Chassepot modèle 1866

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Le Fusil Chassepot et sa baïonnette
Détail de la culasse et de la munition

Le Fusil Modèle 1866 dit Chassepot du nom de son créateur Antoine Alphonse Chassepot est un fusil de l'armée française mis en service en 1866. Son adoption le 30 août 1866 est accélérée par la victoire du Royaume de Prusse sur l'Autriche grâce à un armement moderne (notamment le fusil Dreyse) à la bataille de Sadowa.

Caractéristiques du fusil d'infanterie[modifier | modifier le code]

Le Chassepot est la première arme réglementaire de l'armée française à utiliser le chargement par la culasse, et non plus par la bouche. Il permet donc le tir et surtout le rechargement couché, ainsi qu'une cadence de tir accrue.

Innovation importante pour l'époque, l'étanchéité entre culasse mobile et chambre était assurée par une épaisse rondelle de caoutchouc protégée par un masque mobile en acier. La pression des gaz de combustion pendant le tir faisait reculer le masque qui dilatait la rondelle caoutchouc assurant ainsi une excellente étanchéité aux gaz de combustion. Ce système était très supérieur à celui, métal sur métal, qui existait sur le fusil Dreyse ce qui devait accroître du simple au double la portée et l'effet vulnérant du fusil Chassepot.

  • Calibre : 11 mm
  • Masse : 4,054 kg (4,687 kg avec le sabre-baïonnette)
  • Longueur : 1,30 m (1,88 m avec le sabre-baïonnette)
  • Portée utile normale avec la hausse rabattue (hausse de combat) : 150 m.
  • Portée maximale avec la hausse relevée (hausse à longue distance) : 1 200 m (modèle 1866).

Le canon est rayé.

Caractéristiques de la munition de 11 mm Chassepot[modifier | modifier le code]

Cartouche de Chassepot (en papier).

Le diamètre de la cartouche est de 13,5 mm pour un poids de 34 grammes. Le diamètre de la balle est de 11,8 mm pour un poids de 24,5 grammes.

La cartouche est un assemblage assez complexe d'une dizaine de pièces : outre la balle cylindro-ogivale en plomb, elle comprend un étui en carton mince recouvert de soie contenant la charge de poudre noire. Une rondelle en carton au fond et à l'arriere de cet étui contient une amorce de fusil à piston inversée qui sera ultérieurement percutée par l'aiguille du fusil Chassepot. L'étui et la balle sont reliés ensemble par un calepin qui est maintenu en place par une ligature. La cartouche Chassepot, un ensemble demandant la précision et l'uniformité de confection, était fabriquée en ateliers et n'était pas assemblée par le soldat.

Cette cartouche est du type combustible : l'enveloppe de carton qui contient la charge de poudre noire brûle au moment du tir. Ce qui entraîne son défaut : l'encrassement, qui peut provoquer l'interruption du tir après une vingtaine de coups tirés. Le fusil Chassepot était néanmoins très supérieur au fusil prussien à aiguille Dreyse en ce qui concerne la portée, la précision et le pouvoir vulnérant. Néanmoins cet encrassement, la difficulté de l'approvisionnement en munitions lors de la guerre de 1870 et le fait que seules 500 000 cartouches ont été fabriquées alors que l'armée française compte un million de soldats lors de cette guerre, sont des éléments qui expliquent la défaite française[1].

Le problème d'encrassement sera corrigé en 1874 par l'adoption du fusil Gras qui est, en fait, un Chassepot modifié pour le tir d'une cartouche à étui métallique (laiton) de type moderne.

Cette munition, ancêtre direct de la cartouche métallique de 11 mm Gras, a les données techniques suivantes :

  • Charge (poudre noire) : 5,6 grammes
  • Masse totale de la munition : 25 grammes
  • Vitesse initiale : 405 mètres par seconde

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le chassepot est cité dans plusieurs chansons communardes:

Il est également cité à plusieurs reprises dans le roman d'Émile Zola, La Débâcle.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Brun, « La mécanisation de l’armurerie militaire (1855-1869) », Revue historique des armées, no 269,‎ 2012, p. 79-97