Prêle des champs

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Prêles des champs

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Tiges stériles d'Equisetum arvense

Classification
Règne Plantae
Division Equisetophyta
Classe Equisetopsida
Ordre Equisetales
Famille Equisetaceae
Genre Equisetum

Nom binominal

Equisetum arvense
L., 1753

La Prêle des champs (Equisetum arvense), parfois appelée Queue de rat, Queue de Renard ou Queue de Cheval, est une espèce végétale de la famille des Equisetaceae. Elle appartient au groupe des Ptéridophytes (cryptogames vasculaires).

Description[modifier | modifier le code]

Caractéristiques morphologiques d'Equisetum arvense
Détail des gaines dentées sombre et d'un verticille de rameaux
Spores en milieu sec

Cette plante vivace de 20 à 50 cm de haut présente deux types de tiges : les tiges fertiles et les tiges stériles. Dans les deux cas, les feuilles sont réduites à des simples collerettes situées au niveau des nœuds des tiges et rameaux, sous forme d'une courte gaine dentée. Chez cette espèce, cette gaine porte de 6 à 12 dents[1], de couleur sombre (voir photo ci-contre).

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

Les tiges stériles, vertes, se forment à partir d'avril - mai à partir d'un rhizome souterrain qui se multiplie rapidement. Ces tiges sont grêles, à petite lacune centrale. Elles portent au niveau de leurs nœuds des verticilles de rameaux grêles, à section quadrangulaire ayant la forme d'une étoile à quatre branches.

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

Les tiges fertiles ne sont pas ramifiées et ne portent donc pas de verticilles de rameaux. Elles portent par contre un épi terminal oblong constitué de sporangiophores (structure portant des sporanges) disposés en verticilles et pédonculés, ils produisent des spores vertes.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une plante vivant dans les lieux humides et dans les terres acides.

Composant[modifier | modifier le code]

La prêle contient jusqu'à 8 % de silice[réf. nécessaire]. Elle contient aussi du chlorure de potassium et d'aluminium, de la vitamine C, des tanins, de l'équisétonine et de l'équisétogénine, de l'oxyde de fer, de la nicotine et une thiaminase[1].

Utilisation[modifier | modifier le code]

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

Les tiges stériles ont été utilisées en jus, poudre, décoction ou teinture mère.

De par sa richesse en éléments minéraux surtout en silice, mais aussi en potassium, et en calcium, elle a un effet reminéralisant et diurétique[1]. Le manuel d'herboristerie[réf. incomplète], étudié pour l'examen national jusqu'en 1942 la prescrivait pour ses minéraux afin de soigner la peau, les tissus conjonctifs en cas de fragilité des cartilages, des tendons et des os et dans l'acné.

La consommation de silice sous forme végétale est importante pour l'organisme humain car c'est un facteur limitant la perte de densité osseuse[2].

Toxicité[modifier | modifier le code]

La Prêle des champs a été responsable d'empoisonnement de bétail, notamment de chevaux. Elle contient en effet de la thiaminase, toxique car elle détruit la thiamine[3] ou vitamine B1[1].

Autres utilisations[modifier | modifier le code]

Les jeunes pousses de prêle sont consommées en salade comme des asperges, à titre d'aliment comme à titre de nutriment.

Au Japon, les jeunes pousses, appelées tsukushi (ツクシ), font partie des herbes sauvages dont les japonais sont friands. NB : le nom de la prêle des champs adulte est sugina (スギナ) : voir l'article wikipedia en japonais décrivant Equisetum arvense.

Elle donne un colorant jaune[réf. nécessaire].

Elle possède des propriétés fongicides : le purin de prêle (décoction) pulvérisé sur le feuillage d'autres plantes est un traitement préventif contre les maladies cryptogamiques sans doute par renforcement des défenses de la plante grâce à la silice[4],[5],[6].

En raison de sa forte teneur en silice (10 %), elle était autrefois utilisée pour décaper, nettoyer ou même polir le laiton, le cuivre et les métaux précieux[1]. "La prêle est une espèce de petit jonc à polir dont se servent les ébénistes pour polir leurs ouvrages, et qui se vend communément chez les épiciers et chez les luthiers. Pour s’en servir, il faut ôter toutes les cordes de dessus la roue, ainsi que les chanterelles que l’on soulève légèrement pour ensuite les poser sur les deux sautereaux de la dernière touche du clavier. On prend quatre à cinq brins de cette prêle que l’on appuie fort sur la roue, en faisant tourner rapidement la roue sur plusieurs tours ; ensuite on prend un peu de coton pour essuyer la roue qui continue à tourner : une fois cela étant fait, on remet les cordes sur la roue, puis de la colophane de la manière décrite ci-dessus. Il faut cependant prendre garde de ne pas trop en mettre, parce que le trop fait crier l’instrument."[7]

Aspect économique[modifier | modifier le code]

Tiges fertiles de prêles des champs portant les sporanges.
Tiges fertiles de prêles des champs portant les sporanges.

En France, bien qu'utilisée depuis des siècles à des fins médicinales (déjà citée par Galien), cette plante est interdite à la vente libre, notamment en raison des risques de confusion avec les autres espèces de prêle qui présentent une certaine toxicité. Étant donné qu'elle fait partie de la pharmacopée française mais pas des 145 plantes - de cette pharmacopée - autorisées à la vente libre, seuls les pharmaciens ont le droit de la commercialiser[8].

La prêle fait l'objet de quelques brevets pour des indications spécifiques (traitement de la peau) et se trouve commercialisée sous diverses formes, crèmes fermeté[9], crème à raser[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e R. Auger, J. Laporte-Cru, Flore du domaine atlantique du Sud-ouest de la France et des régions des plaines, CNDP,‎ 1982, 516 p. (ISBN 2 86617 225 6), p. 41
  2. Caloc'h, Le Corps est notre meilleur médecin, (ISBN 9782953027402)
  3. http://www.omafra.gov.on.ca/french/livestock/horses/facts/07-038.htm#refer
  4. Guide natura bio
  5. biomaca
  6. au jardin info
  7. "La vielleuse habile ou nouvelle méthode courte, très facile et très sûre pour apprendre à jouer de la vielle" - Jean-François Boüin - 1761
  8. voir [1] pour la liste des 145
  9. [2]
  10. [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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