Boulat Okoudjava

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Boulat Okoudjava
Tombe d'Okoudjava au cimetière Vagankovo de Moscou.

Boulat Chalvovitch Okoudjava (en russe : Булат Шалвович Окуджава ; en géorgien : ბულატ ოკუჯავა) est un auteur-compositeur-interprète soviétique né à Moscou le 9 mai 1924 et mort à l'hôpital Percy de Clamart (banlieue de Paris) le 12 juin 1997.

Il est un barde parmi les plus populaires de son époque, avec Vladimir Vyssotski. Son œuvre exprime son horreur de la guerre, l'observation patiente de la société soviétique et les amours douloureuses. Il est LE chanteur du quartier de l'Arbat à Moscou. On le surnomme parfois le « Brassens soviétique »[1]. Il est également l'auteur de plusieurs romans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un Géorgien et d'une Arménienne[2], Boulat Okoudjava naît néanmoins à Moscou. Son père, membre du Parti communiste et haut fonctionnaire de l'Industrie, disparaît lors de Grandes Purges de la période stalinienne et est fusillé en 1937, accusé d'être un espion japonais[3]. Sa mère passe dix-neuf ans au Goulag. En 1942, Boulat Okoudjava, engagé volontaire, est blessé sur le front. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il achève ses études universitaires à Tbilissi. De 1950 à 1955, il enseigne dans des écoles de Kalouga[4]. De 1955 à 1972, Okoudjava est membre du Parti communiste soviétique, avant d'en être exclu.

En 1956, il commence à publier ses poèmes à Moscou. Malgré les tracasseries du pouvoir (aucune publication officielle avant 1970), son succès vient des textes mis en musique, chantés par le poète qui s'accompagne à la guitare[4].

En 1991, il reçoit le prix d'État de l'URSS et en 1994 le prix Booker russe.

Il a donné plusieurs concerts en Europe de l'Ouest et aux États-Unis (où il subit une intervention cardiaque en 1991). Il est mort à Clamart le 12 juin 1997.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

  • Lieder II, Pläne, Dortmund, 1988 (enregistré en 1986 par Melodia, Moscou)
  • Le Soldat en papier, Le Chant du Monde, 1993/1999, Harmonia Mundi, LDX 27443
  • "Arbat"
  • Chansons du film Le Soleil blanc du désert (1970)
  • "La Prière de François Villon"

Littérature[modifier | modifier le code]

  • 1969 : Pauvre Avrossimov, collection « Les Grandes Traductions », Albin Michel, 1972
  • L'amour-toujours ou Les tribulations de Chipov. Histoire vraie racontée sur un air de vaudeville ancien, titre original : «Похождения Шипова, или Старинный водевиль», (traduit du russe par Marie-France Tolstoï ; préface de l'auteur pour l'édition française), collection « Les Grandes Traductions », Albin Michel, Paris, 1982, (ISBN 2-226-01450-0)
  • Un banquet pour Napoléon, titre original : «Свидание с Бонапартом» (traduit du russe par Antoinette Roubichou-Stretz), Albin Michel, Paris, 1985, (ISBN 2-226-02260-0)

Citation[modifier | modifier le code]

  • Vladimir Boukovski (Mémoires) : « Cette voix qui chantait comme personne avant, sans aucune fausse note de patriotisme, sur Moscou, sur la guerre, traduisait la nostalgie d'une patrie qui n'est plus. Rien de politique dans ses chansons, mais tant de sincérité, tant de douleur que les autorités n'ont pas pu le supporter. Poursuivi par la haine et la sottise, Boulat Okoudjava aura sans doute été le premier poète persécuté sous nos yeux[5] ».

Divers[modifier | modifier le code]

L'astéroïde 3149 Okudzhava découvert par l'astronome tchèque Zdeňka Vávrová en 1981 porte son nom[6],[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Par exemple, présentation du chanteur sur la pochette du disque Le Soldat en papier.
  2. (de) Notice de la pochette du disque Lieder II.
  3. Source
  4. a et b Boulat Okoudjava, L'Amour-toujours, 4e de couverture.
  5. Boulat Okoujava, L'Amour-toujours, 4e de couverture.
  6. Dictionary of Minor Planet Names - p. 260
  7. Source

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]