Yánnis Rítsos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Yánnis Rítsos
Γιάννης Ρίτσος

Description de l'image  Monemvasia Grab Ritsos.jpg.
Activités Poète
Naissance
Monemvasia,
State Flag of Greece (1863-1924 and 1935-1970).svg Royaume de Grèce
Décès
Athènes, Drapeau de la Grèce Grèce
Langue d'écriture grec moderne

Yánnis Rítsos (grec moderne : Γιάννης Ρίτσος), né le 1er mai 1909 à Monemvasia et mort le 11 novembre 1990 à Athènes, est un poète grec.

« La poésie n’a jamais le dernier mot
Le premier, toujours » (Yánnis Rítsos)

Biographie

Né à Monemvasia en Laconie, cadet d'une famille de grands propriétaires terriens, il est imprégné par ce « rocher » natal, lourd de souvenirs historiques. Sa famille bientôt ravagée (ruine économique, mort de la mère, Eleftheria Vouzounaras et du frère aîné, Mimis, démence du père, Eleftherios Ritsos et de sa sœur bien-aimée, Loula ainsi que les attaques de tuberculose marquent sa vie et obsèdent son œuvre. Prolétarisé, précarisé) - il survit en calligraphiant des actes juridiques à l'Ordre des avocats et en participant à des spectacles de danse classique -, il adhère au Parti Communiste grec à la fin des années 1920. Cet engagement lui vaut de connaître les camps de « rééducation nationale » après la guerre civile qui déchire le pays au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. De 1948 à 1952 il est renvoyé en exil à Lemnos, puis à Makronissos. Mais Rítsos partage ensuite encore avec sa génération de nouvelles épreuves lorsqu’il est à nouveau arrêté lors du putsch des colonels, en avril 1967, et déporté aux îles de Yaros puis de Leros. À cause des problèmes de santé, en 1968 Ritsos sera transféré à Samos en assignation à domicile et deux ans plus tard il sera transféré à Athènes pour la même raison. Sa renommée s'étend alors au-delà de son pays, notamment en France sous l’impulsion d’Aragon qui le salue comme « le plus grand poète vivant » et mène campagne pour sa libération. À la chute des Colonels en 1974, Rítsos acquiert, avec la liberté, un statut hugolien de « poète national ».

Son œuvre, jusque là de facture assez classique, s’ouvre à des influences nouvelles, et se rapproche par certains aspects du surréalisme. En Grèce, son œuvre rencontre un vaste écho populaire avec plusieurs de ses poèmes mis en musique par Theodorákis. Si Rítsos reste fidèle au parti communiste d’obédience soviétique, à la différence de la plupart des intellectuels grecs qui se tournent vers un « eurocommunisme » dénonçant l'intervention en Tchécoslovaquie, il n’en poursuit pas moins une œuvre peu conforme à ce que son public pouvait en attendre et qui reste hantée par la tragégie familiale originelle : il revisite les grands mythes antiques au moyen de ses souvenirs de Monemvassia en publiant une série de monologues dramatiques centrés sur les personnages d’Oreste, de Phèdre, d’Hélène, de Philoctète, etc. En marge de ces recueils importants, Rítsos multiplie les séries de très courts poèmes qui mêlent humour, visions cauchemardesques et notations d’un quotidien sacralisé. Il meurt alors que s’effondre, dans les pays socialistes, le rêve pour lequel il a lutté et souffert pendant tant d’années. Son ancienne gloire « militante » compromet alors sa gloire littéraire et entraîne son œuvre, à l’étranger du moins, dans un discrédit dont elle mériterait amplement de sortir.

Son œuvre publiée comporte plus de cent recueils de poèmes, L'ennialogie Iconostase des saints anonymes, des pièces de théâtre, des essais ainsi que des traductions. Il a aussi laissé un grand nombre d'œuvres inédites. Des poèmes de Ritsos ont été traduits dans plus de quarante langues.

Œuvres

(Les titres proposés sont des traductions françaises même dans les cas où les œuvres en question n'ont pas été entièrement traduites en français).

Poésie

  • Tracteurs (1934)
  • Pyramides (1925)
  • Épitaphe (1936)
  • Le chant de ma sœur (1937)
  • Symphonie printanière (1938), mise en musique par Mikis Theodorakis en 1966
  • La marche de l'océan (1940)
  • Vieille mazurka au rythme de la pluie (1942)
  • Épreuve (1943)
  • Notre compagnon Níkos Zachariádis (1945)
  • L'homme avec l'œillet (1952)
  • Aux quartiers du monde (1951)
  • Veillée (1954)
  • Étoile de la matinée. Petite encyclopédie de surnoms pour ma petite fille (1955)
  • La sonate au clair de lune (1956)
  • Au revoir. Les dernières heures de Grigoris Afksentiou dans la grotte brûlante (1957)
  • De Makronissos (1957)
  • Cruche. Élégie pour un Printemps court (1957)
  • Clarté d'hiver (1957)
  • Chronique (1957)
  • Ville rebelle (1958)
  • L'architectonique des arbres (1958)
  • Quand vient l'étranger (1958)
  • Figure de l'absence (1958)
  • Les vieilles femmes et la mer (chorique) (1959)
  • Le pont (1960)
  • La fenêtre (1960)
  • Le saint noir (1961)
  • Sous l'ombre de la montagne (1962)
  • La maison morte (1962)
  • 12 poèmes pour Cavafy (1963)
  • Témoignages A’ (1963)
  • L'arbre de la prison et les femmes (1963)
  • Jeux du ciel et de l'eau (1964)
  • Philoctète (1965)
  • Témoignages B’ (1966)
  • Oreste (1966)
  • Grécité (1966)
  • Ostrava (1967)
  • Le corps et le sang (1970)
  • Le chef-d'œuvre sans queue ni tête (1971)
  • L'Hélène (1972)
  • Le retour de l'Iphigénie (1972)
  • Ismène (1972)
  • Pierres Répétitions Barreaux (1972)
  • Quatrième Dimension (1972)
  • Gestes (1972)
  • Chrysothémis (1972)
  • Graganda (1973)
  • Dix-huit chansons de la patrie amère (1973), mise en musique par Mikis Théodorakis
  • Couloir et escalier (1973)
  • Le mur dans le miroir (1974)
  • Hymne et lament pour Chypre (1974)
  • En papier (1974)
  • Phèdre (1975)
  • L'essentiel (1975)
  • Concierge (1976)
  • Gignesthai (1977)
  • Le heurtoir (1978)
  • Alors ? (1978)
  • Femmes de Monemvassia (1978)
  • Écriture d'aveugle (1979)
  • Transparence (1980)
  • Monochordes (1980)
  • Erotica (1980)
  • Rêve de midi d'été (1981)
  • Triptyque italien. Transfusion. Le monde est unique. La statue dans la pluie. (1982)
  • Creux (1982)
  • Gestes (1982)
  • Monovassia (1983)
  • Tirésias (1983)
  • 3x111 tercets (1987)
  • Correspondences (1987)
  • Les négatifs du silence (1987)
  • Semicircle (1989)
  • Tard, bien tard dans la nuit (1991)
  • L'Adieu (1967)

Prose

  • Ariostos l'attentif raconte des moments de sa vie et de son sommeil (1982)
  • Quels choses étranges (1983)
  • Avec la poussée du coude (1984)
  • Peut-être qu'il soit comme ça (1985)
  • Le vieillard avec les cerf-volants (1985)
  • Pas seulement pour toi (1985)
  • Ariostos refuse devenir saint (1986)
  • Scellées d'un sourire (1986)
  • Se déclinent les questions (1986)

Théâtre

  • Au-delà de l'ombre des cyprès : Drame épique en trois actes (1958)
  • Une femme vers la mer : Drame en trois actes (1959)
  • La colline à la fontaine : Drame en trois actes (1990)
  • Les cannes des aveugles : Drame en trois actes (1990)

Essais

  • Études : Maïakovski - Hikmet - Ehrenburg - Éluard / Témoignages / Concierge (1974)

Ressources externes