Adonis (poète)

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Adonis

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Adonis (en Pologne, 2011)

Nom de naissance Ali Ahmed Saïd Esber
Activités Poète, essayiste, critique
Naissance 1er janvier 1930 (84 ans)
Qassabine, Lattaquié,
Drapeau de la Syrie mandataire (1922-1930) Syrie mandataire
Langue d'écriture arabe, français
Mouvement Modernisme arabe et poésie de la pensée
Genres Poésie, essai
Distinctions Prix Goethe en 2011

Adonis (en arabe : أدونيس) est le pseudonyme d'Ali Ahmed Saïd Esber (علي أحمد سعيد), poète et critique littéraire syrien d'expression arabe et française né le 1er janvier 1930. Son pseudonyme se réfère au dieu d'origine phénicienne, symbole du renouveau cyclique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ali Ahmad Saïd naît à Qassabine près de Lattaquié au nord de la Syrie le 1er janvier 1930, dans une famille alaouite. Il commence jeune à travailler dans les champs, mais son père l'incite aussi à apprendre la poésie. Il est scolarisé au lycée français de Tartous en 1942. En 1947, contre l'avis de ses parents, il se rend à la ville voisine où il trouve le président syrien Choukri al-Kouwatli. Saïd, alors âgé de 17 ans, veut se joindre à l'assemblée des poètes locaux pour honorer le président, mais on l'écarte. En insistant il capte l'attention de ce dernier, qui demande à l'entendre. Le président décide alors de lui payer ses études[1]. Il obtient son baccalauréat à Lattaquié en 1949. C'est également à cette époque qu'il prend le pseudonyme d'Adonis lors de la publication de quelques poèmes. Il entre ensuite à l'université syrienne de Damas qu'il quitte en 1954 avec une licence de philosophie.

En 1955, il est emprisonné six mois pour appartenance au Parti nationaliste syrien, qui préconise une grande nation syrienne au Moyen-Orient. Après sa libération en 1956, il s'enfuit pour Beyrouth au Liban où il fonde avec le poète syro-libanais Youssouf al-Khal dans les années 1960, la revue Chi'r (ou Chiir qui signifie « Poésie ») : le manifeste d'une libération inconditionnelle de la tradition et d'un élan vers l'internationalisation de la poésie. Il obtient la nationalité libanaise en 1962. Adonis se consacre aussi plus principalement à ses activités littéraires qu'à ses activités politiques. En 1968, il fonde la revue Mawâkif (« Positions ») – aussitôt interdite dans le monde arabe – qui s'avère un espace de liberté en même temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante » de la poésie. C'est là qu'il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en français Aboul Ala El-Maari. Adonis cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine en s'appuyant sur son passé glorieux mais aussi en regardant la richesse de la poésie occidentale. À la suite de la guerre civile libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris à partir de 1985. Il est le représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO.

Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grands poètes arabes vivants. Il est un autodidacte influent, voire iconoclaste, quant à la réévaluation critique de la tradition poétique arabe vis-à-vis des pressions intellectuelles, politiques et religieuses du monde arabe actuel, l'exemple le plus frappant étant La Prière et l'Épée. Son œuvre révèle plusieurs thèmes : injustice, dictature, guerre, misère... Il se saisit des évènements contemporains pour en faire des mythes, sans pourtant devenir un « poète engagé ». Le Temps des villes démontre une connaissance exacerbée des grandes métropoles du monde arabe moderne. Il a pris position dans Al-Hayat contre le port du voile[2]. Il cède, en 2011, ses archives à l'IMEC[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

Poème mural à Leyde
  • 1954 - La terre a dit
  • 1957 - Premiers poèmes
  • 1958 - Feuilles dans le vent
  • 1961 - Chants de Mihyar le Damascène
  • 1961 - Mémoire du vent (Poèmes 1957-1990)
  • 1971 - Tombeau pour New York
  • 1975 - Singulier
  • 1982 - Le Livre des migrations, préface de Salah Stétié, éditions Luneau-Ascot
  • 1983 - Ismaël
  • 1984 - Les résonances, les origines, éd. Les Cahiers des Brisants
  • 1985 - Kitab al-Hisar (Le Livre du siège)
  • 1988 - Célébrations
  • 1990 - Le Temps des villes
  • 2009 - La Forêt de l'amour en nous
  • 2012 - Chroniques des branches, coll. « Orphée », Éditions de la Différence, 2012.

Anthologie[modifier | modifier le code]

  • 2008 - Le Dîwân de la poésie arabe classique

Essai[modifier | modifier le code]

  • 1964 - Le Diwan de la poésie arabe (3 volumes), essais critiques
  • 1968 - Le Théâtre et les Miroirs
  • 1972 - Le Temps de la poésie
  • 1975 - Le Fixe et le Mouvant (3 volumes), thèse d'État
  • 1980 - Préface pour les fins de siècles
  • 1985 - Politique de la pensée
  • 1993 - La Prière et l'Épée : essai sur la culture arabe
  • 2007 - Le Livre (al-Kitâb) (Paris, Éditions du Seuil, coll. "Réflexion")
  • 2009 - Le Regard d'Orphée, entretien, avec Houria Abdelouahed (Fayard, coll. "Témoignages pour l'Histoire")
  • 2013 - Le Livre II (al-Kitâb) Hier Le lieu Aujourd'hui (Paris, Éditions du Seuil, coll. "Réflexion")
  • 2014 - Printemps arabes, religion et révolution, coll. "Politique", Éditions de la Différence, Paris[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Récit d'Adonis dans l'émission Ça rime à quoi sur France Culture le dimanche 14 avril 2013.
  2. Tounes
  3. 3/10/2011, « Les précieuses archives du poète Adonis confiées à un institut français », sur http://www.lexpress.fr (consulté le 3/10/2011)
  4. Catherine Simon, « Adonis : « Nous, Arabes, n'avons pas rompu avec la tradition autoritaire » », sur Le Monde,‎ 29 janvier 2014 (consulté le 17 février 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]