Alain Juppé est contraint d'abandonner la réforme du régime des retraites mais refuse de céder sur la Sécurité Sociale.

Création du Collectif d'aide aux manifestants interpellés (CAMI) pendant le mouvement. L'idée germe parmi les étudiants mobilisés dans ce mouvement social, insatisfaits des organisations étudiantes présentes, de créer une nouvelle organisation étudiante dans l'esprit du syndicalisme de lutte et membre d'une union syndicale partageant ces valeurs, le projet de création de syndicats SUD Étudiant commence à apparaître.

Création d’Animafac, réseau national d'associations étudiantes, avec l'aide de la Ligue de l'enseignement.

1996[modifier | modifier le code]

États généraux de l’Université. Rapport Fauroux. Réforme Bayrou de l’Université conservée par le ministre socialiste Allègre.

Dans la foulée du mouvement social de fin 1995, se créent dans quelques universités françaises les premiers syndicats SUD Étudiant, ces étudiants se dénomment ainsi en raison de leur volonté d'être rattaché à l'Union syndicale Solidaires dont ils estiment partager les valeurs (une grande partie des organisations membres utilisant ce sigle).

Création du Syndicat étudiant unitaire et laïque (SEUL) à Montpellier.

1997[modifier | modifier le code]

L’arrêté Bayrou paraît au Journal officiel.

Mars : mobilisation pour le retrait du Bayrou. À Paris, un amphithéâtre de l'université de Tolbiac est occupé durant un mois.

Octobre : le centre informatique de l'université de Nanterre est occupé par des étudiants non-inscrits. Cette occupation entraîne la fermeture totale de l'université pendant deux jours. Le président est contraint à la démission. La nouvelle présidente sera remplacée peu de temps après par André Legrand.

1998[modifier | modifier le code]

  • 23 mars : l'université de Nanterre est occupée par des chômeurs. L'occupation dure jusqu'aux vacances de Pâques.
  • novembre-décembre : une dizaine d’universités se mettent en grève contre le plan U3M et la réforme Allègre de l’enseignement supérieur (départ : Montpellier et Toulouse). L’université de Caen reprend la revendication de l’abrogation de la réforme Bayrou.

1999[modifier | modifier le code]

Mouvement local à l'université de Nantes, le blocage total des locaux de l'ensemble Lettres et sciences humaines pendant 13 jours (du 28 avril au 10 mai) et ce à quelques jours des examens permet de sauver la filière histoire de l'art d'une disparition complète. Le mouvement ayant commencé le 12 février.

Naissance de la fédération des syndicats SUD Étudiant, l'Union syndicale Solidaires accepte le rattachement de cette fédération. Ces syndicats se caractérisent par leur caractère fortement revendicatif, leur fonctionnement démocratique et unitaire, le refus de la cogestion et la volonté de ne pas couper les problématiques étudiantes de leur contexte global. C'est la création du premier syndicat étudiant membre d'une union syndicale.

Novembre : grève de la faim à l'université de Nanterre d'une dizaine d'étudiants non-inscrits. Ils obtiennent chacun une carte d'étudiant au bout de trois semaines.

Années 2000[modifier | modifier le code]

2000[modifier | modifier le code]

Printemps : mobilisation à l'université Paris VIII (Saint-Denis) pour la régularisation des étudiants sans-papiers.

La Fédération syndicale étudiante (FSE) est créée en juin à la suite de la décision du collectif national de l'UNEF-SE de faire liste commune UNEF/UNEF-ID aux élections CNESER, par les sections de Caen puis de Dijon. Le SEUL rejoint la FSE en octobre.

La MNEF est dissoute à la suite de la mise au grand jour de ses activités de financement du Parti socialiste. La Fédération nationale de la mutualité française et la MGEN (Mutuelle générale de l'Éducation nationale) décident alors de recréer une mutuelle étudiante nationale : la LMDE.

Octobre : des étudiants non-inscrits occupent durant une semaine le Centre d'éducation permanente de l'université de Nanterre.

2001[modifier | modifier le code]

Mars : grèves et mouvements pour plus de moyens et contre la logique de privatisation (départ : Montpellier et Metz) Vendredi 23 : manifestation nationale devant le ministère de l'Éducation nationale, sont présents des délégations de trois des quatre universités en grève, Le Havre, Nantes, Montpellier-III (mais pas Metz), ainsi qu'une bonne délégation des universités parisiennes.

Regroupement UNEF-ID et UNEF-SE : le 24 juin, une assemblée générale de « réunification du syndicalisme étudiant » se tient, et aboutit à la fusion de l'UNEF-ID et d'une partie de l'UNEF-SE sous le nom UNEF, reprenant ainsi la dénomination antérieure aux anciennes divisions. Quelques syndicats locaux de SUD Étudiant avaient déjà rejoint l'UNEF-ID lors du congrès de Paris qui avait eu lieu début mai. Ces sections ont principalement renforcé la tendance trotskiste de l'UNEF-ID qui change alors son nom de Tendance Unité et Démocratie (TUD) en Tendance Tous Ensemble (TTE). Cette réunification permet à l'UNEF de conforter sa place de première organisation étudiante au sein du CNESER (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche) et du CNOUS. Certaines AGE de l'UNEF-SE qui refusent de participer à ce processus, qu'elles jugent bureaucratique, rejoignent la Fédération syndicale étudiante entre 2001 et 2003.

2002[modifier | modifier le code]

Avril-Mai : mobilisation contre le Front national durant l'entre-deux tours des élections présidentielles.

Octobre-décembre : AG et mobilisations contre la réforme LMD-ECTS. Près d’une dizaine de CA sont bloqués par les étudiants, grèves dans quatre universités (départ : Toulouse).

Novembre-décembre : AG et mobilisations contre la disparition de 5 000 postes de MI/SE, puis contre la disparition du statut et son remplacement par celui d'assistant d'éducation. Plusieurs académies sont en grève reconductible, Caen, Rennes, Nantes, Toulouse...

Le 27 novembre, une cinquantaine de policiers interviennent à l'université de Nanterre pour évacuer un groupe d'étudiants et de chômeurs qui tente d'occuper le bâtiment E. Neuf personnes sont placées en garde à vue jusqu'au 29 novembre.

Décembre : ouverture du site Enragés-Nanterre.

2003[modifier | modifier le code]

La Fédération syndicale étudiante (FSE) est refondée lors du Congrès de Limoges. Les anciennes sections FSE sont rejointes par Solidarité étudiante (Pau, Limoges, Toulouse) et par Oxygène-Paris-1.

La Confédération étudiante a été créée en mars à la suite du départ de la tendance syndicale de l'UNEF menée par Julie Coudry. Elle est constituée d'un certain nombre d'AGE proches de la Tendance syndicale et de plusieurs associations non liées à l'UNEF. Elle propose un syndicalisme qualifié de réformiste et est associée à la CFDT qui l'a soutenue pour se développer et devenir représentative (soutien financier et logistique).

Elle accuse notamment l'UNEF d'être sous la tutelle du Parti socialiste et de jouer le jeu de ses courants. Les relations entre l'UNEF et ses anciens membres sont difficiles voir parfois violentes, la critiquant l'immobilisme et les « postures » de l'UNEF tandis que l'UNEF et les autres syndicats considèrent cette organisation comme peu revendicative et sous la tutelle idéologique et financière de la CFDT.

  • 6 février : Manifestation nationale à Paris des MI/SE et des emplois jeunes, coordination nationale à la Bourse du Travail.
  • printemps : participation au mouvement de défense des retraites et contre la décentralisation. Grèves contre le renforcement des l'autonomie des universités. Plusieurs universités (Perpignan, Toulouse, Paris 1, Paris-4...) bloqueront leurs locaux dans ce cadre et repousseront ainsi les examens donnant une grande publicité médiatique au mouvement, au moment où la grève des enseignants laissent planer des doutes sur le bac.

En mars, un collectif d'une soixantaine d'étudiants composé de la CNT, du CUL (Comité universitaire de libération), de SUD Étudiant et de quelques individus tente d'occuper la Sorbonne. Ils réclament le retrait du LMD et l'autogestion de l'université. Le bâtiment est évacué sans encombre par les forces de l'ordre peu après 21 heures.

Fac verte est créée en mai au sortir du contre-G8 à Annemasse. Cette organisation est la créatrice du terme écologie universitaire.

  • novembre-décembre : Mouvement contre la réforme LMD-ECTS et le projet de loi Ferry sur l'autonomie des universités, plus de dix facs en grève et une trentaine « mobilisées ». Jusqu’à 30 000 étudiants dans la rue, le (journée d'action nationale à l'initiative de la Fédération syndicale étudiante). Le projet de loi est ajourné.

2004[modifier | modifier le code]

  • Mars : mobilisation à l'université de Nanterre contre la politique sécuritaire de l'université : vidéo-surveillance, cloisonnement des bâtiments, création d'un groupe de vigiles, et suppression de la franchise universitaire qui interdisait à la police de pénétrer sur le campus. Le 16 mars, des étudiants abattent le mur du bâtiment D, qui est reconstruit quelques jours plus tard.
  • Juillet : ouverture du site Trashfac
  • 1er novembre : des étudiants occupent une résidence universitaire de Nanterre pour faire face aux menaces d'expulsion du CROUS.
  • 2 novembre : une seconde tentative pour abattre le mur du bâtiment D de l'université de Nanterre entraîne l'incarcération durant trois semaines d'un étudiant de la Sorbonne. L'administration tentera de le faire passer pour responsable de l'agression d'un étudiant ayant cependant porté plainte contre un des vigiles de l'université.=

2005[modifier | modifier le code]

Autodissolution du Réseau libertaire de Nanterre.

Participation de nombreux étudiants au mouvement lycéen contre la loi Fillon.

Longue occupation d'un amphi à Paris VIII pour la défense de la filière anthropologie.

2006[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mouvement anti-CPE.
assemblée générale du comité de mobilisation contre le CPE, université de Bordeaux

Février à avril : Manifestations lycéennes et étudiantes, une soixantaine d'universités en grève (souvent avec piquets de grève et blocage de l'accès au site d'enseignement) pour le retrait de la LEC (comprenant notamment le CPE), l'abrogation du CNE, l'augmentation du nombre de postes au CAPES.

Création du réseau université sans frontière en fin juin.

Janvier à Juin : Le réseau associatif national est en pleine évolution. Cinq fédérations nationales quittent PDE pour des raisons de fonctionnement. En mai, l'ANEPF et la FNSIP-BM rejoignent la FAGE, la FNEB après avoir postulé à la FAGE retourne chez PDE. PDE est dès lors composé de quatre fédérations nationales face à la FAGE qui en compte 18 et 40 fédération de villes.

2007[modifier | modifier le code]

Dès juin, les syndicats de l'éducation se mobilisent, se rencontrent et confrontent les éléments d'informations sur la loi à venir. Cette loi sera votée en été et discutée officiellement par certains syndicats de personnels ou d'étudiants. Un mouvement d'étudiants et de lycéens demande le retrait de la loi LRU (ou loi Pécresse). Dans un premier temps, ce sont les syndicats étudiants SUD Étudiant et FSE qui y appellent, avant que la mobilisation se structure en coordination nationale.

2008-2009[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Adapté des « Bases fondamentales du syndicalisme étudiant »[6] :

  • 1980 : « carte universitaire » visant à organiser la répartition des moyens entre universités et à limiter la création des filières. Manifestations contre la carte universitaire. Manifestations au mois de mai pour la défense des étudiants étrangers contre le décret Imbert. Le 13 mai, un émeutier de Jussieu, Alain Bégrand, se tue en tentant d'échapper à la charge des CRS sur le parvis de l'université. Le lendemain, les universités sont en grève. L'université de Jussieu sera alors occupée jusqu'à la fin de l'année.
  • Mai 1983 : réforme Savary supprimant la sélection à l'entrée de l'université. Réforme des premiers cycles et premières expériences de contractualisation État/Université. Émeutes et grève organisées par l'extrême droite dans les universités les plus élitistes : la presse parle alors d'un « Mai 68 à l'envers ».
  • 1986 : projet Devaquet de rétablissement de la sélection entre les bacheliers (avec une hausse des droits d’inscription et une plus grande autonomie financière des universités). Manifestations et grève générale contre le projet Devaquet (départ : Paris XIII-Villetaneuse et Amiens). Un manifestant (Malik Oussekine) est tué au cours de la répression d'une manifestation. Retrait de la réforme Devaquet.
  • nov-dec 1987 : grèves contre les conditions budgétaires de rentrée.
  • 1989 : loi d’orientation Jospin. Distribution des crédits et des moyens aux organisations élues au CNESER en fonction des résultats électoraux. Création de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) en septembre 1989.
  • 1990 : plan « université 2000 » de Jospin.
  • 1991 : mobilisation monstre contre la réforme Jospin. Abrogation de la réforme Jospin.
  • 1992 : réforme des premiers cycles, le ministre Lang fait passer la réforme Jospin sous la forme d'un décret.
  • Mars 1994 : « Contrat d’insertion professionnelle » (CIP, dit SMIC jeune) donnant possibilité de rémunérer les jeunes diplômés sous le SMIC (plan Giraud). Mobilisations et grèves contre le CIP. Tous les jeunes rejoignent le mouvement (lycéens, chômeurs, et travailleurs précaires). Abrogation du CIP.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rapport Rousso (2001), chap. II, p.46-47
  2. Collectif Sarka-SPIP, « Mémoire : Ce que Décembre 95 a changé - Universite Populaire de Toulouse », sur www.universitepopulairetoulouse.fr (consulté le 21 mai 2015)
  3. Henri AMAR, « La Dépêche », quotidien,‎
  4. Paul QUINIO et Gilbert LAVAL, « Libération », quotidien,‎ (lire en ligne)
  5. Etienne Banzet, « LeMonde », quotidien,‎
  6. Bases fondamentales du syndicalisme étudiant, 6e édition (en PDF)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • GERME (Jean-Philippe Legois, Alain Monchablon, Robi Morder, coord.), Cent ans de mouvements étudiants, Syllepse, Paris, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]