Le Crapouillot

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Le Crapouillot
Crapouillot août 1932.JPG

Pays Drapeau de France France
Langue Français
Fondateur Jean Galtier-Boissière
Date de fondation 1915
Date du dernier numéro 1996

Le Crapouillot est un journal de tranchées satirique créé en 1915 par Jean Galtier-Boissière. Son dernier numéro, le no 126, a été publié en 1996, après une existence de 81 ans.

Sommaire

Origine [modifier]

« Crapouillot », qui signifie littéralement « petit crapaud », désigne, dans le vocabulaire des Poilus, un mortier de tranchée français et par extension ses munitions, les torpilles d'artillerie.

Historique avant guerre [modifier]

L'histoire de la revue, née dans les tranchées en 1915 et nommée Crapouillot, ne peut pas être dissociée d'un nom : Jean Galtier-Boissière, son fondateur.

Le premier numéro, en août 1915, donne le ton de la revue : « courage les civils ! »

Le caporal Jean Galtier-Boissière a pour relais son père, médecin, à l'arrière, pour tout ce qui concerne l'édition. Le ton du Crapouillot tranche avec la plupart des autres journaux de tranchées qui sont plus destinés à distraire qu'à dépeindre la réalité de la guerre.

L'humour n'est pas négligé, l'ironie pointe à chaque page. Certains numéros seront caviardés par la censure. La paix revenue, le numéro de janvier 1919 annonce, sous le dessin d'un buste de poilu : « Et maintenant au travail ».

En 1919, le journal devient une revue littéraire et artistique d'avant-garde regroupant des écrivains non conformistes (Francis Carco, Pierre Mac Orlan, Francis Delaisi, Henri Béraud, Claude Blanchard, Gus Bofa…) et des dessinateurs (Dunoyer de Segonzac, Jean Oberlé, Rouveyre, Louis Touchagues, André Foy, Jean-Louis Forain, Jeanne Rosoy…).

Les collaborateurs de la revue couvrent les événements des arts, lettres, spectacles (dont le cirque, le cinéma). Les engagements politiques des amis de Jean Galtier-Boissière vont du communiste engagé Jean Bernier, au maurrassien Lucien Farnoux-Reynaud, en passant par l'inclassable Lucien Mainssieux.

Certains collaborateurs et Galtier-Boissière lui-même, sont souvent très féroces dans leurs comptes rendus, leurs critiques et leurs articles. La revue est résolument un reflet de l'opinion des auteurs. Cela valut un peu plus d'une quarantaine de procès intentés au Crapouillot, en un peu plus de quarante ans sous la direction de Galtier-Boissière.

À partir de 1930, Le Crapouillot ne fait plus paraître que des numéros spéciaux à caractère satirique : « La guerre inconnue », « Histoire de la IIIe République », « Les Deux cents familles », « Vraie et Fausse Noblesse », « Les fusillés pour l'exemple » en août 1934, « Hitler, est-ce la Guerre ?… ». Suspendu en 1939, il paraît à nouveau en 1948 avec « l'Histoire d'une guerre ».

Historique après guerre [modifier]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jean Galtier-Boissière cesse toute publication malgré quelques sollicitations pendant l'occupation allemande. Il séjourne longuement à Barbizon. Après guerre, Le Crapouillot abandonne sa vocation première, les arts et lettres qui sont confiés au Petit Crapouillot (206 numéros). La revue traite de dossiers sérieux comme l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, de sujets plus légers comme la sexualité mais aussi de ses contemporains et leurs travers.

Ce ton n'est pas abandonné après 1967 et les sujets traités sont de plus en plus orientés politiquement. Beaucoup de scandales y sont dénoncés. Le monde politicien est attaqué, les accusations sont nombreuses. Les équipes dirigeantes de droite, et même désormais d'extrême droite (le journal est vendu à Minute), se succèdent à la tête de la revue. Les dossiers du Crapouillot dérivent vers le « tous pourris ! » et le journal réalise de nombreux dossiers sur des sujets tels que la franc-maçonnerie ou encore l'homosexualité. La situation financière du journal a souvent approché la faillite jusqu'à la liquidation du titre en 1996.

Le dernier numéro a été le nº 126, Les profanateurs, montrant en couverture une cérémonie sataniste sur une tombe, réalisée par un homme au visage partiellement caché, identifié comme le journaliste proche de l'extrême-droite et spécialiste du satanisme Jean-Paul Bourre[1].

Direction [modifier]

Avant-guerre (1915-1939) [modifier]

  • Jean Galtier-Boissière

Première série de l'après-guerre (1948-1967) [modifier]

Seconde série de l'après-guerre (1967-1996) [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Un luciférien, compagnon de route des Identitaires ?, 22 février 2012, par les journalistes du Monde Abel Mestre et Caroline Monnot.

Liens externes [modifier]