Abdel Fattah al-Sissi

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Abdel Fattah al-Sissi
عبد الفتاح السيسي
Abdel Fattah al-Sissi en 2014.
Abdel Fattah al-Sissi en 2014.
Fonctions
Président de la République arabe d'Égypte
(6e chef de l'État égyptien)
En fonction depuis le
(1 an 1 mois et 23 jours)
Élection 28 mai 2014
Premier ministre Ibrahim Mahlab
Prédécesseur Adli Mansour (intérim, de facto)
Mohamed Morsi
Vice-Premier ministre égyptien
(intérim)

(8 mois et 10 jours)
En tandem avec Ziad Bahaa-Eldin
Président Adli Mansour (intérim)
Premier ministre Hazem el-Beblawi (intérim)
Ibrahim Mahlab (intérim)
Prédécesseur Montaz Said
Successeur Ziad Bahaa-Eldin (seul VPM)
Ministre de la Défense égyptien[1]

(1 an 7 mois et 14 jours)
Président Mohamed Morsi
Adli Mansour (intérim)
Premier ministre Hicham Qandil
Hazem el-Beblawi (intérim)
Ibrahim Mahlab (intérim)
Prédécesseur Mohamed Hussein Tantawi
Successeur Sedki Sobhi
Directeur des services de renseignements militaires

(2 ans 7 mois et 9 jours)
Président Hosni Moubarak
Mohamed Morsi
Chef de l'État Mohamed Hussein Tantawi (président du Conseil suprême des forces armées)
Prédécesseur Mourad Mouafi
Successeur Mahmoud Hegazi
Biographie
Nom de naissance Abdel Fattah Saïd Hussein Khalil al-Sissi
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Le Caire (Égypte)
Nationalité égyptienne
Conjoint Entissar Amer
Profession Militaire
Religion Islam sunnite

Signature

Abdel Fattah al-Sissi
Présidents de la République arabe d'Égypte

Le maréchal Abdel Fattah Saïd Hussein Khalil al-Sissi (en arabe : عبد الفتاح سعيد حسين خليل السيسي), transcrit traditionnellement ‘Abdu l-Fattāḥ Sa‘īd Ḥusayn Khalīl as-Sīsī par les arabisants ou simplement Abdel Fattah al-Sissi (en arabe : عبد الفتاح السيسي), est un militaire et homme d'État égyptien, président de la République arabe d'Égypte depuis 2014.

Nommé ministre de la Défense après la révocation du maréchal Mohamed Hussein Tantawi en 2012, il est nommé vice-Premier ministre l'année suivante, après avoir soutenu le coup d'État militaire du 3 juillet 2013 contre le président islamiste Mohamed Morsi. Il se démet de ses fonctions gouvernementales le pour se présenter à l'élection présidentielle du 28 mai suivant, qu'il remporte largement avec 96,1 % des suffrages[2], bien que l'issue de ce scrutin soit contestée[3] [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fils de petits commerçants cairotes (l'un des trois garçons d'une fratrie de huit enfants)[4], Abdel Fattah al-Sissi a une formation anglo-saxonne: il étudie au Command & Staff College en Égypte, puis dans une académie militaire britannique (le Joint Services Command and Staff College (en)), et en 2006, à la United States Army War College (il y rédige un mémoire intitulé La Démocratie au Moyen-Orient).

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière militaire dans l'infanterie, devenant par la suite attaché militaire à l'ambassade d'Égypte en Arabie saoudite, puis commandant en chef de la zone nord d'Alexandrie.

En juin 2011, Abdel Fattah al-Sissi qui est alors chef du renseignement militaire et membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA), organe qui dirige le pays depuis la démission sous la pression populaire du président Moubarak, justifie l'utilisation de tests de virginité sur les manifestantes « pour protéger l'armée contre des accusations possibles de viol »[5].

Il est décrit à la fois comme « nationaliste et conservateur », mais « soucieux de préserver la stabilité de son pays et son alliance stratégique avec les États-Unis »[6].

Ministre de la Défense et coup d'État militaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Coup d'État du 3 juillet 2013.

En août 2012, il est nommé par le président Mohamed Morsi (issu des Frères musulmans) ministre de la Défense. À ce poste, il augmente les salaires des soldats comme des officiers, rénove plusieurs casernes et négocie même la fin d'une grève de policiers[6].

Pendant les manifestations de juin-juillet 2013 contre le président Morsi, il juge qu'il est du devoir des forces armées « d'intervenir pour empêcher l'Égypte de plonger dans un tunnel de conflits » afin d'empêcher « l'effondrement des institutions de l'État ». Il fait déployer à cette occasion au Caire des hélicoptères de l'armée arborant le drapeau national, afin de renvoyer l'image de l'unité de l'armée et du peuple. Après des manifestations populaires gigantesques demandant la démission du président Morsi accusé de déstabiliser le pays, Sissi renverse celui-ci lors du coup d'État militaire du 3 juillet 2013[7].

Le 26 juillet 2013, l'armée déclare que le président Morsi, récemment démis de ses fonctions, a été placé en détention préventive à cause de son implication présumée dans des attaques contre la police imputées aux activistes du Hamas[8].

Abdel Fattah al-Sissi en 2013.

Le , Abdel Fattah al-Sissi est promu du grade de général d'armée au grade de maréchal de l'armée égyptienne[9]. Le même jour, il présente sa démission au Conseil suprême des forces armées qui l'accepte et le charge de présenter sa candidature à l'élection présidentielle de 2014.

Candidat à l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Le , il remet sa démission de ministre de la Défense pour briguer la présidence[10] alors qu'il est déjà considéré comme le dirigeant de fait de l'Égypte[11].

Le , il remporte l'élection présidentielle avec 96 % des suffrages[12], dans un contexte de fraudes[3],[13] et de « violations répétées des droits de l'homme » contre des Frères musulmans (jusqu'alors principal parti d'opposition)[14] ; violences dénoncées par l'ONG Human Rights Watch comme étant « l’un des plus importants massacres de manifestants de l’histoire récente »[15].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le 8 juin 2014, il prête serment et devient le 6e président de la République arabe d'Égypte. Le lendemain, il reconduit Ibrahim Mahlab en tant que Premier ministre intérimaire[16] et ce dernier prête serment le 17 juin suivant[17].

Démocratie et droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Depuis son arrivée au pouvoir, des milliers d'opposants au régime ont été tués ou emprisonnés[18]. Les médias égyptiens sont tous réduits au silence [19]. Les responsables de plusieurs ONG égyptiennes sont menacés de mort et obligés de quitter le pays [20].

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Son premier voyage présidentiel à l'étranger a eu lieu le 25 juin 2014 en Algérie[21].

Religion[modifier | modifier le code]

Fin décembre 2014, il lance une campagne pour rénover le discours religieux, afin d'« expurger [les] idées fausses qui peuvent conduire certains à embrasser la violence pour imposer des idées ». Ces déclarations, prononcées notamment à la mosquée al-Azhar visent à combattre la montée du terrorisme islamique, non plus uniquement par un biais militaire mais aussi culturel[22].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Abdel Fattah al-Sissi est marié et père de quatre enfants (trois garçons et une fille)[7],[6]. Réputé très pieux, il connaît le Coran par cœur et parsème ses discours de citations islamiques[23].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Sissi cède son portefeuille de la Production militaire à Réda Hafez du 16 juillet au , date du décès de ce dernier. Ensuite, Sissi récupère ledit portefeuille jusqu'au 1er mars 2014, après la nomination de Ibrahim Younis.
  2. a et b « Egypt, Syria, Libya . . . . What is the Appeal of Phoney Elections in the Middle East? », sur Juancole.com,‎ 2014
  3. a et b Alain Gresh, « Égypte, le premier échec du "maréchal" Sissi » Nouvelles d'Orient, Les blogs du diplo, 29 mai 2014
  4. http://www.lesechos.fr/opinions/envue/0203286945179-abdel-al-sissi-647297.php
  5. Un général égyptien justifie les "tests de virginité" sur des manifestantes Le Point, 26 juin 2011
  6. a, b et c Mireille Duteil et Fatiha Temmouri, « L'énigme al-Sissi », Le Point no 2136, semaine du 22 août 2013, pages 32-35.
  7. a et b Georges Malbrunot, Le général Abdel Fattah al-Sissi plus que jamais garant de la stabilité du pays, Le Figaro, jeudi 4 juillet 2013.
  8. Porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri : " C'est un développement dangereux qui confirme que le pouvoir actuel en Égypte [pouvoir détenu par le chef de l'armée Abdelfatah Khalil al-Sisi] renonce aux causes nationales (…) allant même jusqu'à leur nuire, à commencer par la cause palestinienne " sur RTBF.be vendredi 26 juillet 2013
  9. Égypte: l'armée désigne son chef, Abdel Fattah al-Sissi, comme candidat à la présidentielle, RFI, 28-01-2014.
  10. La démission de Sissi remise au président, Le Figaro, 26-.3-2014.
  11. http://www.bfmtv.com/international/presidentielle-egypte-marechal-sissi-donne-vainqueur-781299.html
  12. « Egypte : une écrasante et prévisible victoire du maréchal Sissi », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. Jean Marcou, « La "nouvelle" Égypte d'Abdel Fattah al-Sissi », Diplomatie, n°70, septembre-octobre 2014
  14. Marion Guénard En Égypte, l'élection programmée du maréchal Sissi sur fond de répression Le Monde, 26 mai 2014
  15. Ismaïl Alexandrani, Au Sinaï, une « sale guerre » qui ne dit pas son nom, Le Monde diplomatique, septembre 2014
  16. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2014/06/09/egypte-ibrahim-mahlab-reconduit-au-poste-de-premier-ministre_4434868_3212.html
  17. http://www.liberation.fr/monde/2014/06/17/le-nouveau-gouvernement-egyptien-prend-ses-fonctions_1043195
  18. http://m.huffpost.com/mg/entry/6595352 Les méthodes de répression d'Al-Sissi par le Huffington Post.
  19. « Marching to the wrong tune », sur Economist.com,‎ 2014
  20. « Worse than Mubarak », sur economist.com,‎ 2015
  21. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140625.REU5922/le-president-egyptien-sissi-en-algerie-pour-parler-de-securite.html
  22. Jean-Marc Robin, « Al-Sissi veut rénover l'islam », Le Figaro Magazine, semaine du 23 janvier 2015, page 25.
  23. Sissi sera-t-il toujours aussi populaire s'il devient président ?, Courrier international