Hyperhidrose

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Hyperhidrose
Classification et ressources externes
CIM-10 R61
CIM-9 780.8
OMIM 144110

144100

DiseasesDB 6239
MedlinePlus 007259
eMedicine topic list
MeSH D006945
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L'hyperhidrose (du grec ἱδρώς qui signifie « sueur »[1]) est le terme médical désignant une sudation excessive.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Ce symptôme toucherait environ 3 % de la population aux États-Unis[2], en Allemagne[3], 1 % au Royaume-Uni[4]. Il n'existe pas de chiffres concernant sa prévalence en France. Ses effets délétères sur les relations sociales, les activités de la vie quotidienne et certaines activités professionnelles ont été mis en évidence ; ils conduisent à une moindre qualité de vie pour les patients atteints [5],[6],[7].

L'hyperhydrose est plus rare chez la personne âgée[8].

Il existe des forme familiales suggérant une participation génétique[9].

Description[modifier | modifier le code]

Par définition, la production de sueur en cas d'hyperdrose dépasse les quantités nécessaires à la thermorégulation[10]. Les régions anatomiques les plus souvent concernées sont les aisselles, les mains, les pieds et la face[11].

Causes[modifier | modifier le code]

Le plus souvent, l'hyperhidrose est dite « essentielle », c'est-à-dire, sans cause retrouvée. Elle est alors définie par la gêne occasionnée[10].

Elle peut être favorisée par une fièvre, une intoxication à certains produits, ou, au contraire, un sevrage à d'autres (alcool, héroïne…), une anxiété, une obésité.

Elle peut être vue dans certaines affections endocriniennes : diabète sucré, hyperthyroïdie, syndrome carcinoïde, phéochromocytome, acromégalie… Certains lymphomes ou leucémies peuvent se manifester ainsi[8].

Les glandes sudoripares, qui secrètent la sueur, semblent être en nombre normal mais produisant un volume plus important de liquides[8].

Traitements[modifier | modifier le code]

Il existe des recommandations publiées par le National Institute for Health and Care Excellence (Grande-Bretagne) mise à jour en 2013[12].

Il convient d'éviter les plats épicés, l'alcool et les situations à stress, d'utiliser des vêtements larges, avec des tissus aux propriétés absorbantes[8].

Il existe des traitements différents en fonction de la localisation de la transpiration excessive. Il est admis par l'ensemble de la communauté médicale que l'on devra toujours commencer par le traitement le moins agressif pour passer au suivant, si le premier n'est pas assez efficace.

Certains médicaments, à effet anticholinergique, ont été essayés avec une bonne efficacité mais avec un taux d'effets secondaires importants : oxybutinine[13], glycopyrollate[14] ou méthanthéline[15].

Pour le traitement des aisselles :

  • en première intention, commencer par des traitements locaux antitranspirants à base de sels d'aluminium hexahydratés en solution alcoolique, en général suffisants pour régler les problèmes les plus communs[10]. ces sels sont absorbés par les cellules des canaux sudoripares qui se gonflent par effet osmotique, bouchant ces derniers[8] ;
  • si c'est insuffisant, il est possible de traiter ce symptôme avec des injections de toxine botulique[10], qui nécessitent une anesthésie locale. Ce produit inhibe la sécrétion d'acétylcholine responsable de la stimulation des glandes sudoripares. Les résultats sont bons, sans effets secondaires notables[16]. L'injection peut agir jusqu'à neuf mois[17] ;
  • une autre solution consiste à utiliser des protections axillaires qui seront collées sur la peau ou sur les vêtements. Il ne s'agit pas dans ce cas de traiter la transpiration excessive, mais de prévenir une partie des effets indésirables.

Pour les mains et pieds :

  • il est parfois proposé un traitement détranspirant à base de chlorure d'aluminium relativement efficace ;
  • un traitement souvent proposé par les dermatologues pour l'hypersudation des pieds est à base d'acide borique, soit sous forme de poudre (de couleur blanche) à saupoudrer sur la semelle, soit sous forme de semelle qui diffuse à la chaleur du pied l'acide borique ;
  • c'est dans ces localisations que la iontophorèse donne ses meilleurs résultats[10],[18]. Cette technique consiste à plonger une extrémité (main ou pied) dans un bac d'eau et de faire passer un courant électrique d'intensité très modéré. le mode d'action n'est cependant pas clair. il existe des systèmes permettant d'utiliser cette technique à domicile avec une amélioration chez 85 % des patients traités[19]. Des essais, portant sur un très petit nombre de patients ont été faits en rajoutant une toxine botulique à l'eau du bain avec des résultats positifs[20] ;
  • en cas d'échec, les injections de toxine botulique peuvent être essayées, en sachant qu'en France pour ces localisations, cette pratique est hors AMM (non remboursée) et que, douloureuse[10], elle doit être effectuée sous la responsabilité du médecin, qui la pratique en milieu hospitalier et sous anesthésie générale ou loco-régionale.

Dans les cas les plus résistants et les plus désespérés, avant de recourir à la chirurgie, les radiologues interventionnels proposent la sympatholyse chimique[21]. Pour les membres supérieurs cette technique consiste à placer une aiguille au contact de la troisième vertèbre dorsale à droite et à gauche. Et à injecter un produit neurolytique (alcool ou phénol) ; même technique pour les membres inférieurs, cette fois au niveau de la 2e et de la 4e vertèbre lombaire. Les effets secondaires possibles (moins fréquents que dans la chirurgie) sont le syndrome de Claude Bernard-Horner et l'hypersudation compensatrice.

En dernier lieu le recours à la chirurgie est envisageable. On pratique une sympathectomie, c'est-à-dire la section des fibres sympathiques qui contrôlent la transpiration au niveau de la zone considérée. Cette technique se fait par voie endoscopique, par ouverture de la plèvre, le lieu de la section dépendant de la zone que l'on veut traiter[22]. Cette opération donne de bons résultats immédiats qui sont définitifs[23]. Elle est malheureusement accompagnée d'effets secondaires dans plus de 70 % des cas. Parmi ces effets secondaires le plus fréquent est l'hyperhidrose compensatrice (jusqu'à 85 % des cas[24]), qui peut être grave, plus invalidante que la localisation d'origine (soit ventre, dos, pubis, fesse, visage, genou) et irréversible.

Le laser ne semble pas efficace[25].

Remarques[modifier | modifier le code]

  • Ne pas confondre avec la chromhydrose : sudation teintée « gris-bleu », particulière à certains sujets.
  • Ne pas confondre avec la dyshydrose qui est une forme d'eczéma

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. d'après le TLFi : [1]
  2. (en) Haider A, Solish N. « Focal hyperhidrosis: diagnosis and management » CMAJ 2005;172(1):69-75. PMID 15632408
  3. http://www.aestheticum-praxisklinik.de
  4. http://www.hyperhidrosisuk.org
  5. (en) Weber A, Heger S, Sinkgraven R. et al. « Psychosocial aspects of patients with focal hyperhidrosis: marked reduction of socialphobia, anxiety and depression and increased quality of life after treatment with botulinum toxin A » Br J Dermatol. 2005;152:342–5; PMID 15727649
  6. (en) Kuo CH, Yen M, Lin PC. « Developing an instrument to measure quality of life of patients with hyperhidrosis » J Nurs Res. 2004;12:21–30. PMID 15136960
  7. (en) De Campos JR, Kauffman P, Werebe Ede C. et al. « Quality of life, before and after thoracic sympathectomy: report on 378 operated patients » Ann Thorac Surg. 2003;76:886–91. PMID 12963223
  8. a, b, c, d et e (en) Benson RA, Palin R, Holt PJE, Loftus IM. « Diagnosis and management of hyperhidrosis » BMJ 2013;347:f6800. PMID 24277380
  9. (en)Ro KM, Cantor RM, Lange KL, Ahn SS. « Palmar hyperhidrosis: evidence of genetic transmission » J Vasc Surg. 2002;35:382 PMID 11854739
  10. a, b, c, d, e et f Campanelli A, Salomon D, « Hyperhidrose localisée : clinique et traitements [Focal hyperhidrosis: disease characteristics and treatments] », Rev Med Suisse, vol. 5, no 200,‎ 2009, p. 870-5. (PMID 19438086, lire en ligne [html]) modifier
  11. (en) Lear W, Kessler E, Solish N, Glaser DA. « An epidemiological study of hyperhidrosis » Dermatol Surg. 2007;33:S69-75 PMID 17241417
  12. (en) National Institute for Health and Care Excellence, Hyperhidrosis. Clinical knowledge summary
  13. (en) Wolosker N, Milanez de Campos JR, Kauffman P, Yazbek G, Neves S, Puech-Leao P. « Use of oxybutynin for treating plantar hyperhidrosis » Int J Dermatol. 2013;52:620-3. PMID 23590378
  14. (en) Bajaj V, Langtry JA. « Use of oral glycopyrronium bromide in hyperhidrosis » Br J Dermatol. 2007;157:118-21. PMID 17459043
  15. (de) Hund M, Sinkgraven R, Rzany B. « [Randomized, placebo-controlled, double blind clinical trial for the evaluation of the efficacy and safety of oral methantheliniumbromide (Vagantin) in the treatment of focal hyperhidrosis »] J Dtsch Dermatol Ges. 2004;2:343-9. PMID 16281522
  16. (en)Naumann M, Lowe NJ. « Botulinum toxin type A in treatment of bilateral primary axillary hyperhidrosis: randomised, parallel group, double blind, placebo controlled trial » BMJ 2001;323:596-9. PMID 11557704
  17. (en) Doft MA, Hardy KL, Ascherman JA. « Treatment of hyperhidrosis with botulinum toxin » Aesthet Surg J. 2012;32:238-44. PMID 22328694
  18. (en) Solish N, Bertucci V, Dansereau A. et al. « A comprehensive approach to the recognition, diagnosis, and severity-based treatment of focal hyperhidrosis: recommendations of the Canadian Hyperhidrosis Advisory Committee » Dermatol Surg. 2007;33:908-23. PMID 17661933
  19. (en) McAleer MA, Collins P. « A study investigating patients’ experience of hospital and home iontophoresis for hyperhidrosis » J Dermatolog Treat. 2014 Aug;25(4):342-4. DOI:10.3109/09546634.2012.757287 PMID 23356798
  20. (en) Davarian S, Kalantari KK, Rezasoltani A, Rahimi A. « Effect and persistency of botulinum toxin iontophoresis in the treatment of palmar hyperhidrosis » Australas J Dermatol. 2008;49:75-9. PMID 18412805
  21. Horma Babana H, Lucas A, Marin F, Duvauferrier R, Rolland Y., « Évaluation de l’efficacité thérapeutique de la sympatholyse thoracique dans l’hyperhidrose palmaire sous contrôle tomodensitométrique [Evaluation of the efficacy of CT guided thoracic sympatholysis to treat palmar hyperhidrosis] », J Radiol., vol. 85, no 1,‎ 2004, p. 21-4 (PMID 15094635, lire en ligne [html]) modifier
  22. (en) Cerfolio RJ, Milanez De Campos JR, Bryant A. et al. « The Society of Thoracic Surgeons expert consensus for the surgical treatment of hyperhidrosis » Ann Thorac Surg. 2011;91:1642-8. PMID 21524489
  23. (en) Askari A, Kordzadeh A, Lee GH, Harvey M. « Endoscopic thoracic sympathectomy for primary hyperhidrosis: a 16-year follow up in a single UK centre » Surgeon 2013;11:130-3. PMID 23153766
  24. (en) Dewey TM, Herbert MA, Hill SL, Prince SL, Mack MJ. « One-year follow-up after thoracoscopic sympathectomy for hyperhidrosis: outcomes and consequences » Ann Thorac Surg. 2006;81:1227-32. PMID 16564248
  25. (en) Bechara FG, Georgas D, Sand M. et al. « Effects of a long-pulsed 800-nm diode laser on axillary hyperhidrosis: a randomized controlled half-side comparison study » Dermatol Surg. 2012;38:736-40. PMID 22273498

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]