Deuxième Force opérationnelle interarmées

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Deuxième Force opérationnelle interarmées
Image illustrative de l'article Deuxième Force opérationnelle interarmées

Période 1993 (toujours actif)
Pays Drapeau du Canada Canada
Branche ­Forces canadiennes
Rôle Forces spéciales, antiterrorisme
Fait partie de Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canada
Garnison BFC Trenton
Surnom FOI 2 (JTF 2)
« The Quiet Professionals »
Devise Facta non verba
(Des actes, pas des paroles)
Décorations United States Presidential Unit Citation
Commandant historique Colonel Barry MacLeod,
Lieutenant Colonel Ray Romses, Roméo Dallaire

La Deuxième Force opérationnelle interarmées (FOI 2) (en anglais, Joint Task Force 2 ou JTF 2) est la principale unité de forces spéciales des Forces canadiennes. L'unité est une composante essentielle du Commandement des Forces d'opérations spéciales du Canada (COMFOSCAN).

Mandat[modifier | modifier le code]

Le rôle principal de l'unité est le contre-terrorisme, dont le mandat domestique est défini par le « Plan national de lutte contre le terrorisme[1] ». Le rôle de la FOI 2 dans ce cadre est de fournir une réaction immédiate et appropriée en cas de force majeure; elle peut également être amenée à participer à des opérations de sécurité à la demande de la Gendarmerie royale du Canada via le Solliciteur général du Canada. À l'intérieur du cadre du contre-terrorisme domestique, la FOI 2 est appelée à réagir à partir de renseignement obtenu par divers agences de renseignement, notamment le Service canadien du renseignement de sécurité, le Service canadien du renseignement criminel, et le Centre intégré d'évaluation du terrorisme.

L'unité possède également un mandat international, pouvant mener une variété de missions à la demande du gouvernement du Canada  :

  • Détection et neutralisation de menaces contre les intérêts canadiens à l'étranger;
  • Assaut armé (secret ou déclaré) (action directe);
  • Reconnaissance spéciale et renseignement militaire;
  • Diplomatie et assistance militaire;
  • Assistance humanitaire.

La force opérationnelle interarmes tire son nom du fait qu'elle opère dans les trois environnements (maritime, aérien et terrestre) et qu'elle emploie des militaires de toutes branches des Forces canadiennes. L'identité des membres et la nature de leurs opérations est gardée secrète par le gouvernement du Canada, et le peu d'information accessible vient de sources étrangères, tel le Pentagone. Les opérateurs de la FOI 2 reçoivent des compensations élevées, notamment du au besoin de rétention du personnel qualifié, de plus en plus recherché par les firmes paramilitaires privées[2],[3].

L'unité opère dans le cadre de la legislation canadienne, et ses membres sont soumis au même code de conduite que le reste des membres de Forces canadiennes[4]. Elle respecte également les règles d'engagements (ROE) dans les conflits armés.

Histoire[modifier | modifier le code]

Activée le 1er avril 1993[5] avec un peu plus d'une centaine de membres, l'unité se veut le successeur du Groupe tactique d'intervention spécial de la Gendarmerie royale du Canada (GRC); unité dissoute en raison de l'entraînement plus adapté des militaires par rapport aux policiers civils. La GRC maintient toujours des groupes d'interventions tactiques dans la plupart de ses divisions, mais ces unités ne sont pas responsables du contre-terrorisme et n'ont aucune juridiction à l'extérieur du Canada.

Ancien chef de la force, à droite, Nicolas Matern

Historiquement très secrète, son implication lors des premiers jours de la campagne d'Afghanistan en 2001 est découverte par les médias, ce qui force le gouvernement du Canada a admettre son existence et son implication, et pousse l'unité à créer un site Web et à clarifier son rôle auprès du public canadien.

En 2006, l'état-major des forces armées annonce la création d'une nouvelle unité de force spéciale qui aurait pour but de soutenir le FOI 2 et à la remplacer lors de missions plus conventionnelles : cette unité deviendra le Régiment d'opérations spéciales du Canada (ROSC).

La FOI 2 a signalé la perte d'un seul opérateur en mission, le caporal-chef Anthony Klumpenhouwer, 25 ans; mort le 18 avril 2007 alors qu'il travaillait sur une tourelle de communications en Afghanistan[6].

Missions connues[modifier | modifier le code]

Bosnie[modifier | modifier le code]

Des éléments de la FOI 2 sont déployés en Bosnie pendant la guerre du Kosovo[7], traquant les tireurs d'élites serbes.

Afghanistan[modifier | modifier le code]

Une quarantaine de commandos de la FOI 2 est déployée dès le tout début des opérations militaires en Afghanistan, en 2001, suite à la déclaration par les États-Unis de la Guerre contre le terrorisme. Ils participent aux opérations de captures de prisonniers et aux opérations de combat dans les montagnes du sud de l'Afghanistan, avec les forces spéciales américaines. Ces membres de la FOI 2 se virent récompensés en 2004 avec la Presidential Unit Citation du président américain pour leur service avec la force opérationnelle K-Bar[8].

Des éléments de la FOI 2 et du régiment d'opérations spéciales du Canada sont toujours en Afghanistan[9],[10].

Haiti[modifier | modifier le code]

Des membres de la FOI 2 sont déployés en Haïti en 2004 lors du coup d'état contre le président Jean-Bertrand Aristide, chargés de la protection de l'ambassade canadienne à Port-au-Prince et de l'aéroport Toussaint-Louverture. Neuf membres y retourneront lors du tremblement de terre d'Haïti de 2010[11].

Irak[modifier | modifier le code]

Le 23 mars 2006, le Pentagone américain et le Foreign Office britannique commentent le rôle instrumental de la FOI 2 lors de la libération d'otages chrétiens canadiens et britanniques détenus en Irak. Ce fait d'armes n'a jamais été officiellement confirmé par le gouvernement du Canada[12].

2010[modifier | modifier le code]

L'unité prend également part en 2010 à la préparation et la surveillance lors des Jeux olympiques d'hiver de 2010 et des Jeux paralympiques d'hiver de 2010[13]; plus tard la même année, lors des sommets du G20 et du G8[14].

Armement[modifier | modifier le code]

Les opérateurs de la 2e FOI utilisent des pistolets P226 et P228. Leurs armes d'épaule sont des mitraillettes MP5 ou P90, des fusils de police M3 voire des carabines C8 selon le type de mission effectuée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Pugliese. « Canada's Secret Commandos: The unauthorized story of Joint Task Force Two », Esprit de Corps Books. 2002 (ISBN 978-1-8958-9618-3).
  • (fr) Denis Morisset, Claude Coulombe. « Nous étions invincibles - Témoignage d'un ex commando », Les éditions JCL. 2008 (ISBN 978-2-8943-1385-5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]