Ko Un

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Ko Un

Ko Un (en hangul : 고은 ) est un poète sud-coréen né le 8 janvier 1933 à Gunsan. Son œuvre a été traduite et publiée dans plus de quinze pays différents. Il a connu plusieurs fois la prison pour ses activités envers la démocratisation de la Corée du Sud[1] et il a été plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature[2],[1],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de la province de Jeollabuk-do, il fut contraint d'interrompre ses études secondaires en raison de la guerre de Corée.

En 1952, il adhère au bouddhisme et devient moine. Pendant dix années, il se consacre à la vie bouddhiste en s’astreignant à la méditation et à la quête de rédemption. En 1962, il quitte les ordres monastiques.

À partir des années 1970, il s’engage dans le mouvement pro-démocratique contre la dictature militaire et s’engage sur plusieurs fronts. Il fut ainsi à la fois président de l’Association des Écrivains Libres de Corée, membre du comité du Mouvement des Citoyens pour la Démocratie, président de l’Association des Écrivains du Peuple et directeur de l’Association des Arts du Peuple

Depuis ses débuts en littérature en 1958 avec la publication des poèmes « Tuberculose », « Message d’une nuit printanière » dans la revue « Poésie Moderne », Ko Un a composé de très nombreux recueils de poésies, parmi lesquels, « Piangamseong » (1960) « Soleil », « Village d’un nouveau langage » (1967) etc.

Après la relative démocratisation du pays, en 1988, il milite pour la réunification de la péninsule coréenne et visite la Corée du Nord.

Il a reçu le prix des Écrivains coréens (1974), le prix Joong-Ang (1991), le prix Daesan (1994) et le prix Manhae (1998). 

Œuvre[modifier | modifier le code]

Ses premières œuvres se concentrent autour des notions du désespoir, des conflits existentiels sous le prisme du nihilisme. Il narre à travers ses poèmes l’absurdité de l’existence, ses propres détresses, hanté par les ombres de la mort qui en même temps sublime la vie. La mort n’est pourtant pas, dans son œuvre, dépeinte sous les traits de la peur, mais sous les traits d’une indulgence d’ordre philosophique à l’égard des éléments. La poésie de Ko est marquée par un lexique des sentiments extrêmement varié, par une sensibilité très prononcée, qui révèle aussi toutes les anxiétés du poète.

Le milieu des années 1970 marque un tournant dans le style de l’écrivain avec la publication notamment de « Sur la route du village Munui » (1974), « Grimpant la montagne » (1977) et « Route du Matin » (1978). L’écrivain dépeint ici le vide et le dégoût de ses tourments passés pour s’opposer au fil de l’histoire et à la dure réalité de son époque. En adoptant un regard critique sur l’évolution de la société coréenne tout en ayant une connaissance historique profonde, l’auteur compose sur sa soif d’équité et de justice dans un pays alors sous la dictature. Son poème « flèches », représentatif de cette période, reflète tous les sacrifices réalisés pour atteindre la justice sociale tout en dépeignant de manière très réaliste la situation du pays à l’époque. Ces poèmes engagés lui vaudront plusieurs fois la prison.

Durant les années 1980, période de grands bouleversements sociaux en Corée du Sud, il compose deux poèmes épiques « Notre Généalogie » et « La Montagne Baekdusan ». Dans ces deux œuvres, Ko dépeint avec toute son imagination les drames du quotidien et les défis auxquels sont confrontés chaque jour ses contemporains. La portée du premier poème est en tout point remarquable, notamment dans sa capacité à capter toute la complexité de l’imagination du poète. Il dépeint tel un tableau le quotidien de ses semblables, faisant éclater les repères de temps et d’espace. Dans la deuxième œuvre, il réalise davantage un travail narratif sur l’histoire tout en adoptant ce langage très sensible, sorte d’œuvre synthétique sur son écriture historique et sa volonté de dépeindre de manière la plus poétique le quotidien de ses semblables. 

Un poème[modifier | modifier le code]

L’ombre de l’arbre est vivante
néant, plus je lis, plus je sens ta présence
le péril où je suis, personne n’a connu
je tourne une page
tu prolifères dans la page suivante !
l’ombre de l’arbre est vivante
faisons hara-kiri, faisons hara-kiri
l’ombre de l’arbre est vivante
faisons hara-kiri, hara-kiri
(Sous un poirier sauvage, traduit du coréen par Han Daekyun et Gilles Cyr, Belval (France), Éditions Circé, 2004)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Poésie (partielle)[modifier | modifier le code]

  • Le sentiment de l'au-delà (1960)
  • Au bord de la mer (1966)
  • Village d'un nouveau langage (1967)
  • Sur la route du village Munui (1974)
  • Dix mille vies (20 volumes, 1986-2003)
  • Mont Baekdoo (7 volumes, 1987-1994)
  • Tes yeux (1988)
  • Rosée du matin (1990)
  • Demain le chant (1992)
  • Un monument (1997)
  • Un long chemin (1999)
  • Le Sud et le Nord (2000)
  • Fleur soudaine (2001)
  • Des poèmes, des regrets (2002)
  • Chants tardifs (2002)
  • Œuvres complètes (38 volumes, 2002).

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • QU'EST-CE ?, poèmes zen, traduit du coréen par No Mi-Suk et Alain Génetiot, Paris, Maisonneuve et Larose, 2000 ;
  • Sous un poirier sauvage, traduit du coréen par Han Daekyun et Gilles Cyr, Belval (France), Éditions Circé, 2004.

Lien interne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Stockholm disappoints Korea again: South Korean poet Ko Un misses out on Nobel literature prize". The Korea Herald. 7 octobre 2010.
  2. "Hopes high for Ko Un’s chance for Nobel prize". The Korea Herald. 7 octobre 2010. "The local media and literary circles are expressing hope again about the possibility that Korean poet Ko Un might receive..."
  3. Moon So-young and Lee Sun-min "Noble Hopes Dashed for Ko Un," JoongAng Daily October 9, 2010.