Stalingrad (film, 2001)

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Stalingrad ou L'ennemi aux portes au Québec (Enemy at the Gates) est un film réalisé par Jean-Jacques Annaud sorti en salle en 2001.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le scénario décrit l'affrontement entre deux tireurs d'élite instrumentalisés par la propagande de leurs camps respectifs, soviétique et nazi, tout au long de la bataille de Stalingrad. Cette propagande tient d'ailleurs un rôle assez important dans le film.

Vassili Zaïtsev est un jeune tireur d'élite. Pendant le siège de Stalingrad, il rencontre Danilov, un officier politique, auquel il démontre ses talents en abattant des Allemands, notamment des officiers. Danilov propose au commandement de faire de Vassili un héros, une icône pour redonner espoir aux hommes, en publiant ses exploits. En riposte, l'état-major allemand dépêche son meilleur tireur d'élite, le major König. Au cœur de la bataille de Stalingrad, une traque s'engage alors entre les deux héros. La bataille, ainsi que l'état de grâce de Vassili auprès du commissaire politique, semblent suspendus à l'issue du duel.

Commentaires[modifier | modifier le code]

L'histoire de ces deux ennemis s'inspire de l'affrontement entre Vassili Zaïtsev, héros de la guerre patriotique russe et à qui ont été attribués 242 ennemis abattus, et son rival allemand, le major Heinz Thorvald, maître instructeur des tireurs d'élite allemands, envoyé à Stalingrad pour tuer celui qui était devenu un des symboles de la résistance soviétique face à la Wehrmacht. L'existence de ce major Thorvald fait l'objet d'un débat, certains historiens avançant qu'il aurait été créé par la propagande soviétique pour accroître le prestige de Zaïtsev.

Toutefois, il est à noter que le film est historiquement faux sur de nombreux points.

Le vrai Vassili Zaïtsev ne ressemblait pas à l'acteur qui tient son rôle, Jude Law. Il était brun aux et mesurait 1,70 m. Il suffit de lire sa biographie pour découvrir un homme très différent de ce qui est montré, au moins sur le fait qu'il savait en réalité lire et écrire correctement ! Par ailleurs, il faisait preuve de stratégie dans ses tirs. Le film donne l'impression qu'il ciblait des ennemis au hasard afin de remonter le moral des combattants, alors qu'en fait, il visait en priorité des tireurs embusqués, notamment des mitrailleurs, afin de permettre l'avancée des troupes.

Dans les trains les transportant, les soldats avaient des sièges pour s'asseoir et suffisamment de place pour ne pas être entassés les uns contre les autres. Les portes n'étaient ni cadenassées, ni fermées à clef, au moins pour la raison qu'il fallait prévoir leur évacuation en cas d'attaque ou accident.

Les bateaux militaires traversaient la Volga soit la nuit, soit lors du brouillard, afin de ne justement pas être pris en chasse par des avions ennemis. Au passage, on ne voit aucun avion de combat soviétique dans le film alors que l'armée en possédait en grand nombre. Par ailleurs, aucun soldat n'a quitté les bateaux ; au vu des épais uniformes adaptés au froid, des bottes et autres équipements que chacun transportait sur lui, ça aurait été la noyade assurée.

Il n'y avait pas à distribuer un fusil pour deux soldats car plus d'armes (sans rapport avec ces fusils rudimentaires, plus des grenades et autres) qu'il n'en fallait étaient disponibles pour tous les soldats. D'ailleurs, ceux-ci étaient formés pendant de nombreux mois avant d'être envoyés au front. D'autant plus que des instructions très précises leur étaient fournies par les unités zagradotriad pour mener le combat, ce qui était tout autre chose que la sorte de mêlée au début du film où les soldats foncent tête baissée vers l'artilerie allemande. Seuls les criminels condamnés à mort étaient envoyés en opérations suicidaires ; s'ils y survivaient, il étaient acquittés.

Bien entendu, les unités zagradotriad donnaient les ordres de combat et les supervisaient, il pouvaient même intervenir eux-mêmes dans les combats en cas de nécessité et ils étaient chargés de mettre en état d'arrestation, et non de tuer, les soldats qui battaient en retraite (ce qui arrivait rarement).

Le maréchal Vassili Tchouïkov est complètement absent du film alors qu'il a joué un rôle très important dans cette bataille.

Le jeune Sasha Filippov existait réellement, et a bien été pendu par les Allemands pour les avoir espionnés. Cependant, il n'avait jamais rencontré Vassili Zaïtsev. Il n'a pas non plus été raconté qu'il était passé à l'ennemi ; bien au contraire, il a été reconnu comme héros soviétique deux ans après sa mort.

La Fontaine Barmaleï comptait en réalité six enfants et non pas neuf comme celle qui apparaît dans le décor.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

La série Call of Duty rend hommage au film à trois occasions. Dans le premier opus, la campagne soviétique s'ouvre sur une scène similaire à celle du film : les troupes russes traversent la Volga en étant mitraillées par l'aviation allemande, après quoi le joueur atteint la ville où des officiers soviétiques distribuent des fusils et des munitions. Dans le second, lors de la campagne russe, le joueur joue un soldat russe prénommé Vassili, lors des missions à Stalingrad. Dans le cinquième opus, Call of Duty: World at War, une mission est en partie inspirée du film. Le joueur contrôle un tireur d'élite russe muni d'un Mosin-Nagant (l'arme de Vassili) et tente d'abattre un général allemand avec l'aide d'un sergent soviétique...

Dans le jeu Alliance of Valiant Arms le personnage de Vassili Zaïtsev est jouable en hommage au célèbre soldat soviétique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Certains éléments de la bande originale du film sont empruntés à des compositeurs russes. Ainsi, le thème de trompette apparaissant de manière récurrente tout au long du film serait emprunté à la Première Symphonie de Serge Rachmaninov. Un court passage de la bande originale (situé lors de l'ultime apparition du commissaire du peuple Danilov) est clairement emprunté au début de la Onzième Symphonie de Dmitri Chostakovitch. Le thème de Vassili et Tania ferait, quant à lui, penser au thème de la Liste de Schindler, composé par John Williams...

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]