Merapi
| Merapi | |||
|---|---|---|---|
Le Merapi en juillet 2005. |
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| Géographie | |||
| Altitude | 2 911 ou 2 968 m[1],[2] | ||
| Massif | Île de Java | ||
| Coordonnées | [2],[1] | ||
| Administration | |||
| Pays | |||
| Province Région spéciale |
Java central Yogyakarta |
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| Kabupaten | Boyolali, Klaten, Magelang, Sleman | ||
| Ascension | |||
| Voie la plus facile | Sentier de randonnée | ||
| Géologie | |||
| Âge | Pléistocène (édifice ancien) 2 000 ans (édifice actuel) |
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| Type | Volcan gris | ||
| Activité | Actif | ||
| Dernière éruption | 26 octobre 2010 à début février 2011 | ||
| Code [1] | 0603-25= | ||
| Observatoire | Directorate of Volcanology and Geological Hazards Mitigation | ||
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Géolocalisation sur la carte : Indonésie |
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Le Merapi, en indonésien Gunung Merapi, est un volcan d'Indonésie situé sur l'île de Java, au nord de la ville de Yogyakarta. Il s'élève de près de 2 900 mètres au-dessus des forêts et des champs. Avec 49 éruptions entre 1548 et 2010, il est considéré comme le volcan le plus actif et le plus dangereux d'Indonésie, produisant de périodiques nuées ardentes. De petites éruptions ont lieu tous les deux ou trois ans et de plus importantes tous les dix à quinze ans.
Sommaire |
[modifier] Toponymie
Merapi est un terme malais signifiant « montagne de feu ». Il est aussi appelé Gunung Merapi en indonésien soit « mont Merapi » en français.
[modifier] Géographie
[modifier] Localisation
Le Merapi est un volcan d'Indonésie situé dans le centre de l'île de Java, au nord de la ville de Yogyakarta. Il est entouré par le volcan Merbabu au nord et par des plaines à l'ouest, au sud en direction de l'océan Indien et à l'est, dont la plaine de Kedu. Administrativement, la limite entre la province de Java central au nord et le territoire spécial de Yogyakarta au sud passe au sommet du volcan. De plus, la montagne est incluse dans les kabupaten de Boyolali, Klaten et Magelang pour la province de Java central et de Sleman pour le territoire spécial de Yogyakarta.
[modifier] Topographie
Culminant à 2 911[1] ou 2 968[2] mètres d'altitude, le Merapi est un stratovolcan aux pentes abruptes et couronné par un dôme de lave[2]. Ses pentes sont entaillées par quelques vallées, notamment sur ses flancs est et nord.
La voie la plus facile d'accès pour gagner le sommet est un sentier de randonnée ouvert par Haroun Tazieff dans les années 1960[1].
[modifier] Faune et flore
Les pentes du Merapi sont intensément cultivées et présentent notamment de nombreuses rizières. Grâce aux cendres volcaniques régulièrement rejetées par le volcan et qui jouent le rôle d'engrais naturel, deux à trois récoltes de riz sont possibles par an[réf. nécessaire]. À l'approche du sommet, le reliquat de végétation tropicale laisse place à de la roche nue affectée par les fréquentes éruptions volcaniques[2].
[modifier] Climat
Le climat de Java est tropical avec une absence de typhons du fait de sa proximité avec l'équateur. Néanmoins, de fortes pluies peuvent s'abattre sur les reliefs comme le Merapi au cours des deux moussons entre juin et septembre ainsi qu'entre décembre et mars. Ces précipitations permettent de nombreuses cultures dont celle du riz mais représentent aussi un danger car elles peuvent former des lahars lorsqu'elles sont mêlées à de la cendre volcanique.
[modifier] Géologie
Le Merapi est un volcan gris de la ceinture de feu du Pacifique. Le magma qui l'alimente provient de la subduction de la plaque australienne située au sud sous la plaque de la Sonde sur laquelle se trouve le volcan. Ce magma alcalin pauvre en silice et peu visqueux est émis sous la forme d'un dôme de lave pâteux n'arrivant pas à s'écouler le long des pentes du volcan. La pression augmentant dans la chambre magmatique, ce dôme de lave s'effondre ou explose alors brutalement en produisant des nuées ardentes et des panaches volcaniques riches en cendres[2],[3]. L'indice d'explosivité volcanique de ces éruptions est généralement compris entre 1 et 3 mais il arrive qu'il atteigne 4 comme en avril 1872[3]. Les cendres volcaniques se déposent dans les environs du volcan au gré des vents dominants, détruisant les récoltes, faisant s'effondrer les toits des constructions, provoquant des crises respiratoires chez la population, etc. À l'occasion de fortes pluies, les cendres volcaniques peuvent être remobilisées et former des lahars dans les vallées[2],[3] jusqu'à plusieurs dizaines de kilomètres du sommet du volcan[réf. nécessaire].
[modifier] Histoire
Le Merapi actuel a commencé à s'édifier autour de 120[3] sur les restes d'un ancien volcan né au Pléistocène et qui s'est effondré au cours d'une grande éruption[2]. Avec 67 éruptions entre 190 et 2010, dont 49 depuis la première observée par les Européens en 1548[3], le Merapi est l'un des volcans les plus actifs d'Indonésie[2].
Les éruptions du Merapi ayant provoqué des morts sont celles de 1587, 1672 (environ 3 000 personnes[réf. nécessaire]), 1822 à 1823[4], 1832 à 1836, 1872, 1902 à 1904, 1920 à 1921, 1930 (environ 1 400 personnes[1],[4]), 1954 (54 personnes[réf. nécessaire]), 1961, 1967 à 1970, 1976 (28 personnes[4]), le 22 novembre 1994[4] (60 personnes[4]), 2006 et 2010 (122 personnes[5])[3].
La pierre de Calcutta mentionne une « grande catastrophe » qui pourrait faire référence à une éruption du Merapi survenue en 1006[6] bien que cette date ait été invalidée par les volcanologues[3].
Du 25 octobre 2010[7] au 9 février 2011[8],[9], après plus de trois ans d'inactivité, le Merapi entre à nouveau en éruption après une phase sismique qui a vu son dôme de lave grandir de plusieurs centimètres par jour pendant plusieurs semaines[10],[11]. De nombreuses nuées ardentes dévalent ses pentes, entraînant la fuite de plus de 100 000 personnes[12], tuant 350[13] personnes et en blessant plus de 150 au 5 novembre 2010[5]. Parmi elles se trouve Mbah Maridjan, le juru kunci du Merapi, qui a refusé d'évacuer son village de Kinahrejo détruit par une nuée ardente[14].
[modifier] Risque volcanique
Le Merapi s'élève au-dessus d'une des régions les plus densément peuplée d'Indonésie et du monde[2]. Ses pentes sont habitées par de nombreux agriculteurs jusqu'à 1 700 mètres d'altitude[réf. nécessaire]. Les pentes ouest et sud-ouest du volcan sont les plus exposées au passage des nuées ardentes car elles sont situées sous le dôme de lave au sommet de la montagne[2]. Les villages les plus exposés à une catastrophe sont ceux de Kinaherjo, Pelemsari, Kalitengah, Kaliadem, Ngangkah, Turgo et Tritis où la terre fertile attire les agriculteurs dans cette zone volcanique dangereuse. La ville de Yogyakarta, dont l'agglomération regroupe 723 210 habitants en 1990[15], se trouve à seulement 25 kilomètres au sud du sommet[réf. nécessaire] et n'est protégée par aucun relief. Au total, ce sont environ 1,3 million d'habitants[réf. nécessaire] qui sont directement menacés par les éruptions du Merapi et notamment par ses deux manifestations les plus dangereuses : les nuées ardentes et les lahars. En raison de cette proximité entre risques et populations, le Merapi est considéré comme le volcan le plus dangereux d'Indonésie[réf. nécessaire].
[modifier] Croyances
Selon la tradition, Panembahan Senopati, le premier souverain du second royaume de Mataram, a un lien profond avec les maîtres spirituels du Merapi. Ces derniers promettant de protéger le royaume, la cour de Yogyakarta nomme un serviteur particulier, le juru kunci ou « gardien » du Merapi, qui réside dans le village de Kinahrejo, sur le flanc sud du volcan.
Chaque année, la cour de Yogyakarta observe un labuhan ou offrande en l'honneur du volcan. Lorsque le Merapi gronde, des offrandes lui sont faites afin de le calmer sous la forme d'une civière chargée de maïs, de légumes et de fausse monnaie dont le contenu est déversé dans une rivière.[modifier] Annexes
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- (de) M. Neumann Van Padang, « Die Tätigkeit des Merapi-Vulkans (mittel-Java) in den jahren 1883-1888 », in Zeitschrift für Vulkanologie (Berlin), vol. 16, 1936, p. 93-113
- (fr) Pascale C. Berthommier, Le Merapi, Centre-Java : activité historique, l'éruption de 1984, CNRS, Institut national d'astronomie et de géophysique, Paris, 1986, 42 p.
- (fr) Antonius Ratdomopurbo, Étude sismologique du volcan Merapi et formation du dôme de 1994, Université Grenoble 1, 1995, 200 p. (thèse de doctorat Terre, océan, espace)
- (fr) Franck Lavigne, Les lahars du volcan Merapi, Java central, Indonésie : déclenchement, budget sédimentaire, dynamique et zonage des risques associés, Université Clermont-Ferrand 2, 1998, 539 p. + annexes (thèse de doctorat de Géographie)
- (fr) Franck Lavigne, « Évolution géomorphologique de la vallée Boyong à la suite de l'éruption du 22 novembre 1994 du volcan Merapi (Java, Indonésie) », in Géomorphologie (Paris), 2001, no 3, p. 159-173
- (en) Svetlana Byrdina, Anomalous Self-Potential variations related to activity of Merapi volcano (Central Java), Institut de Physique du Globe, Paris, 2004, 196-24 p. (thèse de doctorat de Géophysique interne)
- (fr) Hendra Gunawan, Gravimétrie et microgravimétrie appliquées à la volcanologie : exemples de la Soufrière de Guadeloupe et du Mérapi, Institut de Physique du Globe, Paris, 2004, 198 p. (thèse de doctorat de Géophysique interne)
- (fr) Claudine Denhaut-Martin et Bernard Denhaut-Martin, « Special Merapi, du 18 au 25 juin 2006 », in LAVE (Liaison des amateurs de volcanologie européenne), 2006, no 122, p. 13-18
[modifier] Filmographie
- Gunung Mérapi : un volcan à Java, film documentaire réalisé par Daniel Cavillon, CNRS Images, Meudon ; A2, date ?, 54' (VHS)
- Le volcan, les légendes et le sismographe, film documentaire de Benjamin de Coster, 2002, 38' (VHS) ; cassette vidéo constituant le mémoire de maîtrise de Géographie tropicale, option Audiovisuel, de l'auteur (Perception des risques volcaniques par les populations vivant sur le volcan Merapi (Java, Indonésie), Université Paris 1, 2002, 73 p.)
[modifier] Lien externe
[modifier] Notes et références
- (fr) ACTIV - Merapi. Consulté le 28 octobre 2010
- (en) Global Volcanism Program - Merapi. Consulté le 28 octobre 2010
- (en) Global Volcanism Program - Histoire volcanique. Consulté le 28 octobre 2010
- (fr) ACTIV - Histoire éruptive. Consulté le 28 octobre 2010
- (en) « Mount Merapi death toll rises », dans The Guardian, 5 novembre 2010 [texte intégral (page consultée le 7 novembre 2010)]
- (en) Supriyati D. Andreastuti et Brent V. Alloway, Stratigraphy, age and correlation of a tephra marker bed found in Central and East Java, Indonesia : could this widespread marker be the "milk sea" as described in the Calcutta Stone and have contributed to the demise of the C. 10th century Hindu Mataram civilisation?
- (fr) ACTIV - Dépêches d'octobre 2010. Consulté le 28 octobre 2010
- (en) Global Volcanism Program - Rapport hebdomadaire de janvier 2011. Consulté le 25 février 2011
- (fr) « Après l'éruption, les touristes affluent sur le volcan Merapi », dans AFP, 8 février 2011 [texte intégral (page consultée le 25 février 2011)]
- (en) Global Volcanism Program - Rapport hebdomadaire du 22 au 28 octobre 2010. Consulté le 28 octobre 2010
- (en) Global Volcanism Program - Rapport hebdomadaire du 20 au 26 octobre 2010. Consulté le 28 octobre 2010
- (fr) Agence France-Presse, « Indonésie: nouvelle éruption du Merapi, plus de 100.000 évacués », dans Agence France-Presse, 4 novembre 2010 [texte intégral (page consultée le 4 novembre 2010)]
- Eruption au 29 janvier2011
- (en) Candra Malik & Dessy Sagita, « My Time to Die in This Place Has Come », dans The Jakarta Globe, 28 octobre 2010 [texte intégral (page consultée le 3 novembre 2010)]
- (en) Nombre d'habitants par aire urbaine en Indonésie. Consulté le 8 novembre 2010