Edoardo Sanguineti

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Edoardo Sanguineti

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Edoardo Sanguineti à Gênes en 2006

Activités écrivain, poète
Naissance 9 décembre 1930
Gênes, Italie
Décès 18 mai 2010 (à 79 ans)
Gênes, Italie
Langue d'écriture italien
Mouvement Nouvelle avant-garde

Edoardo Sanguineti (né le 9 décembre 1930 à Gênes et mort le 18 mai 2010 à Gênes) est un poète et un écrivain italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils unique de Giovanni, employé de banque, et de Giuseppina Coches, Edoardo Sanguineti s'établit à l'âge de quatre ans à Turin, ville où son père avait trouvé un nouvel emploi comme administrateur caissier près de l'imprimerie Doyen & Marchisio. Il était encore enfant quand, pendant une visite normale de contrôle, une maladie cardiaque grave lui fut diagnostiquée. Par la suite le diagnostic se révéla erroné mais cet épisode a conditionné pour long temps le style de vie du poète.

À Turin vivait aussi un oncle d'Edoardo, Luigi Coches, musicien et musicologue, qui avait connu Gobetti et Gramsci et qui avait collaboré au magazine Le Nouvel Ordre'. Il sera la première personne de référence pour la formation du jeune Edoardo.

À Bordighera, où le jeune Edoardo passe les vacances d'été, il fréquente son cousin Ange Cervetto qu'il lui transmet la passion pour le jazz.

Entre-temps, ayant contracté la coqueluche, le jeune Edoardo reçoit la visite d'un spécialiste qui dément le faux diagnostic dont il avait été victime. Edoardo est sain et doit donc faire de l'exercice physique intense pour récupérer le tonus musculaire perdu. Gymnastique, bicyclette, tennis seront depuis ce moment les sports qu'il lui faudra pratiquer intensément. Mais entre temps l'aspiration de se consacrer à la danse s'est estompée et ceci sera un regret qu'il l'accompagnera pour beaucoup d'années de sa vie.

1946-1950 : les années du Lycée et des premières connaissances[modifier | modifier le code]

En 1946, Edoardo s'inscrit au Lycée classique d'Azeglio où il aura comme professeur d'Italien Luigi Vigliani. Il lui dédiera l'essai sur Gozzano et il lui fera lire quelques poésies qui par la suite seront intégrées à Laborintus. Plus tard, Sanguineti aura comme professeur d'histoire et philosophie Albinos Galvano, peintre, critique, historien d'art, philosophe, aimant la psychanalyse et intéressé par l'avant-garde.

Dans ces années de jeunesse, il fréquente le monde "culturel" turinois, il se rend à des expositions et écoute des concerts, fait connaissance avec Carol Rama, le philologue classique Vincenzo Ciaffi, le germaniste Vittorio Amoretti et le romancier Seborga (de son vrai nom Guido Hess), qu'il fréquentait aussi à Bordighera et qui lui fera découvrir les textes d'Antonin Artaud.

1951 - 1956 : La rédaction de Laborintus[modifier | modifier le code]

En 1951, Sanguineti commence à écrire une œuvre qu'il intitulera Laborintus et, comme il le dit lui-même dans Santi Anarchici, il écrit pour une petite communauté de lecteurs : « Nous étions cinq. Et parmi mes quatre lecteurs il y avait une fille, un aspirant en philologie classique et deux autres étudiants, un de pharmacie et un autre de médecine. »

Il découvre entre temps Enrico Baj qui vient de lancer le Nuclearismo via son Manifeste de la peinture nucléaire.

1953 est l'année de la mort de sa mère mais aussi celle de sa rencontre avec Luciana qu'il épousera en 1954. Toujours en 1954, à l'occasion de la critique de Sanguineti dans le magazine turinois Galleria de l'Antologia critica del Novecento, il fait la connaissance de Luciano Anceschi qui lit Laborintus et décide de le publier.

Quelques poésies de Laborintus étaient apparues entre temps sur "Numero", un magazine florentin dirigé par Fiamma Vigo.

En 1955 naît Frédéric, l'aîné du poète.

1956-1960 : la publication, la maîtrise, la carrière universitaire[modifier | modifier le code]

1956 est l'année de la publication de Laborintus et aussi l'année de la maîtrise. Sanguineti était en effet inscrit à la Faculté de Lettres de l'Université de Turin. Le 30 octobre il soutient une thèse intitulée Interpretazione di Malebolge avec le professeur Giovanni Getto.

1961-1969 : i Novissimi et Gruppo 63[modifier | modifier le code]

Durant cette période, il collabore à Il Verri avec Elio Pagliarani, Nanni Balestrini et Antonio Porta, jeunes élèves d'Anceschi qui en sont entre autres les rédacteurs.

Dans les années 1960, il est à la tête de la néo-avant-garde en Italie, le Gruppo 63.

1969-1975 : changements[modifier | modifier le code]

En 1971, le poète vit pendant six mois à Berlin avec sa famille. En 1972, il perd son père; sa fille Julia naît l'année suivante alors qu'il est devenu, de nouveau à Salerne, professeur. Il commence par ailleurs sa collaboration aux périodiques Paesa Sera (1974), Il Giorno (1975) et l'Unità (1976).

1976-1980 : engagement politique[modifier | modifier le code]

Ce sont pour l'écrivain des années de forte implication politique : il est en effet élu conseiller municipal de Gênes (1976 - 1981) et devient membre de la Chambre (1979 - 1983), en tant qu'indépendant dans les listes de PCI.

1981-2005 : voyages, récompenses[modifier | modifier le code]

De 1981 à 1983 il dirige la prestigieuse revue Cervo Volante avec Achille Bonito Oliva; la rédaction comporte de jeunes poètes de talent Valerio Magrelli et Gian Ruggero Manzoni.

En 1990, il fonde avec Nadia Cavalera, le magazine international ""Bollettario. Quadrimestrale di scrittura e critica", qu'il dirige pendant vingt ans, jusqu'à sa mort (en 2010). Parmi les rédacteurs on trouve Filippo Bettini, Francesco Muzzioli, Marcello Frixione, et Thomas Ottonieri, et les plus grands auteurs de l'époque y collaborent.

Il entre au Collège de ’Pataphysique en 2001 en tant que Satrape.

2006-2010: les dernières années[modifier | modifier le code]

Le 5 Juin 2006, il reçoit le Prix Montale Librex.

Sanguineti devient président d'honneur de l'Unione a Sinistra (it) et est son candidat aux primaires pour l'élection du maire de Gênes, tenue le 4 Février 2007, soutenu par le Parti communiste italien, le Parti de la refondation communiste et l'Unione a Sinistra, il remporte 14% des votes. Les primaires seront remportées par Marta Vincenzi, candidat de L'Olivier (60%), suivi de Stefano Zara.

Le 18 mai 2010, il est hospitalisé en raison d'un anévrisme, avant de décéder en salle d'opération (provoquant l'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire contre inconnu).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Laborinthus,‎ 1956
  • Capriccio italiano,‎ 1963
  • Le Noble Jeu de l'oie,‎ 1967
  • Signet,‎ 1982
  • Corollaire (trad. Patrizia Atzei et Benoît Casas), Caen

Liens externes[modifier | modifier le code]