Vision de nuit

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Les expressions vision de nuit ou vision nocturne peuvent désigner ;

La capacité à naturellement voir dans le noir[modifier | modifier le code]

L'oeil a toujours des limites physiques de sensibilité[1], mais certains animaux voient bien mieux que les humains dans le noir (la chouette ou le lynx par exemple, qui sont des animaux nocturnes ou semi-nocturnes).
Cette capacité dépend d'un type particulier de cellules de l'œil, situées dans la rétine (les cellules en bâtonnet, qui sont plus sensibles à la lumière, et connectée à une partie du cerveau plus sensible aux mouvements, notamment ceux perçus dans le champ latéral de vision, mais qui ne perçoivent pas les couleurs ; elles sont également beaucoup plus sensibles à l'éblouissement). Cette capacité dépend aussi de L'architectonique de la rétine [2] qui varie selon les espèces, et d'autres facteurs impliquant parfois l'oeil et le cerveau déterminent aussi la qualité de la vision la nuit, dont par exemple la taille de l'oeil et du cristallin, la sensibilité générale de la rétine (en termes de réponse à l'excitation lumineuse et à la fatigue rétinienne), le temps de latence sensorielle et d'adaptation de l'œil aux variations de luminosité. L'oeil n'est pas assimilable à un instrument d’optique[3] ; ses relations avec le cerveau qui interprète les images formées sur la rétine (qui est un capteur biologique inhomogène et anisotrope) et guide les mouvements de l’œil ont aussi une importance.

On connait depuis longtemps[4],[5],[6] des cas humains de « cécité des couleurs » ou achromatopsie[7], due à un anomalie de la rétine (cônes non fonctionnels) ou parfois due à une lésion du système nerveux ou du cerveau qui ne peut plus alors traiter l'information sur la couleur[8]. Certaines personnes ne distinguant pas les couleurs voient mieux dans le noir. Il s'agit souvent d'hommes, car les gènes codant pour les opsines rouges et vertes sont situés sur le chromosome Xq28[9].

Une vision artificiellement assistée[modifier | modifier le code]

Les jumelles de vision nocturne sont utilisées comme moyen d'observation ou détection pour voir dans le noir ou la semi-obscurité. Ce sont des jumelles binoculaires, monoculaires ou des matériels de type lunettes permettant une vue plus rapprochée. Ce sont le plus souvent des matériels basés sur l'amplification électronique de lumière, utilisés dans les avions, les bateaux, ainsi que dans l'infanterie de certaines armées, ou par diverses forces de l'ordre.

Il existe trois types de vision de nuit :

  • Intensificateur de lumière : il permet de voir dans l'obscurité en amplifiant les sources de lumière faible (Lune, étoiles). On amplifie les photons détectés (provenant de lumière ambiante) sur le principe du photomultiplicateur. Avantages : n'est pas détectable par l'ennemi en usage militaire. Inconvénient : le photomultiplicateur est un système très complexe, fragile et encombrant, nécessitant de la haute tension, des lentilles magnétiques, tubes sous vide... Nécessite un minimum de photon à amplifier mais ce n'est pas un problème dans une nuit naturelle.
  • Proche infrarouge : le système est doté d'une diode émettant dans le proche infrarouge (0,9-2 μm)et qui permet d'éclairer la scène de rayons non visible à l'œil. Ce système permet de voir dans le noir total. À noter que sur certains modèles la DEL infrarouge est visible lorsqu'elle fonctionne. La diode peut être séparée du matériel de vision, et être utilisée comme une lampe de poche. Avantages : utilise un capteur Cmos ou Ccd d'appareil photo, caméscope ou camera. Il suffit de retirer le filtre qui bloque la grande sensibilité naturelle aux proches infrarouges de ces capteurs (option sur certains caméscopes). Inconvénient : la nécessité d'utiliser un projecteur infrarouge facilement détectable par l'ennemi pour les militaires. La plupart des animaux ne voient pas l'infrarouge.Cependant les serpents ont une vision infrarouge permettant la détection des proies, en particulier la nuit.
  • Vision thermique : le système est sensible au rayonnement thermique (infrarouge aux longueurs d'onde 2-5 μm et 8-13 μm ) des objets et de la scène. Les niveaux de gris rendus à l'écran traduisent la température de chaque objet (quand il s'agit d'une image en noir et blanc). Avantages : n'est pas détectable par l'ennemi pour les militaires. Permet de voir aussi dans le brouillard. C'est ce type d'appareil qui se développe le plus pour les armées. Inconvénient : demande des objectifs très spéciaux (pas en verre) et des capteurs Photodétecteur très spécifiques souvent au tellurure de mercure-cadmium et parfois un refroidissement. Un système de graduation par couleurs est souvent utilisé sur les écrans d'analyses thermiques pour une meilleure analyse visuelle de la scène observée. La vision est la même de jour ou dans le noir total.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Grand, Y. (1942) Etudes sur la vision nocturne. Revue Opt. rhe’or. insfrum, 21, 71-87.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pirenne M (1948) La limite de sensibilité de l'œil Fluctuations quantiques au seuil de la vision. Contribution a ̀l'éude de la structure moléculaire. Contribution to the study of molecular structure : dédiée a ̀la mémoire de Victor Henri, 297.
  2. TOMIE-HISTOLOGIE, A. N. A. (1965). L'architectonique de la rétine humaine. Archives d'ophtalmologie. new series, 31
  3. Le Gargasson, Jean-François (2012) L'oeil et la vision Œil et Physiologie de la Vision - chap. II .
  4. Holmgren, F. (1877). De la cécité des couleurs dans ses rapports avec les chemins de fer et la marine. Imprimerie centrale.
  5. Vogt, A. (1922). Cécité complète pour les couleurs avec présentation de trois cas. Rev. Gen. d'ophth, 36.
  6. SENGUPTA, S. (1981). Note sur les variations de la cécité aux couleurs chez trois castes endogames de l'Assam, Inde. Anthropologie (L') Paris, 85(2), 328-331.
  7. Goubert, É. (1867). De la perceptivité normale et surtout anormale: de l'oeil pour les couleurs, spécialement de l'achromatopsie ou cécité des couleurs. Adrien Delahaye.
  8. Lhermitte, F., Chain, F., Aron, D., Leblanc, M., & Souty, O. (1969). Les troubles de la vision des couleurs dans les lésions postérieures du cerveau. Rev. neurol, 121(1), 5-29.
  9. Gilgenkrantz S (2002) La cécité aux couleurs: du génotype au phénotype. Le Magazine: Nouvelles.